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Histoire

L’Iran sous Alexandre le Grand

La conquête de l’Iran par Alexandre le Grand, Iskandar en persan (اسکندر), est un événement marquant de l’Histoire. Après avoir soumis la Grèce et conquis l’Empire achéménide, Alexandre avance vers l’est pour conquérir de nouveaux territoires, notamment l’Iran.

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L’Empire macédonien d’Alexandre le Grand à son apogée.

En 330 avant Jésus-Christ, Alexandre lance une offensive en Iran, dirigeant son armée vers des villes clés telles que Suse et Persépolis. Les Perses tentent de résister, mais ils sont finalement défaits par la puissance militaire et tactique d’Alexandre. La conquête se poursuivit à travers la région, avec des batailles et des sièges stratégiques, aboutissant à la soumission des différentes provinces iraniennes.

La conquête de l’Iran par Alexandre le Grand

La campagne d’Alexandre le Grand en Iran

-334 : L’armée d’Alexandre franchit le détroit des Dardanelles, marquant ainsi le début de sa campagne contre l’Iran achéménide. Le jeune roi macédonien remporte une première victoire contre les forces perses lors de la bataille du Granique. Il capture successivement Sardes, Milet et Halicarnasse, soumettant ainsi la Carie. De là, il traverse la Lycie, la Pamphylie et la Pisidie pour atteindre Gordion, la capitale de la Phrygie, où se déroule l’épisode célèbre de la rupture du fameux « nœud gordien ». Pendant ce temps, son lieutenant, Parménion, s’empare de la Phrygie hellespontique et de la Lydie. Au printemps de -333, le jeune roi macédonien devient ainsi le maître de toute l’Asie Mineure.

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Miniature représentant la bataille entre Darius et Alexandre (1524).
Khamsé (خمسه) de Nizami également connu sous le nom de Pandj Gandj (پنج گنج, « les cinq joyaux »), dont le cinquième livre s’intitule Eskandarnameh (اسکندرنامه), le « livre d’Alexandre » (1198).

-333 : Alexandre remporte la victoire d’Issos, située au nord de la Syrie, contre les troupes de Darius. Ce dernier est contraint battre en retraite vers l’est en repassant l’Euphrate. Alexandre poursuit sa conquête en Phénicie et capture notamment Tyr après un siège de sept mois. Il refuse à deux reprises les offres de compromis de Darius, prêt à lui céder l’Asie Mineure et à payer une rançon élevée pour obtenir la libération de sa famille capturée à Issos. Le conquérant s’empare ensuite de Gaza après un siège de deux mois, puis entre en Égypte où il passe l’hiver -332/-331. C’est lors de cette période qu’il se rend jusqu’à l’oasis d’Amon dans le désert occidental.

-331 : Après avoir traversé l’Euphrate et le Tigre, Alexandre rejette une nouvelle offre de paix de Darius, désormais prêt à fixer la frontière occidentale de son empire sur l’Euphrate. Le souverain iranien subit une nouvelle défaite à la bataille de Gaugamèles. Il est contraint de fuir Arbèles en octobre, où son trésor tombe entre les mains du souverain macédonien. Alexandre entre sans combat dans Babylone, puis dans Suse. Le vainqueur s’empare ensuite de Persépolis, la capitale de l’empire achéménide, qui sera pillée par ses troupes. Il capture ensuite Pasargades avant de partir en direction d’Ecbatane.

L’incendie de Persépolis

En mai 330, Persépolis est ravagé par les flammes et complètement détruit. Bien que cela contredise la politique d’intégration locale que prône Alexandre, les historiens considèrent souvent cet incendie comme volontaire. Le conquérant macédonien aurait ainsi effectué un geste symbolique délibéré envers les Iraniens et les Grecs de la ligue de Corinthe, considéré comme une vengeance pour l’incendie d’Athènes par Xerxès Ier en -480. Il est également possible qu’Alexandre souhaita affirmer son pouvoir sur une population peu disposée à se rallier à lui.

Toutefois, une autre hypothèse suggère qu’Alexandre incendia Persépolis alors qu’il était dans un état d’ébriété et sous l’influence d’ une jeune courtisane athénienne nommée Thaïs. Bien que les troupes macédoniennes accomplissent cette destruction avec une immense joie, Alexandre regrettera ultérieurement cet acte inacceptable pour les Iraniens.

La fin de l’Empire achéménide

-330 : Bessos, le satrape de Bactriane, assassine Darius lors de sa fuite vers l’est de son empire. Son trépas marque la fin de la dynastie achéménide, qui avait fait de l’Iran le premier grand empire de l’Antiquité.

Hiver -330/-329 : Alexandre établit trois villes : Alexandrie d’Ariane (Hérat), Alexandrie de Margiane (Merv) et Alexandrie d’Arachosie (Kandahar).

Il s’installe toutefois à Alexandrie du Caucase, située au sud de l’Hindou-Kouch. Il traverse alors cette chaîne de montagnes pour atteindre l’Asie centrale, où il remporte des victoires contre les Sogdiens. Cela lui permet de prendre le contrôle des régions situées au nord de l’Oxus (Amou Daria) et de l’Iaxartes (Syr Daria).

Alexandre poursuit ses conquêtes vers l’est et réorganise l’empire

-327 : Alexandre épouse Roshanak (روشنک, transcrit Roxane en grec), fille du satrape vaincu Oxyartès. Les historiens grecs rapportent qu’Alexandre lui demanda de retirer son tchador pendant une danse et s’énamoura de sa beauté. Roxane n’avait jusqu’à présent jamais dévoilée en public ce vêtement traditionnel que les femmes iraniennes nobles portaient pour rester cachées aux yeux des autres. Cette même année, il attribue à son père la satrapie de Bactriane et fonde ensuite Alexandrie d’Iaxartes (Khodjend).

mariage Alexandre Roxane Iran
Pietro Antonio Rotari, Alexandre le Grand et Roxane, 1756,
huile sur toile, musée de l’Ermitage (Saint-Pétersbourg).

-326 : Après avoir conquis le royaume de Taxila au Pakistan et vaincu le souverain indien Poros, Alexandre avance jusqu’au fleuve Hyphase (aujourd’hui la Setledj, un affluent de l’Indus). Au-delà de ce fleuve, son armée refuse de continuer à avancer. Par la suite, il descend l’Indus et ordonne la construction d’une flotte sous le commandement de Néarque, chargée de rejoindre le golfe Persique. Il divise ensuite son armée en deux : la première partie retournera en Mésopotamie en passant par l’Arachosie, tandis que la deuxième traversera la Gédrosie en longeant la côte, en liaison avec la flotte. Les deux armées se rejoindront finalement près de l’actuelle Bandar Abbas, poursuivant leur avancée en direction de Pasargades puis de Suse, où ils arrivent en -324.

Alexandre réorganise alors son empire en maintenant le système de satrapies et en conservant certains gouverneurs iraniens. Il adopte également les codes de la cour achéménide. Il scelle une alliance politique en épousant Stateira (استاتیرا, également connue sous le nom de Barsine بارسینه), la fille aînée de Darius III, ainsi que Parysatis (پروشات), la fille d’Artaxerxès III. Le jour-même, 10 000 mariages irano-macédoniens sont célébrés à Suse, faisant de cet événement un symbole de l’unification entre les deux cultures.

La mort d’Alexandre et l’ère des Diadoques

-323 : Alexandre meurt à Babylone le 11 juin. Son décès prématuré met en échec l’immense empire qu’il avait bâti.  Roxane, la première épouse d’Alexandre le Grand, s’associe à Perdiccas, l’un de ses généraux, pour tuer Stateira par strangulation. Il est en effet possible que Stateira eut été enceinte, représentant de la sorte un danger pour Roxane. Quant à Parysatis, aucun document écrit ne nous est parvenu, rendant ainsi son sort inconnu. Roxane sera quant à elle assassinée en -309 ou -308 avec son fils Alexandre IV, successeur légitime du conquérant macédonien. Les biographies de ces femmes iraniennes célèbres sont minutieusement étudiées dans notre livre intitulé Les Iraniennes.

Diadoques 323 avant Jésus-Christ accords de Babylone
Partage de l’Empire d’Alexandre résultant des accords de Babylone
en 323 avant Jésus-Christ.

Les dissensions entre les généraux d’Alexandre surviennent immédiatement, le défunt conquérant n’ayant pas désigné d’héritier. Certains auteurs de la Vulgate prétendent qu’Alexandre aurait confié son anneau royal à Perdiccas sur son lit de mort. Selon n’empêche pas Méléagre et la phalange de soutenir le demi-frère d’Alexandre, Philippe III Arrhidé. Perdiccas préconise pour sa part d’attendre la naissance de l’enfant d’Alexandre et Roxane.

Diadoques 321 avant Jésus-Christ accords de Triparadisos
Partage de l’Empire d’Alexandre résultant des accords de Triparadisos
en 321 avant Jésus-Christ.

Ces conflits vont permettre l’émergence des principales dynasties grecques de l’époque hellénistique. À savoir la dynastie Lagide fondée par Ptolémée, la dynastie Séleucide fondée par Séleucos et la dynastie Antigonide fondée par Antigone le Borgne.

Les guerres des Diadoques et le partage de l’Empire d’Alexandre

La succession d’Alexandre ne pouvant se passer dans des conditions idéales, s’ouvre alors l’ère des Diadoques. Pas moins de neuf généraux et compagnons d’Alexandre le Grand vont se battre les uns contre les autres pour accéder au titre royal et à la domination des territoires conquis.

Ces guerres des Diadoques se déroulent de 322 à 281 avant Jésus-Christ, de la coalition contre Perdiccas jusqu’à la bataille de Couroupédion. Elles sont généralement considérées comme le début de l’époque hellénistique.

L’Empire d’Alexandre en 303 avant Jésus-Christ.

Un compromis est alors trouvé lors de l’accord de Babylone en juin -323. Philippe III devient roi aux côtés du futur Alexandre IV, dans l’espoir qu’il soit un garçon. Perdiccas quant à lui devient chiliarque, c’est-à-dire régent de l’« empire » qui englobe les territoires asiatiques. Cependant, il fait exécuter Méléagre et tente de prendre le contrôle total des affaires politiques, suscitant ainsi l’hostilité de certains généraux.

Les guerres des Diadoques, caractérisées par de nombreux changements d’alliances, opposent les principaux généraux d’Alexandre le Grand afin de prendre la direction de son vaste empire ou de contrôler les territoires qui le composent.

En -311, lors d’un premier accord de paix, ils ne sont plus que cinq :

  • Cassandre en Macédoine
  • Lysimaque en Thrace
  • Antigone en Asie Mineure et en Syrie
  • Séleucos en Babylonie et en Iran
  • Ptolémée en Égypte
L’Empire d’Alexandre après la bataille d’Ipsos survenue en 301 avant Jésus-Christ.

En -301, les deux vainqueurs de la bataille d’Ipsos, Séleucos et Lysimaque, se partagent l’empire après la défaite d’Antigone. La conséquence s’avère une période de stabilisation, à l’exception de la Macédoine qui connaît une succession de guerres pour le pouvoir ainsi que la menace des invasions celtes.

La défaite de Lysimaque en -281 marque la fin de l’ère des Diadoques. Seul Séleucos survit à cette date, et avec lui la dynastie des Séleucides.

À suivre :

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