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L’eau et la musique célébrées par un festival sur l’île de Qechm

Le dimanche 25 février 2024 s’est tenu dans le petit village de Salakh, situé sur l’île de Qechm, au sud de l’Iran dans le golfe Persique, un festival célébrant les anciens rituels liés à l’eau et à la musique folklorique.

festival eau musique Salakh île de Qeshm

Le village de Salakh

Situé dans le district rural éponyme, le village de Salakh (صلخ), également appelé Şalagh, Şelagh et Selaq, se trouve dans la région de Shahab, dans le comté de Qeshm, dans la province d’Hormozgan. Ce petit village iranien compte une population de 3109 habitants, répartis en 777 familles, selon le dernier recensement de 2016.

Iraniennes Salakh île de Qechm

Au fil des années, le village de Salakh est devenu une destination de plus en plus prisée des touristes, attirés par la beauté et l’authenticité de son environnement naturel et de ses habitants. Les voyageurs en visite à Salakh pourront découvrir une culture rurale traditionnelle et des modes de vie préservés, propres à cette région de l’Iran.

festival eau île de Qechm

En plus de son environnement rural pittoresque, Salakh et les alentours regorgent de sites naturels magnifiques. Nous pouvons notamment citer le parc naturel protégé de l’île de Qeshm, qui offre une biodiversité unique ainsi qu’une variété de formations géologiques impressionnantes.

Ce festival permet de préserver et de transmettre la riche histoire culturelle de la région, et plus précisément celle de l’île de Qechm.

L’île de Qechm

Située au large de la côte sud de l’Iran, près du détroit d’Ormuz, Qeshm se distingue par sa forme de flèche et s’étend sur environ 1 500 km², faisant d’elle la plus grande île du golfe Persique. Elle offre à la fois des paysages tour à tour escarpés et paradisiaques, une faune riche et une culture unique, qui sont autant de raisons de l’intégrer dans un itinéraire de voyage en Iran.

festival musique tradition Salakh Qeshm

Cette île se distingue également par une culture différente de celle du reste de l’Iran. Les habitants, appelés Bandari, ont préservé leur mode de vie traditionnel qui se reflète dans leur habillement coloré et les maisons rafraîchies par des tours à vent. La gastronomie de l’île est un délice pour les papilles avec ses célèbres plats de poisson et de crevettes, samoussas, riz, ragoûts et pain local appelé tomoshi, accompagnés de sauces spéciales.

Les paysages naturels de l’île sont tout autant fascinants, notamment les formations géologiques extraordinaires et la forêt de Hara, une frange de mangrove unique au monde, qui abrite une riche faune marine. La vallée des étoiles, située sur la côte sud de l’île, offre quant à elle un paysage surréaliste de rochers sculptés au fil des ans.

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Géopolitique et Diplomatie Histoire

L’Iran et l’Occident : 40 ans de relations complexes

L’Iran et l’Occident est un film documentaire captivant pour comprendre leurs relations. Réalisé en 2009, il offre une compréhension approfondie des événements survenus de 1979 à 2009 entre les dirigeants iraniens, irakiens et le monde occidental, principalement les États-Unis.

L'Iran et l'Occident documentaire sur leurs relations 1979 2009

L’Iran et l’Occident se divise en trois épisodes :

  • Épisode 1 : Khomeyni, l’homme qui a changé le monde (1978-1981)
  • Épisode 2 : Un État marginalisé (1982-2001)
  • Épisode 3 : Le défi nucléaire (2001-2008)
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Fruit de recherches minutieuses et de témoignages éclairés, L’Iran et l’Occident contribue à une meilleure compréhension des interactions complexes entre ces nations. Il constitue une ressource inestimable pour ceux qui s’intéressent à la géopolitique de la région.

L’influence de l’impérialisme occidental en Iran

L’Iran demeure encore aujourd’hui marqué par les séquelles de la domination exercée par les puissances européennes et les États-Unis sur le pays. L’impérialisme occidental a commencé à se faire sentir dès le XIXème siècle. Les Britanniques ont occupé l’Inde à partir de laquelle ils ont mené des incursions en Afghanistan. La première, survenue en 1842, se solda par un désastre majeur.

Dans les années 1860, c’est l’Empire russe qui s’est rapproché des frontières iraniennes en envahissant l’Asie centrale. À cette époque, la dynastie des Qadjars règne sur l’Iran et s’avérait incapable de faire face à cette menace grandissante. Le pays est alors en retard de développement par rapport aux nations européennes qui connaissaient l’essor de la révolution industrielle.

La situation de double protectorat en Iran

En réalité, l’Iran ne fut jamais officiellement colonisé. Cependant, à la fin du XIXème siècle, le pays se retrouve de facto sous l’influence de la Russie et de la Grande-Bretagne, la première obtenant une zone d’influence au nord du pays et la seconde au sud. La montée en puissance de ces deux nations étrangères a suscité un ressentiment profond parmi les Iraniens. En témoignent de nombreux épisodes de l’histoire iranienne, à commencer par la révolte du tabac survenue en 1892, la Révolution constitutionnelle de 1905 ou bien encore le coup d’État orchestré contre le Premier ministre Mohammad Mosadeq en 1953.

L’échec des tentatives de modernisation économique en Iran

Malheureusement, les efforts déployés pour moderniser le pays n’ont pas abouti. Cette situation fragilisa la société iranienne. Dans la seconde moitié du XIXème siècle, Nâsseraddine Shâh Qâdjâr dut vendre une grande partie des ressources iraniennes à des investisseurs étrangers, souvent sans scrupules, afin de financer ses réformes. Parallèlement, il a accordé des concessions à des compagnies étrangères, la plus célèbre étant la concession accordée à William D’Arcy.

Bien que la découverte du pétrole en Iran en 1908 offrait de nouvelles opportunités au pays, celles-ci furent surtout exploitées par les Britanniques. Qui plus est, le jeu des alliances diplomatiques et stratégiques des Occidentaux mit à mal la situation politique en Iran. Cela notamment durant la Première Guerre mondiale qui provoqua la grande famine de 1917-1918 à l’origine d’un million de morts.

Même après la Seconde Guerre mondiale, lorsque l’influence britannique dans la région a diminué, l’Anglo-Iranian Oil Company, rebaptisée BP en 1954, demeure un acteur économique majeur dans le pays.

L’émergence des États-Unis dans l’histoire iranienne

Pendant la guerre froide, le Moyen-Orient est confronté à des bouleversements importants. La superpuissance occidentale ne pouvait en effet tout simplement pas ignorer un pays stratégique comme l’Iran.

Les États-Unis et la Grande-Bretagne orchestrèrent notamment le renversement du Premier ministre Mossadegh en 1953, celui-ci ayant cherché à nationaliser le pétrole iranien. Ce coup d’État contre Mossadegh, patriote et laïque, représente une étape cruciale de l’histoire de l’Iran au XXème siècle. Il contribua grandement à l’antiaméricanisme à l’origine de la Révolution de 1979.

Le soutien occidental à Saddam Hussein pendant la guerre qu’il imposa à l’Iran entre 1980 et 1988 n’arrangea aucunement les relations entre l’Iran et l’Occident.

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Histoire Société

Sepandarmazgan, la fête des femmes en Iran

Sepandarmazgan (سپندارمذگان) est un événement méconnu de la culture iranienne : il s’agit de la fête des femmes en Iran. Cette célébration met à l’honneur les femmes iraniennes. Morgan Lotz y consacre d’ailleurs un chapitre dans son livre Les Iraniennes.

Sepandarmazgan célébration femmes Iran

Les origines de la fête de Sepandarmazgan, la célébration des femmes en Iran

Cette fête est issue des calendriers mazdéens et zoroastriens. Ceux-ci comptaient douze mois de trente jours, chacun représentant une divinité ou une vertu. Le cinquième jour de chaque mois est dédié à Sepandarmazd, une divinité féminine symbolisant la Terre. Celle-ci est également associée à l’humilité, la sainteté, la passion et la fécondité. Ce cinquième jour du dernier mois de l’année correspond au 24 février dans notre calendrier grégorien.

La fête de Sepandârmazd est une célébration qui n’est liée à aucune tribu ou ethnie spécifique. En effet, celle-ci s’avère profondément ancrée dans la culture iranienne. Dans les croyances anciennes, la femme est associée à la Terre et à la végétation, tandis que l’homme est associé au ciel et à la pluie.

Zoroastre, le fondateur du zoroastrisme, mentionne cette célébration dans ses écrits. Zoroastre honore les femmes à plusieurs reprises dans ses écrits, notamment dans le Farvardin Yasht et le Yasna 38.

Le 24 février, la journée des femmes iraniennes

Lors de la fête de Sepandârmazd, les hommes offrent des cadeaux aux femmes. Cela vaut à cette célébration une autre appellation : mardgiran, ce qui signifie le fait de recevoir un cadeau d’un homme. Dans certaines régions d’Iran, des coutumes locales perdurent, comme la préparation d’un potage traditionnel appelé ash-é esfandi par les femmes lors de cette fête.

Sepandârmazgân est donc une fête qui célèbre l’épouse, la femme aimée, symbole de la fécondité et du renouvellement de la vie, ainsi que l’amour au sein du couple, sans considération de la sexualité. Cette fête célébrée chaque 24 février demeure l’une des plus populaires et des plus essentielles en Iran. C’est avant tout une occasion de rendre hommage aux femmes, mais aussi de célébrer la culture iranienne et de préserver les traditions de l’Iran.

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Nature et Géographie

Les flamants roses dans la zone humide de Miankaleh en Iran

Chaque année, l’Iran accueille un spectacle naturel des plus remarquables : les flamants roses faisant halte dans la zone humide de Miankaleh. Ces oiseaux migrateurs hivernaux parcourent une longue distance depuis les latitudes nordiques pour trouver refuge dans cette réserve de biosphère située à l’est de la province du Mazandéran.

flamants roses Miankaleh photographie Mehdi Mohebi Pour

Les flamants roses, reconnaissables à leur plumage rose vif, sont les hôtes les plus populaires de la région pendant la saison hivernale. Leur arrivée est un signe clair de l’importance de la zone de Miankaleh en tant que site crucial pour la biodiversité et la conservation des habitats naturels.

L’habitat naturel des flamants roses à Miankaleh

flamants roses coucher de soleil

Les paysages de Miankaleh offrent non seulement un sanctuaire sûr pour ces magnifiques oiseaux, mais également une opportunité unique de les voir évoluer dans leur habitat naturel pour les amateurs d’observation des oiseaux et les passionnés de la nature. La présence de flamants roses dans la région ajoute une touche de couleur et de grâce à l’écosystème local, créant un tableau impressionnant pour les visiteurs.

Grâce à la protection et à la préservation de la zone humide de Miankaleh, les flamants roses et de nombreuses autres espèces d’oiseaux migrateurs peuvent continuer à bénéficier d’un environnement propice à leur survie et à leur épanouissement. Leur présence témoigne de la richesse de la biodiversité iranienne et souligne l’importance de préserver ces habitats naturels pour les générations futures.

En somme, les flamants roses apportent une dimension spectaculaire à la région de Miankaleh et illustrent la beauté et la diversité de la faune locale. Leur migration annuelle est un rappel poignant de l’incroyable voyage que la nature accomplit, et nous invite à apprécier et à protéger ces merveilleuses créatures ailées qui embellissent nos paysages naturels.

flamants roses Iran

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Nature et Géographie

Voyage à travers l’Iran

L’Iran du sud au nord est un magnifique voyage à travers l’Iran et sa nature. Réalisé en 2011, ce documentaire en deux épisodes nous emmène à la découverte des parcs nationaux et des paysages uniques de l’Iran, mettant en lumière les richesses naturelles de ce pays méconnue. Les images exceptionnelles de Benny Rebel nous permettent de découvrir la faune et la flore de l’Iran sous un nouveau jour et de comprendre l’importance de préserver ces paysages fascinants.

voyage Iran

Épisode 1 : Le pays chaud

Ce voyage débute d’abord dans la steppe du sud de l’Iran, où Benny Rebel parvient à débusquer l’un des derniers guépards asiatiques. Ces majestueux félins sont en voie de disparition et leur observation dans leur habitat naturel est devenue rare. Grâce à son approche respectueuse de la faune, le photographe a pu immortaliser ces animaux fascinants dans toute leur splendeur.

Benny Rebel nous permet de comprendre l’importance de la préservation de ces écosystèmes uniques. Son travail nous rappelle la nécessité de protéger la faune sauvage qui les habite et l’amour des Iraniens pour la beauté naturelle de leur pays.

Épisode 2 : Le pays vert

L’aventure se poursuit ensuite dans les montagnes du nord de l’Iran, où Benny Rebel parvient à immortaliser la faune à travers des clichés spectaculaires. Le spectateur découvre également une facette méconnue de l’écosystème iranien : le nord et ses paysages forestiers.

Les forêts luxuriantes de l’Iran, aussi épaisses et impénétrables que dans les contes de fées, abritent une faune diversifiée et surprenante. Les léopards, camouflés dans les arbres, se faufilent silencieusement, tandis que les ours majestueux résident en véritables rois de la forêt. Benny Rebel a su saisir ces moments uniques où la nature se dévoile dans toute sa splendeur.

Le réalisateur Benny Rebel nous offre un voyage à travers l’Iran

Benny Rebel, de son vrai nom Bahman Vafâ’i Nejâd, est un photographe animalier dont le travail est mondialement reconnu. Né en Iran en 1968, il s’installe en Allemagne à partir de 1987. Après avoir suivi une formation de mécanicien de précision et obtenu son diplôme d’études secondaires, il travaille dans divers secteurs industriels. Cependant, sa passion pour la protection de l’environnement qui le conduit finalement à découvrir la photographie et la production cinématographique.

Découvrir son site : Benny Rebel Fotosafaris – Benny Rebel Fotosafaris GmbH (benny-rebel.de)

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Bibliotheca iranica Religion et Spiritualité

En Islam iranien, le chef d’œuvre d’Henry Corbin

Henry Corbin livre dans son œuvre En Islam iranien un travail incontournable pour toute personne intéressée par la richesse et la diversité de la spiritualité en Iran.

Avec sa méthode phénoménologique et son engagement profond envers son objet d’étude, le philosophe permet de découvrir et de comprendre la tradition religieuse et mystique iranienne. Que l’on soit spécialiste en la matière ou simple curieux, ce livre ouvrira de nouvelles perspectives et nourrira l’âme de chaque lecteur en quête de vérité et de sagesse.

L’Iran, dès les premiers jours de la communauté islamique, a joué un rôle majeur en formant un monde propre, avec ses caractéristiques distinctes et une vocation particulière. Pour véritablement comprendre l’univers spirituel iranien, il est important de le considérer dans son ensemble, avant même l’avènement de l’Islam. En effet, l’Iran islamique est depuis toujours la terre natale des plus grands philosophes et mystiques de cette religion.

En Islam iranien, le chef d’œuvre d’Henry Corbin

Le travail d’Henry Corbin s’avère véritablement monumental. Composé de quatre volumes et sept livres, il est le fruit de plus de vingt années de recherches menées directement en Iran.

En islam iranien – tome I : Le Shî'isme duodécimain
En islam iranien – tome I :
Le Shî’isme duodécimain

La méthode de Corbin se veut essentiellement phénoménologique, sans s’attacher à une école doctrinale spécifique. Son objectif est de rencontrer la réalité religieuse en permettant à l’objet religieux de se dévoiler tel qu’il se présente à ceux qui en font l’expérience. Le phénoménologue doit donc devenir l’hôte spirituel de ces personnes et partager avec elles le fardeau de cette expérience. Toute considération historique doit rester ici immanente à cet objet, sans imposer de l’extérieur des catégories étrangères, que ce soit une vision dialectique ou autre.

En islam iranien – tome II : Sohrawardî et les Platoniciens de Perse
En islam iranien – tome II : Sohrawardî et les Platoniciens de Perse

Le premier tome plonge d’abord le lecteur dans l’univers duodécimain du Shî’isme, l’une des branches principales de l’Islam en Iran. Le deuxième tome explore ensuite l’influence de Sohrawardî et des penseurs platoniciens sur la philosophie et la mystique iraniennes.

En islam iranien – tome III : Les Fidèles d'amour - Shî'isme et soufisme
En islam iranien – tome III : Les Fidèles d’amour – Shî’isme et soufisme

Le troisième tome traite quant à lui de l’interconnexion entre le Shî’isme et le soufisme, deux courants mystiques qui ont profondément marqué l’Iran. Le dernier tome, enfin, met en lumière le rôle de l’école d’Ispahan et de l’école shaykhie dans la spiritualité iranienne. De même, il livre une étude des plus complètes sur la figure du XIIème Imâm.

En islam iranien – tome IV : L'École d'Ispahan - L'École shaykhie - Le Douzième Imâm
En islam iranien – tome IV : L’École d’Ispahan – L’École shaykhie – Le Douzième Imâm

En révélant les racines profondes de la tradition mystique en Iran, Henry Corbin permet aux lecteurs de plonger dans un monde complexe et fascinant, nourri de philosophie, de spiritualité et de poésie.

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Histoire

La révolution de 1979 en Iran

Le 11 février 1979 voit le triomphe de la Révolution qui ébranlait l’Iran depuis plusieurs mois. Cet article présente les origines et les évènements de la révolution de 1979 et s’accompagne d’un documentaire intitulé Le Shah et l’Ayatollah – Le duel iranien.

Khomeyni Pahlavi révolution 1979 Iran

Le règne de Mohammad Reza Pahlavi (1941-1979)

Mohamed Reza Shah Pahlavi monte sur le trône du Paon en 1941 avec l’ambition de redonner tout son prestige au pays. Il devient un fidèle allié des pays occidentaux après la Seconde Guerre mondiale, bénéficiant ainsi du soutien économique et politique de ces pays. Cependant, son règne s’achèvera par la révolution de 1979 qui changea l’Histoire de l’Iran.

Un développement inégalitaire

À partir des années 1960, grâce aux revenus pétroliers du pays, l’Iran connaît une forte croissance économique. Cependant, cet argent n’est pas correctement réinvesti dans l’économie et ne contribue pas à l’émergence d’un secteur industriel exportateur. Une grande partie des revenus pétroliers est utilisée pour augmenter les dépenses militaires. Mais ces revenus sont également dépensés de manière somptuaire par les proches du pouvoir. Pendant cette période de prospérité, une classe moyenne commence à émerger dans les grandes villes. Cependant, la majorité de la population iranienne, qui est en forte croissance démographique (environ 21 millions en 1960, 37 millions en 1979), continue de vivre une vie marquée par des traditions ancestrales et la culture iranienne.

Le Shah, peu conscient de cette réalité, ne semblait pas comprendre pleinement l’importance du développement du secteur secondaire. Il paraissait convaincu que son pays pouvait rattraper les économies modernes en quelques années seulement. Dans cette optique, il entreprend de profondes réformes de la société iranienne, en favorisant une certaine occidentalisation culturelle.

Une modernisation limitée

Cependant, cette modernisation reste très limitée et n’a que peu d’impact sur la population rurale. Celle-ci constitue la majorité de la population iranienne. Malgré cela, Mohamed Reza Shah met en place une ambitieuse réforme agraire au début des années 1960. L’un des objectifs de cette réforme fut également de rediriger les investissements de ces grands propriétaires terriens vers d’autres secteurs plus porteurs de croissance. Cependant, l’argent ainsi récupéré est principalement utilisé dans des opérations de spéculation immobilière plutôt que dans l’appareil productif.

Ces politiques économiques et sociales, bien que lancées avec de bonnes intentions, conduisirent à une montée des inégalités en Iran. Les bénéfices de la croissance économique et de la modernisation ne furent guère équitablement répartis. Cette situation entraîna une division entre une classe privilégiée, proche du pouvoir, et la majorité de la population iranienne, qui continue de vivre dans des conditions précaires. Combinée à l’occidentalisation forcée de la société, elle contribua au mécontentement croissant parmi les couches populaires, préparant le terrain pour les bouleversements politiques à venir lors de la révolution de 1979 en Iran.

La révolution iranienne en marche

Dans les années 1970, le Shah d’Iran semblait inébranlable, profitant de la richesse générée par les hydrocarbures au milieu du premier choc pétrolier de 1973. Cependant, son pouvoir absolu et la répression exercée par la SAVAK, sa police politique, laissèrent place à des tensions grandissantes au sein du pays. De plus en plus de prisonniers politiques ont été maltraités et torturés. Amnesty International décrira d’ailleurs l’Iran comme le pire pays en matière de droit de l’homme en 1965.

Entre répression et domination américaine

Malgré cette répression, le Shah a continué à démontrer sa puissance et sa richesse. En 1971, il organise de somptueuses cérémonies pour célébrer le 2500ème anniversaire de la fondation de l’Empire achéménide près de Persépolis. Cependant, ces dépenses extravagantes ont choqué de nombreux observateurs, alors que la pauvreté subsistait dans les campagnes du pays. De plus, les achats massifs d’armement ont suscité l’inquiétude chez les voisins de l’Iran, notamment en Irak. Parallèlement, le ralentissement économique à la fin des années 1970 souligna la dépendance croissante de l’Iran vis-à-vis de ses exportations d’hydrocarbures.

Le régime du Shah a également été soumis à des pressions de la part des États-Unis. Le nouveau président américain Jimmy Carter recommande au Shah de relâcher son emprise sur le pays. Cette pression mit en évidence l’influence américaine en Iran et démontra la faiblesse du souverain. Les Américains disposaient même d’une immunité judiciaire. Ainsi les soldats américains présents en Iran se rendirent coupables de nombreux viols qui restèrent impunis. La critique de ces capitulations, décidées en 1963 par le Shah, valut à l’ayatollah Khomeyni son exil en Irak et en France.

1978, le tournant de la contestation

En 1978, les tensions se sont intensifiées, notamment avec les milieux chiites traditionnels. Une partie de la classe moyenne iranienne, notamment les jeunes commerçants du bazar, était séduite par les idées contestataires qui se répandaient à cette époque. Des manifestations massives ont eu lieu dans tout le pays, atteignant même Téhéran. Bien que le portrait de Mossadegh, ancien Premier ministre destitué par un coup d’État orchestré par les Américains et les Britanniques en 1953, fut brandi lors de ces manifestations, c’est l’ayatollah Khomeyni, en exil à l’époque, qui devint le principal symbole de la lutte contre un régime autoritaire perçu comme trop proche de l’Occident. Le clergé chiite sut mobiliser une partie de la jeunesse iranienne. Cela en prônant une lutte révolutionnaire contre les injustices sociales et politiques, ainsi que pour la souveraineté du pays.

Le point de rupture est atteint lors du « Vendredi noir », le 8 septembre 1978. Ce jour-là, les forces de sécurité du régime tirent sur la foule, tuant plusieurs centaines de manifestants. Peu de temps après, le tremblement de terre de Tabas révéla l’incompétence des autorités face à la réactivité des organisations religieuses, qui surent rapidement mobiliser des secours pour aider les victimes.

Février 1979, la victoire de la Révolution en Iran

Le point culminant de la révolution est atteint les 10 et 11 décembre. Près d’un million de personnes défilent dans les rues de Téhéran pour célébrer le martyre de l’Imam Hossein. Les forces de sécurité se révèlent totalement impuissantes et n’interviennent pas. Le Shah, malade et affaibli, réalise alors qu’il a définitivement perdu la partie.

Le Shah semble hésiter sur la marche à suivre et sous-estime l’ampleur des événements en cours. Pendant ce temps, les manifestants sont de plus en plus nombreux à descendre dans les rues de Téhéran et d’autres grandes villes pour exprimer leur mécontentement. Le 31 décembre, le Shah nomme Shapour Bakhtiar, un opposant libéral, au poste de Premier ministre. Cependant, le Mohammad Reza Pahlavi quitte le pays le 16 janvier.

Shah exil Iran révolution 1979
Mohammad Reza Pahlavi et son épouse Farah Diba quittant l’Iran le 16 janvier 1979

Le 1er février 1979, l’ayatollah Khomeyni est accueilli en héros à son retour en Iran, après plus de quatorze ans d’exil. Ce jour-là marque la période dénommée « Décade de l’Aube ». Son retour marque le début d’une nouvelle ère pour l’Iran.

Le 11 février 1979, le gouvernement Bakhtiar tombe, confirmant ainsi le triomphe de Khomeyni et de la révolution. Le 31 mars de la même année, 98,2% des Iraniens se prononcent en faveur de l’établissement d’une République islamique, marquant une nouvelle ère politique dans le pays.

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Le philosophe Christian Jambet élu à l’Académie française

Le philosophe spécialiste du Chiisme Christian Jambet est élu le 8 février 2024 à l’Académie française. Il occupe désormais le 6ème fauteuil, succédant à Marc Fumaroli.

Cette reconnaissance ultime de ses pairs témoigne de son influence et de sa contribution remarquable à la philosophie et aux études islamiques. Christian Jambet continuera ainsi à partager son savoir et son expertise au sein de cette prestigieuse institution, tout en favorisant le dialogue interculturel et en enrichissant les échanges intellectuels entre la France et le monde iranien.

Christian Jambet, du Chiisme à l’Académie française

Né le 23 avril 1949 à Alger, Christian Jambet est un philosophe français reconnu pour ses travaux sur la philosophie islamique, et particulièrement chiite.

Agrégé de philosophie en 1974, il décide ensuite de se former aux sciences religieuses à l’École Pratique des Hautes Études, sous la tutelle de figures éminentes telles que Henry Corbin, Guy Monnot et René Roques. Un séjour en Iran, aux côtés de son maître Henry Corbin, marque un tournant décisif dans sa carrière. Il se consacre alors à l’étude des littératures et des philosophies de langue arabe et persane.

Christian Jambet élu à l'Académie française le 8 février 2024

En 2008, il reçoit le prestigieux World Prize décerné par l’Académie iranienne de philosophie, une reconnaissance notable de son travail et de son engagement. En 2011, il est élu directeur d’études dans la section des sciences religieuses, occupant la chaire de Philosophie en islam. Son expertise est également mise à contribution en tant que membre du Laboratoire d’études des monothéismes du CNRS.

En tant qu’éditeur, il a fondé la collection Islam spirituel aux éditions Verdier, contribuant ainsi à la diffusion d’ouvrages majeurs dans le domaine des études islamiques.

Christian Jambet fut également récipiendaire du Grand Prix de philosophie de l’Académie française en 2017, une distinction honorifique pour l’ensemble de son œuvre. Son travail est salué pour sa profondeur intellectuelle et sa contribution à la compréhension des traditions philosophiques et religieuses de l’Islam.

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Histoire Société

La Décade de l’Aube, les 10 jours qui firent la Révolution

La « Décade de l’Aube » (دهه فجر) correspond à la célébration des dix jours qui virent revenir l’ayatollah Khomeyni et triompher la Révolution de 1979. Chaque année, des célébrations annuelles ont lieu du 1er au 11 février, ce dernier jour correspondant à la fête nationale.

Les origines de ce nom

Lors des célébrations du premier et du deuxième anniversaire de la victoire de la Révolution, les organisateurs utilisèrent le terme « Anniversaire de la Révolution » pour décrire cette célébration qui dura alors sept jours.

révolution islamique 1979 Téhéran

Cependant, en 1981, le ministre de la Culture et de l’Orientation islamique Abdolmadjid Ma’adikhah suggère au Conseil de coordination de la propagande islamique de se référer aux premiers versets de la 89ème sourate du Coran, celle-ci se dénommant Fadjr. C’est ainsi que la durée des célébrations passa à dix jours, calculée dès lors depuis le jour de l’arrivée de l’ayatollah Khomeyni en Iran le 1er février 1979.

Le calendrier de la Décade de l’Aube et l’anniversaire de la Révolution

Le 1er février (12 bahman)

L’ayatollah Khomeyni revient en Iran, son pays natal, sous l’acclamation de millions de compatriotes répartis sur 33 kilomètres. Cette arrivée triomphale survient deux semaines après le départ précipité du shah d’Iran, Mohammad Reza Pahlavi.

Iran retour Khomeyni 1er février 1979

Son avion, un Boeing 747 de la compagnie Air France, atterrit à 9h27. Il se compose d’un équipage de volontaires : le commandant de bord Jean Mouy, le second pilote Bathylle, une hôtesses et trois stewards, dont l’un accompagnera Khomeyni lors de sa descente de l’avion. Parmi les 200 passagers sont également présents le garde du corps de l’ayatollah Khomeyni, Gérard Jean Fabian-Bataouche, et la journaliste canadienne Carole Jérôme, compagne de Sadeq Qotbzadeh.

Après un court discours de remerciement à sa descente d’avion à l’aéroport international Mehrabad de Téhéran, il se rend ensuite au cimetière Behecht-é Zahra (« Paradis de Zahra »), dans le sud de Téhéran, où il prononce à 13 heures son discours historique : « Je formerai le gouvernement, je le formerai avec le soutien du peuple ! ».

Le 2 février (13 bahman)

L’ayatollah Khomeyni s’adresse à une foule de religieux et déclare : « Tout le peuple doit décider de son propre sort. » Le Premier ministre Shapour Bakhtiar lui répond en attaquant la révolution : « Les slogans des partisans de l’ayatollah Khomeyni sont bruyants mais ils n’aboutiraient à rien. ».

Décade de l'Aube 2 février 1979

Alors que des affrontements populaires avec l’armée impériale font plusieurs morts, les révolutionnaires assassinent le colonel Moutamadi, un officier de la SAVAK, la police politique du Shah. Les contrats avec des fournisseurs étrangers dans les domaines de l’armement, du nucléaire et des usines sont remis en cause. Aux États-Unis, des étudiants iraniens manifestent devant la Maison Blanche contre l’ingérence américaine dans les affaires intérieures de l’Iran.

Le 3 février (14 bahman)

L’ayatollah Khomeyni annonce la nomination d’un conseil temporaire pour diriger la révolution et confirme l’illégalité du gouvernement Bakhtiar. Il ordonne de choisir un gouvernement intérimaire pour préparer un référendum général sur la constitution.

Décade de l'Aube 3 février 1979

Le Front national demande la démission de Bakhtiar et prête allégeance à Khomeyni, tandis que 40 députés de l’Assemblée nationale présentent leur démission.

Le 4 février (15 bahman)

L’ayatollah Khomeyni rencontre des délégations populaires, devant lesquelles il appelle à poursuivre les manifestations, mais aussi les grèves. Les pilotes de l’armée de l’air déclarent leur soutien à Khomeyni. Le maire Téhéran, Djavâd Shahrestâni, remet sa démission à Khomeyni, qui renouvelle sa nomination.

Décade de l'Aube 4 février 1979

Au cours de sa visite au Japon, le secrétaire d’État des Affaires étrangères et du Commonwealth David Owen rencontre son homologue américain pour discuter de la situation en Iran. Parallèlement, une délégation envoyée par Bagdad se rend en Arabie saoudite afin d’enquêter sur la situation en Iran et dans la région. Le général Huyser, envoyé spécial des États-Unis en Iran, accomplit une délicate mission de négociation avec les responsables iraniens. Cependant, compte tenu du sentiment anti-américain croissant en Iran, il se voit contraint de quitter le pays. De nombreuses tentatives furent faites pour amener les troupes iraniennes à soutenir Bakhtiar dans leurs négociations. À cet égard, un porte-parole du département d’État américain annonce le départ de Huyser pour les États-Unis.

Le 5 février (16 bahman)

L’ayatollah Khomeyni demande la création de l’Assemblée des experts pour ratifier la Constitution et nomme Mehdi Bazargan au poste de Premier ministre du gouvernement intérimaire. Il sera notamment chargé de tenir un référendum général.

Décade de l'Aube 5 février 1979

À la fin de la journée, une conférence de presse internationale est organisée dans l’amphithéâtre de l’école alaouite, durant laquelle Bazargan présente un calendrier et explique les devoirs du gouvernement intérimaire. Il souligne les missions du nouveau gouvernement : conduire un référendum sur les nouvelles institutions et préparer des élections législatives pour l’Assemblée constituante. 22 autres députés démissionnent également de l’Assemblée nationale. Des dizaines de citoyens tombent en martyre lors des manifestations monstres à Aghajari.

Le 6 février (17 bahman)

Des marches de soutien au gouvernement intérimaire ont lieu dans diverses villes d’Iran. À Zahedan, des miliciens du Shah attaquent des manifestants civils, faisant des dizaines de martyrs. Le Front national appelle le peuple iranien à se tenir aux côtés du gouvernement Bazargan.

Décade de l'Aube 6 février 1979

L’Assemblée nationale approuve pour sa part des règlements pour juger des anciens ministres et dissoudre le SAVAK. Elle décide également d’exempter les officiers diplômés du Collège militaire de prêter allégeance au Shah.

Le 7 février (18 bahman)

L’ayatollah Khomeyni prononce un discours devant des religieux d’Ahvaz au cours duquel il déclare que le Shah doit être jugé. Le département d’État américain déclare toujours reconnaître le gouvernement Bakhtiar comme le gouvernement officiel de l’Iran.

Décade de l'Aube 7 février 1979

Tandis que 13 autres députés démissionnent, plusieurs centaines d’officiers et de commandants de l’armée déclarent leur soutien à Khomeyni. Le gouverneur militaire de Téhéran réduit les couvre-feux devant leur absence d’efficacité, ces derniers n’étant d’ailleurs plus respectés. L’Assemblée général de l’ONU fait part de sa préoccupation concernant la situation en Iran.

Le 8 février (19 bahman)

Des officiers de l’armée de l’air rendent visite à l’ayatollah Khomeyni et lui prêtent allégeance. Khomeyni déclare que servir le gouvernement Bakhtiar est un service au tyran.

Décade de l'Aube 8 février 1979

Alors que la plus importante marche de la Révolution a lieu, des affrontements éclatent entre les partisans de la révolution et des miliciens du Shah dans la capitale et à Djardjan, ville située dans le nord de l’Iran.

Le 9 février (20 bahman)

La Garde royale lance une violente attaque contre le QG de l’armée de l’air à Téhéran. Des masses populaires se rassemblent alors pour défendre l’armée de l’air.

Décade de l'Aube 9 février 1979

Des miliciens de Bakhtiar lancent ensuite des attaques armées pour disperser la foule. 152 membres de l’armée de l’air sont arrêtés et transférés au quartier général du gouvernement militaire.

Le 10 février (21 bahman)

La force aérienne arme le peuple pour affronter les miliciens du Shah. De violents affrontements ont lieu entre des membres de la Garde royale et des manifestants à Téhéran. Plusieurs morts et blessés sont à dénombrer. Après ces affrontements, le poste de la police de Téhéran tombe entre les mains des protestataires, puis les autres postes tombent progressivement.

Iran chute Pahlavi10 février 1979

L’administration militaire de Téhéran émet la déclaration n°40, imposant un couvre-feu de 16h30 à 5 heures du matin. Une autre annonce étend ensuite le couvre-feu jusqu’à minuit. Cependant, la population défie cette mesure et empêche le déplacement des troupes pendant la nuit en dressant des barrages et allumant des incendies pour bloquer la circulation.

L’ayatollah Khomeyni abolit le gouvernement militaire déclaré par le gouverneur militaire de Téhéran. De leur côté, les Américains évacuent des dispositifs d’espionnage en les transférant à Chypre.

La Décade de l’Aube s’achève par la victoire de la Révolution

Le 11 février (22 bahman) marque la victoire de la Révolution. Le palais du Shah, les sièges du gouvernement, du Parlement, de la police et de la SAVAK tombent dans les mains du peuple. Les révolitionnaires capturent le lieutenant-général Rahimi, commandant les forces de police. Successivement, le collège et le lycée militaires, la prison de Jamshidieh, les garnisons de Bagh Shah d’Eshratabad et d’Abbasabad se rendent. Le Premier ministre Shapour Bakhtiar démissionne et fuit aussitôt le pays.

révolution islamique Iran 11 février 1979

À 10h30, le Conseil des commandants des forces armées se réunit en Comité des chefs d’état-major interarmées, sous la présidence d’Abbas Qarebaghi, chef du Conseil suprême de l’armée. Une déclaration de neutralité de l’armée y est préparée et signée. À 13h15, la radio interrompt sa programmation habituelle pour lire la proclamation. La télévision d’État passe sous le contrôle des révolutionnaires, qui annoncent la déclaration n° 1 de la victoire de la révolution.

Alors que les drapeaux de la République islamique sont hissés pour la première fois, les forces armées déclarent leur soutien à l’ayatollah Khomeyni, qui demande au peuple de rétablir l’ordre et le calme dans le pays.

La célébration de la Décade de l’Aube et l’anniversaire de la Révolution

Chaque année pendant la Décade de l’Aube, la population iranienne célèbre l’anniversaire de la Révolution de 1979 en décorant les rues avec des objets décoratifs, des fleurs, des drapeaux et des images de l’ayatollah Khomeyni et de son successeur l’ayatollah Ali Khamenei, mais également du général Qassem Soleimani depuis son assassinat survenu en 2020.

Chant révolutionnaire Khomeyni, ey Emâm !

De nombreux événements ont lieu dans tout le pays. Notamment le festival Fadjr qui est le plus grand festival de cinéma, de théâtre et de musique en Iran. De plus, diverses organisations et centres gouvernementaux organisent des événements spéciaux. Les écoles commencent leurs activités à 9h27 le 1er février pour marquer l’arrivée de Khomeyni en Iran. Le 11 février, des rassemblements sont organisés dans chaque ville pour célébrer ce jour devenu la fête nationale iranienne.

Chant révolutionnaire Iran, Iran

En 2011, l’armée de l’air a même recréé la scène de l’arrivée de l’ayatollah Khomeyni à l’aéroport de Mehrabad en utilisant une réplique en carton.

La Décade de l’Aube est un moment important pour les Iraniens. Ils se remémorent l’histoire de leur pays et célèbrent la victoire de la Révolution de 1979. C’est une période de commémoration, de réflexion et de célébration de l’indépendance et de la fierté nationale de l’Iran.

À découvrir : IRNA Français – 45e anniversaire de la victoire de la Révolution islamique d’Iran : en image les feux d’artifice et illuminations

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L’ayatollah Khomeyni à Neauphle-le-Château

Situé dans le département français des Yvelines, Neauphle-le-Château est un village qui demeure dans l’Histoire pour avoir accueilli l’ayatollah Khomeyni. Situé sur une colline, il abrite deux présences, pourtant absentes : Marguerite Duras et Rouhollah Khomeini.

Cette vidéo fut censurée par YouTube.

Ce documentaire captivant réalisé par Clémence Allezard et François Teste explore les archives de l’INA et permet de plonger dans cette période marquante de l’histoire de Neauphle-le-Château. Il éveille d’abord les souvenirs et les mystères entourant la présence de l’ayatollah Khomeyni dans ce paisible village yvelinois, rappelant ensuite que l’Histoire se cache parfois là où l’on s’y attend le moins.

Les fantômes de Neauphle-le-Château : l’ayatollah sous le pommier

Ce deuxième épisode de la série Les fantômes de Neauphle-le-Château, intitulé L’ayatollah sous le pommier, fut diffusé le dimanche 25 mars 2018. Une atmosphère étrange règne dans un verger abandonné à la sortie du village. En octobre 1978, à plus de cinq mille kilomètres de Téhéran, c’est ici que la révolution islamique d’Iran se fomenta. Pendant 112 jours, Neauphle-le-Château devient le lieu d’accueil de l’ayatollah Khomeyni. Au 23, route de Chevreuse, se trouvait une tente et une maison où il priait. Elles ont depuis disparu, détruites par des explosifs.

L'ayatollah Khomeyni à Neauphle-le-château le 10 octobre 1978
L’ayatollah Khomeyni assis sous le pommier du verger de Neauphle-le-Château. Photographie prise par Joël Robine pour l’AFP le 10 octobre 1978.

Seule une plaque commémorative installée en 2017 demeurait en souvenir de cet événement, jusqu’à sa destruction par des terroristes le 25 janvier 2023.1

« Le nom de Neauphle-le-Château est enregistré à jamais dans l’histoire des relations franco-iraniennes. Le peuple iranien se rappellera toujours de l’hospitalité du peuple français et de l’accueil qui a été réservé à l’Imam Khomeyni, guide suprême de la Révolution islamique et fondateur de la République islamique d’Iran. Au cours de son séjour de 4 mois, l’Imam Khomeyni en poursuivant sa lutte par le biais de discours, d’interviews et d’enregistrements sonores, a guidé la Révolution islamique en Iran et le 11 février 1979, dix jours après son retour triomphal à Téhéran, le monde entier fut témoin de la victoire de la Révolution islamique en Iran. »

Texte inscrit sur la plaque commémorative dans le verger de Neauphle-le-Château.

De l’autre côté, dans le village voisin de Jouars-Pontchartrain, une maison dans laquelle séjournent l’ayatollah Khomeyni et sa famille. Chaque jour, il traversait lentement la rue. Aujourd’hui, des souvenirs parfois amusés, des rumeurs gênées et quelques mystères enveloppent cet épisode de l’histoire de Neauphle-le-Château. Un mystère entoure notamment une certaine « Colette », résidente du village, qui aurait permis à l’ayatollah Khomeyni de s’installer ici. Son nom de famille reste inconnu. Il est seulement connu qu’elle était « une Française convertie à l’islam chiite » et peut-être enseignante. Depuis, nulle trace ne demeure d’elle.

Ce documentaire nous offre les témoignages d’Abolhassan Bani Sadr, premier président de la République islamique d’Iran, de Corinne Brillié, native de Neauphle-le-Château et habitante de Jouars-Pontchartrain, de Serge Brillié, son mari, de Michel Nawfel, grand reporter libanais, de Jean Golvan, ancien adjoint au maire de Neauphle-le-Château, de Rufus, comédien et mime, ancien voisin, d’Ingrid Therme, ancienne voisine et de Duras, ainsi que de Françoise Cargemel, ancienne bénévole du syndicat d’initiative de Neauphle-le-Château.

  1. La mairie, cédant à la lâcheté et au révisionnisme, interdit tout nouvel affichage depuis. Le lieu est pourtant un terrain privé. (Sources : A Neauphle-le-Château, le souvenir de Khomeyni dérange (lemonde.fr)) ↩︎