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L’eau et la musique célébrées par un festival sur l’île de Qechm

Le dimanche 25 février 2024 s’est tenu dans le petit village de Salakh, situé sur l’île de Qechm, au sud de l’Iran dans le golfe Persique, un festival célébrant les anciens rituels liés à l’eau et à la musique folklorique.

festival eau musique Salakh île de Qeshm

Le village de Salakh

Situé dans le district rural éponyme, le village de Salakh (صلخ), également appelé Şalagh, Şelagh et Selaq, se trouve dans la région de Shahab, dans le comté de Qeshm, dans la province d’Hormozgan. Ce petit village iranien compte une population de 3109 habitants, répartis en 777 familles, selon le dernier recensement de 2016.

Iraniennes Salakh île de Qechm

Au fil des années, le village de Salakh est devenu une destination de plus en plus prisée des touristes, attirés par la beauté et l’authenticité de son environnement naturel et de ses habitants. Les voyageurs en visite à Salakh pourront découvrir une culture rurale traditionnelle et des modes de vie préservés, propres à cette région de l’Iran.

festival eau île de Qechm

En plus de son environnement rural pittoresque, Salakh et les alentours regorgent de sites naturels magnifiques. Nous pouvons notamment citer le parc naturel protégé de l’île de Qeshm, qui offre une biodiversité unique ainsi qu’une variété de formations géologiques impressionnantes.

Ce festival permet de préserver et de transmettre la riche histoire culturelle de la région, et plus précisément celle de l’île de Qechm.

L’île de Qechm

Située au large de la côte sud de l’Iran, près du détroit d’Ormuz, Qeshm se distingue par sa forme de flèche et s’étend sur environ 1 500 km², faisant d’elle la plus grande île du golfe Persique. Elle offre à la fois des paysages tour à tour escarpés et paradisiaques, une faune riche et une culture unique, qui sont autant de raisons de l’intégrer dans un itinéraire de voyage en Iran.

festival musique tradition Salakh Qeshm

Cette île se distingue également par une culture différente de celle du reste de l’Iran. Les habitants, appelés Bandari, ont préservé leur mode de vie traditionnel qui se reflète dans leur habillement coloré et les maisons rafraîchies par des tours à vent. La gastronomie de l’île est un délice pour les papilles avec ses célèbres plats de poisson et de crevettes, samoussas, riz, ragoûts et pain local appelé tomoshi, accompagnés de sauces spéciales.

Les paysages naturels de l’île sont tout autant fascinants, notamment les formations géologiques extraordinaires et la forêt de Hara, une frange de mangrove unique au monde, qui abrite une riche faune marine. La vallée des étoiles, située sur la côte sud de l’île, offre quant à elle un paysage surréaliste de rochers sculptés au fil des ans.

Un magnifique album de photographies à découvrir :

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Apprendre le persan (farsi)

Que ce soit pour des raisons culturelles, professionnelles ou simplement par passion, apprendre le persan (farsi) offre l’accès à une richesse de connaissances, de littérature et de traditions. C’est aussi une opportunité de plonger dans la beauté de la poésie et de la culture iraniennes.

Le persan, une langue chargée d’histoire

La langue persane, également connue sous le nom de farsi, est née dans la province de Fars. Berceau de la dynastie achéménide, cette région abrite des lieux emblématiques tels que Shiraz et Persépolis. Issue du pahlavi parlé à l’époque préislamique, le persan fait partie du groupe des langues iraniennes, affiliées aux langues indo-européennes.

Baroun, du groupe Hooniak Band

Dès les premiers siècles de l’ère islamique, le persan a été le vecteur d’une culture brillante dont l’influence s’étendait bien au-delà des frontières actuelles de l’Iran. Sous les Samanides, au Xème siècle, la résistance à l’arabisation et la préservation de l’identité iranienne se sont développées dans le Khorassan et la Transoxiane, avec Boukhara comme capitale. Cette culture persane, qui avait déjà marqué le monde islamique après l’arrivée des Abbassides en 750, continuera d’influencer une vaste région turco-iranienne. Même des dynasties d’origine turque se sont attachées à promouvoir la langue et la culture persanes, comme les Ghaznévides, sous le règne desquels a été écrit le chef-d’œuvre de la littérature persane, le Livre des Rois (Shahnameh) de Ferdousi. Ce phénomène se reproduira au fil des siècles avec les Seldjoukides, les Mongols, les Timourides et les Safavides.

Le persan, un trésor de l’humanité

De nos jours, le persan dépasse largement les frontières de l’Iran. Il est parlé notamment en Afghanistan et au Tadjikistan. Mais également dans le nord de l’Inde et jusqu’à Bombay. En effet, le persan fut la langue administrative de l’Inde jusqu’à l’imposition de l’anglais en 1837.

Les langues dérivées du persan sont le dari, un persan légèrement archaïque parlé principalement dans le nord de l’Afghanistan, aux côtés de la seconde langue officielle, le pachto (également iranienne), et le tadjik, une variante du persan. On estime à environ 120 millions le nombre de locuteurs persans.

En parcourant l’Iran, on remarquera que, bien que le persan soit la langue officielle du pays, il n’est pas la langue maternelle de tous les Iraniens. En effet, il existe de nombreux dialectes, notamment ceux des tribus nomades dominantes comme le bakhtyari, le baloutch, le lore, ainsi que ceux du nord, comme le gilaki, le semnáni, etc. On y parle également le turc azéri, le turkmène, le kurde (autre langue iranienne) et l’arabe.

Apprendre le persan avec Razva

Vous souhaitez apprendre le persan (farsi) ? Les cours de persan en ligne de l’institut Razva sont l’option parfaite pour vous.

apprendre persan farsi Razva

Avec l’aide de professeurs expérimentés et compétents, vous pourrez acquérir les compétences linguistiques nécessaires pour maîtriser cette belle langue.

Que vous soyez débutant ou que vous souhaitiez approfondir vos connaissances existantes, les cours de persan de Razva vous offrent une expérience d’apprentissage en ligne accessible et efficace.

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Rudaki, un grand poète iranien

Rudaki fut un grand poète iranien dont l’œuvre a marqué l’histoire de la pensée et de l’identité iraniennes. Il représentait notamment l’ère de grandeur de l’Iran islamique.

Rudaki, l’éclat de l’art poétique iranien

Rudaki, également connu sous le nom d’« Adam des poètes », était un poète iranien considéré comme le premier grand génie littéraire de la langue persane moderne. Il est considéré comme l’un des fondateurs de la littérature persane classique. Né en 858 à Rudak, qui fait aujourd’hui partie du Tadjikistan, Rudaki a composé des poèmes dans l’alphabet persan moderne. Bien que seule une petite partie de sa vaste poésie ait survécu, sa contribution à la littérature persane est inestimable.

Statue du poète iranien Rudaki à Douchanbé
Statue de Rudaki dans le parc Rudaki à Douchanbé (Tadjikistan)

Rudaki est souvent appelé le père de la poésie persane. Il a mémorisé le Coran à l’âge de huit ans et a commencé à composer des poèmes. Son nom de famille, Rudaki, est dérivé du nom de son village natal, Rudak. Il est également connu sous des titres tels que « Maître de Samarkand », « Maître des poètes » et « Sultan des poètes ». Ces titres sont d’ailleurs mentionnés dans ses propres poèmes.

Sa contribution à la langue et à la culture persanes continue de toucher les cœurs et les esprits des Iraniens et de tous ceux qui apprécient la beauté de la poésie et de la littérature. La commémoration de Rudaki est un rappel de l’importance de préserver et de célébrer l’identité persane et l’héritage culturel iranien.

La langue persane, vecteur de civilisation

Rudaki eut une influence considérable sur la renaissance de la culture iranienne et de la langue persane. Il contribua à la période d’éclat de la civilisation islamique moderne, qui s’est déroulée entre le IXème et le XIème siècle. De grandes figures scientifiques de cette époque, telles que Birouni, Avicenne et Farabi, parlaient principalement le persan. L’éclat de la langue persane dans la géographie culturelle de l’Iran était essentielle pour son rayonnement dans des régions telles que l’Inde, le Tadjikistan et l’Afghanistan.

Lorsque des écrivains iraniens ont commencé à parler et à écrire en persan, la culture islamique a atteint sa grandeur actuelle. Sans la langue persane, la culture islamique n’aurait pas pu atteindre un tel niveau de grandeur et d’influence. Cela en particulier dans le domaine de la poésie, de la littérature mais également dans celui des sciences.

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La nuit de Yalda, une célébration aussi ancienne que l’Iran

Depuis des millénaires en Iran, les Iraniens célèbrent la nuit de Yalda. Il s’agit de la dernière nuit de l’automne, la plus longue de l’année solaire. Cette fête ancestrale est un symbole important de la culture et de la civilisation iraniennes. Les rituels et les coutumes de la nuit Yalda représentent la richesse de l’identité culturelle des Iraniens.

La nuit de Yalda en Iran

La nuit Yalda est célébrée de différentes manières dans différentes villes et par différentes ethnies en Iran. Les rituels communs comprennent l’allumage d’un feu, la narration d’anecdotes, la consommation de noix, de pastèque ou de grenade, et la récitation de poèmes de Hafez. La lecture du Shahnameh, le Livre des rois de Ferdowsi, est également l’un des moments forts de la nuit Yalda.

La nuit Yalda a également eu une grande influence dans la littérature persane et l’art iranien. Notamment avec des poètes tels que Molana Rumi, Rudaki, Hafez, Saadi, Attar et Nasser Khosro qui célébrèrent Yalda dans leurs œuvres.

La fête de Yalda reflète la vision culturelle des Iraniens sur un événement scientifique et astral. Elle souligne également leur relation étroite avec la nature et l’environnement. Cette nuit est une occasion de préserver l’unité et la coexistence de toutes les ethnies en Iran.

Yalda, un symbole de la culture iranienne

Il est intéressant de noter que d’autres civilisations du monde ont également célébré la dernière nuit d’automne pour marquer l’anniversaire du soleil. Les rituels de ces célébrations non-iraniennes présentent de nombreuses similitudes avec la cérémonie de Yalda. Cela témoigne de l’influence de l’ancienne culture perse au-delà des frontières de l’Iran. Par exemple, en Égypte ancienne, la renaissance du soleil était célébrée pendant la nuit Yalda.

De nos jours, la célébration de Yalda a également gagné en popularité dans d’autres pays tels que le Tadjikistan, la Turquie, le Pakistan, l’Afghanistan, le Japon, la Chine, la Corée du Sud, l’Écosse, la Russie, la Bolivie, le Pérou, l’Équateur, l’Afrique et d’autres régions.

Cette célébration internationale et universelle de la nuit Yalda a été officiellement reconnue par l’UNESCO qui l’a classée comme un patrimoine culturel de l’humanité en 2022. Ainsi, en plus d’être une festivité iranienne, la nuit de Yalda est devenue un moyen important de renforcer la cohésion nationale en Iran et promouvoir l’amitié et la paix régionales.

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Découvrir la cuisine iranienne avec Easy Iran de Golan Nasséri

L’autrice Golan Nasséri nous plonge avec son livre de cuisine intitulé Easy Iran dans le délicieux monde de la gastronomie iranienne.

Easy Iran livre de recettes de cuisine Golan Nasséri éditions Mango
Golan Nasséri, Easy Iran, éditions Mango, 2023.

Golan Nasseri nous emmène à la découverte de la culture culinaire de son pays natal et partage ses meilleures recettes. Ce livre est une invitation à voyager à travers les arômes et les parfums authentiques de la cuisine iranienne.

La cuisine iranienne, aussi riche que diverse, plonge ses racines dans une histoire millénaire. Chaque région du pays possède ses propres plats et traditions culinaires, offrant une palette de saveurs et de techniques de cuisson uniques.

Découvrez la cuisine iranienne avec le livre Easy Iran écrit par Golan Nasséri

Cet ouvrage d’une superbe qualité offre une variété de recettes alléchantes qui raviront les papilles les plus exigeantes. Des recettes de riz parfaitement cuisiné (loubia polo, baghali polo ou zereshk polo) et des pains comme lavash, le taftoun, le barbari ou bien encore le sangak. Ensuite, des marinades savoureuses appelées torshi, des salades(sabzi) fraîches et parfumées comme la salade shirazi typiquement iranienne. Mais également des soupes, des galettes de légumes (koukou) savoureuses ou bien encore des ragoûts (khoresht) parfumés. Et bien entendu les fameuses recettes de viandes comme le fesendjân alliant le poulet et la grenade ou bien le célèbre tchélowkébab pour les amateurs de brochettes et de grillades.

Ce livre de cuisine ne se limite pas seulement aux entrées et plats principaux. Il propose également des recettes de sirops et autres boissons ainsi que des desserts typiques de la gastronomie iranienne comme le ferni, le halva ou bien encore le sholeh zard. De plus, Golan Nasséri partage des astuces et des conseils pratiques pour que chaque plat soit une réussite.

Les photographies de Sandra Mahut permettent de reproduire avec précision les techniques et les présentations authentiques des plats iraniens.

La cuisine iranienne, qui peut sembler complexe au premier abord, se révèle être facilement accessible grâce à cet ouvrage. Ce livre est un véritable compagnon de cuisine pour ceux qui souhaitent explorer et maîtriser l’art culinaire de l’Iran.

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Art et Littérature France-Iran

Quand Guillaume Apollinaire célébrait Ispahan

Guillaume Apollinaire célébrant Ispahan, la « moitié du monde », démontre ce lien charnel et intrinsèque de la poésie française pour la beauté du Monde.

Et quoi de plus normal pour un poète que de célébrer l’Iran et son ipséité commune avec la France pour la Poésie ? Apollinaire témoigne ainsi de l’amitié franco-iranienne et de notre admiration mutuelle entre nos deux merveilleux pays d’art, de culture et d’histoire.

Quand Guillaume Apollinaire célébrait Ispahan en un poème

Ce poème parut dans le recueil Il y a…, publié à titre posthume en 1925 par Albert Messein, l’un des plus importants éditeurs de poésie du XXème siècle.

La poésie française subit au début de ce siècle une transformation profonde, une révolution dans les règles établies. Guillaume Apollinaire est justement l’un des poètes à l’origine de ce bouleversement artistique. Précurseur du surréalisme, il renouvelle les formes et les techniques poétiques de son époque, marquant ainsi la naissance de la poésie française moderne.

Dans le poème Ispahan, Apollinaire nous offre un exemple frappant de ce renouveau artistique. Dépourvu de ponctuation, le texte se déploie avec fluidité et liberté, permettant une lecture fluide et sans interruption. Le poème exprime une musicalité particulière et transporte par le flot des mots.

Ispahan est une ode à la ville éponyme située en Asie du sud-ouest, mais aussi une invocation des sentiments qu’elle éveille. La ville, personnifiée, devient un être vivant à part entière. Elle est capable d’évoquer des émotions profondes chez ceux qui la contemplent. Les strophes, d’une longueur et d’une versification variées, traduisent l’étendue et la diversité de ces sensations.

Guillaume Apollinaire, à travers Ispahan, parvient à créer une atmosphère poétique envoûtante en faisant appel aux sens et aux émotions de ses lecteurs. Le poème nous transporte dans les rues de la ville, nous faisant ressentir l’atmosphère, entendre le murmure des fontaines et voir les jeux de lumière sur les palais majestueux.

Pour tes roses

J’aurais fait

Un voyage plus long encore

Ton soleil n’est pas celui

Qui luit

Partout ailleurs

Et tes musiques qui s’accordent avec l’aube

Sont désormais pour moi

La mesure de l’art

D’après leur souvenir

Je jugerai

Mes vers les arts

Plastiques et toi-même

Visage adoré

Ispahan aux musiques du matin

Réveille l’odeur des roses de ses jardins

J’ai parfumé mon âme

A la rose

Pour ma vie entière

Ispahan grise et aux faïences bleues

Comme si l’on t’avait

Faite avec

Des morceaux de ciel et de terre

En laissant au milieu

Un grand trou de lumière

Cette

Place carrée Meïdan

Schah trop

Grande pour le trop petit nombre

De petits ânes trottinant

Et qui savent si joliment

Braire en regardant

La barbe rougie au henné

Du Soleil qui ressemble

A ces jeunes marchands barbus

Abrités sous leur ombrelle blanche

Je suis ici le frère des peupliers

Reconnaissez beaux peupliers aux fils d’Europe

Ô mes frères tremblants qui priez en Asie

Un passant arqué comme une corne d’antilope

Phonographe

Patarafes

La petite échoppe

Guillaume Apollinaire, Poèmes à Lou précédé de Il y a, préface de Michel Décaudin, Gallimard, coll. Poésie, 1969, pp. 55-56.

Apollinaire, un poète emblématique

Guillaume Apollinaire est né à Rome en 1885 d’une mère polonaise et d’un père italien qu’il ne connaîtra pas. Il publie au fil du temps dans différentes revues, notamment le Mercure de France de 1909 à 1916. Son premier recueil est publié en 1913 sous le titre Alcools, dans lequel il explore de nouvelles voies esthétiques sans aucune ponctuation.

En 1918, son recueil Calligrammes rassemble des poèmes visuels. Les mots disposés graphiquement sur la page représentent alors une rupture avec la tradition poétique classique. Ils illustrent la liberté de la forme et l’importance accordée à l’aspect visuel dans la poésie moderne.

Guillaume Apollinaire poète français Ispahan Iran

Pendant les dernières années de sa vie, Apollinaire a trouvé une nouvelle source d’inspiration : la guerre. Convaincu par l’idée de défendre son pays, il est désormais devenu un soldat engagé, arborant fièrement son uniforme et ses décorations. En 1916, année de sa naturalisation, il est blessé à la tempe par un éclat d’obus et dut subir une trépanation. La guerre influencera profondément ses réflexions sur la poésie et l’art en général.

En mai 1918, Apollinaire épouse Jacqueline Kolb, surnommée « la jolie rousse » de ses calligrammes. Cependant, affaibli par sa blessure, il ne put résister à l’épidémie de grippe espagnole et décéda le 9 novembre suivant. Son œuvre et sa contribution à la poésie moderne restent aujourd’hui une référence incontournable dans le domaine de la littérature.

Après sa mort, ses poèmes inédits furent rassemblés dans des recueils tels que Il y a… (1925), Ombre de mon amour (1947), Poèmes secrets à Madeleine (1949) ou bien encore Le Guetteur mélancolique (1952).

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L’Âme poétique persane de Daryush Shayegan

L’Âme poétique persane, écrit par Daryush Shayegan, est un livre incontournable pour comprendre l’amour et la vénération des Iraniens envers leurs poètes. Chaque aspect de leur vie quotidienne rencontre un écho dans les vers éternels de poèmes persans.

Daryush Shayegan, philosophe iranien renommé, nous offre un éclairage précieux sur cette relation intime entre les Iraniens et leurs poètes, à travers son livre captivant L’âme poétique persane, publié chez Albin Michel.

L’âme poétique des Iraniens

Pour comprendre cette fascination presque amoureuse qui unit les Iraniens à leurs poètes, il est essentiel de plonger dans l’histoire et les traditions de ce pays riche en littérature et en poésie.

La renommée des grands poètes iraniens tels que Rumi, Hafez et Ferdowsi dépasse les frontières de l’Iran et inspirent encore aujourd’hui les gens de lettres du monde entier. Mais pour les Iraniens eux-mêmes, ces poètes ne sont pas seulement des figures historiques. Ils sont des guides spirituels et des sources inépuisables de sagesse.

Daryush Shayegan L'Âme poétique persane

La raison de cet attachement profond à la poésie réside selon Daryush Shayegan dans son expression unique des émotions, des aspirations et des vérités universelles d’une manière subtile et métaphorique. Les poètes iraniens sont capables de capter la complexité de l’âme humaine. Mais également de dépeindre la beauté du monde avec une grâce sans égale. Leurs vers résonnent dans le cœur des Iraniens parce qu’ils éclairent leurs questionnements existentiels.

L’influence des poètes se fait ressentir dans tous les aspects de la vie en Iran. Leurs poèmes sont souvent récités lors de rassemblements familiaux, de mariages, de funérailles et d’autres célébrations. Ils embellissent les murs des maisons, des mosquées et des jardins, insufflant une atmosphère de beauté et de sérénité. La poésie iranienne est avant tout mystique.

Daryush Shayegan, Iranien à l’âme poétique

Daryush Shayegan (1935-2018) fut un philosophe et indianiste iranien. Il obtint un doctorat en philosophie à la Sorbonne sous la tutelle d’Henry Corbin. Après avoir obtenu son diplôme, Shayegan enseigna le sanskrit, les études indiennes et la philosophie comparée à l’université de Téhéran. Par la suite, il a également occupé le poste de directeur du Centre iranien pour l’étude des civilisations.

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Ispahan, les mille et une merveilles d’Iran

Ispahan, les mille et une merveilles d’Iran est un merveilleux documentaire réalisé en 2018 par Négar Zoka pour la chaîne de télévision Arte dans sa série Invitation au voyage.

Cette vidéo fut censurée par YouTube.

L’Iran est une destination touristique riche en histoire et en patrimoine culturel. Mais l’une de ses villes les plus emblématiques est indéniablement Ispahan. Cette ville est riche en monuments historiques, en architecture, en art et en culture. Elle fut d’ailleurs un centre important de l’empire perse pendant plusieurs siècles.

Ispahan parmi les plus belles merveilles de l’Iran

Le documentaire Ispahan, les mille et une merveilles d’Iran nous permet de découvrir les trésors cachés de cette ville majestueuse. La caméra de Négar Zoka nous emmène à travers les rues pavées de la vieille ville, les places publiques, les jardins luxuriants, ainsi que les églises et les mosquées monumentales.

Ce film nous présente également certains des artisans locaux. Ceux-ci pratiquent encore des métiers traditionnels tels que la céramique, la calligraphie et bien d’autres encore. Ces artisans perpétuent des traditions anciennes de la région avec passion et dévouement. Ils créent ainsi des œuvres d’art exceptionnelles qui témoignent de la richesse culturelle de la ville.

Ce documentaire est également une invitation à découvrir l’incroyable patrimoine culturel de l’Iran. Il explore notamment un aspect souvent méconnu de l’histoire de cette région. Il nous offre une perspective unique sur les piliers qui ont façonné cette ville et nous permet de mieux comprendre la richesse culturelle de cette région.

Espahan, nesf-é djahân, « Ispahan, la moitié du monde »

Parmi les monuments les plus emblématiques d’Ispahan présentés dans le documentaire, il y a la célèbre place Naqsh-e Jahan, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Cette place majestueuse a été construite au XVIIème siècle et est entourée de bâtiments historiques tels que la mosquée du Shah, le palais Ali Qapu et le bazar d’Ispahan.

Le film se focalise également sur la mosquée Jameh, qui est l’une des plus anciennes mosquées de l’Iran. La mosquée a été érigée en 771 et a été agrandie à plusieurs reprises au cours des siècles. Les murs de la mosquée sont ornés de carreaux de céramique colorés. Ceux-ci reflètent les différentes influences culturelles présentes dans la ville à l’époque.

Ispahan figure parmi les plus belles merveilles d'Iran
La mosquée du Shah

En résumé, Ispahan, les mille et une merveilles d’Iran est un documentaire fascinant qui nous transporte vers un autre temps et un autre lieu. Les lieux visités par Négar Zoka dans ce film sont incroyablement beaux et riches en histoire. Ils offrent une immersion totale dans la culture et l’architecture de cette ville mythique.

En somme, Ispahan, les mille et une merveilles d’Iran représente une expérience fascinante qui nous invite à découvrir l’histoire et la beauté d’une ville étonnante. Les images sont incroyables, la narration puissante et la musique envoûtante. Ce documentaire est un véritable chef-d’œuvre cinématographique qui saura ravir tous les amateurs de culture et d’histoire.