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L’« Axe de la Résistance » : de quoi s’agit-il ?

L’Axe de la Résistance, également connu sous le nom de mehvar-é moqâvemat en persan et mehvar al-muqâwamah en arabe, fait référence à une alliance de pays orientaux et asiatiques qui refusent de se soumettre à la domination arabo-occidentale composée par l’Arabie saoudite, Israël, les États-Unis et l’Union européenne.

L’Axe de la Résistance regroupe l’Iran, le Hezbollah libanais, la Syrie, les Hachd al-Chaabi irakiens, ainsi que les combattants yéménites d’Ansarallah.

illustration des membres de l'Axe de la Résistance

Morgan Lotz livre dans son ouvrage Comprendre les Gardiens de la Révolution islamique une étude parmi les plus complètes et sérieuses sur ce sujet trop rarement abordé.

D’où vient le nom « Axe de la Résistance » ?

Le terme est apparu en 2002 dans le quotidien libyen al-Zahf al-Akhdar (« La Marche verte ») en réponse à la déclaration du président américain George W. Bush qualifiant l’Iran, l’Irak et la Corée du Nord d’« axe du Mal ». Dans un article intitulé Axe du Mal ou axe de la Résistance, il est affirmé que « le seul dénominateur commun entre l’Iran, l’Irak et la Corée du Nord est leur résistance à l’hégémonie américaine ».

En 2004, lors de l’insurrection chiite en Irak, le terme est repris par le journal iranien Djomhouri-yé eslâmi en ces termes :

« si la ligne des shî’ites irakiens doit être liée, unie et consolidée, cette unité devrait être réalisée sur l’axe de la résistance et de la lutte contre les occupants ».

Ce terme gagne en officialité en août 2010 lorsque ‘Ali Akbar Velâyati, conseiller du Guide de la Révolution pour les affaires étrangères, énonce :

« La chaîne de résistance contre Israël par l’Iran, la Syrie, le Hezbollah, le nouveau gouvernement irakien et le Hamas passe par l’autoroute syrienne… La Syrie est l’anneau d’or de la chaîne de résistance contre Israël. »

Lors d’une réunion en août 2012, en présence de Sa’id Djalili, secrétaire du Conseil suprême de la Sécurité nationale iranienne, Bachar al-Assad reprend publiquement ce terme :

« Ce qui se passe en Syrie n’est pas une question intérieure, mais un conflit entre l’axe de la résistance et ses ennemis dans la région et dans le monde. L’Iran ne tolérera, sous quelque forme que ce soit, la rupture de l’axe de résistance, dont la Syrie fait partie intégrante. »

L’agence de presse SANA (Syrian Arab News Agency) reprendra ce terme dans sa dépêche dénonçant les « tentatives de certains pays occidentaux et de leurs alliés de frapper l’axe de la résistance en ciblant la Syrie et en y soutenant le terrorisme. »

Quelle est sa pensée et quels sont ses objectifs ?

L’Axe de la Résistance partage des objectifs politiques similaires pour la région de l’Asie du sud-ouest : libérer cette région de la domination impérialiste des États-Unis et d’Israël. Ce dernier qu’il désigne par le terme « entité sioniste », en référence à l’idéologie qui conduisit à la création de l’État hébreux en 1948.

L’Axe de la Résistance est lié par une solidarité se renforçant sans cesse face aux attaques occidentales qu’il subit. Les identités religieuses sont d’ailleurs intrinsèques à cette alliance : chiite duodécimaine pour l’Iran, le Hezbollah et les Hachd al-Chaabi, chiite zaydite pour les Houthis du Yémen et alaouite pour les Syriens.

En effet, les Chiites ont trop souvent souffert de persécutions. D’une part, les sunnites dominants tout au long de l’histoire les ont opprimé. D’autre part, les puissances coloniales ont favorisé les partis sunnites pendant leur occupation pour consolider leur contrôle sur les territoires. Sur ce sujet, Théo Nencini explique la situation d’exclusion des Chiites en Irak dans son livre L’Irak chiite parle persan. Le lecteur pourra également consulter l’ouvrage de Ameer Jajé, Le Chiisme – Clés historiques et théologiques. Il présente la condition des Chiites à travers les célébrations de leur liturgie en Irak, soumise à la tolérance limitée du pouvoir sunnite.

Quelle place pour d’autres acteurs ?

Bien que le Hamas s’intègre dans cette alliance de lui-même sans demander l’avis des acteurs concernés, il n’en est cependant pas une composante historique. Il est même très éloigné de ses objectifs. Le mouvement palestinien sunnite soutint l’opposition syrienne contre Bachar al-Assad lors de la guerre éclatant en 2011. De même, il soutint l’intervention saoudienne au Yémen contre Ansarallah. Pilotée par l’Arabie saoudite, celle-ci fut un véritable génocide contre les Houthis, une tribu yéménite de confession chiite zaydite.

Le Hamas n’hésita guère non plus à chasser le mouvement chiite palestinien Harakat al-Sâbarin de la bande de Gaza en 2019 après avoir arrêté plusieurs dizaines de ses membres.

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Le Shah d’Iran aux obsèques du général de Gaulle

Le Shah d’Iran Mohammad Reza Pahlavi rendait hommage au général Charles de Gaulle lors de ses obsèques célébrées le 12 novembre 1970.

Mohammad Reza Pahlavi Shah Iran tombe général de Gaulle novembre 1970
Mohammad Reza Pahlavi devant la tombe du général de Gaulle

Le 9 novembre 1970 disparut le général Charles de Gaulle. Figure emblématique de la Résistance lors de la Seconde Guerre mondiale et fondateur de la Vème République, il laisse derrière lui un héritage politique et un engagement en faveur de la grandeur de la France.

L’annonce de la mort du général de Gaulle a plongé le monde dans une profonde tristesse. Durant les dix années de sa présidence, de 1959 à 1969, de Gaulle a marqué la politique française. Par ses prises de position audacieuses autant que par son indépendance d’esprit. Il a su redonner à la France sa place sur la scène internationale et instaurer un régime présidentiel solide.

Le Shah d’Iran rend hommage au général de Gaulle lors de ses obsèques

Le 12 novembre 1970, le monde pleure la disparition du général de Gaulle lors de ses obsèques solennelles. Cet événement historique rassemble des milliers de personnes, venues rendre un dernier hommage à l’homme du 18 juin.

Le Shah d’Iran dépose des fleurs sur la tombe du général de Gaulle

La mort du général de Gaulle a également suscité une grande émotion à travers le monde. De nombreux chefs d’État et dignitaires étrangers ont exprimé leur respect et leur admiration pour cet homme d’État exceptionnel. Et notamment Mohammad Reza Pahlavi, qui l’avait accueilli au cours d’une visite officielle en Iran durant le mois d’octobre 1963.

Le général de Gaulle, défenseur des opprimés

Le général de Gaulle était considéré comme un homme hors du commun et respecté partout dans le monde. Sa volonté de rétablir l’autorité de l’État et de moderniser la France fut réalisée grâce à la mise en œuvre de réformes économiques et sociales. Il a également permis à la France de se doter d’une force de dissuasion nucléaire indépendante, lui conférant ainsi un rôle majeur sur la scène internationale.

Sa politique étrangère, basée sur le principe de souveraineté nationale, le conduit à se retirer de l’OTAN et à chercher un équilibre entre les superpuissances de l’époque. Son célèbre discours de Phnom Penh en 1966, dans lequel il condamne l’intervention américaine au Vietnam, montre sa volonté de préserver la paix et l’indépendance des peuples.

Les Etats-Unis le haïront pour sa volonté d’indépendance et son refus de se soumettre à eux. Ils n’hésiteront guère d’ailleurs à fomenter des tentatives d’assassinats contre sa personne et la première révolution de couleur en mai 1968.

Sa voix forte dans les affaires internationales a marqué les esprits et lui a valu une place importante dans l’histoire mondiale. Sa détermination et son engagement pour la grandeur de la France restent des valeurs essentielles pour de nombreux Français.

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Histoire

Kandovan parmi les meilleurs villages touristiques mondiaux

Le village de Kandovan figure désormais comme l’un des meilleurs villages touristiques mondiaux de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT).

Cette annonce a été faite lors de la cérémonie de proclamation des meilleurs villages touristiques. Celle-ci s’est déroulée à Samarcande, en Ouzbékistan, en marge de la vingt-cinquième assemblée générale de l’OMT et des neuvième et vingtième conseils exécutifs de cette organisation.

Kandovan, l’un des meilleurs villages touristiques d’Iran

Ce village troglodytique est célèbre pour ses habitations creusées dans la roche d’ignimbrite, un matériau volcanique fin facile à travailler. Il se situe dans la province d’Azerbaïdjan oriental, dans le nord-ouest de l’Iran.

Les maisons furent taillées dans la roche il y a plusieurs centaines d’années. Elles sont encore habitées aujourd’hui. Certaines de ces habitations troglodytes datent pour certaines de 3000 ans. La roche permettant une isolation thermique naturelle, les maisons troglodytes de Kandovan sont fraîches en été et chaudes en hiver, assurant un grand confort à leurs occupants.

Le village de Kandovan, en Iran, figure parmi les meilleurs villages touristiques.

En plus des habitations, l’eau minérale de Kandovan est également célèbre dans la région pour ses propriétés curatives, agissant comme un remède aux maladies rénales. Les visiteurs de Tabriz ou d’ailleurs viennent donc souvent se procurer plusieurs bidons de cette eau guérisseuse.

L’Iran, un pays touristique méconnu

Plus de 200 villages de différents pays ont participé à cette compétition, et huit villages iraniens ont été présentés pour concourir. Outre Kandovan, les villages de Bisheh dans le Lorestan, Miamand dans le Kerman, Sohili dans le Qeshm, Palangan dans le Kurdistan, Ghasemabad dans le Gilan, Kendalous dans le Mazandaran et Abiyaneh dans l’Isfahan ont également été proposés par la Vice-présidence du Tourisme. Kandovan fut le seul village iranien sélectionné pour figurer sur la liste des villages mondiaux.

Cette initiative de sélection des meilleurs villages touristiques est une nouvelle initiative de l’OMT depuis 2021. L’objectif est d’utiliser le tourisme comme moteur de développement et de bien-être en milieu rural. L’OMT a établi neuf indicateurs pour sélectionner les villages mondiaux. Ces derniers comprennent la préservation et la promotion des ressources culturelles, la viabilité économique, environnementale et sociale, le potentiel touristique, le développement de la chaîne de valeur, la gouvernance, la priorisation du tourisme et les questions de santé et de sécurité. Kandovan a réussi à obtenir un score satisfaisant dans ces domaines.

Jusqu’à présent, 76 villages provenant de 40 pays différents sont désignés comme les meilleurs villages touristiques. La sélection de Kandovan en tant que village mondial est une reconnaissance du potentiel touristique de cette région. Elle offre également une opportunité de développement pour le tourisme rural en Iran. Cette distinction permettra de mettre en avant les attraits touristiques du village et contribuera au développement économique de la région.

Enfin, le village pourra également partager ses expériences et bénéficier de la visibilité internationale offerte par l’OMT. C’est une étape prometteuse pour le tourisme rural en Iran. Et de plus une opportunité de renforcer le positionnement du pays en tant que destination touristique.

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France-Iran Histoire

Octobre 1963 : visite officielle du général de Gaulle en Iran

Du 16 au 20 octobre 1963, le général de Gaulle entreprend une visite officielle historique et remarquée en Iran. Cette visite d’État fut le tout premier et unique voyage officiel d’un président français dans ce pays.

général de Gaulle voyage officiel Iran octobre 1963 carrosse Mohammad Reza Pahlavi

L’Iran est à l’époque dirigée par Mohammed-Reza Shah Pahlavi depuis 1941, avec une politique internationale tournée vers l’Occident. Aude Vassallo souligne d’ailleurs à propos de la monarchie iranienne :

« des oppositions nombreuses et parfois violentes ainsi que le faible niveau de vie de la population fragilisent un régime instable qui, malgré les apparences, se révèle être autoritaire. »

Charles de gaulle – paroles publiques – Voyage à Téhéran (2ème jour) (ina.fr)

En effectuant une visite d’État en Iran, le général de Gaulle cherche avant tout à mettre en pratique sa politique de coopération volontariste avec un important pays du Tiers-Monde dans le cadre de la politique de grandeur visant à positionner la France sur la scène internationale.

Journal télévisé français diffusé le 18 octobre 1963

Cette visite témoigne de l’importance accordée par de Gaulle au renforcement des liens diplomatiques et à la coopération entre la France et l’Iran, dans le contexte de sa vision ambitieuse de la politique étrangère française.

Le programme de la visite officielle du général de Gaulle en Iran en 1963

Le 16 octobre 1963, le général de Gaulle arrive à l’aéroport de Mehrabad en Iran, où l’accueillent l’empereur et l’impératrice. À Téhéran, il est accueilli par le maire qui lui remet les clés de la ville.

Le 17 octobre, le Général visite le musée archéologique du Sénat, prononce un discours au Parlement, explore les bijoux de la Couronne à la Banque centrale, se rend à l’Institut franco-iranien et rencontre le cercle des amitiés françaises.

Le 18, il se rend à Chiraz où il visite une usine pétrochimique, puis se rend à Persépolis. Ensuite, il voyage à Ispahan où il visite l’école des sœurs.

Le 19, le général de Gaulle visite les mosquées d’Ispahan puis retourne à Téhéran. Il tient une réunion avec le Shah, visite l’Institut Pasteur et reçoit la colonie française ainsi que le corps diplomatique.

Journal télévisé français diffusé le 20 octobre 1963

Le reportage diffusé lors du journal télévisé évoque la dernière matinée du voyage, le 20 octobre, au cours de laquelle le Général, après avoir posé la première pierre du lycée franco-iranien Razi à Téhéran, visite l’Académie militaire. C’est là qu’il exprime ses sincères hommages au Shah Pahlavi et à l’armée iranienne.

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Géopolitique et Diplomatie Histoire Société

Ce qu’il faut savoir sur le Hezbollah au Liban

Le Hezbollah au Liban, mouvement de résistance et d’émancipation libanais chiite fondé le 16 février 1985, est souvent l’objet d’accusations mensongères. Ces accusations proviennent généralement de sources non vérifiées ayant pour but de discréditer et ternir sa réputation.

Cet article revient sur des aspects méconnus, voire ignorés, du Hezbollah au Liban.

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La chanson est interprétée par la chanteuse libanaise chrétienne Julia Boutros.

Le livre Comprendre les Gardiens de la Révolution islamique propose une étude approfondie sur le Hezbollah. À travers une recherche minutieuse et des sources variées, l’auteur offre ainsi une perspective claire et éclairante sur le fonctionnement et l’interaction de ce mouvement au Moyen-Orient, permettant aux lecteurs de mieux comprendre son rôle dans la région.

Mouvement de résistance qui lutta contre Daech, organisation venant au secours des défavorisés du Liban, découvrez ce qu’il faut savoir sur le Hezbollah.

Le Hezbollah face aux accusations de terrorisme

L’une des accusations les plus fréquentes est celle de terrorisme. En tant qu’acteur politique et militaire, le Hezbollah joue un rôle important dans la résistance contre Israël. Il est considéré comme un groupe de résistance par de nombreux peuples de la région.

Il est souvent affirmé à tort qu’il fut fondé secrètement en 1982. En réalité, cette date a été inventée par les Américains et les Français afin de lui rejeter la responsabilité de l’attaque du Drakkar survenue le 23 octobre 1983. Par la suite, d’autres actions ont également été faussement attribuées au Hezbollah, telles que les prises d’otage de Jean-Paul Kauffmann et Michel Seurat en 1985, de quatre diplomates soviétiques la même année, ainsi que l’enlèvement et l’exécution du colonel américain William R. Higgins en février 1988. Ces allégations ont été systématiquement démenties par Hassan Nasrallah, le secrétaire général du mouvement.

Le Hezbollah au Liban

Il est important de souligner que le Hezbollah n’est pas une organisation terroriste qui attaque injustement tout le monde, comme cela est souvent présenté dans les médias occidentaux. Il est en réalité une organisation complexe, avec une branche militaire qui n’hésite pas à riposter de manière conventionnelle lorsque cela s’avère nécessaire.

Les accusations de terrorisme portées à l’encontre du Hezbollah sont honteuses. En effet, le mouvement chiite et l’Iran luttent contre le terrorisme. Il convient de rappeler qu’il a déployé environ 8000 combattants sur le terrain pour lutter contre Daech. Cette intervention a entraîné des pertes importantes pour le Hezbollah, avec environ 2000 morts et 4000 blessés.

Le Hezbollah, protecteur du Liban

Les actions menées contre le Hezbollah et le Liban sont souvent ignorées. Par exemple, le 8 mars 1985, la CIA a organisé un attentat dans les quartiers chiites de Beyrouth en faisant exploser une voiture, entraînant la mort de près de 300 personnes, majoritairement des civils. Dans son livre intitulé CIA : Guerres secrètes 1981-1987, le journaliste américain Bob Woodward mentionne que cet attentat fut ordonné par William Casey, alors directeur de la CIA. Il fut de plus financé par les services secrets saoudiens pour un montant de trois millions de dollars et organisé sur le terrain par un ancien membre du commando britannique des SAS.[1]

Autre exemple, le 7 novembre 1983, lorsqu’un véhicule militaire français contenant cinq quintaux d’explosif est retrouvé devant l’ambassade d’Iran à Beyrouth en réponse à l’attentat dit « du Drakkar ». Cette opération, appelée Santé, était classée « homo » pour homicide. Cela démontre bien la volonté de la France de prendre des vies, qui plus est par le biais d’opérations terroristes qu’elle prétend pourtant combattre…

Antoine Buzat note à ce sujet :

« L’opération Santé consiste à organiser un attentat à la voiture piégée au moyen d’un véhicule militaire léger, maquillé en un véhicule sanitaire avec l’emblème de la Croix Rouge, devant l’ambassade d’Iran à Beyrouth, dans la nuit du 6 au 7 novembre 1983. […] La police libanaise mène l’enquête et conclut que ce véhicule a été volé à un détachement militaire français à Beyrouth mais le plus surprenant est que les militaires français n’aient déclaré qu’aucun vol n’avait été commis. »

Antoine Buzat, Les implications de la France pendant la guerre Iran-Irak, L’Harmattan, 2021, p. 143.

Pierre Razoux complète :

« L’attentat est attribué au mouvement Djihad islamique et à la milice chiite Hezbollah dont la CIA et la DGSE savent qu’ils sont inféodés à Téhéran. Il ne fait aucun doute pour ces deux agences de renseignement que cet attentat a été commandité par l’Iran. […] Quelques jours plus tard, une Jeep militaire française bourrée de 500 kilogrammes d’explosif est découverte garée devant le mur d’enceinte de l’ambassade d’Iran, à Beyrouth. Elle est désamorcée avant d’avoir pu exploser. Cette opération d’intimidation, validée par François Mitterrand, a échoué par manque de professionnalisme de l’expert chargé de faire exploser la charge. Sous l’effet du stress, celui-ci a tout simplement oublier de vérifier qu’il avait bien enclenché le retardateur ! »

Pierre Razoux, La guerre Iran-Irak 1980-1988, Tempus, 2017, p. 418.

Le contexte de la guerre Iran-Irak

Pendant ce conflit, les puissances occidentales ont été alliées de l’Irak, qui était l’agresseur, et lui ont fourni des armes. Il est important de rappeler que certaines de ces puissances ont également fourni des armes à l’Iran. Les États-Unis sont notamment impliqués dans l’affaire Iran-Contra et la France dans l’affaire Luchaire. Ces livraisons d’armes à l’Irak incluaient des armes interdites, telles que les gaz de combat, que Saddam Hussein n’a pas hésité à utiliser contre les militaires et les civils iraniens en toute impunité.

Il est également nécessaire de mentionner une affaire qui est passée sous silence en France : celle du sang contaminé. Les stocks de sang, rendus inutilisables en France en raison des révélations de cette affaire, ont été exportés dans une dizaine de pays par le Premier ministre français Laurent Fabius via l’Institut Mérieux. Notamment l’Iran, l’Irak, l’Arabie saoudite, la Grèce, l’Argentine, l’Italie et l’Allemagne.

Sur les 976 patients iraniens atteints d’hémophilie qui ont reçu une transfusion sanguine, 193 ont contracté le VIH. C’est ainsi qu’est apparu le sida en Iran. Jusqu’à présent, aucune victime iranienne n’a été indemnisée, contrairement à celles d’autres pays.[2] Pour une histoire détaillée de cette affaire, le lecteur pourra lire l’article de Mark Hunter intitulé Blood Money  (« Le prix du sang ») paru dans le magazine Discover le 1er août 1993.

Le Hezbollah est un acteur politique légitime au Liban

Enfin, il est fréquemment affirmé que le Hezbollah est une simple marionnette de l’Iran et qu’il exécute aveuglément ses ordres. Cette accusation vise à discréditer l’indépendance et l’autonomie stratégique du Hezbollah. Bien qu’il entretienne des liens étroits avec l’Iran et reçoive un soutien de ce pays, il est profondément enraciné dans la société libanaise. Il prend ses propres décisions politiques et militaires sans influence iranienne.

À partir de 1992, le Hezbollah a connu des changements importants en passant d’une organisation révolutionnaire à un parti politique ancré dans la vie politique et institutionnelle du Liban. Sous les encouragements du Guide de la Révolution Ali Khamenei, le mouvement libanais a décidé de participer aux élections législatives en 1992, remportant ainsi douze sièges. Cette période marque le début de la « libanisation » du Hezbollah et de son ouverture au dialogue avec les autres communautés religieuses, notamment les chrétiens.

Les Bataillons de résistance libanaises (Sorâyâ al-mouqâvama al-Lebanâniya) ont d’ailleurs été créés en novembre 1997. Cette formation est multiconfessionnelle et regroupe des sunnites, des chrétiens, ainsi que des druzes qui souhaitent lutter contre Israël. Ces bataillons sont formés et commandés par le Hezbollah et certaines unités se déploient en Syrie à partir de 2012.

Joost Hiltermann et April Longley Alley décrivent les raisons de son succès :

« Il s’est nourri de la myriade de ressentiments de la population chiite libanaise : leur sous-représentation dans le système politique libanais, la présence de militants palestiniens (qui ont utilisé le Sud-Liban comme rampe de lancement pour des attaques sur le sol israélien) et la réponse aveugle d’Israël, dont ils ont été parmi les principales victimes. »

Joost Hiltermann et April Longley Alley, The Houthis Are Not Hezbollah (« Les Houthis ne sont pas le Hezbollah »), Foreign Policy, 27 février 2017 (https://foreignpolicy.com/2017/02/27/the-houthis-are-not-hezbollah/).

Un acteur social et humanitaire méconnu

Cependant, l’une des missions méconnues du Hezbollah en Occident est son engagement dans des initiatives sociales et humanitaires, en particulier dans le sud du Liban. En effet, il se veut un mouvement venant en aide aux défavorisés, notamment la communauté chiite, traditionnellement l’une des plus marginalisées au Liban.

Cette volonté de charité fut instaurée par les fondateurs du mouvement, Mousa Sadr, Sheykh Ragheb Harb et Mohammad Hussein Fazlallah. Il s’agissait de répondre aux besoins croissants des réfugiés du sud du pays qui faisaient face à une invasion israélienne.

The New Humanitarian[3] note à propos du Hezbollâh :

« Le groupe gère actuellement au moins quatre hôpitaux, 12 cliniques, 12 écoles et deux centres agricoles qui fournissent aux agriculteurs une assistance technique et une formation. Il dispose également d’un département de l’environnement et d’un vaste programme d’assistance sociale. Les soins médicaux sont également moins chers que dans la plupart des hôpitaux privés du pays et gratuits pour les membres du Hezbollah. »

The many hands and faces of Hezbollah (« Les nombreuses mains et visages du Hezbollâh »), The New Humanitarian, 29 mars 2006 (https://www.thenewhumanitarian.org/report/26242/lebanon-many-hands-and-faces-hezbollah)

En septembre et octobre 2021, le Hezbollah facilite l’importation de pétrole à travers plusieurs pétroliers iraniens et en assure la distribution à la population libanaise, sans distinction de religion. Cette initiative visait à répondre à la grave pénurie de carburant qui plongeait le Liban dans une crise économique et politique.


[1] Bob Woodward (trad. de l’anglais par Jérôme Verdier), CIA : Guerres secrètes 1981-1987 (Veil: the secret wars of the CIA 1981-1987), Stock, 1987, p. 464-466.

[2] شاکیان پرونده بیماران هموفیلی همچنان در انتظار عدالت (« Les plaignants de l’affaire des patients atteints d’hémophilie attendent toujours que justice soit rendue »), BBC Fârsi, 15 août 2011 (https://www.bbc.com/persian/iran/2011/08/110816_l21_blood_health).

[3] L’IRIN (Integrated Regional Information Netwoks), renommé en mars 2019 The New Humanitarian est « une organisation de presse indépendante à but non lucratif fondée par les Nations Unies en 1995 » souhaitant couvrir de manière neutre les zones de crises et de catastrophes « alors que la désinformation numérique se mondialise et que les médias grand public se retirent de nombreuses zones de crise internationales […] ». (https://www.thenewhumanitarian.org/content/about-us).

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Histoire Sciences et Technologie

L’Iran lance avec succès le satellite Nour-3

lancement satellite Nour-3 Iran 27 septembre 2023

L’Iran a franchi une nouvelle étape dans son programme spatial en lançant avec succès le satellite Nour-3 en orbite le mercredi 27 septembre 2023. Ce troisième satellite, développé par la Force aérospatiale du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), a été lancé avec succès par le transporteur Qassem, un lanceur à trois étages.

Le satellite Nour-3, un succès pour l’Iran

Ce lancement réussi confirme la position de l’Iran en tant que puissance spatiale. Il ouvre également la voie à de futures avancées dans le domaine. Tandis que d’autres pays continuent d’explorer et d’innover dans l’espace, l’Iran est déterminé à poursuivre son développement spatial. Et cela malgré les défis et les obstacles. Avec ses lancements de satellites, l’Iran entend renforcer sa présence dans l’espace et répondre à ses besoins en matière de renseignement et d’imagerie.

Lors d’un rassemblement à Téhéran, le commandant en chef du CGRI, le général Hossein Salami, a souligné que le satellite Nour-3 serait utilisé pour les besoins de renseignement militaire. Il a également déclaré que le Nour-3 était plus lourd et disposait d’un équipement d’imagerie plus avancé que le Nour-2. Cela lui permettra de collecter des données plus précises.

Le satellite Nour-3 est un satellite d’imagerie qui orbite à une altitude de 450 kilomètres au-dessus de la Terre. Grâce à son équipement d’imagerie amélioré, il est capable de fournir des images de meilleure qualité que ses prédécesseurs.

Le CGRI prévoit également deux autres lancements de satellites d’ici la fin de mars 2024. L’Iran pourra ainsi créer une constellation de satellites dans un proche avenir.

Pour rappel, le CGRI avait lancé le Nour-1 sur une orbite de 425 km le 22 avril 2020 avant de placer le Nour-2 sur une orbite de 500 kilomètres de la Terre le 27 février 2022.

Le programme spatial iranien, un symbole de résistance et de souveraineté

Malgré les sanctions imposées par les pays occidentaux, l’Iran a réussi à progresser rapidement dans son programme spatial civil. Il est désormais l’un des dix pays capables de développer et de lancer des satellites. Le mois dernier, le ministre iranien de la Défense avait annoncé que le pays prévoyait de mettre en orbite au moins deux satellites fabriqués localement cette année.

Le programme spatial de l’Iran est un exemple de la volonté de la nation de poursuivre la science et la technologie malgré les difficultés. Les résultats de ces efforts se voient aujourd’hui avec le succès du lancement du satellite Nour-3.

Ce succès est une source de fierté pour l’Iran. En effet, il témoigne de sa capacité à se développer dans des domaines avancés de la technologie.

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Les États-Unis contraints de restituer des tablettes volées à l’Iran

Les États-Unis se sont vus contraints de restituer des tablettes en argiles à l’Iran. Ces vestiges archéologiques furent dérobés dans le pays au siècle dernier.

Le président de la République islamique d’Iran Ebrahim Raïssi est rentré dans son pays après avoir participé à la 78ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies, tenue à New York. En plus de l’opportunité de rencontrer les chefs d’État et d’autres personnalités importantes du monde politique et économique, il est revenu en Iran avec quelque chose de plus significatif : 3 506 tablettes d’argile historiques de l’Empire achéménide.

Des tablettes venues d’Iran conservées aux États-Unis

Les tablettes ont été conservées par l’Université de Chicago et les États-Unis pendant 84 ans. Elles ont enfin été rapatriées grâce à l’action concertée de différentes agences gouvernementales iraniennes.

Les scientifiques iraniens qui ont travaillé sur les tablettes depuis plus de dix ans seront en mesure de poursuivre leurs recherches après leur rapatriement. Ebrahim Raïssia déclaré que les tablettes seront exposées dans les musées iraniens.

La restitution des tablettes achéménides marque une autre étape importante dans la protection et le retour des biens culturels iraniens à leur pays d’origine. Le faits que les États-Unis restituent ces tablettes à l’Iran constitue une avancée majeure dans la recherche et la préservation du patrimoine culturel iranien.

Des tablettes datant de la période achéménide

Les tablettes en argile de l’Empire achéménide sont des objets précieux qui permettent de mieux comprendre l’histoire de cette grande civilisation du Moyen-Orient. Ces tablettes datent de l’Empire achéménide, qui a duré de 550 avant J.-C. à 330 avant J.-C. Cette période se caractérise par un niveau de développement culturel et économique jamais atteint auparavant dans cette région du monde.

Les tablettes en argile étaient utilisées pour diverses fins. Par exemple la tenue de registres commerciaux et administratifs. Elles étaient souvent utilisées pour enregistrer des transactions commerciales, des impôts, des comptes de dépenses. En somme, toutes les données économiques importantes.

La plupart de ces tablettes ont été découvertes dans des fouilles archéologiques effectuées dans Persépolis, la capitale de l’Empire achéménide.

Le contenu de ces tablettes est très varié selon leurs origines et leurs usages. Elles sont écrites en élamite ou en babylonien. Certaines le sont même en hiéroglyphes égyptiens.

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L’Iran face au conflit entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan

par Morgan Lotz

Tous droits réservés

Le 13 septembre 2022, les combats reprennent entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, ce dernier poursuivant l’offensive entamée en septembre 2020 et avançant sur 7 kilomètres à l’intérieur des terres arméniennes selon les dires du président azerbaïdjanais Ilham Aliyev. L’Arménie n’est dès lors reliée à l’Iran que par son étroit corridor terrestre large de de 35 à 40 kilomètres, dénommé le « corridor de Zangezur », censé relier l’Azerbaïdjan à sa région du Nakhitchevan frontalière avec la Turquie. L’annexion de ce corridor permettrait de réunir les deux morceaux de l’Azerbaïdjan et en même temps l’Azerbaïdjan à la Turquie, de même qu’il séparerait l’Arménie de l’Iran.

Arménie et Azerbaïdjan

De son côté, le gouvernement turc annonce que 45 000 militaires appartenant à ses corps de réserve sont déployés le long de la frontière turque avec l’Arménie en vue de soutenir l’Azerbaïdjan. Conséquemment, les forces armées iraniennes renforcent leur dispositifs militaires à leur frontière commune avec les deux pays et des responsables iraniens déclarent officiellement que leur pays n’acceptera aucune modification des frontières existantes, autant pour l’Iran que pour l’Arménie. 

De plus, le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amirabdollahian inaugure le 21 octobre 2022 un consulat dans la ville arménienne de Kapan, constituant de la sorte le signe d’un soutien à l’Arménie puisque l’Iran est désormais le premier pays à établir une mission diplomatique dans la province recherchée par Bakou et Ankara.

Iran-Arménie-Azerbaïdjan, une situation complexe à étudier au prisme de l’histoire

Le narratif d’une Arménie chrétienne assaillie par le monde islamique s’effondre de lui-même devant la réalité : l’Iran, premier partenaire commercial de l’Arménie dont furent d’ailleurs originaires les plus grands généraux de Shâh ‘Abâs (1571-1629), n’est guère en phase avec le régime azerbaïdjanais et son président Aliyev soutenu par la Turquie et Israël qui lui fournit du matériel, notamment des drones, et déploie ses forces dans quatre bases du Mossad dans ce pays pourtant shî’ite mais dont Aliyev combat l’influence au profit d’une vision nationaliste pan-turquiste. Or, ce grand pays turque englobe l’actuelle Turquie et l’Azerbaïdjan qui comprend selon cette vision l’Arménie et la région du nord-ouest de l’Iran qui se nomme l’Azerbaïdjan iranien, peuplée d’Azéris appartenant ethniquement à la famille des peuples turcs. Nous comprendrons par la suite en quoi cette précision est importante.

Le 16, des affrontements armés éclatent le long de la frontière entre le Kirghizistan et le Tadjikistan. L’Azerbaïdjan et le Tadjikistan partagent le point commun d’être des peuples turcs et d’entretenir des relations avec le président turc Erdogan qui rêve de ressusciter le Touran, ce grand pays des Turcs qui affrontèrent les Iraniens dans les temps mythiques, conquêtes et empires qu’ont si bien conté Ferdousi dans le Livre des Rois et André Malraux dans Les Noyers de l’Altenburg, sans toutefois tombé pour ce dernier dans l’illusion de sa résurrection, en témoigne ce passage où le personnage Vincent Berger est délivré de ses illusions par l’humiliation qu’il subit dans le bazar de Ghazni, en Afghanistan.[1]

L’idéologie pan-turquiste de l’Azerbaïdjan menace autant l’Iran que l’Arménie

Le 19, à Ankara, un groupe de réflexion azerbaïdjanais publie un compte rendu de ses travaux énonçant la nécessité de créer une « République turque Goycha-Zangezur » pour « parvenir à une paix juste et à la stabilité dans la région », correspondant aux actuelles provinces arméniennes de Gegharkunik-Sevan et Syunik, dont les noms en azerbaïdjanais sont respectivement Goycha et Zangezur.[2] Le « corridor de Zangezur » est une menace grave pour l’Arménie puisque sa constitution la séparerait du Haut-Karabagh qui lui est relié par le corridor de Latchine, celui-ci constituant le dernier lien entre l’Arménie et le Haut-Karabagh où vivent 120 000 Arméniens.

Le 12 décembre, l’Azerbaïdjan franchit un pas supplémentaire dans sa politique de blocus en bloquant le corridor de Latchine (en arménien Berdzor) au prétexte d’une manifestation de militants écologistes opposés à l’exploitation des mines d’or, de cuivre et d’argent. Les conséquences ne sont guère négligeables : les Arméniens du Haut-Karabagh sont coupés de l’Arménie, de même que les 2000 soldats de la paix russes qui y sont stationnés jusqu’en 2025.[3] Les conséquences sont désastreuses puisque les ravitaillements de nourriture et de médicaments sont impossibles en raison du blocus azerbaïdjanais. Le média azerbaïdjanais Caspian News accuse d’ailleurs les Arméniens d’inviter des conseillers militaires iraniens pour les forces d’autodéfense du Haut-Karabagh et les accuse d’être passés par le corridor de Latchine pour gagner la région disputée.[4]

La chute du Haut-Karabagh serait aussi dérangeant pour l’Iran que pour l’Arménie :

«  En cas de chute de Stepanachardt (centre du Haut-Karabakh), des scénarios désagréables sont imaginables face à la région du Caucase du Sud et aux zones environnantes, y compris l’Iran. L’élimination d’une barrière telle que le Haut-Karabakh ouvre la voie à l’occupation territoriale de l’Arménie et modifie la carte de la région et, à long terme, porte des coups sécuritaires au nord-ouest de l’Iran. »[5]

Les enjeux du Caucase dépassent l’Arménie, l’Iran et l’Azerbaïdjan

L’embrasement du Caucase serait dévastateur quant à ses conséquences, autant pour la région elle-même que pour la Turquie, l’Iran et la Russie. Les exercices militaires menés en décembre 2022 à proximité de la frontière iranienne par l’armée de Bakou avec la participation de la Turquie – une « réponse à l’Iran » selon les mots du député azerbaïdjanais Azar Bayramov – n’augure rien de bon ; celle-ci a d’ailleurs envoyé des chasseurs F-16 semblablement à ses agissements de 2020 quelques semaines avant l’offensive azérie sur le Haut-Karabagh.

Hulusi Akar, ministre turc de la Défense, n’hésite pas à déclarer : « Personne ne devrait oublier que la Turquie est toujours aux côtés de l’Azerbaïdjan. Si nécessaire, nous savons être une seule armée, une seule puissance et un seul poing avec l’Azerbaïdjan. Nous considérons que les menaces ou les provocations contre la Turquie ou l’Azerbaïdjan visent les deux. »[6] La sécurité nationale iranienne est étroitement liée à celle de l’Arménie, ces deux pays étant menacé par le projets pan-turquistes d’Erdogan et d’Aliyev.

Le conflit du Caucase peut-il dès lors être interprété comme une prolongation de l’affrontement irano-israélien dans le conflit syrien dans le sens où l’affrontement oppose via des acteurs projetés le camps de l’OTAN et de ses alliés (la Turquie, membre de l’organisation atlantiste, et Israël soutenant militairement l’Azerbaïdjan) contre l’Iran (soutenant son allié historique arménien) ?

L’Azerbaïdjan revêt pour Israël un intérêt stratégique majeur en raison de son accolement à l’Iran, lui permettant de se projeter plus efficacement et plus facilement dans l’espace iranien, notamment dans le cadre de frappes ciblées par son aviation et ses drones, ses chasseurs-bombardiers israéliens F-15I et F-16I  disposant conséquemment de bases alliées plus proches pour une projection sans nécessité contrainte par un ravitaillement et pour un retour de missions désarmé moins longtemps exposé à la défense iranienne. En effet, le trajet d’Israël à l’Iran faisant 3550 kilomètres[7], même équipés de réservoirs supplémentaires, les réserves de carburant des avions atteindraient leurs limites ; un atterrissage en Azerbaïdjan leur permettrait donc une économie de 1300 kilomètres[8].

L’International Institute for Strategic Studies rappelle dans son rapport intitulé Military Balance 2011 la présence de quatre aérodromes soviétiques abandonnés pouvant être réhabilités :

« Les responsables du renseignement et de la diplomatie américaine m’ont dit qu’ils croyaient qu’Israël avait obtenu l’accès à ces bases aériennes grâce à une série d’accords militaires et politiques discrets. « Je doute qu’il y ait quoi que ce soit d’écrit », a ajouté un ancien diplomate qui avait effectué sa carrière dans la région. « Mais je pense qu’il n’y aucun doute, si des avions israéliens souhaitent atterrir en Azerbaïdjan après une attaque, qu’ils seront autorisés à le faire. Israël est très bien implanté en Azerbaïdjan depuis deux décennies.,» »[9] Cette vision stratégique n’est cependant pas nouvelle, le général israélien Oded Tira ayant déjà évoqué la nécessité pour Israël de se projeter plus en avant contre l’Iran : « Nous devrions également coordonner avec l’Azerbaïdjan l’utilisation de bases aériennes sur son territoire et obtenir le soutien de la minorité azérie en Iran. »[10]

De plus, l’utilisation de bases aériennes en Azerbaïdjan permettrait à Israël de déployer des unités héliportées de recherche et d’assistance dans les jours précédant une frappe, ces unités étant destinées à porter secours à des pilotes dont l’aéronef aurait été abattu par la défense anti-aérienne adverse. L’armée israélienne a d’ailleurs mené conjointement avec son homologue roumain des manœuvres en Roumanie[11], dont le terrain montagneux sont similaires aux sites nucléaires israéliens enterrés sous des massifs montagneux. L’aérodrome de Sitalcay – qui accueillait un escadron de Sukhoi Su-25 –, situé à 65 kilomètres au nord-ouest de Bakou et 550 kilomètres de l’Iran semble tout disposé pour une telle éventualité, ses deux tarmacs étant disposés pour accueillir des avions de chasse et des bombardiers.

De son côté, le président azerbaïdjanais Aliyev compare les relations entre son pays et l’État hébreux à un iceberg :

« Les contacts israéliens nous disent que le Président Aliyev a eu raison de décrire la relation bilatérale comme un iceberg ; les neuf dixièmes de celui-ci se trouvent sous la surface au cours de la visite du ministre de l’Agriculture Shalom Simhon. »[12]

Donald Lu note à propos de cette coopération :

« Les relations d’Israël avec l’Azerbaïdjan sont fortement fondées sur le pragmatisme et une appréciation aiguë des priorités. L’objectif principal d’Israël est de préserver l’Azerbaïdjan en tant qu’allié contre l’Iran, une plate-forme de reconnaissance de ce pays et en tant que marché pour le matériel militaire. Afin d’assurer ces objectifs, les Israéliens se sont parfaitement adaptés à ces objectifs. Les besoins du GOAJ en tant que membre de l’OCI et en tant qu’État ) comme Israël ) coincé entre large voisins puissants et hostiles. Ils renoncent à la possibilité de faire pression sur le GOAJ sur le secondaire problèmes pour sécuriser les principaux. Il nous apparaît clairement que pour l’instant, les deux parties sont bien satisfaites de l’état des lieux. »[13]

L’alliance de toujours Arménie-Iran menacée par Israël et l’Azerbaïdjan

Le pays caucasien présente d’autres atouts pour les Israéliens : les services de renseignement israéliens disposent de stations d’écoute le long de la frontière[14] et l’ambassade d’Iran dans le pays – celle-ci ne comptant pas moins de 200 employés en 2000[15] – est une cible de premier choix pour la surveillance. Bien évidemment, l’Iran déploie de son côté ses services compétents pour se prémunir de cette menace au nord-ouest de son territoire. Mark Perry, analyste principal au Quincy Institute for Responsible Statecraft basé à Washington, précise que « quatre diplomates et officiers de renseignement de haut rang disent que les États-Unis estiment désormais qu’Israël a récemment obtenu l’accès à des bases militaires à la frontière nord de l’Iran. »[16], ces derniers témoignant d’une inquiétude croissante de l’expansion militaire israélienne qui compliquent selon eux les démarches américaines de réduction des tensions entre l’Iran et Israël.

De plus, l’éventualité d’un conflit n’est donc plus contenue au golfe Persique mais peut s’étendre au Caucase, menaçant par là les frontières russes. Les États-Unis s’inquiètent d’une telle éventualité, en témoigne les propos rapportés par Mark Perry : « « Nous observons attentivement ce que fait l’Iran », a confirmé une des sources américaines, un officier du renseignement chargé d’évaluer les ramifications d’une potentielle attaque israélienne. « Mais nous observons maintenant ce que fait Israël en Azerbaïdjan. Et nous n’en sommes pas satisfaits. ». ».

Israël peut profiter des relations détériorées entre Bakou et Téhéran :

« l’Iran a présenté le mois dernier à l’ambassadeur azerbaïdjanais une note affirmant que Bakou a soutenu des équipes d’assassinat ciblé formées par Israël et visant des savants iraniens, une accusation que le gouvernement azerbaïdjanais a désignée comme « un mensonge ». »[17]

L’Iran a pour sa part de quoi s’inquiéter : outre un contrat d’armement de 1,6 milliards de dollars conclu en février 2012 entre Israël et son voisin du nord portant sur la livraison de système antimissiles et de drones, l’Azerbaïdjan joue sur les minorités ethniques et les tensions régionales. Ainsi plusieurs députés demandent-t-ils en février 2012 de renommer leur pays en « Azerbaïdjan du Nord », sous-entendant de la sorte que la région iranienne serait séparée de son pays originel et occupée par l’Iran.[18]

En mars suivant, 22 personnes sont arrêtées par les autorités de Bakou sous l’accusation de prévoir « des actes terroristes contre les ambassades des États-Unis, d’Israël et d’autres États occidentaux et les employés des ambassades »[19] – aucun pays étranger ne remettra en cause ces accusations ; qu’en aurait-il été si c’était l’Iran qui avait énoncé cela sinon des accusations d’arrestations « arbitraires » ? Le 29 novembre 2022 est d’ailleurs créée en Suisse l’Organisation pour la protection des droits des Azerbaïdjanais du Sud, celle-ci annonçant la soumission de « documents » et d’« informations aux organisations internationales, y compris l’ONU » traitant des « droits des personnes dans la province azerbaïdjanaise d’Iran ».[20]

Les désaccords entre l’Iran et l’Azerbaïdjan concerne également les ressources énergétiques en mer Caspienne, cette dernière regorgeant de pétrole et de gaz. En effet, Téhéran refuse de reconnaître les droits de Bakou sur la base d’une division égale des eaux territoriales entre les cinq États riverains (à savoir l’Azerbaïdjan, l’Iran, le Kazakhstan, la Russie et le Turkménistan) en raison des traités irano-soviétiques signés 1921 et 1941 qui divisent la mer entre les deux pays riverains à l’époque (l’URSS et l’Iran) et confèrent à l’Iran des droits exclusifs sur plus de la moitié de la mer Caspienne, ceux-ci persistant aux dépens des autres États riverains issus de l’éclatement de l’URSS.

Les relations avec Israël sont également intéressantes pour l’Azerbaïdjân au point de vue économique : l’État hébreux est le deuxième client importateur de pétrole azerbaïdjanais[21], transporté via l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan inauguré en mai 2005, en échange de matériaux et d’équipements militaires utiles à l’Azerbaïdjân, commerce s’avérant bien utile pour ce dernier sanctionné par un embargo de l’Organisation pour la Coopération et la Sécurité en Europe (OSCE) depuis février 1992 et faisant suite au premier conflit dans le Haut-Karabagh. De plus, l’Azerbaïdjan renforce sa dissuasion vis-à-vis de ses voisins.

Cette coopération s’est accélérée après le différend entre Israël et la Turquie consécutif à l’affaire de la flottille turque survenue le 31 mai 2010 alors qu’elle se rendait à Gaza – neuf citoyens turcs périrent lors de l’assaut israélien, plusieurs corps présentant des impacts de balles tirées à bout portant dans la tempe, le visage ou dans le dos et à l’arrière de la tête.[22] Israël refusa de présenter des excuses réclamées par le gouvernement turc et annula 150 millions de dollars de contrats de développement et de fabrication de drones turcs pour se tourner vers l’Azerbaïdjan.

Les relations officielles furent établies dès le mois d’avril 1992 – moins d’un an après l’indépendance de l’ex-pays de l’URSS proclamée le 18 octobre 1991 – et le développement des relations économiques entre l’Azerbaïdjan et Israël débuta en 1994 après que la société israélienne de télécommunication Bezeq acheta une importante part de la société nationale de téléphonie azerbaïdjanaise.

Le marché s’ouvre alors pour les Israéliens et d’importants responsables politiques ne tardent pas à se rendre en visite officielle dans le pays bordant la mer Caspienne (Ephraïm Sneh, alors ministre de la Santé, en mars 1996 ; Benjamin Netanyahou en 1997 ; une délégation parlementaire en 1998 ; Avigdor Lieberman, vice-Premier ministre, et Tzipi Livni, ministre des Affaires étrangères, en 2007 ; le président israélien Shimon Peres en 2009, accompagné par Avi Leumi, un ancien responsable du Mossad qui avait préparé la voie pour l’accord sur les drones et devenu le PDG d’Israel Aeronautics Defense Systems, ; Liebermann, devenu ministre des Affaires étrangères, en février 2012).

Les États-Unis en embuscade

Les États-Unis s’intéressent de plus près à cette coopération au cours de l’année 2001, alors que se renforce les échanges militaro-industriels stratégiques, notamment lorsque l’entreprise d’armement israélienne Elbit Systems s’allie à son homologue géorgien Tbilissi Aerospace Manufacturing, développant notamment l’ avion d’appui aérien rapproché soviétique SU-25 Scorpion dont l’un des premiers client ne sera autre que l’Azerbaïdjan. Suivra une collaboration entre cette entreprise israélienne pour la mise au point du système de reconnaissance satellite TecSar et du véhicule d’infanterie Namer.[23] Des entreprises de sécurité israéliennes surveillent également les infrastructures pétrolières azerbaïdjanaises et assurent la protection du président Aliyev lors de ses déplacements à l’étranger[24]. Ilya Bourtman ancien chercheur au Centre Begin-Sadat pour les études stratégiques à Ramat Gan, en Israël, voit la naissance de la coopération azerbaïdjanaise avec l’État hébreux motivé par un « manque d’alternative » :

« En 1991, l’Azerbaïdjan était économiquement fragile, politiquement instable et militairement faible. Ayant désespérément besoin d’une aide extérieure, Bakou s’est tourné vers Israël pour fournir un levier contre un Iran beaucoup plus fort et une Arménie militairement supérieure. Israël a promis d’améliorer la faiblesse de l’économie de l’Azerbaïdjan en développant des liens commerciaux. Il a acheté du pétrole et du gaz azerbaïdjanais et a envoyé des experts médicaux, technologiques et agricoles. Plus important encore pour l’Azerbaïdjan, le ministère israélien des Affaires étrangères a promis de prêter le poids de son lobby à Washington pour améliorer les relations américano-azéries, fournissant un contrepoids à l’influent lobby arménien. »[25]

Concernant les relations entre les États-Unis et l’Azerbaïdjan, le Congrès adopta en 1992 le Freedom Support Act destiné à soutenir toutes les anciennes républiques soviétiques à l’exception de l’Azerbaïdjan, l’article 907 de cette loi ne prévoyant d’aide à ce pays qu’à la condition de la résolution du conflit dans le Haut-Karabagh[26]. Aucune aide économique ne lui sera attribuée dans les années 1990, contrairement à l’Arménie qui perçut plus d’un milliard de dollars. Cela n’empêche guère les États-Unis d’associer l’Azerbaïdjan à l’OTAN qui rejoint en 1992 le Conseil de coopération nord-atlantique et adhére en 1994 au Partenariat pour la paix (PPP), « un programme de coopération pratique bilatérale entre l’OTAN et des partenaires euro-atlantiques »[27], semblablement à ses voisins arméniens et géorgiens qui suivirent le même parcours.

Il est également intéressant de noter que l’ambassade des États-Unis en Arménie n’accueille pas moins de 2500 personnes, un nombre de diplomates plus que disproportionné pour un petit pays – il est aisé de comprendre au vue de la situation géographique de ce pays que la plupart des membres du personnel ne sont pas des « diplomates »…


[1] André Malraux, Les Noyers de l’Altenburg, Gallimard, 1948, pp. 70-71.

[2] L’avènement et la chute de la « République de Goycha-Zangezur » de l’Azerbaïdjan, Le Courrier d’Erevan, 29 septembre 2022 (https://www.courrier.am/fr/region/lavenement-et-la-chute-de-la-republique-de-goycha-zangezur-de-lazerbaidjan, consulté le 29 janvier 2023).

[3] Virginie Pironon, Arménie-Azerbaïdjan : l’enclave arménienne du Haut-Karabakh coupée du monde, Radio France, 28 janvier 2023 (https://www.radiofrance.fr/franceculture/armenie-azerbaidjan-l-enclave-armenienne-du-haut-karabakh-coupee-du-monde-8762161, consulté le 29 janvier 2023).

[4] Gunay Hajiyeva, Illegal Entry of Iranians into Azerbaijan’s Karabakh Region Raises Suspicions (« L’entrée illégale d’Iraniens dans la région azerbaïdjanaise du Karabakh suscite des soupçons »), Caspian News, 1er décembre 2022 (https://caspiannews.com/news-detail/illegal-entry-of-iranians-into-azerbaijans-karabakh-region-raises-suspicions-2022-12-1-0/, consulté le 29 janvier 2023).

[5] قره‌باغ، منطقه‌ای که خط قرمز تمامیت ارضی ایران است (« Le Haut-Karabakh, la région qui est la ligne rouge de l’intégrité territoriale de l’Iran »), Eghtesaad24, 17 décembre 2022 (قره‌باغ، منطقه‌ای که خط قرمز تمامیت ارضی ایران است | اقتصاد24 (eghtesaad24.ir), consulté le 29 janvier 2023).

[6] Zulfugar Agayev, Turkish, Azeri Armies Hold Drills Near Iran Border Amid Tension (« Les armées turque et azérie organisent des exercices près de la frontière iranienne dans un contexte de tension »), Bloomberg, 6 décembre 2022 (https://www.bloomberg.com/news/articles/2022-12-06/turkish-azeri-armies-hold-drills-near-iran-border-amid-tension, consulté le 29 janvier 2023).

[7] Propos de David Isenberg, analyste des questions de défense, rapporté par Mark Perry in L’Azerbaïdjan, le terrain d’atterrissage secret d’Israël, Slate, traduit par Felix de Montety, 30 mars 2012 (https://www.slate.fr/story/52415/ww.meforum.org/987/israel-and-azerbaijans-furtive-embrace, consulté le 22 janvier 2023).

[8] Propos du général Joe Hoar, ancien commandant du Centcom, rapporté par Mark Perry, ibid.

[9] Mark Perry, L’Azerbaïdjan, le terrain d’atterrissage secret d’Israël, op. cit.

[10] Oded Tira, What to do with Iran? (« Que faire de l’Iran ? »), Ynetnews, 30 décembre 2006 (https://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-3346275,00.html, consulté le 22 janvier 2023).

[11] Mark Perry, L’Azerbaïdjan, le terrain d’atterrissage secret d’Israël, op. cit. Les premiers entrainements de l’armée de l’air israélienne ont débuté dans le ciel roumain en 2004 et un accord militaire fut signé en 2006 entre Israël et la Roumanie permettant à Israël d’y déployer des avions de combat (Herb Keinon, Analysis : Disaster shines light on Romania ties (« Analyse : Une catastrophe met en lumière les liens avec la Roumanie »), The Jerusalem Post, 27 juillet 2010 (https://www.jpost.com/International/Analysis-Disaster-shines-light-on-Romania-ties, consulté le 22 janvier 2023)).

[12] Azerbaijan’s discreet symbiosis with Israel (« La symbiose discrète de l’Azerbaïdjan avec Israël »), Canonical ID:09BAKU20_a, câble de Donald Lu, assistant chef de mission de l’ambassade américaine à Bakou, envoyé au quartier général du département d’État à Foggy Bottom, 13 janvier 2009, publié par Wikileaks (https://wikileaks.org/plusd/cables/09BAKU20_a.html, consulté le 22 janvier 2023).

[13] Ibid. « Israel,s relations with Azerbaijan are based strongly on pragmatism and a keen appreciation of priorities. Israel,s main goal is to preserve Azerbaijan as an ally against Iran, a platform for reconnaissance of that country and as a market for military hardware. In order to ensure those goals, the Israelis have keenly attuned themselves to the GOAJ,s needs as an OIC member and a state ) like Israel ) wedged between large, powerful and unfriendly neighbors. They forgo the option of pressuring the GOAJ on secondary issues to secure the primary ones. It is apparent to us that for now both sides are well satisfied with the bilateral state of affairs. »

[14] Soner Cagaptay, Good Relations between Azerbaijan and Israel : A Model for Other Muslim States in Eurasia ? (« Bonnes relations entre l’Azerbaïdjan et Israël : un modèle pour les autres États musulmans d’Eurasie ? »), Washington Institute for Near East Policy, 30 mars 2005 (https://www.washingtoninstitute.org/policy-analysis/good-relations-between-azerbaijan-and-israel-model-other-muslim-states-eurasia, consulté le 27 janvier 2023).

[15] Avi Machlis, Azerbaijan Courts Jews, Israel to Win Favor with U.S. (« L’Azerbaïdjan courtise les Juifs et Israël pour tenter de gagner les faveurs des États-Unis »), Jewish Telegraphic Agency news service (New York), 2 février 2000 (https://www.jta.org/archive/azerbaijan-courts-jews-israel-to-try-and-win-favor-with-the-u-s, consulté le 27 janvier 2023).

[16] Mark Perry, L’Azerbaïdjan, le terrain d’atterrissage secret d’Israël, op. cit.

[17] Ibid.

[18] Azerbaijani MPs propose to change country’s name (« Les députés azerbaïdjanais proposent de changer le nom du pays »), Trend News Agency, 1er février 2012 (https://en.trend.az/azerbaijan/politics/1986820.html, consulté le 23 janvier 2023).

[19] Azerbaijan arrests 22 suspects in alleged Iran spy plot (« L’Azerbaïdjan arrête 22 suspects dans un complot d’espionnage présumé avec l’Iran »), BBC, 14 mars 2012 (https://www.bbc.com/news/world-europe-17368576, consulté le 23 janvier 2023).

[20] Yeghia Tashjian, South Caucasus : A battle of wills and corridors (« Caucase du Sud : une bataille de volontés et de couloirs »), The Craddle, 30 décembre 2022 (https://thecradle.co/article-view/19895, consulté le 29 janvier 2023).

[21] Israël devient le plus grand importateur de pétrole de l’Azerbaïdjan après l’Italie en 2002. Il est également à noter qu’entre 2000 et 2005 Israël est passé du dixième partenaire commercial de l’Azerbaïdjan à son cinquième (« Annuaire statistique de l’Azerbaïdjan, 2005 », Comité national de statistique de la République d’Azerbaïdjan, Bakou). Les statistiques de l’ONU montrent quant à elle que les exportations de l’Azerbaïdjan vers Israël sont passées de 2 millions de dollars à 323 millions de dollars entre 1997 et 2004.

[22] Robert Booth, Harriet Sherwood, Justin Vela, Gaza flotilla attack : Autopsies reveal intensity of Israeli military force (« Attaque de la flottille de Gaza : Les autopsies révèlent l’intensité de la force militaire israélienne »), The Guardian, 4 juin 2010 (https://www.theguardian.com/world/2010/jun/04/gaza-flotilla-attack-autopsy-results, consulté le 23 janvier 2023).

[23] Mark Perry, L’Azerbaïdjan, le terrain d’atterrissage secret d’Israël, op. cit

[24] Soner Cagaptay, Good Relations between Azerbaijan and Israel : A Model for Other Muslim States in Eurasia ?, op. cit.

[25] Ilya Bourtman, Israel and Azerbaijan’s Furtive Embrace, op. cit. Ilya Bourtman, Israel and Azerbaijan’s Furtive Embrace (« L’étreinte furtive d’Israël et de l’Azerbaïdjan »), Middle East Quarterly, été 2006, pp. 47-57.

[26] The Freedom Support Act (« Loi sur le soutien à la liberté »), Public Law 102-511, article 907, 24 octobre 1992.

[27] Le Partenariat pour la paix, site internet de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (https://www.nato.int/cps/fr/natohq/topics_50349.htm, consulté le 29 janvier 2023).

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Histoire de la philosophie islamique, par Henry Corbin

Histoire de la philosophie islamique est certainement l’un des livres les plus essentiels de l’œuvre d’Henry Corbin.

La philosophie en terre d’Islam est souvent associée à la simple transmission de l’héritage des Grecs. Cependant, son rôle dans l’histoire ne se limite pas à cela. De nombreuses figures importantes ont contribué à l’émergence d’une riche métaphysique au sein de cette tradition. Celle-ci perdure encore aujourd’hui. C’est ce que démontre notamment l’ouvrage Histoire de la philosophie islamique d’Henry Corbin, qui va bien au-delà de la simple chronologie des moments marquants de cette longue histoire.

Henry Corbin Histoire de la philosophie islamique

En effet, Corbin suit un fil conducteur bien précis : celui de l’herméneutique. Il explore comment, depuis les Ismaéliens jusqu’aux grands noms de la philosophie en terre d’Islam tels qu’Avicenne, Sohravardî ou encore Ibn Arabî, s’est développée une exégèse du Livre saint qui a permis l’émergence d’une véritable philosophie prophétique. Ce faisant, il montre que la pensée en terre d’Islam ne se réduit pas à une simple reproduction de la philosophie grecque. Mais que cette dernière s’est fondée sur un travail de réinterprétation et d’adaptation du message divin aux contextes et aux préoccupations de chaque époque.

La philosophie islamique, son histoire et ses facettes

Cette réflexion est particulièrement importante aujourd’hui, alors que les à priori entre les cultures occidentale et islamique sont souvent exacerbées. En effet, la mise en lumière de cette tradition philosophique permet de souligner les nombreuses convergences entre ces deux cultures. Elles ont toutes deux développé des pensées spirituelles riches et complexes en réponse aux grandes questions de l’existence.

Cette philosophie en terre d’Islam offre ainsi une alternative intéressante aux conceptions philosophiques occidentales. Ces dernières eurent tendance à s’imposer comme un modèle universellement valable. Il convient donc, comme le souligne Corbin, que ces pensées ne restent pas inconnues du public occidental.

En effet, elles méritent d’être reconnues pour leur valeur intrinsèque. Mais également pour leur capacité à élargir notre horizon philosophique. La philosophie islamique nous invite à repenser nos questionnements à la lumière de sa tradition riche et complexe. La philosophie en terre d’Islam représente ainsi un exemple éloquent de la richesse et de la diversité de la pensée humaine.

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L’industrie militaire de l’Iran au service de son émancipation

L’industrie militaire de l’Iran s’affirme comme l’un des exemples les plus impressionnants de souveraineté nationale et de développement indépendants. En dépit des sanctions imposées par les pays étrangers, l’Iran est parvenu à poursuivre ses avancées dans le domaine de la défense.

Morgan Lotz, iranologue et écrivain français, livre son analyse dans un entretien accordé à l’IRNA. Il salue les efforts de l’Iran pour se moderniser et renforcer ses capacités militaires. Selon lui, l’industrie de défense iranienne est désormais en mesure de rivaliser avec les plus grandes puissances mondiales en matière d’armement.

L’industrie militaire, une condition sine qua non pour assurer la souveraineté de l’Iran

L’Iran est ainsi en mesure de produire localement des systèmes d’armes sophistiqués, tels que des missiles de croisière, des drones de surveillance et des navires de guerre, malgré les pressions internationales.

Cet effort de modernisation de l’armée iranienne s’inscrit dans une stratégie globale visant à renforcer l’indépendance du pays et à préserver sa souveraineté. Pour Morgan Lotz, auteur d’une étude sur le Corps des Gardiens de la Révolution islamique, l’industrie de la défense est un secteur crucial pour garantir la stabilité et la sécurité de l’Iran et permettre au pays de faire face aux éventuelles menaces extérieures. L’Iran est un pays qui cherche à se protéger, mais qui souhaite aussi jouer un rôle actif dans la région.

Le développement de l’industrie de défense de l’Iran n’est cependant pas sans susciter des inquiétudes au sein de la communauté internationale. Certains pays occidentaux entretiennent le mythe d’un Iran ayant des fins agressives ou alimentant des conflits régionaux. Cette vision biaisée a conduit à des sanctions économiques et diplomatiques qui ont toutefois été insuffisantes pour empêcher l’Iran de développer son industrie de défense.

Une réussite nationale

Malgré ces pressions internationales, l’Iran est donc fier de pouvoir affirmer son indépendance et sa souveraineté grâce à ses avancées militaires. Ces progrès ont été rendus possibles grâce au travail acharné des ingénieurs et des scientifiques locaux, qui ont su trouver des solutions innovantes pour contourner les sanctions. Ils ont ainsi permis à l’Iran de renouveler ses équipements militaires, d’améliorer sa sécurité nationale et de prouver son engagement en faveur de la paix et de la stabilité régionales.

En conclusion, l’industrie de défense iranienne est aujourd’hui l’un des exemples les plus marquants d’émancipation et d’autonomie nationale. Malgré les sanctions imposées par les pays étrangers, l’Iran a su développer son propre secteur de la défense, renforcer ses capacités militaires et jouer un rôle actif dans la région. Ainsi, l’industrie de défense iranienne est un symbole de l’engagement de l’Iran en faveur de la paix, de la sécurité et de la stabilité, non seulement dans la région, mais aussi dans le monde entier.