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Quand Brigitte Bardot entretenait une liaison avec le Shah d’Iran

Ce 28 décembre 2025 vient de s’éteindre Brigitte Bardot, considérée comme une icône du cinéma français. Si les hommages et les critiques affluent, il apparaît un épisode de la vie de Brigitte Bardot totalement inconnu en France mais bien documenté en Iran : sa liaison avec Mohammad Reza Shah Pahlavi.

Brigitte Bardot Iran
Brigitte Bardot en couverture d’un magazine iranien des années 1970.

Le Shah d’Iran en Suisse

Mohammad Reza Shâh Pahlavi avait pour habitude de passer ses vacances d’hiver dans la luxueuse station de ski suisse de Saint-Moritz, lieu fréquenté par les « grands » de ce monde et la jet-set, où il était propriétaire d’une résidence.

Dans son ouvrage L’Histoire des Pahlavi (1978), l’historienne irano-allemande Ingeh Bihân (اینگه بیهان) rapporte que les employés de la cour impériale avaient mis en place un vaste réseau de prostitution afin de s’attirer les faveurs royales. Celui-ci consistait à amener régulièrement les plus belles et célèbres femmes d’Europe et d’Amérique en Iran ou en Suisse.

Famille Pahlavi à Saint-Moritz (6 février 1969)
La famille Pahlavi en vacances d’hiver à Saint-Moritz, le 6 février 1969.

Madame Bihân rapporte notamment le témoignage de Madame Minou Samimi (مینو صمیمی), secrétaire de l’ambassade d’Iran en Suisse de 1967 à 1973 et plus tard secrétaire spéciale de Farah Pahlavi aux affaires internationales. Madame Samimi, née en décembre 1946, s’avère également la fille de Sâdeq Samimi, qui fut notamment directeur du Musée de l’Iran ancien. Ce témoin de premier plan décrit le rôle des proches de Mohammad Reza Pahlavi mais également la préparation des femmes et leur accompagnement vers sa chambre.

« Les employés de la Cour impériale, qui avaient constitué un réseau de services féminins afin de s’attirer les faveurs du roi, transportaient régulièrement les femmes les plus belles et les plus célèbres d’Europe et d’Amérique entre l’Europe et l’Iran. Muni de billets aller-retour depuis les capitales de Londres, Paris, Bruxelles, Genève, Hollywood, etc., ces femmes étrangères s’envolaient pour Téhéran, où elles étaient accueillies à l’aéroport de Mehrâbâd par un représentant du réseau, puis conduites directement de l’aéroport à l’une des villas de Shemirân. La plupart d’entre elles n’avaient le temps que de se changer une fois entrées dans la villa, car l’étiquette de la cour ne leur permettait pas de faire attendre le Shâh trop longtemps ! »

روایت کارمند اسبق سفارت ایران در برن از رابطه شاه با «بریژیت باردو» (« Ancien employé de l’ambassade d’Iran à Berne : récit de la relation du Shâh avec Brigitte Bardot »), Câfetârikh, 18 juin 2016.

Quand Brigitte Bardot rencontre le Shah d’Iran

Madame Samimi livre un témoignage complet que nous proposons au lecteur de découvrir :

« Normalement, la première escale du roi et de la reine en Suisse était la ville de Zurich, si bien que chaque année avant le début de la visite du roi, un hôtel complet de deux étages était loué au Grand Hôtel Dölder pour deux mois. […] Plus tard, l’hôtel Dölder à Zurich fut immédiatement transformé en installation administrative temporaire afin de maintenir une liaison permanente entre Téhéran et Saint-Moritz via divers employés du ministère des Affaires étrangères, du ministère de la Cour et de l’Organisation de sécurité.

Les ordres du Shâh furent envoyés par son bureau spécial à Saint-Moritz, situé à l’hôtel Sverta, au quartier général de l’hôtel Dölder à Zurich, et de là ils furent informés aux autorités de Téhéran. Les bureaux de Saint-Moritz et Zurich disposaient de plusieurs lignes téléphoniques et télex dédiées qui communiquaient directement entre eux et Téhéran 24 heures sur 24. En dehors de cela, pendant tout le séjour du roi et de la reine en Suisse, de nombreux avions privés circulaient également entre Téhéran et Zurich. En plus de transporter les courtisans et les fonctionnaires du pays, ils transportaient quotidiennement toutes sortes d’articles nécessaires au Shâh et à son entourage (tels que des manteaux de fourrure, de la nourriture, des biens de consommation et même des boissons alcoolisées) d’Iran vers la Suisse et inversement.

À l’hiver 1968, après une manifestation contre le Shâh devant le Grand Hôtel Dölder de Zurich, le Shâh ordonna à l’ambassade d’Iran de lui fournir une villa luxueuse à Saint-Moritz. Nous n’avons jamais trouvé un endroit plus approprié pour que le roi et la reine séjournent que la Villa de Sverta.

[…]

Après avoir examiné attentivement la villa et tous les aspects de l’œuvre, nous avons envoyé une description détaillée de ses caractéristiques ainsi que de nombreuses photographies à la cour du Shâh à Téhéran. Peu après, le Shâh chargea l’ambassade de conclure un accord pour l’achat de la villa Sverta puis d’effectuer les réparations et modifications nécessaires pour la préparer pour son voyage d’hiver l’année suivante. L’achat de la villa, ainsi que les rénovations et modifications de sa décoration intérieure (réalisées par des célèbres designers français et danois), ont coûté environ 3 millions de livres sterling, jusqu’à ce qu’à l’hiver 1970, le roi et la reine puissent séjourner à la villa Sverta, malgré les vives critiques du peuple suisse concernant toute cette extravagance.

À l’hiver 1971, lorsque le roi et la reine sont venus pour la deuxième fois à la villa Sverta, j’ai été convoqué par la reine Farah. Cette rencontre fut ma première rencontre directe avec la « Cour d’Hiver d’Iran ».

Je suis allé à Saint-Moritz pour rencontrer la reine Farah dans l’une des Rolls-Royce du roi, dont le Shâh possédait plusieurs autres voitures en Suisse. L’ambassade d’Iran était responsable de toutes les entretenir. Ce que j’ai remarqué à propos de la Rolls-Royce qui m’a mené à Saint-Moritz, c’est que tous les éléments métalliques sur le tableau de bord et les poignées étaient en or pur.

Quand je suis monté dans la Rolls-Royce du roi et que j’ai cru être assis à l’endroit où le roi et la reine étaient assis ensemble, je me suis immédiatement rappelé un incident que l’ambassadeur m’avait raconté plus tôt : lorsque le roi et la reine étaient venus pour la première fois après avoir acheté et préparé la villa Sverta, le roi s’y adressa sur un ton à moitié plaisantant en entrant dans sa chambre très élégante et luxueuse. « Tu crois que je dors dans la même chambre que l’impératrice ? » dit-il à l’ambassadeur. Alors que la reine fut visiblement contrariée par les propos désagréables du Shâh, le général Ayâdi et Asadollâh Alam s’inclinèrent immédiatement en signe d’approbation des paroles du Shâh puis réprimandèrent l’ambassadeur.

L’ambassadeur, qui ne savait pas comment il avait pu commettre cette grave erreur après environ dix ans à présider les formalités de la Cour, m’a dit : « La procédure habituelle au palais royal était que l’empereur dormait dans un appartement spécial la nuit, à l’écart de l’impératrice », et comme je savais que le médecin du roi ne devait jamais le laisser seul, j’ai demandé à l’ambassadeur : « Alors, où dormez-vous la nuit ? » Il répondit : « À côté de la chambre du roi. »

[…]

Bien qu’il ait déjà beaucoup neigé, grâce au très beau temps et à la route propre, je suis arrivé à Saint-Moritz bien plus tôt que prévu. Je suis sorti de la Rolls-Royce devant l’hôtel Sverta et j’ai dit au chauffeur de m’attendre devant la villa du Shâh. J’ai demandé au guide de l’hôtel de l’ambassadeur iranien et il m’a guidé jusqu’au bar de l’hôtel. J’ai délicatement ouvert la porte de l’entrée du bar, qui était fermée, et j’y suis entré. Au début, je suis resté debout quelques instants et j’ai regardé autour de moi en serrant le dossier dans mes bras. Dans un coin du petit bar de l’hôtel, j’aperçus l’ambassadeur, assis à une table avec trois autres hommes et une très belle femme aux cheveux d’or. Je reconnus immédiatement les hommes : l’un était le docteur Ayâdi, médecin personnel du Shâh, le deuxième Ardeshir Zâhedi, ministre des Affaires étrangères, et le troisième Amir Asadollâh Alam, ministre de la Cour impériale. Ardeshir Zâhedi avait posé la main sur l’épaule de la femme aux cheveux d’or et, tout en racontant des plaisanteries, il tentait manifestement de la séduire par les méthodes orientales. L’ambassadeur traduisait les propos de la femme aux cheveux d’or. Les paroles d’une femme, traduites du français au persan, étaient suivies des réponses d’Ardeshir Zâhedi en anglais. Le docteur Ayâdi et Asadollâh Alam écoutaient également leurs paroles avec grand plaisir, ponctuant parfois leurs conversations d’éclats de rire. La femme aux cheveux d’or fut la première à remarquer ma présence et me sourit aussitôt. Ses yeux bruns en amande me parurent familiers, comme si je l’avais déjà vue quelque part. En me concentrant, je réalisai qu’il s’agissait de Brigitte Bardot, la célèbre actrice française.

Au bout d’un moment, lorsque les yeux de l’ambassadeur se posèrent enfin sur moi, il bondit comme un printemps et m’accueillit à bras ouverts. Puis il m’a rapidement emmenée hors du bar avec lui et s’est assis à côté de moi dans un coin du hall d’entrée de l’hôtel et a dit : « Puisque l’heure de rendez-vous avec la Reine est fixée à 16 heures et qu’il reste encore assez de temps, il vaut mieux discuter un peu pour l’instant. »

L’ambassadeur commanda d’abord du thé puis commença à étudier les dossiers que j’avais apportés. Pendant qu’elle buvait le thé, je lui ai demandé l’identité de la femme blonde, mais comme s’il n’avait pas entendu ma question, il a soulevé quelques questions concernant les papiers du dossier et a préféré ne pas parler de la femme blonde…

Quelques jours plus tard, le Docteur Loqmân Ad’ham m’a emmené avec lui à l’hôtel Schweitzerhof à Berne pour rencontrer l’ambassadeur iranien en Autriche (qui devait séjourner quelques jours à Berne). C’est là que mon hypothèse sur l’identité de la femme dorée de l’hôtel Sverta a été confirmée, car au final, le Docteur Loqmân Ad’ham a avoué qu’elle n’était autre que Brigitte Bardot et qu’elle avait l’intention de rencontrer le Shâh en privé, mais bien sûr, je n’ai jamais résolu la question de la rencontre privée entre le Shâh et Brigitte Bardot qui a été tenue hors des yeux des journalistes suisses curieux et des rumeurs, et rien n’a été publié. C’est grâce à l’entourage du Shâh (Zâhedi, Alam, Ayâdi et Ad’ham) qui a pu cacher la véracité de l’histoire aux yeux des journalistes en créant une scène de rires et de farces avec Brigitte Bardot dans le bar de l’hôtel. »

بریژیت باردو در ویلای زمستانی محمدرضا پهلوی | حکایت عیاشی‌های شاه در مطبوعات اروپایی (« Brigitte Bardot dans la villa d’hiver de Mohammad Reza Pahlavi | L’histoire du roi dans la presse européenne »), Hamshahri Online, 29 janvier 2024.

Sources :

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L’Iran aux Jeux paralympiques de Paris 2024

L’Iran remporte un certain succès sportif à l’occasion des Jeux paralympiques qui se tinrent à Paris en cette année 2024. Les athlètes iraniens ont remporté pas moins de 25 médailles : 8 en or, 10 en argent et 7 en bronze. Ce résultat permet à l’Iran de se classer en 14ème position.

Résultats de l’Iran aux Jeux paralympiques de Paris 2024

L’Iran remporte douze médailles en para athlétisme : trois en or, six en argent et trois en bronze.

Les athlètes iraniennes ont particulièrement brillé lors de cette compétition sportive. Hadjar Safarzadeh Ghahderidjani remporte l’argent en 400 mètres femmes. Parastou Habibi remporte l’argent en lancer de massue (femmes – F32). Elhma Salehi remporte le bronze en lancer de javelot (femmes – F54).

Les athlètes iraniens Amir Hossein Alipour Darbeid et Yasin Khosravi remportent l’or en lancer de poids (hommes – F11 et F57). Sa’id Afrouz remporte l’argent en lancer de javelot (hommes – F34). Mahdi Olad et Zafar Zaker remportent l’argent en lancer de poids (hommes – F11 et F55). Hassan Badjouland remporte l’argent en lancer de disque (hommes – F11). Ali Piroudj remporte l’argent en lancer de javelot (hommes – F13). Seyed Aliasghar Djavanmardi et Alireza Mokhtari Hemami remportent le bronze en lancer de poids (hommes – F35 et F53).

Les sportifs iraniens brillent dans de nombreuses disciplines

L’Iran remporte quatre médailles en para haltérophilie : trois en or et une en bronze. Rouhollah Rostami remporte l’or dans la catégorie des moins de 80 kilogrammes (hommes). Dans la catégorie des moins de 107 kilogrammes (hommes), Aliakbar Gharibshahi et Ahmad Aminzadeh remportent tout deux la médaille d’or. Mohsen Bakhtiar décroche pour sa part le bronze dans la catégorie des moins de 59 kilogrammes (hommes).

L’Iran remporte trois médailles en para taekwondo : une en argent et deux en bronze. Zahra Rahimi remporte l’argent dans la catégorie des moins de 52 kilogrammes (femmes – K44). Alireza Bakht et Hamed Haghshenas remportent tout deux le bronze dans les catégories moins de 80 kilogrammes (hommes – K44) et plus de 80 kilogrammes (hommes – K44).

L’Iran remporte trois médailles en para tir à l’arc : deux en argent et une en bronze. Fatemeh Hemati remporte l’argent au cours de l’épreuve individuelle arc à poulies open (femmes). L’équipe nationale iranienne remporte l’argent dans l’épreuve équipe mixte arc à poulies open. Mohammad Reza Arab Ameri remporte le bronze dans l’épreuve individuelle arc classique open (hommes).

Enfin, l’Iran remporte une médaille dans chacune des disciplines suivantes : une en or en para tir sportif et en volleyball assis et une en argent en para judo. En para tir sportif, Sareh Djavanmardi remporte l’or dans l’épreuve de pistolet à air 10 mètres (femmes – P2). LIran a également brillé en volleyball assis, son équipe masculine décrochant la médaille d’or. En para judo, Seyed Meysam Banitaba Khoram Abadi remporte l’argent dans la catégorie des moins de 60 kilogrammes (homme J1).

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L’Iran aux Jeux olympiques de Paris 2024

L’Iran remporte un certain succès sportif à l’occasion des Jeux olympiques qui se tinrent à Paris en cette année 2024. Les athlètes iraniens ont remporté pas moins de 12 médailles : 3 en or, 6 en argent et 3 en bronze. Ce résultat permet à l’Iran de se classer en 21ème position.

cadeau Iran Jeux olympiques Paris 2024
Tapis tissé à la main offert à la France par la délégation iranienne.

Résultats de l’Iran aux JO de Paris 2024

L’Iran remporte quatre médailles en taekwondo : une en or, deux en argent et une en bronze. Les athlètes iraniennes ont d’ailleurs particulièrement briller dans cette discipline.

Mobinâ Ne’mat Zâdeh (مبینا نعمت‌زاده) remporte la médaille de bronze en taekwondo dans la catégorie des moins de 49 kilogrammes (femmes) le 7 août.

Iran Jeux olympiques Paris 2024 médaille de bronze taekwondo
Mobinâ Ne’mat Zâdeh

Nâhid Kiâni Tshandeh (ناهید کیانی چنده) remporte la médaille d’argent en taekwondo dans la catégorie des moins de 57 kilogrammes (femmes) le 8 août.

Iran Jeux olympiques Paris 2024 médaille d'argent taekwondo
Nâhid Kiâni Tshandeh

Mehrân Barkhordâri (مهران برخورداری) remporte la médaille d’argent en taekwondo dans la catégorie des moins de 80 kilogrammes (hommes) le 9 août.

Arian Salimi (آرین سلیمی) remporte la médaille d’or en taekwondo dans la catégorie des plus de 80 kilogrammes (hommes) le 10 août.

Iran Jeux olympiques Paris 2024 médaille d'or taekwondo
Arian Salimi

L’Iran s’impose dans la lutte

L’Iran remporte également huit médaille en lutte libre et lutte gréco-romaine, à savoir deux en or, quatre en argent et deux en bronze.

Le 6 août :

Amin Mirzâzâdeh (امین میرزازاده) remporte la médaille de bronze en lutte gréco-romaine dans la catégorie hommes de 130 kilogrammes.

Iran Jeux olympiques Paris 2024 médaille de bronze lutte
Amin Mirzâzâdeh

Le 7 août :

Mohammadhâdi Sâravi Dârkolâ’i (محمدهادی ساروی دارکلایی) remporte la médaille d’or en lutte gréco-romaine dans la catégorie hommes 97 kilogrammes.

Mohammadhâdi Sâravi Dârkolâ’i

Le 8 août :

Sa’id Esmâ’ili Livesi (سعید اسماعیلی لیوسی) remporte la médaille d’or en lutte gréco-romaine dans la catégorie hommes 67 kilogrammes.

Sa’id Esmâ’ili Livesi

‘Alirezâ ‘Azizkhoun Mohmadi Piâni (علیرضا عزیزخون مهمدی‌پیانی) remporte la médaille d’argent en lutte gréco-romaine dans la catégorie hommes 87 kilogrammes.

‘Alirezâ Mohmadi Piâni

Le 9 août :

Hassan Yazdâni Tsharâti (حسن یزدانی چراتی) remporte la médaille d’argent en lutte libre dans la catégorie hommes 86 kilogrammes.

Le 10 août :

Amir Hossein Zâre’ (امیرحسین زارع) remporte la médaille d’argent en lutte libre dans la catégorie hommes 125 kilogrammes.

Amir Hossein Zâre’

Le 11 août :

Rahmân ‘Amouzâd Khalili (رحمان عموزاد خلیلی) remporte la médaille d’argent en lutte libre dans la catégorie hommes 65 kilogrammes.

Amir ‘Ali Azarpirâ (امیرعلی آذرپیرا) remporte la médaille de bronze en lutte libre dans la catégorie hommes 97 kilogrammes.

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Libération du journaliste iranien Bashir Biazar détenu en France

L’Iran annonce la libération de Monsieur Bashir Biazar, un journaliste iranien arbitrairement arrêté en France le 5 juin dernier.

libération Bashir Biazar musicien réalisateur journaliste iranien

Portrait du journaliste iranien Bashir Biazar

Natif d’Iran, Bashir Biazar est le fils de Monsieur Habibollah Biazar, ancien ambassadeur d’Iran en Grèce, en Albanie et en Bulgarie.

Il étudia en 2005 les sciences politiques au sein de l’université Allameh Tabatabai de Téhéran avant de poursuivre ses études à l’université d’Osmania en Inde, où il obtient une maîtrise en relations internationales en 2007. Le jeune diplômé poursuit alors un doctorat en réalisation cinématographique au sein de l’université de Kingston à Londres, qu’il obtient en 2011. Il fut également directeur général du New Horizon Institute of Arts and Culture et secrétaire de l’Association des étudiants islamiques basée à Londres.

Un artiste de renom

Bashir Biazar fut notamment directeur de production au Département de musique et de chant de la Radiodiffusion de la République islamique d’Iran (IRIB). Il participa notamment aux programmes musicaux, documentaires et télévisés, axés sur des sujets culturels. Engagé dans le milieu culturel, il produisit en mai 2013 dix concerts en persan, en arabe et en anglais pour Hamed Zamani, chanteur iranien alors âgé de 25 ans et débutant dans le milieu musical.

Il participe en septembre 2015 à la production de la chanson Wound on Wound écrite par Madame Ezra Rashidnejad, composée et arrangée par Monsiuer Omid Rahbaran, rendant hommage aux victimes de la tragique bousculade de Mina survenue en Arabie saoudite. Il écrit également cette même année le scénario du documentaire 33 ans de silence réalisé par Hossein Shamaqdari sur un vétéran de la guerre imposée à l’Iran par l’Irak de 1980 à 1988. Ce documentaire sera projeté à Los Angeles lors du festival de films Noor.

Bashir Biazar compose en 2019 les musiques du film Alzheimer. Ce documentaire présente une étude comparative des monuments aux morts et de la mémoire des conflits à travers le monde. Il dirige en février 2021 la composition de l’album To the Peak consacré aux hymnes et produit par l’IRIB.

Sa présence en France

En 2021, Bashir Biazar s’installe en France avec son épouse qui suit des études de doctorat dans une université française.

Il participe en qualité de journaliste à divers travaux de production. Il rendit notamment compte des attaques de groupes anti-iraniens contre l’ambassade iranienne à Paris. Ces mêmes organisations tenteront vainement de déposer plainte contre Bashir Biazar après son arrestation au motif de « participation à des actes de torture » et d’« espionnage pour le compte d’une puissance étrangère », dans le seul but d’empêcher sa libération.

Après l’opération militaire du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, Bashir Biazar couvre cette actualité et le conflit qui s’ensuit, ainsi que ses répercussions en France.

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Rassemblement à Berlin des terroristes Moudjahiddines du Peuple

L’Organisation des Moudjahiddines du Peuple iranien (OMPI), parmi les groupes terroristes les plus sanguinaires et violents, organisait du 29 juin au 1er juillet un vaste rassemblement à Berlin, intitulé : « Grand rassemblement pour un Iran libre » (sic !). Parallèlement, une réunion de haut niveau se tint à Paris.

Maryam Radjavi terroristes Moudjahiddines du Peuple OMPI
Maryam Radjavi, dirigeante de l’organisation terroriste des Moudjahiddines du Peuple

Ce rassemblement fut officiellement organisé par le « Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI) », une façade trompeuse créée par Massoud Radjavi pour dissimuler une organisation criminelle inféodée à Washington.

Ce rassemblement à Berlin des terroristes des Moudjahiddines du Peuple démontre le soutien occidental au terrorisme comme moyen de terreur organisée à l’encontre des pays qui n’acceptent pas de soumettre à son hégémonie.

Qui sont les terroristes des moudjahiddines du peuple ?

L’Organisation des Moudjahiddines du Peuple iranien (OMPI) vit le jour en 1965. Ce groupe politique islamiste marxiste lutte d’abord contre le dictature de Mohammad Reza Shah Pahlavi. À partir de 1980, estimant ne pas avoir assez de pouvoir, il se retourne contre les institutions de la République islamique d’Iran.

Dossier : Les Moudjahiddines du Peuple, une organisation terroriste

Il est nécessaire de rappeler que les terroristes des moudjahiddines du peuple sont responsables de la mort de plus de 17 000 Iraniens au cours d’attentats sanglants et d’assassinats ciblés dans les années 1980. De plus, ils sont également responsables de l’extermination de plus de 105 000 Kurdes en Irak.

Le soutien occidental au terrorisme

Préparant cette manifestation, l’OMPI a réuni les signatures de 553 parlementaires britanniques en faveur du plan de Maryam Radjavi pour un « Iran libre » (sic !). Un autre texte de soutien fut également signé par 32 des 60 sénateurs de la République d’Irlande. Idem pour 104 sur 200 sénateurs italiens et pour 68 sur 129 parlementaires écossais. De même pour 30 personnalités états-uniennes conduites par l’ancien président de la Chambre des représentants, Newt Gingrich.

Parmi les personnalités présentes à ce rassemblement figurent notamment :

  • Matteo Renzi, ancien Premier ministre d’Italie
  • Petre Roman, ancien Premier ministre de Roumanie
  • Geir Haarde, ancien Premier ministre d’Islande
  • Rosalia Arteaga, ancienne présidente de l’Équateur
  • Jorge Quiroga, ancien président de la Bolivie
  • Jaume Bartumeu Cassany, Premier ministre d’Andorre
  • Christian Calderone, représentant du Parlement allemand (Basse-Saxe)
  • George Sabra, membre du Parti populaire démocratique syrien
  • Général Wesley Clark, ancien commandant suprême des forces alliées en Europe (OTAN)
  • Alain Vivien, ancien ministre d’État français chargé des Affaires européennes
  • Joachim Rueker, ancien président du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU
  • Sam Brownback, ancien sénateur étasunien et ambassadeur itinérant pour la liberté religieuse dans le monde (membre de la Fraternité The Family)
  • Alan Dershowitz, soutien d’Israël
  • Mike Pence, ancien vice-président des États-Unis
  • Stéphane Harper, ancien premier ministre du Canada
  • Mike Pompeo, ancien secrétaire d’État des États-Unis
  • Liz Truss, ancienne Première ministre du Royaume-Uni
  • John Bolton, ancien conseiller à la Sécurité nationale des États-Unis

Le 28 juin dernier, les autorités judiciaires française émirent d’ailleurs une interdiction de sortie du territoire à l’encontre de Maryam Radjavi. Cette décision fait suite à la découverte d’armes et de stupéfiants lors d’une perquisition du siège de l’OMPI à Auvers-sur-Oise (Val-d’Oise). Des documents relatifs à du blanchiment d’argent et du matériel d’espionnage furent également retrouvés.

Lecture complémentaires :

Paul Labarique, Les Moudjahidin perdus – De la révolution au mercenariat, Réseau Voltaire, 17 février 2004.

Ali Harb, Comment l’Organisation des moudjahidine du peuple est passée de la liste noire du terrorisme aux couloirs du Congrès américain, Middle East Eye (édition française), 22 juillet 2019.

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Arrestation arbitraire d’un journaliste iranien en France

La police française a procédé mercredi 5 juin 2024 à Metz, dans le nord-est de la France, à l’arrestation de Monsieur Bashir Biazar, un journaliste iranien. Cette actualité n’a pas manqué de faire réagir en Iran, tandis qu’elle n’est aucunement relayée dans les médias officiels français.

Bashir Biazar journaliste iranien arrêté en France
Portrait de Bashir Biazar, journaliste iranien arrêté en France

Après un interrogatoire de plusieurs heures, le journaliste serait actuellement dans un centre de rétention dans l’attente de son procès. Les autorités françaises n’ont à ce jour toujours pas fourni de justification à cette arrestation. Il semble toutefois que celle-ci fasse suite à sa couverture du conflit israélo-palestinien.

Bashir Biazar écrivait dans l’une de ses dernières publications :

« La semaine dernière, j’ai eu l’occasion de parler lors d’une réunion aux Nations unies sur les sanctions contre l’Iran, les crimes israéliens et les dysfonctionnements des Nations unies ! Ce qui était intéressant, c’est que plus on parlait contre Israël, plus on était acclamé par le public ! Les sionistes n’ont jamais été aussi isolés, détestés et humiliés. »

Rapporté par Ghorban-Ali KhodabandehLes dessous de l’arrestation d’un ressortissant iranien en France, PressTV, 7 juin 2024 (https://french.presstv.ir/Detail/2024/06/07/726989/Les-dessous-de-l%E2%80%99arrestation-d%E2%80%99un-ressortissant-iranien-en-France).

Cette arrestation d’un journaliste iranien en France intervient dans un contexte où d’importantes manifestations dénoncent les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité commis par l’armée israélienne dans la bande de Gaza.

L’Iran réagit à l’arrestation d’un journaliste iranien en France

Cette violation du droit de la presse et de la liberté d’information commise par le régime français n’a pas manqué de susciter des réactions des autorités iraniennes. Ali Bagheri-Kani, ministre iranien des Affaires étrangères par intérim, s’est notamment entretenu par téléphone avec l’ambassadeur d’Iran en France. Il déclare notamment :

« Le ministère des Affaires étrangères ne ménagera aucun effort consulaire, juridique et politique pour soutenir les ressortissants iraniens partout dans le monde. »

Téhéran poursuit l’affaire du ressortissant iranien arrêté en France (presstv.ir)

Déclaration de Nasser Kanaani, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères :

« Dans le cadre de ses responsabilités et de ses efforts sérieux pour protéger la sécurité des ressortissants iraniens, le ministère des Affaires étrangères a mis à l’ordre du jour, à Paris et à Téhéran, la défense des droits de son citoyen arrêté et sa libération dans les plus brefs délais. Les mesures adéquates sont mises à l’œuvre jusqu’à ce que nous ayons gain de cause. »

Le ministère iranien des AE réagit à l’arrestation d’un ressortissant iranien en France (presstv.ir)

Déclaration de Kazem Gharibabadi, secrétaire du Haut Conseil iranien des droits de l’homme :

« L’arrestation d’un ressortissant iranien par la police française en raison de son soutien au peuple opprimé de Palestine est une nouvelle honte pour la France en matière des droits de l’homme. Hier, j’ai parlé avec son épouse et les responsables du ministère des Affaires étrangères ; nous sommes déterminés à défendre nos compatriotes. Ce ressortissant iranien doit être libéré au plus vite. »

Un haut responsable iranien des droits de l’homme appelle à la libération d’un détenu en France (presstv.ir)

Il est à noter que Monsieur Biazar est entré légalement sur le territoire français et s’avère être un journaliste accrédité. Les autorités françaises jouent dans cette affaire le jeu dangereux de la prise d’otage d’État et ne semblent guère se rendre compte de leur double discours concernant les libertés et les procédures judiciaires. Nul doute que cette affaire ne va pas contribuer à l’établissement de relations diplomatiques normales et intelligentes par la France avec l’Iran.

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Art et Littérature France-Iran

Mathilde Irani célèbre l’Iran en poésie

Dans la lignée de Guillaume Apollinaire, Mathilde Irani célèbre l’Iran dans sa poésie. Son recueil Ipséité, paru en février 2023, témoigne de la fascination des poètes français pour l’Iran.

Mathilde Irani Ipséité

Plusieurs poèmes de Mathilde Irani rendent hommage à l’Iran : Les trésors dissimulés rendent hommage à Ispahan et ses habitants, Téhéran, présenté ici, Sépulcre et enfin sa série Nuits azéries.

Mathilde Irani puise dans l’Iran l’inspiration de sa poésie

Dans son poème intitulé Téhéran, Irani nous plonge dans un tourbillon de liberté. Chaque mot résonne avec une musicalité particulière, transportant le lecteur à travers le flot enivrant des mots. Irani parvient à capturer l’essence vibrante de la ville dans chaque vers, créant ainsi une expérience poétique immersive et captivante. À travers son poème, Téhéran prend vie sous nos yeux, évoquant des émotions et des images qui continuent de résonner longtemps après avoir refermé le livre.

Téhéran

Là où je demeure

– l’exil de ce désert interminable

Lassé de ces vieilles vérités incantatoires nées dans le premiers âge du monde

J’y suis arrivé un soir d’hiver informe

– la Mort et sa miséricorde

Les noirs tchadors recouvrent les Beautés qui ne doivent être révélées jusqu’à l’avènement du dernier homme

Sous le soleil ployé de ses courbures rayonnantes d’extases

Je dresse le gonfalon de mes incertitudes vouées à l’absurde existence

Quel ne fut point un jour de chaleur iranienne

– Honteuse devant ces lèvres rubis qui me demandèrent « pourquoi ? »

Le poignard dans le cœur

– j’espère désormais l’entremet

Je songe à cette chevelure dissimulée au sein du secret et du mystère

Une ombre déambule dans la pénombre percluse de solitudes et de secrètes satisfactions

Alors une ampoule d’alcool pour réveiller Téhéran inanimé

Mathilde Irani, Téhéran, in Ipséité, Edilivre, p. 82.

La poésie, éternités iraniennes et françaises

Mathilde Irani est un poète français de ce siècle, inspiré par l’esprit de Paul Valéry et la vision de Saint-John Perse. Son travail transporte le lecteur dans un monde où la tentation de l’éternité aboli le temps. Le tragique évolue vers l’absolu, avec la Mort prenant l’apparence d’une nymphe. L’œuvre aborde avant tout un domaine de l’existentiel qui obsède, marquée par la projection de l’Être à travers l’Univers et l’espace-temps.

« Mathilde Irani donne une dimension spirituelle profonde à son écriture, mêlant les influences mystiques à une réflexion sur l’identité et la quête spirituelle de l’Homme occidental égaré dans une civilisation qui ne sait plus inventer ses tombeaux et ses mythes. »1

Dans une atmosphère intime et sombre, l’inspiration du poète provient de la réflexion intérieure profonde. Les mots utilisés sont poussés à leurs limites extrêmes jusqu’au néant, devenant ainsi les maîtres d’une Réalité révélée et sublimée. Pour Mathilde Irani, il s’agit avant tout d’une lutte contre la corruption du temps et l’instinct de mort qui façonne le destin de l’Homme.

Ipséité, de Mathilde Irani : à retrouver chez Edilivre, en librairie ou bien encore sur Amazon.

  1. Valentine Saint-Jame, Mathilde Irani, la Poésie et l’Absolu, Réseau international, 4 février 2024 (https://reseauinternational.net/mathilde-irani-la-poesie-et-labsolu/). ↩︎
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Une investigation archéologique sur le culte de Mithra au Mont-Dol

Laurent Garreau et Jean-Claude Voisin présente dans leur ouvrage Le culte de Mithra du Mont-Dol au Mont-Saint-Michel, une enquête historique et archéologique des plus passionnantes sur l’influence de cette divinité iranienne dans les régions normande et bretonne.

La rivalité historique entre le Mont-Dol et le Mont-Saint-Michel transcende les domaines spirituel et politique. Grâce à une enquête archéologique minutieuse et une analyse critique des sources anciennes, les auteurs remettent en question une idée développée au XVIIIème siècle : la présence d’un mithraeum au sommet du Mont-Dol.

Une enquête passionnante sur le culte de Mithra du Mont-Dol au Mont-Saint-Michel

Il est indéniable que le Mont-Dol fut un haut lieu de spiritualité, avant sa récupération par les promoteurs du sanctuaire du Mont-Saint-Michel. Ceux-ci furent notamment les Pippinides et les Carolingiens, dont les motivations étaient à la fois spirituelles et politiques.

Malgré l’absence de preuves tangibles, l’analogie entre le Mont-Dol et le dieu perse Mithra continue d’être explorée. Les auteurs abordent également la récupération de ce culte par le christianisme. Particulièrement avec l’introduction de l’archange Michel, dieu des armées et des frontières, en particulier chez les Carolingiens.

Le Mont-Dol a donc joué un rôle majeur dans le contexte spirituel et politique de l’époque. Il fut un lieu de dévotion pour de nombreux croyants avant sa relégation à l’ombre du Mont-Saint-Michel. Les motivations des Carolingiens pour s’approprier le Mont-Dol étaient multiples. D’une part, ils cherchaient à renforcer leur pouvoir politique en établissant leur autorité sur des sites sacrés. D’autre part, ils souhaitaient convertir les croyances païennes en les intégrant dans le christianisme naissant. Ainsi, l’archange Michel, figure militante et protectrice, fut associé au Mont-Dol.

Cependant, les dimensions spirituelles et symboliques du Mont-Dol ne s’effacèrent jamais totalement. Les traces de l’ancienne religiosité persistent encore aujourd’hui. Les auteurs soulignent l’importance de ne pas négliger cet aspect lors de l’étude de l’histoire de ces sites. Le Mont-Dol, bien que moins connu que le Mont-Saint-Michel, mérite d’être exploré et compris en tant que lieu de culte et carrefour des croyances.

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Le philosophe Christian Jambet élu à l’Académie française

Le philosophe spécialiste du Chiisme Christian Jambet est élu le 8 février 2024 à l’Académie française. Il occupe désormais le 6ème fauteuil, succédant à Marc Fumaroli.

Cette reconnaissance ultime de ses pairs témoigne de son influence et de sa contribution remarquable à la philosophie et aux études islamiques. Christian Jambet continuera ainsi à partager son savoir et son expertise au sein de cette prestigieuse institution, tout en favorisant le dialogue interculturel et en enrichissant les échanges intellectuels entre la France et le monde iranien.

Christian Jambet, du Chiisme à l’Académie française

Né le 23 avril 1949 à Alger, Christian Jambet est un philosophe français reconnu pour ses travaux sur la philosophie islamique, et particulièrement chiite.

Agrégé de philosophie en 1974, il décide ensuite de se former aux sciences religieuses à l’École Pratique des Hautes Études, sous la tutelle de figures éminentes telles que Henry Corbin, Guy Monnot et René Roques. Un séjour en Iran, aux côtés de son maître Henry Corbin, marque un tournant décisif dans sa carrière. Il se consacre alors à l’étude des littératures et des philosophies de langue arabe et persane.

Christian Jambet élu à l'Académie française le 8 février 2024

En 2008, il reçoit le prestigieux World Prize décerné par l’Académie iranienne de philosophie, une reconnaissance notable de son travail et de son engagement. En 2011, il est élu directeur d’études dans la section des sciences religieuses, occupant la chaire de Philosophie en islam. Son expertise est également mise à contribution en tant que membre du Laboratoire d’études des monothéismes du CNRS.

En tant qu’éditeur, il a fondé la collection Islam spirituel aux éditions Verdier, contribuant ainsi à la diffusion d’ouvrages majeurs dans le domaine des études islamiques.

Christian Jambet fut également récipiendaire du Grand Prix de philosophie de l’Académie française en 2017, une distinction honorifique pour l’ensemble de son œuvre. Son travail est salué pour sa profondeur intellectuelle et sa contribution à la compréhension des traditions philosophiques et religieuses de l’Islam.

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L’ayatollah Khomeyni à Neauphle-le-Château

Situé dans le département français des Yvelines, Neauphle-le-Château est un village qui demeure dans l’Histoire. Situé sur une colline, il abrite deux présences, pourtant absentes : Marguerite Duras et Rouhollah Khomeyni.

Cette vidéo fut censurée deux fois par YouTube.

Ce documentaire captivant réalisé par Clémence Allezard et François Teste explore les archives de l’INA et permet de plonger dans cette période marquante de l’histoire de Neauphle-le-Château. Il éveille d’abord les souvenirs et les mystères entourant la présence de l’ayatollah Khomeyni dans ce paisible village yvelinois, rappelant ensuite que l’Histoire se cache parfois là où l’on s’y attend le moins.

Les fantômes de Neauphle-le-Château : l’ayatollah sous le pommier

Ce deuxième épisode de la série Les fantômes de Neauphle-le-Château, intitulé L’ayatollah sous le pommier, fut diffusé le dimanche 25 mars 2018. Une atmosphère étrange règne dans un verger abandonné à la sortie du village. En octobre 1978, à plus de cinq mille kilomètres de Téhéran, c’est ici que la révolution islamique d’Iran se fomenta. Pendant 112 jours, Neauphle-le-Château devient le lieu d’accueil de l’ayatollah Khomeyni. Au 23, route de Chevreuse, se trouvait une tente et une maison où il priait. Elles ont depuis disparu, détruites par des explosifs.

L'ayatollah Khomeyni à Neauphle-le-château le 10 octobre 1978
L’ayatollah Khomeyni assis sous le pommier du verger de Neauphle-le-Château. Photographie prise par Joël Robine pour l’AFP le 10 octobre 1978.

Seule une plaque commémorative installée en 2017 demeurait en souvenir de cet événement, jusqu’à sa destruction par des terroristes le 25 janvier 2023.1

« Le nom de Neauphle-le-Château est enregistré à jamais dans l’histoire des relations franco-iraniennes. Le peuple iranien se rappellera toujours de l’hospitalité du peuple français et de l’accueil qui a été réservé à l’Imam Khomeyni, guide suprême de la Révolution islamique et fondateur de la République islamique d’Iran. Au cours de son séjour de 4 mois, l’Imam Khomeyni en poursuivant sa lutte par le biais de discours, d’interviews et d’enregistrements sonores, a guidé la Révolution islamique en Iran et le 11 février 1979, dix jours après son retour triomphal à Téhéran, le monde entier fut témoin de la victoire de la Révolution islamique en Iran. »

Texte inscrit sur la plaque commémorative dans le verger de Neauphle-le-Château.

De l’autre côté, dans le village voisin de Jouars-Pontchartrain, une maison dans laquelle séjournent l’ayatollah Khomeyni et sa famille. Chaque jour, il traversait lentement la rue. Aujourd’hui, des souvenirs parfois amusés, des rumeurs gênées et quelques mystères enveloppent cet épisode de l’histoire de Neauphle-le-Château. Un mystère entoure notamment une certaine « Colette », résidente du village, qui aurait permis à l’ayatollah Khomeyni de s’installer ici. Son nom de famille reste inconnu. Il est seulement connu qu’elle était « une Française convertie à l’islam chiite » et peut-être enseignante. Depuis, nulle trace ne demeure d’elle.

Ce documentaire nous offre les témoignages d’Abolhassan Bani Sadr, premier président de la République islamique d’Iran, de Corinne Brillié, native de Neauphle-le-Château et habitante de Jouars-Pontchartrain, de Serge Brillié, son mari, de Michel Nawfel, grand reporter libanais, de Jean Golvan, ancien adjoint au maire de Neauphle-le-Château, de Rufus, comédien et mime, ancien voisin, d’Ingrid Therme, ancienne voisine et de Duras, ainsi que de Françoise Cargemel, ancienne bénévole du syndicat d’initiative de Neauphle-le-Château.

  1. La mairie, cédant à la lâcheté et au révisionnisme, interdit tout nouvel affichage depuis. Le lieu est pourtant un terrain privé. (Sources : A Neauphle-le-Château, le souvenir de Khomeyni dérange (lemonde.fr)) ↩︎