Catégories
Nature et Géographie

La zone humide de Shadegan dans le Khouzestan

Située dans la province iranienne du Khouzestan, la zone humide de Shadegan (شادگان) se révèle un trésor naturel d’une immense beauté. Cette incroyable région est classée par l’UNESCO parmi les 18 zones humides internationales inscrites au patrimoine naturel mondial. Nichée à 52 kilomètres d’Abadan et à 105 kilomètres d’Ahvaz, elle est également la plus grande zone humide d’Iran.

Shadegan zone humide Khouzestan Iran

Ce qui rend la zone humide de Shadegan si unique et captivante, c’est sa connexion entre la rivière Jarahi et les eaux du golfe Persique. Cette fusion des eaux douces et salées crée un phénomène rare qui confère à cette région une biodiversité extraordinaire. En effet, c’est cet équilibre délicat entre ces deux types d’eau qui favorise un écosystème marin si diversifié et fascinant.

Shadegan, un trésor naturel du Khouzestan

zone humide Shadegan Khouzestan

La majestueuse rivière Karoun assure l’approvisionnement en eau de la zone humide de Shadegan. Ce cours d’eau traversant la région alimente ces terres fertiles. Il permet ainsi à la nature de s’épanouir de manière harmonieuse. En se promenant autour de cette zone humide, il est possible d’admirer la richesse des paysages, des marais aux étendues d’eau scintillantes, ainsi qu’une flore luxuriante qui s’étend à perte de vue.

zone humide Shadegan Iran

Shadegan est également un lieu de prédilection pour une multitude d’oiseaux migrateurs. Chaque année, des milliers d’oiseaux venus d’Europe du Nord, du Canada et de Sibérie trouvent refuge dans cette zone humide. Ils viennent y chercher la chaleur et la nourriture pendant les mois d’hiver rigoureux dans leurs habitats d’origine.

La zone humide de Shadegan est un véritable paradis pour les amoureux de la nature. Elle offre une expérience unique en permettant aux visiteurs de se connecter à la beauté naturelle et méconnue de l’Iran. La richesse de sa biodiversité, la coexistence harmonieuse de l’eau douce et de l’eau salée, ainsi que l’abondance d’oiseaux migrateurs en font l’une des attractions naturelles les plus merveilleuses du pays.

En explorant cette zone humide exceptionnelle, les voyageurs sont invités à se perdre dans les paysages époustouflants, à observer la faune et la flore magnifiques qui la peuplent, à se laisser emporter par la sérénité de cet écosystème préservé. Shadegan s’avère un véritable joyau de la nature qui mérite d’être préservé et apprécié par les générations futures.

Shadegan Iran UNESCO

Un magnifique album de photographies d’Ali Moaref à découvrir :

Catégories
Géopolitique et Diplomatie

De l’OCS au MNA : l’Iran, incontournable des évolutions régionales

De l’OCS au MNA, l’Iran est aujourd’hui devenu un acteur géopolitique incontournable. En effet, le pays s’engage actuellement dans des initiatives régionales qui redéfinissent son rôle dans la scène internationale.

L’Iran est devenu membre de l’OCS le 17 septembre 2021 lors du sommet qui s’est tenu à Douchanbé (Tadjikistan).

L’adhésion récente de l’Iran à l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS) et les récentes déclarations du ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, sur le renforcement du Mouvement des Non-Alignés (MNA), sont des signes clairs de la volonté de l’Iran de jouer un rôle majeur dans les évolutions régionales.

L’Iran est devenu un membre incontournable de l’OCS et du MNA

L’adhésion de l’Iran à l’OCS en 2021 marque un tournant significatif dans ses relations avec les pays de la région. En rejoignant cette organisation régionale, l’Iran renforce ses liens avec des puissances mondiales telles que la Chine et la Russie, sans négliger se rapprocher des pays d’Asie centrale. Cette adhésion est perçue comme une façon pour l’Iran de diversifier ses partenariats économiques et politiques. Et cela tout en contrecarrant les pressions occidentales exercées sur le pays.

Lorsque le ministre iranien des Affaires étrangères appelle à redéfinir le rôle du MNA (plus grand groupe de pays en dehors de l’ONU), il met en évidence la volonté de l’Iran de promouvoir la paix, la stabilité et de combattre l’unilatéralisme, l’insécurité et la discrimination. Cette déclaration témoigne de la volonté de l’Iran d’utiliser ses relations avec le MNA pour renforcer sa position sur la scène internationale. Mais également de se présenter comme un acteur clé dans les initiatives de paix et de sécurité régionales.

Quel perspectives pour l’Iran ?

L’engagement de l’Iran à surmonter l’unilatéralisme et à promouvoir la paix et la stabilité démontre une volonté de coopération régionale et de renforcement des institutions multilatérales. Les observateurs notent d’ailleurs que le pays joue un rôle crucial dans les évolutions régionales.

Dans cette optique, la diplomatie joue un rôle crucial. Une volonté de dialogue, de négociation et de coopération entre toutes les parties est essentielle pour résoudre les différends et promouvoir la stabilité régionale. Les initiatives régionales telles que l’OCS et le MNA peuvent servir de plateformes pour faciliter ces dialogues. Ils peuvent également encourager une coopération plus étroite entre les pays.

Catégories
Histoire Société

L’Iran lutte contre le terrorisme des Moudjahiddines du peuple

Le chef d’état-major des forces armées iraniennes a récemment prononcé des paroles fortes concernant la poursuite des engagements de l’Iran dans la lutte contre le terrorisme, et notamment celui des moudjahiddines du peuple.

Il a souligné l’importance de cette situation en tant que leçon pour les groupes terroristes qui, soutenus par des forces étrangères, attaquent l’Iran. Ces déclarations font suite à une série d’attaques terroristes perpétrées par l’OMK depuis la victoire de la Révolution islamique en Iran en 1979.

Qui sont les terroristes des moudjahiddines du peuple ?

L’Organisation des Moudjahiddines du Peuple iranien (OMPI, en persan sâzemân-é moudjâhedin-é khalq-é irân, donnant l’acronyme OMK) est un groupe terroriste qui a longtemps mené des actions terroristes contre le peuple iranien. Elle fut d’ailleurs désignée comme tel par de nombreux pays, y compris les États-Unis jusqu’en 2012.

organisation terroriste des moudjahiddines du peuple

Les crimes de guerres, les crimes contre l’humanité et les génocides perpétrés par les moudjahiddines du peuple n’ont pas empêché des pays comme les États-Unis, le Royaume-Uni, la France et l’Albanie de les soutenir et les accueillir sur leurs territoires. Ce groupe terroriste possède d’ailleurs une base en Albanie et en France.

Des ministres comme Rama Yade, Michelle Alliot-Marie, Bernard Kouchner, des élus comme Alain Vivien, Michèle de Vaucouleurs, Hervé Saulignac, Jean-François Legaret, Pierre Berci, et même Yves Bonnet, ancien directeur de la Direction de la Surveillance du Territoire (DST) entre 1982 et 1985, les soutiennent et participent à leurs activités.

L’ancienne ministre française Rama Yade prononçant un discours lors d’un rassemblement le 13 juillet 2019 dans camp Achraf-3, en Albanie.

Depuis sa création en 1965, l’OMK est responsable de nombreuses attaques terroristes en Iran. Le groupe a ciblé des civils et des représentants du gouvernement, semant la terreur et causant des pertes humaines tragiques. Ces actions délibérées ont été perpétrées dans le but de déstabiliser le pays et de renverser les institutions.

Maryam Radjavi reçue par le Conseil de l’Europe (Strasbourg), le 24 janvier 2018.

L’OMPI est devenue au fil des années une secte vouant un culte de la personnalité au « soleil de la Révolution » (sic !) Maryam Radjavi. Certains de ses membres n’hésiteront pas à s’immoler par le feu lors de perquisitions menées à leur siège en région parisienne le 17 juin 2003.

Des crimes contre l’humanité commis par les moudjahiddines du peuple

Les terroristes des moudjahiddines du peuple sont responsables de la mort de plus de 17 000 Iraniens au cours d’attentats sanglants et d’assassinats ciblés. Leur alliance avec l’Irak en 1988 entraînera les condamnations à mort et les exécutions des moudjahiddines prisonniers en Iran.

Cérémonie au camp d’Ashraf, le 29 janvier 1997, au nord-est de la capitale irakienne Bagdad (AP/Jassim Mohammmed)

Contrairement aux allégations de cette organisation terroriste de type islamiste marxiste qui prétend que 33 000 prisonniers furent exécutés, le nombre de morts est estimé à 2500 par Amnesty International. Bien qu’il s’agisse d’un sujet sensible encore aujourd’hui en Iran, il est pourtant un secret de Polichinelle et le nombre réel de personnes exécutées est parfaitement connu de tous. Il s’élève à environ 3000 en comptant l’ensemble des condamnés et non seulement les susmentionnés.

Ce groupe terroriste mène encore aujourd’hui des actions contre l’Iran, en s’alliant notamment avec ses ennemis et en infiltrant les sphères médiatiques et politiques occidentales, s’attirant de la sorte la haine la plus farouche et unanime du peuple iranien. Ils sont pour la population iranienne ce que furent les engagés volontaires français dans la Waffen-SS pour les Français de 1945.

Les moudjahiddines du peuple participèrent également aux opérations irakiennes Anfâl qui se déroulèrent de février à septembre 1988 durant lesquelles plus de 100 000 civils kurdes furent exterminés.

moudjahiddines du peuple génocide kurde 1991
Une moudjahiddines du peuple jetant un enfant kurde vivant dans une fosse commune au cours de l’opération Perle en 1991.

Au printemps 1991, l’OMPI mènera une nouvelle opération baptisée « opération Perle » durant laquelle ses membres incendièrent 400 villages dans la région de Kirkouk et exterminèrent 5000 Kurdes dont 2000 enfants qu’ils jetèrent dans des fosses communes avant de les enterrer vivants

L’Iran engagé dans la guerre contre le terrorisme des moudjahiddines du peuple

L’Iran et ses forces armées sont engagés dans la lutte contre le terrorisme depuis plusieurs années maintenant. Après avoir vaincu Daech en Syrie et en Irak en mobilisant notamment les Défenseurs du Sanctuaire et les Hachd al-Chaabi, l’Iran poursuit sa lutte contre le terrorisme, ciblant cette fois-ci les moudjahiddines du peuple.

Le chef d’état-major des forces armées iraniennes, le général de division Mohammad Baqeri, a dénoncé l’utilisation de la violence et du terrorisme comme moyen de réaliser des objectifs politiques. Il insiste sur le fait que ces méthodes ne font que semer la destruction et la souffrance parmi la population.

Morgan Lotz, iranologue et juriste en droit international, a commenté cette affaire. L’OMPI est un exemple frappant de la manière dont certains groupes terroristes peuvent être manipulés et instrumentalisés par des forces étrangères. Aussi met-il en garde contre les conséquences néfastes de ces alliances utilisées dans le but de servir des intérêts particuliers.

L’affaire de l’OMK soulève donc des questions fondamentales sur les dangers de l’utilisation de la violence et du terrorisme par les États-Unis et l’Union européenne dans la poursuite de changements politiques.

Catégories
Géopolitique et Diplomatie

La diplomatie iranienne, efficace et constructive ?

La diplomatie iranienne ne cesse de démontrer son approche efficace et constructive sur la scène internationale. L’Iran considère qu’il n’y a pas d’obstacles à la promotion de ses relations avec les pays de la région et les pays amis, en se concentrant sur les domaines d’intérêts communs.

Une diplomatie iranienne qui se veut efficace et constructive

Le président iranien Seyyed Ebrahim Raïssi a réaffirmé cette position lors d’un entretien télévisé pour commémorer le deuxième anniversaire de son élection en tant que président de la République islamique d’Iran. Le chef d’État a récemment effectué une tournée en Amérique latine au cours de laquelle il rencontre les hautes autorités vénézuéliennes, nicaraguayennes et cubaines.

Dans le même temps, le ministre des Affaires étrangères Hossein Amir-Abdollahian effectua une visite dans la région du golfe Persique pour rencontrer les responsables des Émirats arabes unis. Ce déplacement s’inscrit également dans le cadre d’une politique visant à renforcer la coopération avec les pays limitrophes du golfe Persique, adoptée par l’Iran.

Quelle analyse porter sur la diplomatie iranienne ?

L’Iran a récemment montré une plus grande ouverture envers les pays de la région du Golfe Persique, avec des visites du chef de la diplomatie iranienne en Oman, au Koweït et au Qatar. Ce changement de ton témoigne de la disposition de l’Iran à collaborer avec les pays de la région pour résoudre les problèmes de sécurité communs.

Dans un entretien sur ce sujet, Morgan Lotz analyse la déclaration des autorités iraniennes sur la promotion de leurs relations avec les pays voisins et les pays amis. Cette politique s’avère cohérente avec les priorités géopolitiques de l’Iran dans la région. Le pays cherche notamment à renforcer ses relations avec les pays voisins et les pays non-alignés. L’Iran a été isolé du reste du monde en raison des sanctions économiques imposées par les États-Unis et sa politique vise conséquemment à réduire cette isolation.

Catégories
Histoire Religion et Spiritualité Société

Les minorités religieuses pendant la guerre Iran-Irak (1980-1988)

L’Iran a connu de 1980 à 1988 une guerre de huit années durant laquelle l’ensemble de sa population participa activement à la défense nationale, et notamment les minorités religieuses zoroastrienne, juive et chrétienne.

L’Irak déclare la guerre à l’Iran le 22 septembre 1980. Cette guerre imposée par l’Irak baathiste de Saddam Hussein est connue en Iran sous le nom de « guerre imposée » (جنگ تحمیلی, djang-é tahmili) ou « Défense sacrée » (دفاع مقدس, defā’é moqadas). Il s’agit de la plus longue guerre du XXème siècle.

Pierre Razoux note à propos de ce conflit :

« Cet affrontement dantesque a mobilisé simultanément jusqu’à 2 millions de soldats, 10 000 blindés (dont une moitié de chars), 4 000 pièces d’artillerie et un millier d’aéronefs. Il symbolise à lui seul un condensé de la guerre au XXème siècle, car il comporte des éléments de ressemblance aussi bien avec la Première Guerre mondiale (combat de tranchées, recours aux vagues humaines et aux gaz de combat), qu’avec la Seconde Guerre mondiale (utilisation des blindés, bombardement des villes, guerre économique), ou bien encore avec le conflit israélo-arabe (batailles aériennes de jets au-dessus du désert, utilisation extensive des missiles) et les guerres insurrectionnelles de type Algérie et Vietnam (embuscades dans les djebels rocailleux, infiltration à travers les marécages). Les techniques de combat les plus prosaïques ont côtoyé les plus sophistiquées. »

Pierre Razoux, La guerre Iran-Irak 1980-1988, Perrin, col. Tempus, pp. 727-728.

Les minorités religieuses engagées pour défendre l’Iran

Le début du conflit a provoqué une mobilisation de la population iranienne, y compris parmi les différents groupes religieux présents dans le pays. L’archevêque Ardak Manoukian a exprimé son soutien à l’ayatollah Khomeyni et a déclaré être prêt à combattre l’ennemi. Malheureusement, cette guerre n’a pas épargné les communautés religieuses en Iran.

Parmi les victimes de la guerre, on compte 90 chrétiens tués, 295 blessés et 58 faits prisonniers. Les juifs ont également subi des pertes importantes, avec 11 personnes tuées, 328 blessées et 34 faits prisonniers. Les zoroastriens, une autre minorité religieuse en Iran, ont également souffert, avec 32 morts et 209 blessés.

Cette vidéo fut censurée par YouTube.

Ces pertes parmi les différentes communautés religieuses témoignent de l’impact dévastateur de la guerre sur la société iranienne. Mais elles démontrent également l’unité des Iraniens au-delà de leurs confessions religieuses.

Les conséquences humaines de ce conflit sont incommensurables. Près d’un million de vies ont été perdues, un nombre incalculable de familles détruites et d’individus handicapés à vie. De plus, l’Irak commis des crimes de guerre avec la bénédiction des pays occidentaux et la cécité des Nations-Unies. Notamment avec l’utilisation de gaz de combats contre la population civile iranienne ou bien encore la destruction par les Américains du vol civil Iran Air 655 le 3 juillet 1988. Ces crimes de guerre sont à l’heure actuelle toujours impunis.

Il est important de se rappeler ces chiffres et de reconnaître les sacrifices consentis lors de cette guerre. Les souffrances du peuple iranien, ainsi que des différentes communautés religieuses touchées, ne sont pas oubliées. La mémoire de ce conflit demeure présente parmi la population iranienne, en témoigne les obsèques de Djâni Bet Oshânâ en avril 2023.

Catégories
Géopolitique et Diplomatie

L’Iran se concentre sur son développement économique

Contrairement aux mensonges relayées, l’Iran se concentre sur son développement économique et humain, non sur la guerre. Dans une annonce récente, le ministre iranien du Pétrole, Javad Owji, annonce les plans visant à faire du port Assalouyeh, situé dans le sud du pays, le nouveau centre névralgique du gaz pour la région. Ce projet de coopération implique l’Iran, la Russie, le Qatar et le Turkménistan. Il vise à développer les infrastructures gazières dans la région.

Selon Javad Owji, les activités dans le secteur énergétique, telles que la construction de raffineries de gaz, ne devraient pas faire l’objet de sanctions. En effet, ces dernières sont essentielles pour répondre à la demande mondiale croissante en énergie. Il estime que la construction de telles infrastructures se poursuivra dans différents pays. L’Iran est prêt à jouer un rôle clé dans cet aspect du secteur énergétique.

Le développement économique et social au cœur des projets politiques de l’Iran

Morgan Lotz, iranologue et juriste en droit international, revient sur cette actualité. Tout d’abord, elle illustre la volonté de l’Iran de renforcer sa coopération avec d’autres acteurs régionaux majeurs dans le domaine de l’énergie. La Russie, le Qatar et le Turkménistan sont des acteurs clés dans le secteur du gaz. Une collaboration plus étroite entre ces pays pourrait favoriser la stabilité et la sécurité énergétique dans la région.

De plus, cette initiative représente une réponse stratégique de l’Iran aux sanctions économiques et aux pressions internationales. En cherchant à développer ses propres infrastructures gazières, le pays réduit sa dépendance à l’égard des importations et renforce son autonomie énergétique. L’Iran se concentre de la sorte sur son développement économique et social. Cela permet également d’atténuer l’impact des sanctions économiques, en créant des opportunités commerciales et en générant des revenus.

Toutefois, cette initiative n’est pas sans défis. La construction de nouvelles infrastructures gazières nécessite des investissements massifs et une expertise technique de pointe. De plus, elle pourrait également susciter des préoccupations géopolitiques. Notamment en ce qui concerne les relations entre l’Iran et les pays voisins, ainsi que les rivalités régionales existantes.

Il est donc crucial de suivre de près l’évolution de ce projet de coopération gazière entre l’Iran, la Russie, le Qatar et le Turkménistan. Son succès dépendra de nombreux facteurs. Notamment la capacité des pays partenaires à surmonter les obstacles et trouver des terrains d’entente, ainsi que de la volonté politique de toutes les parties impliquées.

Catégories
Géopolitique et Diplomatie

Le rapprochement diplomatique entre l’Iran et l’Arabie saoudite

L’Iran et l’Arabie saoudite ont récemment franchi une étape importante : le rapprochement diplomatique. La nouvelle de la réouverture de l’ambassade d’Iran à Riyad a fait le tour du monde. Cette décision marque un tournant après sept années de rupture des relations diplomatiques entre les deux pays, conséquence notamment de la guerre saoudienne contre le Yémen.

Il y a sept ans, au plus fort du conflit au Yémen, Riyad avait décidé de rompre ses liens diplomatiques avec Téhéran. Cette décision avait suscité des critiques de la part de nombreux experts saoudiens à l’époque. Toutefois, aujourd’hui, les autorités saoudiennes semblent vouloir rétablir ces relations avec l’Iran.

Quelles conséquences au rapprochement diplomatique entre l’Iran et l’Arabie saoudite ?

Morgan Lotz, juriste et spécialiste de l’Iran, analyse cette évolution et revient sur les raisons qui ont conduit à ce changement de cap de la part de Riyad. Cette décision de rouvrir l’ambassade d’Iran en Arabie saoudite témoigne d’une volonté de réconciliation et d’un désir de renforcer les liens entre les deux pays. Cette initiative peut être perçue comme une tentative de Riyad de rééquilibrer ses relations régionales et de jouer un rôle plus actif sur la scène internationale.

rapprochement diplomatique Iran Arabie saoudite

Il s’agit d’une nouvelle étape dans les relations entre l’Iran et l’Arabie saoudite est à la fois encourageante et complexe. Encourageante, car elle ouvre des possibilités de coopération et de dialogue entre les deux pays. Cela ne peut que contribuer à apaiser certaines tensions régionales. Elle reste cependant complexe, car les deux pays conservent des différends profonds ayant alimenté une rivalité régionale depuis des décennies.

Les enjeux sont importants, tant sur le plan régional qu’international. Une relation cordiale entre l’Iran et l’Arabie saoudite pourrait contribuer à favoriser la stabilité dans la région et à résoudre certains des conflits en cours, notamment en apportant une contribution importante aux efforts de paix au Yémen.

Catégories
Histoire Religion et Spiritualité Société

Le 3 juin 1989, décès de l’ayatollah Khomeyni

Le 3 juin 1989, le décès l’ayatollah Rouhollah Mousavi Khomeyni, fondateur de la République islamique d’Iran, plongeait le monde dans le chagrin.

Khomeyni, portrait de Mohammad Sayyad
L’ayatollah Khomeyni, photographié par Mohammad Sayyad.

L’iranologue Morgan Lotz, spécialiste du Chiisme et de l’Iran, revient sur l’œuvre de l’ayatollah Khomeyni, son engagement et son héritage qui ne cessent d’influencer les aspirations de nombreux individus en Iran et au-delà.

Qui était l’ayatollah Khomeyni ?

Né en 1902 dans la ville de Khomeyn, en Iran, Rouhollah Mousavi Khomeyni est issu d’une famille religieuse. Il se tourne rapidement vers les études théologiques et devient clerc. Homme de Dieu, il devient également professeur de philosophie, admirant particulièrement Platon qui nourrira sa réflexion.

Pendant des décennies, Khomeyni a été critique du régime Pahlavi qui gouvernait l’Iran de manière autoritaire avec le soutien des États-Unis. Il a été emprisonné à plusieurs reprises et exilé pendant quinze années en Irak et en France. Pourtant, sa popularité en tant que guide spirituel n’a cessé de croître.

En 1978, alors qu’il est en exil en France, Khomeyni dirige la Révolution islamique qui renverse le régime Pahlavi. En février 1979, il revient triomphalement en Iran où la population iranienne l’accueille triomphalement.

Khomeyni établi la République islamique en Iran et devient Guide de la Révolution. Il exercera cette fonction jusqu’à sa mort en 1989.

L’Iran a commémoré le 34ème anniversaire de sa disparition

À l’occasion du 34ème anniversaire de son décès, son successeur Ali Khamenei a prononcé un discours au mausolée de l’Imâm Khomeyni à Téhéran. Il décrit le fondateur de la République islamique comme un modèle à suivre pour défendre la justice et la souveraineté.

Il a salué sa mémoire, rappelant sa connaissance religieuse, sa jurisprudence, sa philosophie, son mysticisme, mais également sa foi et sa piété. Son influence ne se limite pas à la Révolution islamique en Iran mais dépasse les frontières du pays.

Trente-quatre ans après son décès, la vie et l’héritage de l’ayatollah Khomeyni continuent d’être une source d’inspiration pour de nombreuses personnes à travers le monde.

Catégories
Géopolitique et Diplomatie

L’Iran promu à l’Assemblée générale des Nations unies

La République islamique d’Iran a été élue comme l’un des cinq vice-présidents de la 78ème session de l’Assemblée générale des Nations unies du groupe Asie-Pacifique. Retour sur cette actualité et analyse de ses conséquences.

Quelle analyse sur l’Iran et l’Assemblée générale des Nations unies

L’Assemblée générale des Nations unies est un organe important de l’ONU, où chaque État membre dispose d’une voix. Cette nomination fait suite à la désignation du candidat iranien en tant que rapporteur du Comité du désarmement et de la non-prolifération de l’Assemblée générale et membre du conseil d’administration du comité, qui a également été approuvée à l’unanimité.

L’iranologue Morgan Lotz a exprimé son analyse sur cette nomination. Il souligne également l’importance de cette nomination pour l’Iran sur le plan diplomatique. En effet, cela donne à l’Iran une plateforme importante pour faire valoir sa position sur des questions telles que le désarmement et la non-prolifération. Ces sujets figurent parmi les préoccupations les plus sensibles pour la communauté internationale.

Il souligne également que cela témoigne de la reconnaissance de l’Iran par d’autres États membres de l’ONU. Et ce en dépit des tentatives des États-Unis et d’Israël pour isoler le pays.

Les tensions américaines et israéliennes

Lors de la session, les représentants américains et israéliens ont utilisé la tribune pour exprimer leur opposition à la nomination de l’Iran. Ils n’ont pas manqué de lancer des accusations contre le pays. Cependant, le représentant de l’Iran a réfuté leurs dires. Ceux-ci s’avéraient d’ailleurs hors de propos par rapport à l’ordre du jour de l’Assemblée.

Il est essentiel de noter que cette nomination survient dans un contexte de tensions croissantes entre l’Iran et certains pays occidentaux, en particulier les États-Unis.

Les sanctions et les tensions liées au programme nucléaire iranien ont exacerbé les relations. Les États-Unis ont notamment adopté une approche de confrontation envers la République islamique d’Iran.

Catégories
Géopolitique et Diplomatie

Libération du diplomate iranien Assadi détenu en Belgique

L’Iran vient d’annoncer la libération du diplomate iranien Assadollah Assadi. Celui-ci a enfin pu rentrer chez lui le 26 mai 2023 après avoir été libéré d’une prison en Belgique.

La libération du diplomate iranien Assadollah Assadi après une détention arbitraire

La libération de Monsieur Assadi fut annoncée par le ministère des Affaires étrangères d’Oman. Ce dernier révèle son rôle de médiateur dans la négociation d’un accord entre l’Iran et la Belgique pour l’échange de prisonniers. Cette nouvelle fut ensuite confirmée par Hossein Amir-Abdollahian, ministre iranien des Affaires étrangères, dans un message publié sur son compte Twitter.

diplomate iranien Assadollah Assadi après sa libération
Assadollah Assadi après sa libération

Cette libération marque une étape importante dans cette affaire qui a suscité de vives tensions diplomatiques entre l’Iran et certains pays européens. Le diplomate iranien Assadollah Assadi, troisième diplomate de l’ambassade d’Iran en Autriche, avait été arrêté en Allemagne en 2018. Il est alors accusé d’avoir fomenté un attentat terroriste contre un rassemblement d’opposants iraniens en France. Il fut ensuite extradé en Belgique, où il demeura en détention jusqu’à sa libération.

Une violation du droit international par les pays européens

Amir-Abdollahian a notamment souligné que la détention d’Assadollah Assadi pendant plus de deux ans en Allemagne et en Belgique était une violation du droit international.

Morgan Lotz, iranologue et juriste en droit international, livre son analyse sur cette affaire au micro de Press TV. Il rappelle notamment que l’immunité diplomatique est une doctrine fondamentale en droit international. Celle-ci garantit une protection aux diplomates étrangers lorsqu’ils sont en poste dans un pays étranger.

diplomate iranien Assadollah Assadi
Assadollah Assadi avant son arrestation

L’immunité diplomatique est régie par la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques de 1961. Ce traité international établit les règles régissant les relations diplomatiques entre les États.

L’immunité diplomatique est accordée aux les diplomates pour leur permettre d’exécuter leurs fonctions sans crainte d’arrestation ou de poursuites judiciaires. Elle vise premièrement à préserver l’indépendance des missions diplomatiques. Elle permet ensuite de faciliter les relations internationales en garantissant aux diplomates une immunité contre les mesures judiciaires du pays hôte.

Toutefois, de nombreux pays occidentaux ne respectent pas le droit international. Le diplomate iranien Hamid Nouri est toujours détenu par la Suède dont une parodie de justice l’a condamné à la perpétuité en isolement cellulaire.