L’accord sur le nucléaire iranien, conclu en 2015 entre l’Iran et les grandes puissances internationales, a longtemps été considéré comme l’un des succès diplomatiques majeurs du début du 21ème siècle. Fruit de plusieurs années de négociations complexes, ce compromis visait entre autre à limiter les capacités nucléaires iraniennes en échange d’une levée progressive des sanctions économiques.
Pour de nombreux observateurs, il représentait alors un exemple rare de coopération multilatérale capable de réduire les tensions en Asie du sud-ouest tout en renforçant les mécanismes du droit international.

in Perspectives Libres n°35-36 : Guerre et Géopolitique,
paru en avril 2026.
Dans son étude, Morgan Lotz revient sur les raisons qui ont conduit à l’affaiblissement progressif de cet accord, jusqu’à sa quasi-disparition après le retrait unilatéral des États-Unis décidé par Donald Trump en 2018. Cette décision marque une rupture importante dans l’équilibre diplomatique construit autour du dossier iranien. En dénonçant l’accord malgré le respect des engagements iraniens constaté par les instances internationales, Washington a relancé une politique de confrontation et de sanctions qui a profondément déstabilisé la région.
L’accord sur le nucléaire iranien, entre réussite diplomatique et réalité géopolitique
Le retrait étasunien a également eu des conséquences plus larges sur les relations internationales. Il a contribué à fragiliser la crédibilité des accords multilatéraux et à affaiblir les institutions chargées de garantir leur application. Cette séquence illustre les limites du droit international face aux rapports de force géopolitiques et au retour des logiques de puissance. L’échec du maintien de l’accord a ainsi nourri une montée des tensions régionales, ravivant les inquiétudes autour de la prolifération nucléaire et de la stabilité de l’Asie du sud-ouest.
L’étude revient aussi sur les difficultés rencontrées par les Européens, incapables de préserver efficacement l’accord après le départ des États-Unis. En dépit de déclarations favorables au maintien du texte, les pays européens n’ont pas réussi à compenser le poids des sanctions étasuniennes. La France apparaît comme un acteur diplomatique hésitant, partagé entre son attachement à l’alliance atlantique, la défense de ses intérêts stratégiques et la volonté de conserver une influence dans la région.

