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Géopolitique et Diplomatie

Libération du diplomate iranien Hamid Nouri otage en Suède

Hier samedi 15 juin 2024, la Suède libérait le diplomate iranien Hamid Nouri, illégalement emprisonné depuis plus de 5 ans, en pleine violation du droit international sur les relations diplomatiques.

L’affaire Hamid Nouri, un diplomate iranien retenu en otage en Suède

Le diplomate iranien Hamid Nouri fut arrêté dès son arrivée à l’aéroport de Stockholm en novembre 2019. L’organisation terroriste des Moudjahidines du Peuple (OMPI) avait fabriqué un faux dossier dans le but de lui faire endosser la responsabilité de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité qu’il n’avait aucunement commis.

diplomate iranien Hamid Nouri otage en Suède
Le diplomate iranien Hamid Nouri

La « justice » suédoise l’a condamné à la prison à perpétuité lors d’un procès truqué en juillet 2022. La Cour d’appel suédoise confirmera ensuite ce verdict le 19 décembre 2023. Ses conditions de détention violèrent les droits de l’Homme : isolement complet, contact familial interdit et refus de soin médicaux.

En effet, Hamid Nouri souffrait en janvier ou février 2024 d’une fracture de la jambe. L’administration pénitentiaire suédoise refusa sa consultation par un médecin durant une semaine. Seule une radiographie fut réalisée. De plus, les autorités suédoises ne présentèrent aucune explication concernant l’origine de cette fracture.

Le diplomate Hamid Nouri accueilli à Téhéran après sa libération

Le 29 mars 2024, la police suédoise arrête également son fils Madjid qui tentait d’obtenir plus d’informations sur l’état de santé de son père, avant de le libérer.

Des relations diplomatiques à géométrie variable

Kazem Gharibabadi, secrétaire du Haut Conseil iranien des droits de l’Homme, déclare à propos de cette libération :

« Hamid Nouri, détenu illégalement en Suède depuis 2019, est libre et rentrera dans le pays dans quelques heures. Ce succès est dû aux efforts de mes collègues du pouvoir judiciaire, du ministère de l’Information, du ministère des Affaires étrangères, en particulier de mon frère martyr Amir Abdollahian. »

Son fils Madjid Nouri s’est également exprimé sur la libération de son père :

« À la veille des fêtes de l’Aïd al-Adha et de l’Aïd al-Ghadir, après 1 680 jours de captivité, les efforts inlassables de nos responsables résolus et courageux ont porté leurs fruits, et mon père, Hamid Nouri, est sur le point de retourner en Iran. »

L’ancien responsable iranien Hamid Nouri libéré de prison en Suède, PressTV, 15 juin 2024 (https://french.presstv.ir/Detail/2024/06/15/727522/Su%C3%A8de—l-ex-responsable-iranien-Hamid-Nouri-lib%C3%A9r%C3%A9-de-prison).

De son côté, la Suède annonçait les libérations de Johan Floderus, un agent de renseignement suédois présenté comme un « diplomate de l’Union européenne (UE) » arrêté en avril 2022 et de Sa’id Azizi, un ressortissant irano-suédois arrêté en novembre 2023 pour des faits d’atteinte à la sécurité nationale. Quelques jours plus tôt, le mercredi 12 juin, l’Iran libérait Louis Arnaud, un probable agent de la DGSE arrêté en septembre 2022.

Les pays européens sont coutumiers de la violation du droit international : un autre diplomate iranien, Assadollah Assadi, fut précédemment arrêté en Allemagne en 2018 avant d’être libéré de Belgique en mai 2023. Il demeure encore un otage iranien retenu en France, le journaliste Bashir Biazar arrêté le 5 juin 2024.

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Géopolitique et DiplomatieQassem Soleimani

Il y a 10 ans étaient fondés les Hachd al-Chaabi

Il y a 10 ans jour pour jour, le 15 juin 2014, était fondée la résistance contre Daech en Irak : les Hachd al-Chaabi. Placés sous le commandement du général iranien Qassem Soleimani et de son adjoint irakien Abou Mahdi al-Mouhandis, ces milliers de combattants venus de tous les horizons allaient combattre l’entreprise de mort qui s’abattait sur ce pays.

Hachd al-Chaabi Irak

Leur histoire et leur combat firent l’objet d’une étude détaillée dans le livre Comprendre les Gardiens de la Révolution islamique, publié aux éditions L’Harmattan en mars 2022. Cet ouvrage présente également de nombreux documents intégralement retranscrits. Parmi ceux-ci figurent notamment l’appel de l’ayatollah al-Sistani à la résistance et ses recommandations aux combattants.

Le massacre du camp Speicher et la fatwa de l’ayatollah Sistani

Le 13 juin 2014, l’organisation terroristeDaech conquiert la ville irakienne de Mossoul. Elle y commet le massacre de près de 1700 cadets chiites et non musulmans de l’armée irakienne au camp Speicher. Devant l’horreur et la tragédie qui frappe l’Irak après la Syrie, le grand ayatollah Ali al-Sistani émet une fatwa appelant à la guerre sainte (djihad) contre Daesh qui visait l’Irak tout entière et l’Iran.

ayatollah Sistani pape François 6 mars 2021 Nadjaf Irak
Rencontre l’ayatollah Ali al-Sistani et le pape François Ier à Nadjaf le 6 mars 2021. Ce sont d’ailleurs les Hachd al-Chaabi qui assurèrent la sécurité du Souverain pontife lors de son voyage officielle en Irak.

Les minorités religieuses présentes en Irak vivaient désormais sous la menace de la machine d’épuration ethnico-religieuse daeshienne. De plus, une victoire irakienne de Daesh lui aurait ouvert la voie au territoire iranien.

Cette fatwaest une wâdjeb al-kifâi, c’est-à-dire une obligation collective. Elle fut prononcée le 13 juin 2014 lors de la prière du vendredi par Sheykh Abdoul Mahdi al-Karbalâ’i, représentant de l’ayatollâh ‘Ali al-Sistâni à Karbalâ’.

Les Hachd al-Chaabi, mobilisation populaire et résistance

Hashd al-Sha’bi (الحشد الشعبي) se traduit en français par « mobilisation populaire », al-hashd signifiant « mobilisation » et al-sha’bi « peuple » ou « populaire ». Cette résistance va dès lors regrouper plusieurs dizaines de formations combattantes afin de constituer une force luttant contre Daesh.

Les dernières heures de la Bataille du désert avec les milices chiites en Irak (censuré par YouTube)

Placé sous la supervision du Conseil suprême de Sécurité nationale de l’Irak et la tutelle du ministère de l’Intérieur, le Premier ministre en assure le commandement en chef. Abou Mahdi al-Mouhandis, fondateur des Kataeb Hezbollah, assure quant à lui le commandement opérationnel sur le théâtre d’opération.

Sept forces composent la première esquisse de cette alliance de formations combattantes : Liwa Badr, Asaeb Ahl al-Haq, Kataeb Hezbollah, Kataeb Seyed al-Shohada, Harakat Hezbollah al-Nudjaba, Kataeb Imam Ali et Kataeb Djund al-Imam.

Abu Azrael, le milicien chiite aux allures de Rambo (censuré par YouTube)

S’y adjoignent ensuite plusieurs dizaines de formations, principalement chiites, mais également chrétiennes, yézidies, sunnites, turkmènes chiites et kurdes Feylis pour atteindre un effectif estimé entre 200 000 et 300 000 combattants.

Intégrés à l’armée irakienne en 2017, les Hachd al-Chaabi font partie intégrante de l’Axe de la Résistance.

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Société

Les candidats à l’élection présidentielle du 28 juin 2024

Le Conseil des Gardiens de la Constitution publie aujourd’hui dimanche 9 juin 2024 la liste des candidats retenus pour l’élection présidentielle anticipée qui aura lieu le vendredi 28 juin prochain.

candidats élection présidentielle Iran 2024
En haut, de gauche à droite : messieurs Djalili, Pezeshkiân et Qâlibâf. En bas, de gauche à droite : messieurs Zâkâni, Qâzizâdeh Hâshemi et Pour Mohammadi. (Source : L’Iran approuve six candidats pour le scrutin présidentiel du 28 juin – IRNA Français)

Seules six candidatures ont été retenues parmi les 80 déposés. La campagne électorale débute officiellement le lundi 10 juin.

Présentation des candidats à l’élection présidentielle

Sa’id Djalili

Sa’id Djalili (سعید جلیلی), né en 1965, ultraconservateur. Diplomate de carrière, il fut notamment le directeur des négociations sur le dossier du nucléaire iranien. Il fut également secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale de 2007 à 2013. Il est depuis cette même année membre du Conseil de Discernement de l’Intérêt supérieur du Régime (مجمع تشخیص مصلحت نظام), une institution fondée en 1988 par l’ayatollah Khomeyni équivalent en France au Conseil d’État. Djalili fut candidat aux élections présidentielles de 2013 (11,36% des voix) et 2021, durant laquelle il se retira pour soutenir Ebrahim Raïssi.

Mas’oud Pezeshkiân

Mas’oud Pezeshkiân (مسعود پزشکیان), né en 1954, réformateur. Il fut ministre de la Santé de 2001 à 2005 et député de la circonscription de Tabriz, Osku et Azarshahr depuis 2008. Il fut également vice-président de l’Assemblée consultative islamique de 2016 à 2020. Déjà candidat en 2013, il retira sa candidature, tandis que celle-ci ne fut pas acceptée par le Conseil des Gardiens de la Constitution en 2021.

Mostafa Pour Mohammadi

Mostafa Pour Mohammadi (مصطفی پورمحمدی), né en 1959, réformateur. Cet hodjatoleslam exerça de nombreuses fonctions dans l’administration judiciaire. Il fut entre autre procureur de la Cour révolutionnaire de 1979 à 1986 avant de devenir procureur de la Cour révolutionnaire des Forces armées. Il fut plusieurs fois ministre : aux portefeuilles du Renseignement et de la Sécurité (1987-1999), de l’Intérieur (2005-2008) et de la Justice (2013-2017) dans le gouvernement du réformateur Hassan Rohani.

Mohammad-Bâqer Qâlibâf

Mohammad-Bâqer Qâlibâf (محمد باقر قالیباف), né en 1961, conservateur. Il fut notamment maire de Téhéran de 2005 à 2017, avant de devenir député et président de l’Assemblée consultative islamique en mai 2020. Il fut déjà candidat aux élections présidentielles de 2005 (13,93% des voix) et de 2013 (16,56% des voix) et de 2017, au cours de laquelle il se retira pour soutenir Ebrahim Raïssi.

Seyed Amir Hossein Qâzizâdeh Hâshemi

Seyed Amir Hossein Qâzizâdeh Hâshemi (سید امیرحسین قاضی‌زاده هاشمی), né en 1971, conservateur. Il fut notamment député de la circonscription de Mashhad et Kalat de 2008 à 2021 avant de devenir vice-président dans le gouvernement du défunt président Ebrahim Raïssi. Il est également directeur de la Fondation des Martyrs et des Vétérans. Déjà candidat à l’élection présidentielle de 2021, il ne recueillit que 3,46% des voix.

Alirezâ Zâkâni

Alirezâ Zâkâni (علیرضا زاکانی), né en 1966, conservateur. Il fut notamment député de la circonscription de Téhéran, Ray, Shemiranat, Islamshahr et Pardis (2004-2016) et de Qom (2020-2021). Durant ce second mandat législatif, il occupera le poste de président du Centre de Recherche de l’Assemblée consultative islamique. Il est depuis septembre 2021 maire de Téhéran. Ses candidatures aux élections présidentielles de 2013 et 2017 furent refusées par le Conseil des Gardiens de la Constitution, tandis que celle de 2021 fut acceptée. Il se retirera cependant pour soutenir Ebrahim Raïssi.

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France-Iran

Arrestation arbitraire d’un journaliste iranien en France

La police française a procédé mercredi 5 juin 2024 à Metz, dans le nord-est de la France, à l’arrestation de Monsieur Bashir Biazar, un journaliste iranien. Cette actualité n’a pas manqué de faire réagir en Iran, tandis qu’elle n’est aucunement relayée dans les médias officiels français.

Bashir Biazar journaliste iranien arrêté en France
Portrait de Bashir Biazar, journaliste iranien arrêté en France

Après un interrogatoire de plusieurs heures, le journaliste serait actuellement dans un centre de rétention dans l’attente de son procès. Les autorités françaises n’ont à ce jour toujours pas fourni de justification à cette arrestation. Il semble toutefois que celle-ci fasse suite à sa couverture du conflit israélo-palestinien.

Bashir Biazar écrivait dans l’une de ses dernières publications :

« La semaine dernière, j’ai eu l’occasion de parler lors d’une réunion aux Nations unies sur les sanctions contre l’Iran, les crimes israéliens et les dysfonctionnements des Nations unies ! Ce qui était intéressant, c’est que plus on parlait contre Israël, plus on était acclamé par le public ! Les sionistes n’ont jamais été aussi isolés, détestés et humiliés. »

Rapporté par Ghorban-Ali Khodabandeh, Les dessous de l’arrestation d’un ressortissant iranien en France, PressTV, 7 juin 2024 (https://french.presstv.ir/Detail/2024/06/07/726989/Les-dessous-de-l%E2%80%99arrestation-d%E2%80%99un-ressortissant-iranien-en-France).

Cette arrestation d’un journaliste iranien en France intervient dans un contexte où d’importantes manifestations dénoncent les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité commis par l’armée israélienne dans la bande de Gaza.

L’Iran réagit à l’arrestation d’un journaliste iranien en France

Cette violation du droit de la presse et de la liberté d’information commise par le régime français n’a pas manqué de susciter des réactions des autorités iraniennes. Ali Bagheri-Kani, ministre iranien des Affaires étrangères par intérim, s’est notamment entretenu par téléphone avec l’ambassadeur d’Iran en France. Il déclare notamment :

« Le ministère des Affaires étrangères ne ménagera aucun effort consulaire, juridique et politique pour soutenir les ressortissants iraniens partout dans le monde. »

Téhéran poursuit l’affaire du ressortissant iranien arrêté en France (presstv.ir)

Déclaration de Nasser Kanaani, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères :

« Dans le cadre de ses responsabilités et de ses efforts sérieux pour protéger la sécurité des ressortissants iraniens, le ministère des Affaires étrangères a mis à l’ordre du jour, à Paris et à Téhéran, la défense des droits de son citoyen arrêté et sa libération dans les plus brefs délais. Les mesures adéquates sont mises à l’œuvre jusqu’à ce que nous ayons gain de cause. »

Le ministère iranien des AE réagit à l’arrestation d’un ressortissant iranien en France (presstv.ir)

Déclaration de Kazem Gharibabadi, secrétaire du Haut Conseil iranien des droits de l’homme :

« L’arrestation d’un ressortissant iranien par la police française en raison de son soutien au peuple opprimé de Palestine est une nouvelle honte pour la France en matière des droits de l’homme. Hier, j’ai parlé avec son épouse et les responsables du ministère des Affaires étrangères ; nous sommes déterminés à défendre nos compatriotes. Ce ressortissant iranien doit être libéré au plus vite. »

Un haut responsable iranien des droits de l’homme appelle à la libération d’un détenu en France (presstv.ir)

Il est à noter que Monsieur Biazar est entré légalement sur le territoire français et s’avère être un journaliste accrédité. Les autorités françaises jouent dans cette affaire le jeu dangereux de la prise d’otage d’État et ne semblent guère se rendre compte de leur double discours concernant les libertés et les procédures judiciaires. Nul doute que cette affaire ne va pas contribuer à l’établissement de relations diplomatiques normales et intelligentes par la France avec l’Iran.

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Nature et Géographie

La douceur de vivre sur l’île de Kish

Située dans le golfe Persique, Kish est une petite île iranienne appartenant au département de Bandar Lengueh, dans la province de Hormozgan. Cette île corallienne à la forme ovale s’étend sur environ 16 kilomètres de long pour 8 kilomètres de large. Sa superficie totale atteint 91,5 kilomètres carrés.

île de Kish Négâh

Située à 18 kilomètres des côtes de l’Iran, l’île de Kish se trouve à environ 300 kilomètres du port de Bandar Abbas.

Son point culminant se situe à l’est, à une altitude de 45 mètres au-dessus du niveau de la mer, tandis que l’altitude moyenne de l’île est de 32 mètres. La circonférence de l’île mesure quant à elle environ 42 kilomètres.

L’île de Kish au cœur de l’Histoire

L’île de Kish fut le sujet de nombreux récits de voyages. Le navarque grec Néarque sera l’un des premiers à en faire une description au IVème siècle avant Jésus-Christ, sous Alexandre le Grand, suivi par Xénophon qui l’appela « Mère de Kamtina ».

île de Kish Iran loisirs

Avant l’avènement de l’islam, différents peuples de culture iranienne tels que les Élamites, les Sumériens, les Achéménides, les Séleucides, les Arsacides et les Sassanides dominèrent l’île de Kish.

L’Occident éprouva également de l’intérêt pour l’île de Kish, avec des visées colonisatrices. Les Portugais, grande puissance maritime et colonisatrice du XVIème siècle, occupèrent l’île pour maîtriser le commerce avec les contrées de l’océan Indien.

Après leur expulsion par les Safavides, les Britanniques commencèrent à exercer une influence dans la région. Ils occupèrent militairement Kish avant de la revendre. Les Iraniens parviennent enfin à récupérer l’île après cette occupation.

Au début du XXème siècle, l’île fait de nouveau l’objet d’une occupation étrangère, qui prend fin sous le règne de Mohammad Reza Pahlavi. Elle accueille alors un tourisme haut de gamme et devient un endroit prisé des élites aisées.

Kish est aujourd’hui connue pour ses nombreux atouts tels que ses offres de séjour de loisirs, ses boutiques et ses sites touristiques. Au fil de son histoire, l’île acquit également une réputation pour ses palmeraies luxuriantes situées sur la côte nord. De même, l’île se démarque pour son emplacement stratégique propice aux échanges commerciaux par voie maritime.

plage île de Kish

Un magnifique album de photographies de Mahmoud Khakbaz à découvrir :

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HistoireSociété

L’Iran en deuil après la disparition du président Ebrahim Raïssi

Le dimanche 19 mai 2024, un hélicoptère transportant le président iranien Ebrahim Raïssi et plusieurs personnalités importantes, notamment le ministre des Affaires étrangères Hossein Amir-Abdollahian, s’écrasait en Azerbaïdjan oriental, dans le nord-ouest de l’Iran.

L'Iran en deuil après la disparition du président Ebrahim Raïssi

C’est avec émotion que Négâh® présente ses condoléances les plus sincères au peuple iranien pour ce tragique accident et propose un dossier complet pour mieux comprendre cette actualité bouleversante.

Sommaire

I – Le dimanche 19 mai 2024

  • I-1. L’inauguration du barrage de Qiz Qalasi
  • I-2. Le vol retour en hélicoptère pour rejoindre Tabriz
  • I-3. Les opérations de recherches
  • I-4. La découverte de l’épave

II – Qui sont les défunts de l’accident d’hélicoptère ?

  • II-1. Qui était Ebrahim Raïssi, le huitième président de la République islamique d’Iran ?
  • II-2. Qui était Hossein Amir-Abdollahian, le ministre des Affaires étrangères ?

III – Quelles conséquences pour l’Iran après la mort du président Ebrahim Raïssi ?

I – Le dimanche 19 mai 2024

Rien ne présageait les évènements dramatiques de ce dimanche 19 mai 2024. Le président iranien et son ministre des Affaires étrangères inauguraient ce jour-là deux barrages hydrauliques situés sur le fleuves Aras, délimitant la frontière entre l’Iran et l’Azerbaïdjan.

I-1. L’inauguration du barrage de Qiz Qalasi par Ebrahim Raïssi

Ce dimanche 19 mai, le président de la République islamique d’Iran Ebrahim Raïssi et le ministre des Affaires étrangères Hossein Amir-Abdollahian ont inauguré en compagnie du président azerbaïdjanais Ilham Aliyev les barrages de Qiz Qalasile et de Khoda Afrin, situés sur les rives de la rivière Aras, frontière naturelle entre l’Iran et l’Azerbaïdjan.

inauguration barrage Iran Azerbaïdjan

Après une visite du barrage de Qiz Qalasi, les deux chefs d’État tinrent des discussions sur les relations bilatérales et régionales.

président Iran Ebrahim Raïssi et président Azerbaïdjan Ilham Aliyev

Le barrage de Qiz Qalasi, construit sur la rivière Aras, régule 2 milliards de mètres cubes d’eau par an. Il vise notamment à stimuler le développement économique et agricole, mais également à préserver l’environnement et fournir de l’eau potable aux villes et villages des deux côtés de la frontière.

Le ministre iranien de l’Énergie, Ali Akbar Mehrabian, considère ce barrage comme un symbole d’amitié entre les peuples iranien et azerbaïdjanais. Il souligne également l’importance de ce barrage pour les provinces d’Ardabil et de l’Azerbaïdjan de l’Est, en termes de maîtrise des inondations, d’approvisionnement en eau potable, d’agriculture et de préservation de l’environnement.

Le barrage a une couronne de 834 mètres de long. Plus de 6 millions de mètres cubes furent excavés. Il nécessita 2,1 millions de mètres cubes de remblayage et environ un demi-million de mètres cubes de bétonnage.

I-2. Le vol retour en hélicoptère pour rejoindre Tabriz

Trois hélicoptères décollent aux alentour de 13 heures (heure locale) pour ramener la délégation officielle iranienne dans la ville de Tabriz, la capitale provinciale. Lors d’un entretien à la télévision d’État, Gholamhossein Esmaili (غلامحسین اسماعیلی), chef du bureau du président Ebrahim Raïssi, qui était à bord d’un des trois hélicoptères déclare que les conditions météorologiques étaient idéales au départ et pendant une grande partie du vol.

Après 45 minutes de vol, le pilote chargé du convoi de l’hélicoptère présidentiel ordonne aux deux autres hélicoptères de prendre de l’altitude pour éviter un nuage qui se rapprochait. C’est alors que l’hélicoptère présidentiel, qui volait entre les deux autres, disparut subitement.

« Après 30 secondes de vol au-dessus des nuages, notre pilote a remarqué que l’hélicoptère du milieu avait disparu. Le pilote a dont décidé de faire un tour et de revenir pour chercher l’hélicoptère du président. »

Déclaration de Gholamhossein Esmaili

Malgré plusieurs tentatives de communication radiophonique avec l’hélicoptère présidentiel, et étant donné que le pilote ne pouvait pas réduire son altitude en raison des nuages, l’hélicoptère poursuivit son vol et finit par atterrir dans une mine de cuivre située à proximité.

« Nous avons plusieurs fois appelé le ministre des Affaires étrangères Amir-Abdollahian et le chef de l’unité de protection du président, mais ils ne nous ont pas répondu. »

Déclaration de Gholamhossein Esmaili
Dernière photographie d’Hossein Amir-Abdollahian avec des ouvriers du barrage.

Il est environ 15 heures (heure française) lorsque des informations font état d’un « atterrissage brutal » de l’hélicoptère transportant le président iranien Ebrahim Raïssi. Le ministre des Affaires étrangères Hossein Amir-Abdollahian, le guide de la prière de Tabriz Mohammad-Ali al-Hashem et le gouverneur de la province d’Azerbaïdjan oriental Malik Rahmati sont également présents dans ce même hélicoptère.

Dernière photographie de l’hélicoptère, juste après son décollage. Il s’agit d’un modèle Bell 212, fabriqué aux États-Unis dans les années 1970.

Le ministre iranien de l’Intérieur, Ahmad Vahidi, ne tarde pas à confirmer la nouvelle. Il précise que les opérations de recherches sont en cours dans la région de Djolfa.

I-3. Les opérations de recherches

Gholamhossein Esmaili souligne que les pilotes des deux autres hélicoptères réussirent à joindre le responsable de l’hélicoptère présidentiel, le colonel Mostafavi. Cependant, ce fut le guide de la prière de Tabriz, l’hodjatoleslam al-Hashem, qui répondit à l’appel. Il déclara que l’hélicoptère s’était écrasé dans une vallée et qu’il était blessé. Suite à cela, Esmaili réussit à contacter une seconde fois l’hodjatoleslam al-Hashem et obtint les mêmes informations.

« Lorsque nous avons trouvé le lieu de l’accident, l’état des corps indiquait que l’ayatollah Raïssi et d’autres compagnons étaient morts sur le coup, mais qu’al-Hashem avait été martyrisé après plusieurs heures. »

Déclaration de Gholamhossein Esmaili

Les premières équipes de secours sont immédiatement dépêchées vers la zone où disparut l’hélicoptère. Celle-ci se situe dans la la forêt de Pir Davoud, entre Varzeqan (ورزقان) et Djolfa (جلفا). Cependant, les conditions météorologiques sont des plus défavorables. En effet, un épais brouillard et la géographie montagneuse de cette région rendent difficile la progression des secours.

Vers 16 heures (heure française), le porte-parole des situations d’urgence déclare auprès de l’IRNA que des équipes de secours d’urgence, comprenant des techniciens et des médecins, sont actuellement présentes dans la zone de l’accident. Huit ambulances furent dépêchées à Varzeghan, ainsi qu’un hélicoptère d’urgence. Malheureusement, celui-ci ne put atterrir en raison du brouillard et fut contraint de rebrousser chemin. Des drones Mohadjer 6 et des drones de reconnaissance du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) renforcent le dispositif de recherche.

Au total, vingt équipes de secours parcourent la zone. En raison, du brouillard et de la pluie qui rendent impossible toute visibilité au-delà de 5 mètres, les secouristes se voient contraints de poursuivre les recherches à pied. Trois secouristes vont d’ailleurs s’égarer dans la forêt durant les recherches.

Le vice-président et plusieurs membres du gouvernement partent pour Tabriz. Le Conseil national de sécurité se réunit en urgence vers 16h30 dans le bureau du Guide de la Révolution Ali Khamenei.

Des forces spéciales arrivent en renfort pour poursuivre les recherches de nuit.

Alors que la nuit tombe, des commandos de l’armée et des parachutistes du CGRI arrivent en renfort pour mener des recherches nocturnes. La pluie se transforme en neige par endroit et la température ne dépasse pas les 7 degrés. Vers 23h20 (heure française), le rayon des opérations de recherche se réduit désormais à deux kilomètres. Pas moins de six drones iraniens et un drone turc fouillent la zone avec une portée d’environ 20 kilomètres.

I-4. La découverte de l’épave

L’annonce de cet accident aérien suscite immédiatement un émoi international. Le ministre turc des Affaires étrangères envoie un groupe de 32 alpinistes et du matériel nécessaire pour aider l’Iran dans ses recherches, notamment un drone équipé d’une vision thermique. Le Croissant-Rouge irakien prépare 10 équipes aériennes de recherche et de sauvetage en Iran. Le président de la Fédération de Russie Vladimir Poutine envoie deux avions transportant des hélicoptères spéciaux à Tabriz, ainsi que 50 sauveteurs de montagne professionnels. Le ministère des Affaires étrangères de l’Azerbaïdjan se déclare prêt à envoyer 40 sauveteurs en Iran.

Le site de l’accident

Vers 05h17 (heure locale, 03h47 en France), le soleil se lève sur la région. Toutefois, le ciel est toujours couvert d’un épais brouillard.

L’épave de l’appareil photographiée par un drone

Il est environ 05h30 en Iran (04h00 en France), lorsque l’épave de l’hélicoptère est découverte par les sauveteurs. Malheureusement, aucun survivant n’est retrouvé. Lors d’un point de presse télévisée, Pir-Hossein Koulivand, responsable de l’Organisation iranienne du Croissant-Rouge, déclare qu’il n’y avait « aucun signe de vie humaine » dans la zone de l’accident.

La découverte de l’épave

Le commandant adjoint de la force aérospatiale du CGRI s’est rendu sur place. Il a ordonné que l’épave de l’hélicoptère reste sur le lieu de l’accident pour enquête. Selon les premiers éléments, il semble que l’aéronef volait à une altitude de 2500 mètres.

II – Qui sont les défunts de l’accident d’hélicoptère ?

Au total, huit personnes étaient présentes dans l’appareil.

Iran accident hélicoptère président Ebrahim Raïssi ministre Amir-Abdollahian

Dans le sens des aiguilles d’une montre. Ebrahim Raïssi, président de la République islamique d’Iran. Hodjatoleslam Mohammad-Ali al-Hashem, guide de la prière de Tabriz. Hossein Amir-Abdollahian, ministre des Affaires étrangères. Malik Rahmati, gouverneur de la province d’Azerbaïdjan oriental. Général de brigade de deuxième classe Seyed Mehdi Mousavi, chargé de la protection du président de la République. Les trois membres d’équipage.

Iran pilotes hélicoptère président Ebrahim Raïssi

De gauche à droite : le commandant Behrouz Qadimi, le colonel Seyed Taher Mostafavi et le colonel Mohsen Daryanoush.

II-1. Qui était Ebrahim Raïssi, le huitième président de la République islamique d’Iran ?

Seyed Ebrâhim Ra’isi al-Sâdâti (سیّد ابراهیم رئیس‌الساداتی) naquit le 14 décembre 1960 à Mashhad, la ville sainte du Chiisme située dans le nord-est de l’Iran. Orphelin de père à 5 ans, il poursuit des études de théologie et un doctorat de droit privé qui lui permettront de débuter sa carrière en 1980 comme procureur, d’abord à Karadj, puis Hamedan. Il est nommé à Téhéran en 1985 et devient membre du Conseil d’administration pour la situation des prisonniers politiques.

Ebrahim Raïssi président de la République islamique d'Iran

De 1994 à 2004, il dirige le Bureau de l’inspection générale du pays défini dans l’article 174 de la constitution. Il exerce ensuite de nombreuses responsabilités : directeur adjoint de la magistrature de 2004 à 2014, puis Procureur général d’Iran entre 2014 et 2016. Il fut également membre de l’Assemblée des Experts depuis 2007. Deux sujets majeurs demeurent de son bilan comme chef du pouvoir judiciaire entre 2019 et 2021 : son engagement dans la lutte contre la corruption et le renforcement des lois visant à protéger les femmes contre les violences domestiques.

Le bilan d’Ebrahim Raïssi comme président

Candidat à l’élection présidentielle de 2017, il est battu par Hassan Rohani. Il se représente en juin 2021 et est élu dès le premier tour avec 61,95 % des voix. Son élection survient à un moment où l’Iran est confronté à des défis majeurs, notamment des difficultés économiques exacerbées par les sanctions étatsuniennes et les tensions accrues avec Washington. Il mit notamment en œuvre une politique économique de développement de la production nationale et d’indépendance industrielle. Il entama des réformes de l’administration afin de moderniser le système bureaucratique, de lutter contre la corruption et l’inertie administrative. La production de pétrole atteignit 3,4 millions de barils par jour, dépassant ainsi le niveau antérieur aux sanctions. Enfin, l’Iran récupéra sa dette britannique de 400 millions de livres sterling pour un contrat annulé en 1979 portant sur la livraison de chars Chieftain.

Ebrahim Raïssi président de la République islamique d'Iran
Ebrahim Raïssi fut un président dont la popularité en Iran n’est pas sans rappeler celle de Jacques Chirac en France.

Sur le plan international ensuite, Ebrahim Raïssi adopta une position plus ferme et pragmatique dans la politique étrangère iranienne. En particulier dans les négociations pour relancer l’accord nucléaire de 2015 avec les États-Unis et l’Europe. Celles-ci resteront toutefois sans succès en raison de la procrastination étatsunienne sur la levée des sanctions.

Ebrahim Raïssi président de la République islamique d'Iran

L’Iran est devenu membre à part entière de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) et membre des BRICS. Le pays se distingua également en tant qu’acteur important dans les relations avec l’Union économique eurasiatique (UEE). L’Iran renoua et renforça les relations diplomatiques avec plusieurs voisins arabes et pays africains : l’Arabie saoudite, le Koweït, l’Égypte, la Libye, le Soudan, Djibouti, les Maldives. Les relations russo-iraniennes se renforcèrent tant en matière de coopération politico-militaire que commerciale : en effet, les échanges commerciaux entre Moscou et Téhéran atteignent 4 milliards de dollars. En outre, le régime de visa cessa entre les deux pays pour les touristes.

Attaques et propagande contre Ebrahim Raïssi

Ebrahim Raïssi est également la cible des attaques occidentales visant à le salir. Ces accusations émanent de l’organisation terroriste des « moudjahiddines du peuple », responsable de la mort de plus de 17 000 Iraniens au cours d’attentats sanglants. Il s’allièrent avec l’Irak pendant la guerre que ce pays imposa à l’Iran entre 1980 et 1988, entraînant conséquemment leur condamnation pour trahison et intelligence avec l’ennemi. 2500 terroristes seront condamnés à mort et exécutés par pendaison en 1988 après l’opération Mersad, dernière bataille de ce conflit au cours de laquelle ils attaquèrent l’Iran avec l’aide et la logistique irakienne et étatsunienne.

Il est nécessaire de comprendre que les moudjahiddines du peuple sont encore aujourd’hui pour la population iranienne ce que furent les engagés volontaires français dans la Waffen-SS pour les Français de 1945. De plus, les moudjahiddines du peuple sont également considérés ainsi par les Kurdes en raison de leur participation au génocide commis dans le Kurdistan irakien par Saddam Hussein.

II-2. Qui était Hossein Amir-Abdollahian, le ministre des Affaires étrangères ?

Hossein Amir-Abdollahian (حسین امیرعبداللهیان) naquit à Damghan (دامغان) le 23 avril 1964. Orphelin de père à 7 ans, il poursuivra des études dans le domaine de la diplomatie et des relations internationales. Il obtient en 1991 une licence en relations diplomatiques obtenue à la faculté du ministère des Affaires étrangères. Il poursuivra par une maîtrise en relations internationales de la faculté de droit et de sciences politiques de l’université de Téhéran en 1996 et un doctorat en relations internationales dans la même université.

Hossein Amir-Abdollahian accident hélicoptère président Ebrahim Raïssi

Hossein Amir-Abdollahian dirigea notamment l’équipe de négociation iranienne lors de la réunion trilatérale entre l’Iran, l’Irak et les États-Unis à Bagdad en 2007. Cette réunion fut convoquée à la demande des Américains pour aider à stabiliser la situation en Irak qu’ils jugeaient préoccupante. Les pourparlers échoueront après trois sessions sans aucun résultat, les Américains quittant la salle dès qu’un argument leur déplaisait et ne parvenant pas à imposer leur ordre du jour.

Diplomate de carrière, parfaitement arabophone et anglophone, il occupa notamment le poste de vice-ministre des Affaires étrangères chargé des affaires arabes et africaines de 2011 à 2016. Il devient ensuite directeur général des Affaires internationales de l’Assemblée consultative islamique. Il devient enfin ministre des Affaires étrangères après l’élection d’Ebrahim Raïssi à la présidence de l’Iran en 2021.

Hossein Amir-Abdollahian

Hossein Amir-Abdollahian entretint une amitié solide avec le général Qassem Soleimani depuis son nomination comme chef de corps de la force Qods. Il ne manquera pas de rappeler aux Européens le sacrifice du général martyr et de l’Iran dans la lutte contre l’organisation terroriste Dâesh.

Hossein Amir-Abdollahian, marié depuis 1994, était père de deux enfants. Il laisse le souvenir d’un remarquable diplomate et d’un fin stratège iranien.

Ebrahim Raïssi président de la République islamique d'Iran Hossein Amir-Abdollahian ministre des Affaires étrangères
Un hommage unanime

Plusieurs pays décrètent un deuil national. Trois jours en Syrie et au Liban, deux au Tadjikistan, un au Pakistan, en Irak, en Inde, en Turquie et à Cuba. L’Iran décrète cinq jours de deuil national. Même les Nations-Unies décrètent un hommage au président et au ministre des Affaires étrangères iraniens, mettant en berne son drapeau mardi 21 mai. Ce même jour, la parlement arménien observe une minute de silence en mémoire des disparus.

III – Quelles conséquences pour l’Iran après la mort du président Ebrahim Raïssi ?

L’article 131 de la constitution prévoit l’intérim de la fonction présidentielle en cas d’empêchement du président de la République.

« En cas de décès, de révocation, de démission, d’absence ou de maladie de plus de deux mois du Président de la République, ou dans le cas où la durée du mandat présidentiel est expirée et que le nouveau Président de la République, en raison de certains empêchements, n’a pas encore été élu, ou dans d’autres cas similaires, le premier vice-président de la République sous réserve de l’accord du Guide, prend en charge les pouvoirs et les responsabilités du Président et un conseil composé du Président de l’Assemblée consultative islamique, du Chef du pouvoir judiciaire et du premier vice-président de la République est tenu de prendre les dispositions afin que le nouveau Président de la République soit élu au plus tard dans un délai de 50 jours. En cas de décès du premier vice-président ou d’autres causes qui empêcheraient l’accomplissement de ses tâches, de même que dans l’éventualité où le Président de la République n’aurait pas de premier vice-président, le Guide nomme une autre personne à sa place. »

Cf. La Constitution de la République islamique d’Iran

Le vice-président de la République islamique d’Iran, Monsieur Mohammad Mokhber prend ses fonctions conformément à la Constitution.

Mohammad Mokhber vice-président de la République islamique d'Iran
Mohammad Mokhber, vice-président iranien

Titulaire d’un doctorat en droit international, Mohammad Mokhber (محمد مخبر) naquit à Dezful (دزفول) le 26 juin 1955. Il fut notamment président du conseil d’administration de la banque Sina et gouverneur de la province du Khouzestan durant deux mandats. De 2007 à 2021, il dirigea le Setad (ستاد اجرایی فرمان امام), une œuvre caritative fondée par l’ayatollah Khomeyni en 1989. Durant cette période, Mohammad Mokhber fonda la Société de la connaissance Barakat (مؤسسه دانش‌بنیان برکت) qui réalisa le vaccin iranien contre la covid-19. L’administration du président étatsunien Donald Trump sanctionnera d’ailleurs cette institution en pleine pandémie. Devenu premier vice-président après l’élection d’Ebrahim Raïssi, il travaille notamment sur les programmes de protection sociale.

Le porte-parole du gouvernement iranien, Monsieur Ali Bahadri Djahormi, annonce la nomination d’Ali Baqeri Kani (علی باقری کنی) en remplacement de feu Hossein Amir-Abdollahian.

Ali Baqeri Kani Hossein Amir-Abdollahian
Ali Baqeri Kani fut également le directeur iranien des négociation sur le nucléaire.

L’article 132 stipule que les ministres ne peuvent être révoqués ou soumis à un vote de censure lorsque le premier vice-président ou toute autre personne désignée conformément à l’article 131 assure les fonctions du président de la République. De plus, il n’est pas permis de procéder à une révision de la constitution ou d’organiser un référendum pendant cette période.

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Géopolitique et Diplomatie

L’Inde et l’Iran signent un accord concernant le port de Chabahar

L’Inde et l’Iran viennent de signer un accord concernant le port de Chabahar. Son potentiel économique s’avère prometteur, non seulement pour les deux pays, mais également pour l’Asie centrale.

Le contrat bilatéral à long terme pour l’exploitation du port de Chabahar, seul port maritime iranien, a été officiellement signé hier, le lundi 13 mai 2024. Les parties sont l’Indian Ports Global Limited (IPGL) et l’Organisation portuaire et maritime (PMO) d’Iran.

Le port de Chabahar, un potentiel économique prometteur pour l’Inde et l’Iran

Selon le contrat, le port de Shahid-Behesti sera exploité dans le cadre du projet de développement du port de Chabahar pour une durée de 10 ans. Dans le cadre de cette location, IPGL investira environ 120 millions de dollars pour améliorer les infrastructures portuaires. De plus, l’Inde a octroyé un crédit de 250 millions de dollars pour des projets d’infrastructure associés à Chabahar.

Chabahar est un point d’accès majeur pour l’Inde vers l’Afghanistan et l’Asie centrale. Il permet notamment d’éviter les ports pakistanais de Karachi et de Gwadar. En tant que coentreprise indo-iranienne, le port joue également un rôle clé dans le corridor de transport international Nord-Sud (INSTC).

L’INSTC, qui implique l’Iran, l’Inde et la Russie, vise à relier l’océan Indien et le golfe Persique à la mer Caspienne via l’Iran. De plus, son emplacement géostratégique permet une extension potentielle jusqu’en Europe via la Russie.

Ingérences et menaces des États-Unis

En dépit des progrès réalisés à Chabahar, la situation fut bloquée par les sanctions américaines réimposées après le retrait unilatéral de Washington de l’accord nucléaire de 2015 avec l’Iran.

Quelques heures seulement après la signature de cet accord, les États-Unis avertirent New Delhi des possibles sanctions pour tout accord commercial avec Téhéran.

Lors d’une conférence de presse le 13 mai, le porte-parole du département d’État américain, Vedant Patel, se permit de mettre en garde New Delhi sur les conséquences de son accord avec Téhéran. Les menaces étatsuniennes sont on ne peut plus clair :

« Toute entité ou toute personne envisageant des accords commerciaux avec l’Iran doit être consciente du risque potentiel de sanctions. […] Les sanctions américaines contre l’Iran restent en vigueur et nous continuerons à les appliquer »

Déclarations de Vedant Patel, porte-parole du département d’État américain, le 13 mai 2024.

Cette obsession des États-Unis pour les sanctions fait intrinsèquement partie de son logiciel diplomatique depuis fort longtemps. Cette menace continue de sanctions s’inscrit dans la stratégie étatsunienne à l’encontre de l’Iran. Téhéran fait l’objet depuis 45 ans d’un acharnement de Washington contre ses efforts visant à développer le pays et assurer sa souveraineté. Cependant, cette vision des relations internationales fait de plus en plus l’objet de critiques. De nombreux pays font désormais le choix de s’affranchir de cette domination.

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Sciences et Technologie

L’Iran produit la moitié de ses équipements médicaux

L’Iran se positionne en tant que premier pays de la région de l’Asie du sud-est dans la production d’équipements médicaux. Cet exploit scientifique et technologique reflète l’esprit d’émancipation et d’indépendance qui anime le peuple iranien.

Monsieur Ahmad Moslemi, président de l’Association iranienne des spécialistes de l’équipement médical, déclara lors d’une conférence de presse samedi 11 mai 2024 que près de 50 % du matériel médical utilisé dans le pays est désormais fabriqué localement.

Les équipements médicaux, un secteur crucial pour l’Iran

Le secteur de la production du matériel médical iranien connaît depuis ces cinq dernières années une croissance significative. Le nombre d’entreprises dans ce domaine fut multiplié par cinq pour atteindre 2 000 entreprises. La production a quant à elle quadruplé dans le même laps de temps.

L’Iran fabrique désormais une variété d’équipements médicaux avancés et d’implants, démontrant ainsi la diversification et la sophistication de sa production. Cette montée en puissance de la production locale pourrait jouer un rôle crucial dans l’indépendance et l’autosuffisance de l’Iran en matière de matériel médical. Elle témoigne également des compétences scientifiques des chercheurs et des ingénieurs iraniens.

Cette expansion de la production nationale d’équipements médicaux témoigne de l’engagement de l’Iran à renforcer son industrie médicale. Elle démontre aussi sa capacité à répondre aux besoins croissants en matière de santé au niveau national et régional.

95% des médicaments produits en Iran

Le jeudi 5 octobre 2023 déjà, le président de la République islamique d’Iran, Monsieur Ebrahim Raïssi, déclarait à l’occasion de l’inauguration de l’hôpital pour enfants Hakim, que plus de 95 % des médicaments nécessaires en Iran sont produits localement.1

Il exprimait à cette occasion sa fierté quant à la production d’équipements médicaux et des avancées scientifiques de l’Iran. Il rappela notamment que l’intégralité des équipements utilisés dans les salles d’opération est désormais le fruit de la production nationale.

Le président iranien mentionnait également la présentation du robot de chirurgie à distance baptisé Sina, intégralement développé en Iran. Il souligna l’importance de ne pas dépendre des importations occidentales et rappela que ces réalisations sont le fruit du savoir-faire de la nation iranienne.

Ces déclarations mettent en évidence l’autonomie croissante de l’Iran dans le domaine médical et sa capacité à répondre aux besoins de la population en matière de santé avec des produits nationaux de haute qualité.

  1. Plus de 95% des médicaments dont nous avons besoin sont produits localement (Raïssi), IRNA, vendredi 6 octobre 2023 (https://fr.irna.ir/news/85248989/Plus-de-95-des-m%C3%A9dicaments-dont-nous-avons-besoin-sont-produits). ↩︎
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Géopolitique et Diplomatie

Visite officielle du président du Kurdistan irakien en Iran

Le président de la région du Kurdistan irakien, Nichervan Barzani, était en visite officielle en Iran le dimanche 5 et le lundi 6 mai 2024.

Il a notamment rencontré le Guide de la Révolution Ali Khamenei, le président de la République islamique d’Iran Ibrahim Raïssi, le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amirabdollahian, et le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale d’Iran, Ali Akbar Ahmadian.

Rencontre avec Hossein Amirabdollahian

Le ministre iranien des Affaires étrangères s’est dit satisfait de la visite de Barzani à Téhéran et décrit les relations entre Téhéran et la région du Kurdistan comme « amicales et incassables ». Il considère la visite de Barzani comme une opportunité de renforcer les liens entre Téhéran et Erbil. En particulier dans les domaines économique et commercial. Il exprime également l’espoir que les relations progresseront plus rapidement à l’avenir.

président Kurdistan irakien Nichervan Barzani rencontre Hossein Amirabdollahian 6 mai 2024

Lors de la réunion, le président de la région du Kurdistan irakien a souligné le rôle de l’Iran dans les développements historiques importants. Il a notamment salué le général martyr Qassem Soleimani pour son rôle dans le renforcement de la sécurité de la région.

« À notre avis, la sécurité de l’Iran est la sécurité de l’Irak et de la région du Kurdistan, le territoire autonome ne sera jamais un point de menace contre la République islamique »

Nichervan Barzani, président de la région du Kurdistan irakien (Les relations de l’Iran avec le Kurdistan irakien sont indéfectibles, selon Amirabdollahian – IRNA English)

Il a également fait référence à l’accord de sécurité et à la création d’un comité de sécurité conjoint entre l’Iran et l’Irak, affirmant que la région du Kurdistan veillera scrupuleusement à la mise en œuvre intégrale de cet accord.

Rencontre avec Ebrahim Raïssi

Selon un compte rendu de la réunion fourni par le conseiller politique en chef su président iranien, Mohammad Jamshidi, Nichervan Barzani a déclaré lors de sa rencontre avec Ebrahim Raïssi que l’Iran et ses hauts dirigeants politiques et militaires jouèrent un rôle crucial en soutenant le mouvement kurde en Irak.

président Kurdistan irakien Nichervan Barzani rencontre Ebrahim Raïssi 6 mai 2024

Ebrahim Raïssi a souligné que la nation et le gouvernement iraniens considèrent la sécurité de l’Irak comme la leur, tout en exprimant leur confiance dans la bonne volonté et l’amitié de leurs « frères irakiens et kurdes ». Il a notamment rappelé que la République islamique d’Iran a toujours soutenu l’importance de l’unité et de la cohésion en Irak. Il n’a de plus pas manqué de saluer les efforts du gouvernement irakien et de la région du Kurdistan pour mettre en place un accord de sécurité avec l’Iran, appelant à sa mise en œuvre complète et stricte.

« Nous considérons les longues frontières entre les deux parties comme une opportunité précieuse d’améliorer le niveau des relations, cependant la sécurité est la base essentielle pour tout type de coopération ou d’expansion des interactions »

Ebrahim Raïssi, président de la République islamique d’Iran (« Ne laissez pas Israël et les éléments anti-iraniens abuser de la région du Kurdistan » (Président Raïssi) (presstv.ir))

En outre, Ebrahim Raïssi a souligné la nécessité d’un désarmement complet et de la fin de la présence d’éléments anti-révolutionnaires sur le territoire irakien.

Nichervan Barzani Ebrahim Raïssi

Nichervan Barzani affirme que le gouvernement régional du Kurdistan considère sa coopération avec l’Iran comme un engagement à ne jamais abandonner. Il a déclaré que le gouvernement régional du Kurdistan ne privilégierait pas les relations avec Israël par rapport aux liens avec un pays fort et ami tel que l’Iran. Il a également réaffirmé l’engagement de la région du Kurdistan à respecter pleinement la mise en œuvre de l’accord de sécurité entre l’Iran et l’Irak.

À l’occasion de cette entretien, Nichervan Barzani rappela la déclaration de l’ancien président du Kurdistan irakien, Massoud Barzani, sur le général iranien Qassem Soleimani. En effet, le commandant de la force Qods fut la première personne à venir en aide aux Kurdes après leur attaque par les terroristes de Daesh en 2014.

Rencontre avec Ali Akbar Ahmadian

Lors de sa rencontre avec le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale d’Iran, Ali Akbar Ahmadian, Nichervan Barzani souligna que la sécurité de l’Iran est étroitement liée à celle du Kurdistan irakien. Il déclara notamment qu’aucune aucune entité extérieure ne sera autorisée à compromettre la sécurité de la République islamique d’Iran depuis la région du Kurdistan irakien.

« La sécurité de l’Iran est notre sécurité, et nous ne permettrons à aucune tierce partie de nuire à la sécurité de la République islamique d’Iran depuis la région du Kurdistan irakien. »

Nichervan Barzani, président de la région du Kurdistan irakien (Le Kurdistan irakien ne sera pas utilisé pour nuire à la sécurité de l’Iran, selon Barzani – IRNA English)

Barzani a exprimé sa reconnaissance pour le soutien apporté par la République islamique à la région du Kurdistan, à la fois pendant la lutte contre l’ancien dictateur irakien Saddam Hussein et dans l’Irak actuel. Il a également exprimé l’espoir que les relations entre la région du Kurdistan et la République islamique se développeraient dans divers domaines, y compris la sécurité et l’économie.

visite officielle Iran président du Kurdistan irakien Nichervan Barzani rencontre Ali Akbar Ahmadian 6 mai 2024

Le chef de la sécurité iranienne a souligné que les relations entre l’Iran et le Kurdistan irakien sont profondément enracinées dans l’histoire et sont basées sur des idéaux communs qui se sont renforcés au fil du temps. Ahmadian insista sur le fait qu’aucune entité, y compris Israël et les opposants à l’Iran, ne devrait être autorisée à compromettre cette relation. Il a également souligné que l’Iran était prêt à soutenir et coopérer avec la région du Kurdistan irakien dans le cadre de la constitution irakienne.

Les deux parties ont également appelé à la pleine mise en œuvre de l’accord de sécurité signé entre l’Iran et l’Irak, afin de désarmer et de démanteler les groupes terroristes hostiles à l’Iran dans les régions frontalières.

Le président du Kurdistan irakien rencontre le Guide de la Révolution lors de sa visite

Lors de sa visite officielle en Iran, le président du Kurdistan irakien Nichervan Barzani s’est également entretenu avec le Guide de la Révolution, Ali Khamenei.

visite officielle Iran président du Kurdistan irakien Nichervan Barzani rencontre Ali Khamenei 6 mai 2024

Hossein Jaberi Ansari, diplomate et ancien fonctionnaire du ministère iranien des affaires étrangères, analyse cette rencontre :

« La réunion de M. Barzani ne s’est pas tenue dans la salle de réunion avec des fonctionnaires étrangers, mais dans la salle de réunion avec des fonctionnaires iraniens. Cela signifie que les Kurdes irakiens sont plus que des étrangers ou de bons voisins. C’est tout. Les Kurdes comptent parmi les plus anciens habitants du plateau iranien. C’est intelligent, beau, louable et plein d’espoir. »

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Géopolitique et DiplomatieHistoireNature et Géographie

La Journée du golfe Persique

Le 29 avril marque la Journée du golfe Persique, commémorant l’expulsion de la marine portugaise du détroit d’Hormuz en 1622 par Shah Abbas Ier, un souverain de la dynastie safavide.

carte golfe Persique

Le golfe Persique, entouré de huit pays, est connu comme une voie navigable stratégique et le plus grand réservoir de pétrole et de gaz au monde.

Le golfe Persique, depuis toujours lié à l’Iran

Localisé dans le sud-ouest de l’Asie et servant de prolongement à l’océan Indien, le golfe Persique s’étend entre les côtes du sud-ouest de l’Iran et la péninsule arabique. Ce plan d’eau stratégique tire son appellation de l’empire achéménide. En effet, il s’appelait Hakhamanishiya aux alentours de 330 avant Jésus-Christ selon des récits historiques.

Des géographes célèbres comme le grec Strabon et le romain Ptolémée désignèrent clairement cette étendue d’eau sous le nom de « golfe Persique ». Ce toponyme fut également utilisé sur les cartes du monde qu’ils ont dessinées. Des historiens, explorateurs et géographes arabes, dont l’écrivain Agapius du Xème siècle, firent également référence à ce lieu en tant que « golfe Persique » dans leurs travaux. Abdel Khaleq al-Janabi, un spécialiste de l’histoire saoudienne, affirme que des historiens renommés tels qu’Ibn Khaldoun et Ibn al Athir utilisèrent également ce nom.

Dans son ouvrage réputé Le Golfe Persique paru en 1928, Sir Arnold Wilson met en avant l’importance de cette voie navigable pour les géologues, les archéologues, les géographes, les commerçants et les voyageurs. Depuis plus de 2 200 ans, cette voie navigable séparant le plateau iranien de la plaque arabique conserve une identité iranienne. Le golfe Persique fut notamment le sujet de récits de voyage. Parmi eux se trouvent des personnages tels qu’Ibn Battuta, Pythagore et le roi Darius.

La fausse appellation de « golfe Arabique »

Il y avait un consensus sur le nom de cette étendue d’eau stratégique jusqu’aux années 1960. L’émergence du panarabisme et du nationalisme arabe suscitèrent ainsi la controverse. Certains États arabes, ignorant délibérément les documents historiques et animés par des ambitions géopolitiques, commencèrent à l’appeler « golfe Arabique » ou « al-Khaleej al-Arabi ».

Certains rapports mirent également en cause des agents du gouvernement britannique tels que Charles Belgrave et Roderick Oven. Ces derniers furent parmi les premiers à utiliser le terme « golfe Arabique » dans leurs écrits avant qu’il ne devienne courant dans le monde arabe. Néanmoins, les Nations Unies et d’autres organisations internationales ont souligné que le nom de cette importante étendue d’eau reste le « golfe Persique » et non le « golfe Arabique ».

Les origines de la Journée du golfe Persique

Chaque année, le 29 ou le 30 avril, l’Iran célèbre la Journée du Golfe Persique. Celle-ci commémore la campagne militaire menée par Shah Abbas Ier en 1622, durant laquelle il chassa les forces coloniales portugaises du détroit d’Hormuz. Le Haut Conseil iranien de la révolution culturelle institua cette journée en 2005. Des événements nationaux sont organisés, en particulier dans les provinces côtières du golfe Persique.

Les responsables utilisent cette occasion pour réaffirmer leur engagement envers la souveraineté et l’intégrité territoriale du pays. Il s’agit aussi d’une réponse aux tentatives de déstabilisation des eaux régionales par certaines puissances occidentales et leurs alliés régionaux. En 2010, la Journée du Golfe Persique fut inscrite au patrimoine national de l’Iran en réponse à une initiative lancée par les États arabes pour renommer la voie navigable « Golfe Arabique ».

L’importance stratégique de ce détroit

Entouré par des pays tels que l’Iran, l’Irak, le Koweït, l’Arabie saoudite, le Qatar, Bahreïn, les Émirats arabes unis et Oman, le golfe Persique est un lieu clé. D’un côté se trouve l’Iran, de l’autre les États arabes. Le point le plus profond de cette voie navigable se trouve dans le détroit d’Hormuz.

Le détroit d’Hormuz est une étroite bande de 39 kilomètres située entre l’Iran et Oman. Il constitue le seul passage pour plus d’un sixième de la production mondiale de pétrole, ce qui renforce encore davantage son importance stratégique.

Par là transitent plus de 17 millions de barils de pétrole chaque jour, dont une grande partie produite par les pays de l’OPEP. Les ports iraniens majeurs du golfe Persique incluent Bandar Abbas, Boushehr et Asaluyeh. Les îles de Kish, Gheshm, Hormuz et Hengam sont quant à elles des destinations touristiques populaires.

La production pétrolière, un enjeux essentiel

Cette voie navigable stratégique est d’une grande importance pour plusieurs raisons. Premièrement en raison de ses vastes réserves de pétrole et de gaz, lui valant le surnom de « réservoir du pétrole mondial ». C’est notamment pour cela que les puissances occidentales, en particulier les États-Unis, cherchent à étendre leur influence de manière ambitieuse sur ces voies navigables.

Le golfe Persique abrite environ les deux tiers des réserves mondiales de pétrole et la moitié des réserves mondiales de pétrole brut. L’ampleur des gisements pétroliers présents renforcent la taille de ses réserves naturelles. Cette voie navigable sert également de passage pour le pétrole produit par les pays de la région. Le détroit d’Hormuz constitue le principal itinéraire de transit.

Selon des estimations approximatives, la région du golfe Persique renferme plus de 730 milliards de barils de pétrole et plus de 70 000 milliards de mètres cubes de gaz naturel. Une grande partie de ces ressources est raffinée sur place. En effet, les pays côtiers ont établi d’importantes raffineries pétrolières au cours des dernières années. Parmi les ports stratégiques le long des côtes du golfe Persique figurent Bandar Abbas, Boushehr, Bandar Lengeh, Kish, Khorramshahr et Mahshahr (Iran), Sharjah, Dubaï et Abou Dhabi (EAU), Bassora et Al-Faw (Irak).