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L’eau et la musique célébrées par un festival sur l’île de Qechm

Le dimanche 25 février 2024 s’est tenu dans le petit village de Salakh, situé sur l’île de Qechm, au sud de l’Iran dans le golfe Persique, un festival célébrant les anciens rituels liés à l’eau et à la musique folklorique.

festival eau musique Salakh île de Qeshm

Le village de Salakh

Situé dans le district rural éponyme, le village de Salakh (صلخ), également appelé Şalagh, Şelagh et Selaq, se trouve dans la région de Shahab, dans le comté de Qeshm, dans la province d’Hormozgan. Ce petit village iranien compte une population de 3109 habitants, répartis en 777 familles, selon le dernier recensement de 2016.

Iraniennes Salakh île de Qechm

Au fil des années, le village de Salakh est devenu une destination de plus en plus prisée des touristes, attirés par la beauté et l’authenticité de son environnement naturel et de ses habitants. Les voyageurs en visite à Salakh pourront découvrir une culture rurale traditionnelle et des modes de vie préservés, propres à cette région de l’Iran.

festival eau île de Qechm

En plus de son environnement rural pittoresque, Salakh et les alentours regorgent de sites naturels magnifiques. Nous pouvons notamment citer le parc naturel protégé de l’île de Qeshm, qui offre une biodiversité unique ainsi qu’une variété de formations géologiques impressionnantes.

Ce festival permet de préserver et de transmettre la riche histoire culturelle de la région, et plus précisément celle de l’île de Qechm.

L’île de Qechm

Située au large de la côte sud de l’Iran, près du détroit d’Ormuz, Qeshm se distingue par sa forme de flèche et s’étend sur environ 1 500 km², faisant d’elle la plus grande île du golfe Persique. Elle offre à la fois des paysages tour à tour escarpés et paradisiaques, une faune riche et une culture unique, qui sont autant de raisons de l’intégrer dans un itinéraire de voyage en Iran.

festival musique tradition Salakh Qeshm

Cette île se distingue également par une culture différente de celle du reste de l’Iran. Les habitants, appelés Bandari, ont préservé leur mode de vie traditionnel qui se reflète dans leur habillement coloré et les maisons rafraîchies par des tours à vent. La gastronomie de l’île est un délice pour les papilles avec ses célèbres plats de poisson et de crevettes, samoussas, riz, ragoûts et pain local appelé tomoshi, accompagnés de sauces spéciales.

Les paysages naturels de l’île sont tout autant fascinants, notamment les formations géologiques extraordinaires et la forêt de Hara, une frange de mangrove unique au monde, qui abrite une riche faune marine. La vallée des étoiles, située sur la côte sud de l’île, offre quant à elle un paysage surréaliste de rochers sculptés au fil des ans.

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Les flamants roses dans la zone humide de Miankaleh en Iran

Chaque année, l’Iran accueille un spectacle naturel des plus remarquables : les flamants roses faisant halte dans la zone humide de Miankaleh. Ces oiseaux migrateurs hivernaux parcourent une longue distance depuis les latitudes nordiques pour trouver refuge dans cette réserve de biosphère située à l’est de la province du Mazandéran.

flamants roses Miankaleh photographie Mehdi Mohebi Pour

Les flamants roses, reconnaissables à leur plumage rose vif, sont les hôtes les plus populaires de la région pendant la saison hivernale. Leur arrivée est un signe clair de l’importance de la zone de Miankaleh en tant que site crucial pour la biodiversité et la conservation des habitats naturels.

L’habitat naturel des flamants roses à Miankaleh

flamants roses coucher de soleil

Les paysages de Miankaleh offrent non seulement un sanctuaire sûr pour ces magnifiques oiseaux, mais également une opportunité unique de les voir évoluer dans leur habitat naturel pour les amateurs d’observation des oiseaux et les passionnés de la nature. La présence de flamants roses dans la région ajoute une touche de couleur et de grâce à l’écosystème local, créant un tableau impressionnant pour les visiteurs.

Grâce à la protection et à la préservation de la zone humide de Miankaleh, les flamants roses et de nombreuses autres espèces d’oiseaux migrateurs peuvent continuer à bénéficier d’un environnement propice à leur survie et à leur épanouissement. Leur présence témoigne de la richesse de la biodiversité iranienne et souligne l’importance de préserver ces habitats naturels pour les générations futures.

En somme, les flamants roses apportent une dimension spectaculaire à la région de Miankaleh et illustrent la beauté et la diversité de la faune locale. Leur migration annuelle est un rappel poignant de l’incroyable voyage que la nature accomplit, et nous invite à apprécier et à protéger ces merveilleuses créatures ailées qui embellissent nos paysages naturels.

flamants roses Iran

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Voyage à travers l’Iran

L’Iran du sud au nord est un magnifique voyage à travers l’Iran et sa nature. Réalisé en 2011, ce documentaire en deux épisodes nous emmène à la découverte des parcs nationaux et des paysages uniques de l’Iran, mettant en lumière les richesses naturelles de ce pays méconnue. Les images exceptionnelles de Benny Rebel nous permettent de découvrir la faune et la flore de l’Iran sous un nouveau jour et de comprendre l’importance de préserver ces paysages fascinants.

voyage Iran

Épisode 1 : Le pays chaud

Ce voyage débute d’abord dans la steppe du sud de l’Iran, où Benny Rebel parvient à débusquer l’un des derniers guépards asiatiques. Ces majestueux félins sont en voie de disparition et leur observation dans leur habitat naturel est devenue rare. Grâce à son approche respectueuse de la faune, le photographe a pu immortaliser ces animaux fascinants dans toute leur splendeur.

Benny Rebel nous permet de comprendre l’importance de la préservation de ces écosystèmes uniques. Son travail nous rappelle la nécessité de protéger la faune sauvage qui les habite et l’amour des Iraniens pour la beauté naturelle de leur pays.

Épisode 2 : Le pays vert

L’aventure se poursuit ensuite dans les montagnes du nord de l’Iran, où Benny Rebel parvient à immortaliser la faune à travers des clichés spectaculaires. Le spectateur découvre également une facette méconnue de l’écosystème iranien : le nord et ses paysages forestiers.

Les forêts luxuriantes de l’Iran, aussi épaisses et impénétrables que dans les contes de fées, abritent une faune diversifiée et surprenante. Les léopards, camouflés dans les arbres, se faufilent silencieusement, tandis que les ours majestueux résident en véritables rois de la forêt. Benny Rebel a su saisir ces moments uniques où la nature se dévoile dans toute sa splendeur.

Le réalisateur Benny Rebel nous offre un voyage à travers l’Iran

Benny Rebel, de son vrai nom Bahman Vafâ’i Nejâd, est un photographe animalier dont le travail est mondialement reconnu. Né en Iran en 1968, il s’installe en Allemagne à partir de 1987. Après avoir suivi une formation de mécanicien de précision et obtenu son diplôme d’études secondaires, il travaille dans divers secteurs industriels. Cependant, sa passion pour la protection de l’environnement qui le conduit finalement à découvrir la photographie et la production cinématographique.

Découvrir son site : Benny Rebel Fotosafaris – Benny Rebel Fotosafaris GmbH (benny-rebel.de)

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Les forêts du nord de l’Iran en hiver

Découvrez les merveilleux paysages d’hiver des forêts hyrcaniennes, situées dans le nord de l’Iran.

forêts du nord de l'Iran en hiver

Ces forêts s’étendent sur plusieurs kilomètres de la ville septentrionale iranienne Gorgan jusqu’à certaines parties de l’Azerbaïdjan. Leur histoire remonte à la période géologique du Jurassique, ce qui fait de cette région un lieu chargé d’histoire.

L’hiver confère à ces forêts un paysage unique que l’on retrouve seulement dans les régions du nord de l’Iran. Découvrez leur beauté immortalisée par les photographies de Nazanin Kazmi Nava.

Paysage hivernal des forêts d’Iran

Contrairement à d’autres forêts de feuillus qui ont été détruites lors de la période glaciaire, les forêts hyrcaniennes ont réussi à survivre grâce à leur emplacement géographique. En effet, leur situation entre les montagnes d’Alborz et la mer Caspienne leur confèrent un climat plus tempéré.

forêts hyrcaniennes hiver

Cette particularité géographique a également permis à la région de maintenir une biodiversité unique et d’être le refuge de plusieurs espèces animales et végétales rares et menacées d’extinction.

Ces forêts présentent des paysages spectaculaires, caractérisés notamment par une flore dense, diversifiée et colorée, où se mêlent les taches de couleurs de diverses plantes, fleurs et herbes.

Les forêts du nord de l’Iran, un patrimoine de l’humanité

La richesse naturelle de la région témoigne de la beauté et de la force de la nature, faisant d’elle un véritable trésor écologique. Elle fut d’ailleurs reconnue par l’UNESCO, qui les a inscrites sur la liste du patrimoine mondial en 2019.

Les amoureux de la nature trouveront leur bonheur dans ces forêts aux multiples facettes selon les saisons. Elles offrent plusieurs activités telles que la randonnée, la promenade et l’observation ornithologique. La région hyrcanienne est également riche en hébergements touristiques, adaptés à tous les types de voyageurs, allant des campeurs aux amateurs de séjours de luxe.

forêts enneigées en Iran

Les forêts hyrcaniennes du nord de l’Iran sont un véritable trésor écologique à découvrir. Elles offrent un paysage unique, une biodiversité rare et sont riches en activités pour tous les goûts.

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Les forêts du nord de l’Iran en automne

Les forêts hyrcaniennes, situées au nord de l’Iran, offrent un spectacle d’une beauté exceptionnelle en automne.

forêts nord Iran automne

S’étendant sur 1000 kilomètres le long de la mer Caspienne, ces forêts de feuillus ont une histoire remontant à 25 à 50 millions d’années. À cette époque, elles couvraient la majeure partie de la région nord du pays.

Aujourd’hui, ces forêts sont d’une biodiversité floristique remarquable, abritant plus de 3 200 espèces de plantes vasculaires documentées.

Les forêts du nord de l’Iran et leur poésie d’automne

L’automne est une période particulièrement magique pour visiter ces forêts. Les feuilles des arbres se parent de magnifiques couleurs chaudes, créant un tableau enchanteur. Les teintes variant du jaune doré au rouge vif offrent un spectacle visuel saisissant. Les randonneurs et les amateurs de nature pourront profiter de balades au cœur de cette nature préservée, respirant l’air frais et parfumé des forêts hyrcaniennes.

forêts du nord de l'Iran une poésie d'automne

Outre leur beauté, ces forêts revêtent une grande importance écologique. Elles jouent un rôle essentiel dans la régulation climatique, offrant une protection contre l’érosion des sols et atténuant les effets des tempêtes et des inondations.

Elles abritent également de nombreux cours d’eau, contribuant ainsi à la préservation de la biodiversité aquatique.

Une faune et une flore exceptionnelles

Cette région est aussi un véritable paradis pour les amoureux de la faune. On y compte 180 espèces d’oiseaux typiques des forêts tempérées à feuilles larges et 58 espèces de mammifères. Parmi eux, on trouve les principaux prédateurs tels que le léopard, le loup et l’ours brun.

flore des forêts dans le nord de l'Iran

Ces forêts abritent également de nombreuses espèces d’arbres rares et endémiques. Certains arbres majestueux ont entre 300 et 400 ans, voire même jusqu’à 500 ans, témoignant de la richesse et de la vitalité de cet écosystème unique.

Les forêts hyrcaniennes sont classées au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ce massif forestier se compose de 17 éléments répartis dans trois provinces iraniennes : Gilan, Mazandaran et Golestan. Cette distinction témoigne de la valeur exceptionnelle de cette région et de l’importance de sa préservation.

Les forêts hyrcaniennes sont un trésor naturel à préserver et à découvrir. Leur beauté automnale est une véritable invitation à la contemplation et à l’émerveillement devant la splendeur de la nature. Alors, laissez-vous séduire par cette merveille de l’Iran et partez à la découverte des forêts hyrcaniennes lors de votre prochain voyage.

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Quand les nuages rencontrent les forêts d’Iran

Quand les nuages rencontrent les forêts hyrcaniennes situées dans le nord de l’Iran, le spectacle est toujours merveilleux. La forêt de nuages du Tuskestan, également connue sous le nom de Jangal-Abr, est l’une des merveilles naturelles les plus spectaculaires du nord de l’Iran.

forêts de nuages du Tuskestan (nord de l'Iran)

Située dans les forêts hyrcaniennes, cette forêt ancienne et magnifique est célèbre pour l’étreinte passionnée du brouillard et des nuages qui se déposent sur les pieds des montagnes. C’est un véritable spectacle à couper le souffle !

Les nuages se mêlent aux forêts du nord de l’Iran

La forêt de nuages du Tuskestan représente un véritable trésor naturel de l’Iran. Son paysage unique et spectaculaire ne laisse personne indifférent. Cette région naturelle unique abrite une biodiversité exceptionnelle. Elle est le refuge de nombreuses espèces animales et végétales rares et menacées. La forêt de nuages du Tuskestan s’avère un régal pour les yeux. Mais elle est également un havre de paix pour la vie sauvage qui y prospère.

Pour ceux qui prévoient des vacances en Iran, la forêt de nuages du Tuskestan est une destination incontournable. En plus de la beauté naturelle de la forêt, vous pourrez également découvrir la culture et l’histoire riches de cette région.

forêts de nuages du Tuskestan (nord de l'Iran)

Les habitants locaux sont accueillants et chaleureux, et vous pourrez goûter à la délicieuse cuisine traditionnelle de la région. Les randonnées guidées sont également disponibles pour ceux qui souhaitent explorer davantage cette merveille naturelle.

mer de nuages sur les forêts iraniennes du Tuskestan

Les forêts de nuages du Tuskestan est un site naturel spectaculaire au nord de l’Iran, offrant une expérience unique et enrichissante pour les amoureux de la nature.

forêts du Tuskestan (nord de l'Iran)

Que vous soyez intéressé par la faune et la flore, le calme et la tranquillité ou simplement la découverte de nouvelles cultures, cet endroit a tout pour plaire. Ne manquez pas l’occasion de visiter cette merveille de la nature lors de votre prochaine escapade en Iran.

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Les cygnes dans la zone humide de Sorkhrud, au nord de l’Iran

Après avoir quitté la zone humide de Sorkhrud, dans le nord de l’Iran, en raison du manque de nourriture ces dernières années, les cygnes sont finalement revenus ces dernières semaines. Les oiseaux migrateurs ont finalement fait leur retour grâce aux efforts des forces de protection de l’environnement de la province de Mazandaran et à l’approvisionnement en maïs pour ces espèces aviaires. Des volées d’oiseaux migrateurs, en particulier des oies, ont trouvé refuge dans la zone humide de Sorkhrud, située dans la province de Māzandarān, au nord de l’Iran.

cygnes zone humide Sorkhrud Iran

La région de Sorkhrud, située près du sud de la mer Caspienne, restera dominée par ces hôtes migrateurs jusqu’à la mi-mai 2018, lorsque la saison de migration touchera à sa fin. Ce paysage riche et diversifié attire également des centaines d’ornithologues, de vacanciers et d’amateurs d’oiseaux qui souhaitent profiter de cette nature préservée.

Sorkhrud, l’habitat des cygnes dans le nord de l’Iran

Dans le cadre d’une scène plus vaste, la population hivernale d’oiseaux migrateurs est estimée à plus d’un million sur les rives sablonneuses du sud de la mer Caspienne, qui s’étendent sur environ 700 kilomètres. Les provinces septentrionales de Gilan, Golestan et Mazandaran abritent une variété de lacs d’eau douce, de zones humides et de lagons, qui sont les principales destinations des pélicans, des flamants roses, des canards, des cygnes, des foulques et d’autres espèces.

La zone humide de Sorkhrud, en particulier, est un endroit d’une importance cruciale pour la conservation de ces oiseaux migrateurs magnifiques. Grâce aux efforts de protection de l’environnement, ces habitants ailés sont en mesure de se nourrir et de se reposer dans cet écosystème fragile. Les cygnes, avec leur majestueuse élégance, ajoutent une touche de beauté à cette zone et offrent aux visiteurs une expérience unique d’observation des oiseaux.

La préservation de ces zones humides et de leur biodiversité est essentielle pour maintenir l’équilibre délicat de l’écosystème. Les autorités locales et les organisations de protection de l’environnement continuent de travailler main dans la main pour sensibiliser le public à l’importance de préserver ces habitats naturels et les espèces qu’ils abritent.

environnement biodiversité Iran cygnes canards

En somme, le retour des cygnes dans la zone humide de Sorkhrud est une indication positive de la préservation réussie de cet écosystème. Ces oiseaux migrateurs sont de véritables joyaux, témoignant de la richesse et de la diversité de la faune dans la région nord de l’Iran.

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Géographie de l’Iran

La géographie de l’Iran est des plus contrastée. Elle présente des paysages variés allant des montagnes de l’Elbourz aux forêts de feuillus de l’ancienne Hyrcanie, en passant par les vastes étendues de désert et de steppe des plateaux centraux et de l’est.

géographie de l'Iran

La géographie de l’Iran actuel constitue un territoire de 1 648 000 kilomètres carrés. Cela équivaut à une superficie trois fois plus grande que celle de la France. Les frontières sont demeurées presque identiques depuis la perte des régions caucasiennes annexées par l’Empire russe en 1828 consécutivement au traité de Tourkmantchaï.

Géographie terrestre de l’Iran

Une géographie de plateaux et de déserts

Le pays présente une grande diversité de paysages en raison de son relief varié et de ses différents climats. Depuis l’Antiquité, ces paysages furent aménagés ou transformés par l’homme. On peut distinguer un vaste haut plateau central entouré de barrières montagneuses, ainsi que des plaines dans la périphérie de l’Iran. Ces caractéristiques font de l’Iran un pays au carrefour de différents mondes.

Le plateau central de l’Iran occupe la majeure partie de la surface du pays avec une altitude moyenne de 900 mètres. Celui-ci se situe dans le centre et le centre-est du pays et il est rare qu’il s’abaisse en dessous de 600 mètres. Principalement aride, cet immense espace presque vide d’hommes est constitué de vastes cuvettes sédimentaires désertiques. Les rivières qui descendent des montagnes qui encadrent le plateau se perdent dans ces cuvettes.

Le Dasht-é kavir, ou « Grand Désert », est l’un des deux déserts salés particulièrement inhospitaliers qui occupent les hauts plateaux centraux, s’étendant au nord-est sur 80 000 kilomètres carrés. L’autre désert, le désert de Sep, est situé au sud-est du plateau. Couvrant une superficie de 50 000 kilomètres carrés, il est constitué de roches, de sable et de sel, en faisant l’un des milieux tropicaux les moins propices à la vie animale ou végétale. Les écarts thermiques quotidiens peuvent aller jusqu’à 70° : 50° la journée et jusqu’à -20° la nuit.

Une géographie de montagnes

L’Elbourz, une chaîne montagneuse qui se prolonge vers l’est avec le Kopet dagh et les monts du Khorassan, sépare le nord du plateau des rives méridionales de la mer Caspienne. L’Elborz (ou Alborz), situé dans la région proche-orientale, est la plus haute chaîne de montagnes de la région. La crête sommitale de cette chaîne dépasse rarement les 3 000 mètres dans sa partie centrale. Le massif du Takht-é Soleyman, situé au nord-ouest de Téhéran, est le centre de la chaîne et possède plusieurs glaciers. Les sommets granitiques, tels que le sommet de l’Alam Kuh qui s’élève à 4 850 mètres, possèdent des murs de pierre imposants, comparables à ceux des hautes Alpes centrales.

Les pics les plus élevés de l’Elbourz sont des volcans éteints, tels que le Sabala près d’Ardabil qui culmine à 4 811 mètres. Cependant, le point culminant du pays est le Damâvand qui se situe au nord de Téhéran et atteint l’altitude de 5 610 mètres. L’Elbourz, qui est une barrière imposante, marque une séparation climatique et humaine nette. Elle sépare le plateau aride (par exemple, Téhéran ne connaît que 27 jours de pluie par an) des plaines humides du Gilān et du Māzandarān qui bordent la mer Caspienne et ont un climat subtropical humide.

Le mont Damavand, en Iran.
Deux années furent nécessaires pour réaliser ce film.

Vers l’ouest, la chaîne des monts Zagros, orientée du nord-ouest au sud-est, est un immense complexe montagneux de près de 1 500 kilomètres qui sépare le plateau iranien de la plaine mésopotamienne située à l’ouest. Les monts Zagros, constitués de hauts plateaux et de chaînes majoritairement calcaires, s’élèvent jusqu’à 4 547 mètres au Zarde Kuh, au sud d’Ispahan. En raison de cette longueur, les monts Zagros sont formés de plusieurs ensembles distincts.

Les régions du Kurdistan et du Sud de l’Azerbaïdjan présentent un relief confus propice à la persistance des irrédentismes en raison des hivers rigoureux des hautes terres. La partie centrale de la chaîne qui s’étend entre Ispahan et Chiraz, est la région la plus élevée avec des sommets dépassant souvent les 4 000 mètres. Cette zone fut pendant longtemps fréquentée par les nomades Bakhtiaris, Lors et Qashqaï qui y ont trouvé leurs pâturages d’été. L’altitude diminue dans la partie méridionale de la chaîne qui s’oriente ensuite de l’ouest vers l’est en direction des montagnes de Kerman puis du Makran dans la région du Baloutchistan.

Bien que les murailles méridionales du plateau soient généralement moins élevées, elles comprennent des sommets impressionnants tels que le Kuh-é Lalezar, qui culmine à 4 465 mètres d’altitude, ou le Kuh-é Taftan, un volcan de 3 941 mètres d’altitude situé au sud de Zahedan, près de la frontière afghane. Vers l’est, jusqu’à la province afghane de Herat qui fut longtemps une extension du monde iranien dans cette direction, le relief reste accidenté avec de multiples failles. Cela explique la forte sismicité de la région à l’origine de catastrophes comme le tremblement de terre survenu à Bam en 2003.

Géographie aquatique et fluviale de l’Iran

Des plaines et des lacs

Au-delà des barrières montagneuses qui encadrent le plateau central, on trouve les plaines. La plaine du Khouzistān, qui s’étend au sud-ouest, est géographiquement proche de la Mésopotamie arabe. Elle est riche en ressources en eau et en pétrole depuis un siècle. La plaine côtière, le long de la mer Caspienne, se situe à vingt-huit mètres en dessous du niveau de la mer. Elle correspond aux régions du Gilān et du Māzandarān et bénéficie d’un climat particulier qui en fait une région très favorable à l’agriculture. En revanche, le Makran, anciennement connu sous le nom de Gédrosie, qui s’étend à l’extrémité sud-est du pays le long de l’océan Indien, est très aride.

Certaines cuvettes intérieures laissent place à des étendues d’eau, notamment des lacs. Ainsi le Jaz Muriān dans le Makran au sud-est, les lacs de la région de Chiraz au sud-ouest, et le vaste lac d’Urmiah entre Tabriz et la frontière turque au nord-ouest. Ces lacs sont souvent marécageux. Les régions où ils se trouvent sont peu accueillantes et peu peuplées, voire totalement vides. Les anciens axes de communication les évitent. Le plateau est entouré de chaînes montagneuses élevées.

Les fleuves en Iran

Les régions situées de part et d’autre des grandes chaînes de montagnes connaissent une répartition des eaux qui en descendent et accueillent les principales agglomérations telles que Téhéran, Yazd, Chiraz, Mashhad et Ispahan, qui sont arrosées par la rivière Zâyand-é Rud. Ces régions ont toujours été le long des routes reliant les différentes villes entre elles, évitant ainsi les terres arides et inhospitalières des hauts plateaux.

La plupart des cours d’eau sont endoréiques et ne se jettent pas dans la mer. Seul le Sefid Rud qui se jette dans la mer Caspienne dans le Gilān est issu du plateau iranien. Dans le sud-ouest, le Karun traverse le Khouzistān, descend des Zagros et rejoint le Tigre au niveau du delta formé avec l’Euphrate. Environ 60% des eaux de surface se concentrent dans cette région limitrophe de l’Irak. Cela explique l’importance des enjeux de la guerre entre Iran et Irak de 1980 à 1988.

L’eau en Iran

Plus de la moitié du pays, notamment le centre, l’est et le sud-est, reçoit moins de 300 millimètres de précipitations par an. Cependant, contrairement à la péninsule arabe voisine, l’eau n’est pas rare en Iran. Certaines régions en sont même très bien pourvues. C’est notamment le cas des provinces riveraines de la mer Caspienne, qui bénéficient d’un climat subtropical humide propice à la culture du riz ou du thé, avec jusqu’à 1 200 millimètres de précipitations annuelles.

De plus, l’altitude élevée des régions montagneuses de l’ouest et du nord entraîne la formation d’un important manteau neigeux, dont la fonte alimente les rivières qui descendent vers les régions voisines, même pendant l’été. La répartition des précipitations met en évidence deux régions très différentes. L’Iran septentrional et occidental, plus élevé et plus humide, abrite les deux tiers de la population sur un peu plus d’un quart du territoire.

En revanche, à l’est d’une ligne allant des rives du Gorgān, qui se jette dans la mer Caspienne au sud de la frontière du Turkménistan, jusqu’à Chiraz en passant par Ispahan, les précipitations sont toujours inférieures à 200 millimètres, ce qui définit la limite d’une région appartenant à la zone aride.

La structure géologique de l’Iran a toutefois permis l’existence d’importantes nappes d’eau souterraines exploitables grâce à des galeries, les qanât. Ceux-ci constituent des réseaux de plusieurs dizaines de kilomètres permettant l’irrigation de régions entières. Sans eux, ces territoires seraient condamnées à retourner au désert. Ces techniques ont une très longue histoire, probablement depuis l’ancien royaume d’Ourartou étendu au début du premier millénaire jusqu’à hauteur du lac de Van et de l’actuelle Arménie.

Climat et flore, une particularité de la géographie de l’Iran

Les régions peuvent connaître des températures élevées en été, allant jusqu’à 50°C dans le sud. Cependant, l’altitude et la sécheresse de l’air rendent le climat des grandes villes supportable. La température moyenne avoisine 29°C en juillet à Téhéran. En raison du caractère continental du pays, les amplitudes thermiques annuelles sont importantes et les hivers peuvent être froids à Téhéran ou Tabriz (3°C et -2°C respectivement en janvier).

Cependant, la température en janvier à Bandar Abbas, situé sur la côte du golfe Persique, au niveau du détroit d’Ormuz, est d’environ 18°C.

Levé de soleil durant une éclipse au-dessus du golfe Persique

La géographie de l’Iran lui permet d’avoir une végétation naturelle qui varie d’une région à l’autre. Malheureusement, les magnifiques forêts de feuillus de l’Elbourz et de l’ancienne Hyrcanie ont subi une dégradation très importante en raison de la surexploitation des deux derniers siècles. Les anciennes chênaies du Zagros sont également un souvenir du passé. Les forêts ne couvrent actuellement plus que 11 % du territoire.

En revanche, la steppe et le désert dominent les plateaux du centre et de l’est, ainsi que le Baloutchistan au sud-est. Les cultures agricoles et les activités pastorales traditionnelles sont adaptées aux différentes conditions régionales. La géographie de l’Iran permet de trouver des pâturages dans les hautes terres de l’Ouest, des palmiers-dattiers du Sud, du Khouzistān au Baloutchistan, du riz et du thé dans le Gilān, et des orangers dans le Māzandarān.