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Ce qu’il faut savoir sur le Hezbollah au Liban

Le Hezbollah au Liban, mouvement de résistance et d’émancipation libanais chiite fondé le 16 février 1985, est souvent l’objet d’accusations mensongères. Ces accusations proviennent généralement de sources non vérifiées ayant pour but de discréditer et ternir sa réputation.

Cet article revient sur des aspects méconnus, voire ignorés, du Hezbollah au Liban.

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La chanson est interprétée par la chanteuse libanaise chrétienne Julia Boutros.

Le livre Comprendre les Gardiens de la Révolution islamique propose une étude approfondie sur le Hezbollah. À travers une recherche minutieuse et des sources variées, l’auteur offre ainsi une perspective claire et éclairante sur le fonctionnement et l’interaction de ce mouvement au Moyen-Orient, permettant aux lecteurs de mieux comprendre son rôle dans la région.

Mouvement de résistance qui lutta contre Daech, organisation venant au secours des défavorisés du Liban, découvrez ce qu’il faut savoir sur le Hezbollah.

Le Hezbollah face aux accusations de terrorisme

L’une des accusations les plus fréquentes est celle de terrorisme. En tant qu’acteur politique et militaire, le Hezbollah joue un rôle important dans la résistance contre Israël. Il est considéré comme un groupe de résistance par de nombreux peuples de la région.

Il est souvent affirmé à tort qu’il fut fondé secrètement en 1982. En réalité, cette date a été inventée par les Américains et les Français afin de lui rejeter la responsabilité de l’attaque du Drakkar survenue le 23 octobre 1983. Par la suite, d’autres actions ont également été faussement attribuées au Hezbollah, telles que les prises d’otage de Jean-Paul Kauffmann et Michel Seurat en 1985, de quatre diplomates soviétiques la même année, ainsi que l’enlèvement et l’exécution du colonel américain William R. Higgins en février 1988. Ces allégations ont été systématiquement démenties par Hassan Nasrallah, le secrétaire général du mouvement.

Le Hezbollah au Liban

Il est important de souligner que le Hezbollah n’est pas une organisation terroriste qui attaque injustement tout le monde, comme cela est souvent présenté dans les médias occidentaux. Il est en réalité une organisation complexe, avec une branche militaire qui n’hésite pas à riposter de manière conventionnelle lorsque cela s’avère nécessaire.

Les accusations de terrorisme portées à l’encontre du Hezbollah sont honteuses. En effet, le mouvement chiite et l’Iran luttent contre le terrorisme. Il convient de rappeler qu’il a déployé environ 8000 combattants sur le terrain pour lutter contre Daech. Cette intervention a entraîné des pertes importantes pour le Hezbollah, avec environ 2000 morts et 4000 blessés.

Le Hezbollah, protecteur du Liban

Les actions menées contre le Hezbollah et le Liban sont souvent ignorées. Par exemple, le 8 mars 1985, la CIA a organisé un attentat dans les quartiers chiites de Beyrouth en faisant exploser une voiture, entraînant la mort de près de 300 personnes, majoritairement des civils. Dans son livre intitulé CIA : Guerres secrètes 1981-1987, le journaliste américain Bob Woodward mentionne que cet attentat fut ordonné par William Casey, alors directeur de la CIA. Il fut de plus financé par les services secrets saoudiens pour un montant de trois millions de dollars et organisé sur le terrain par un ancien membre du commando britannique des SAS.[1]

Autre exemple, le 7 novembre 1983, lorsqu’un véhicule militaire français contenant cinq quintaux d’explosif est retrouvé devant l’ambassade d’Iran à Beyrouth en réponse à l’attentat dit « du Drakkar ». Cette opération, appelée Santé, était classée « homo » pour homicide. Cela démontre bien la volonté de la France de prendre des vies, qui plus est par le biais d’opérations terroristes qu’elle prétend pourtant combattre…

Antoine Buzat note à ce sujet :

« L’opération Santé consiste à organiser un attentat à la voiture piégée au moyen d’un véhicule militaire léger, maquillé en un véhicule sanitaire avec l’emblème de la Croix Rouge, devant l’ambassade d’Iran à Beyrouth, dans la nuit du 6 au 7 novembre 1983. […] La police libanaise mène l’enquête et conclut que ce véhicule a été volé à un détachement militaire français à Beyrouth mais le plus surprenant est que les militaires français n’aient déclaré qu’aucun vol n’avait été commis. »

Antoine Buzat, Les implications de la France pendant la guerre Iran-Irak, L’Harmattan, 2021, p. 143.

Pierre Razoux complète :

« L’attentat est attribué au mouvement Djihad islamique et à la milice chiite Hezbollah dont la CIA et la DGSE savent qu’ils sont inféodés à Téhéran. Il ne fait aucun doute pour ces deux agences de renseignement que cet attentat a été commandité par l’Iran. […] Quelques jours plus tard, une Jeep militaire française bourrée de 500 kilogrammes d’explosif est découverte garée devant le mur d’enceinte de l’ambassade d’Iran, à Beyrouth. Elle est désamorcée avant d’avoir pu exploser. Cette opération d’intimidation, validée par François Mitterrand, a échoué par manque de professionnalisme de l’expert chargé de faire exploser la charge. Sous l’effet du stress, celui-ci a tout simplement oublier de vérifier qu’il avait bien enclenché le retardateur ! »

Pierre Razoux, La guerre Iran-Irak 1980-1988, Tempus, 2017, p. 418.

Le contexte de la guerre Iran-Irak

Pendant ce conflit, les puissances occidentales ont été alliées de l’Irak, qui était l’agresseur, et lui ont fourni des armes. Il est important de rappeler que certaines de ces puissances ont également fourni des armes à l’Iran. Les États-Unis sont notamment impliqués dans l’affaire Iran-Contra et la France dans l’affaire Luchaire. Ces livraisons d’armes à l’Irak incluaient des armes interdites, telles que les gaz de combat, que Saddam Hussein n’a pas hésité à utiliser contre les militaires et les civils iraniens en toute impunité.

Il est également nécessaire de mentionner une affaire qui est passée sous silence en France : celle du sang contaminé. Les stocks de sang, rendus inutilisables en France en raison des révélations de cette affaire, ont été exportés dans une dizaine de pays par le Premier ministre français Laurent Fabius via l’Institut Mérieux. Notamment l’Iran, l’Irak, l’Arabie saoudite, la Grèce, l’Argentine, l’Italie et l’Allemagne.

Sur les 976 patients iraniens atteints d’hémophilie qui ont reçu une transfusion sanguine, 193 ont contracté le VIH. C’est ainsi qu’est apparu le sida en Iran. Jusqu’à présent, aucune victime iranienne n’a été indemnisée, contrairement à celles d’autres pays.[2] Pour une histoire détaillée de cette affaire, le lecteur pourra lire l’article de Mark Hunter intitulé Blood Money  (« Le prix du sang ») paru dans le magazine Discover le 1er août 1993.

Le Hezbollah est un acteur politique légitime au Liban

Enfin, il est fréquemment affirmé que le Hezbollah est une simple marionnette de l’Iran et qu’il exécute aveuglément ses ordres. Cette accusation vise à discréditer l’indépendance et l’autonomie stratégique du Hezbollah. Bien qu’il entretienne des liens étroits avec l’Iran et reçoive un soutien de ce pays, il est profondément enraciné dans la société libanaise. Il prend ses propres décisions politiques et militaires sans influence iranienne.

À partir de 1992, le Hezbollah a connu des changements importants en passant d’une organisation révolutionnaire à un parti politique ancré dans la vie politique et institutionnelle du Liban. Sous les encouragements du Guide de la Révolution Ali Khamenei, le mouvement libanais a décidé de participer aux élections législatives en 1992, remportant ainsi douze sièges. Cette période marque le début de la « libanisation » du Hezbollah et de son ouverture au dialogue avec les autres communautés religieuses, notamment les chrétiens.

Les Bataillons de résistance libanaises (Sorâyâ al-mouqâvama al-Lebanâniya) ont d’ailleurs été créés en novembre 1997. Cette formation est multiconfessionnelle et regroupe des sunnites, des chrétiens, ainsi que des druzes qui souhaitent lutter contre Israël. Ces bataillons sont formés et commandés par le Hezbollah et certaines unités se déploient en Syrie à partir de 2012.

Joost Hiltermann et April Longley Alley décrivent les raisons de son succès :

« Il s’est nourri de la myriade de ressentiments de la population chiite libanaise : leur sous-représentation dans le système politique libanais, la présence de militants palestiniens (qui ont utilisé le Sud-Liban comme rampe de lancement pour des attaques sur le sol israélien) et la réponse aveugle d’Israël, dont ils ont été parmi les principales victimes. »

Joost Hiltermann et April Longley Alley, The Houthis Are Not Hezbollah (« Les Houthis ne sont pas le Hezbollah »), Foreign Policy, 27 février 2017 (https://foreignpolicy.com/2017/02/27/the-houthis-are-not-hezbollah/).

Un acteur social et humanitaire méconnu

Cependant, l’une des missions méconnues du Hezbollah en Occident est son engagement dans des initiatives sociales et humanitaires, en particulier dans le sud du Liban. En effet, il se veut un mouvement venant en aide aux défavorisés, notamment la communauté chiite, traditionnellement l’une des plus marginalisées au Liban.

Cette volonté de charité fut instaurée par les fondateurs du mouvement, Mousa Sadr, Sheykh Ragheb Harb et Mohammad Hussein Fazlallah. Il s’agissait de répondre aux besoins croissants des réfugiés du sud du pays qui faisaient face à une invasion israélienne.

The New Humanitarian[3] note à propos du Hezbollâh :

« Le groupe gère actuellement au moins quatre hôpitaux, 12 cliniques, 12 écoles et deux centres agricoles qui fournissent aux agriculteurs une assistance technique et une formation. Il dispose également d’un département de l’environnement et d’un vaste programme d’assistance sociale. Les soins médicaux sont également moins chers que dans la plupart des hôpitaux privés du pays et gratuits pour les membres du Hezbollah. »

The many hands and faces of Hezbollah (« Les nombreuses mains et visages du Hezbollâh »), The New Humanitarian, 29 mars 2006 (https://www.thenewhumanitarian.org/report/26242/lebanon-many-hands-and-faces-hezbollah)

En septembre et octobre 2021, le Hezbollah facilite l’importation de pétrole à travers plusieurs pétroliers iraniens et en assure la distribution à la population libanaise, sans distinction de religion. Cette initiative visait à répondre à la grave pénurie de carburant qui plongeait le Liban dans une crise économique et politique.


[1] Bob Woodward (trad. de l’anglais par Jérôme Verdier), CIA : Guerres secrètes 1981-1987 (Veil: the secret wars of the CIA 1981-1987), Stock, 1987, p. 464-466.

[2] شاکیان پرونده بیماران هموفیلی همچنان در انتظار عدالت (« Les plaignants de l’affaire des patients atteints d’hémophilie attendent toujours que justice soit rendue »), BBC Fârsi, 15 août 2011 (https://www.bbc.com/persian/iran/2011/08/110816_l21_blood_health).

[3] L’IRIN (Integrated Regional Information Netwoks), renommé en mars 2019 The New Humanitarian est « une organisation de presse indépendante à but non lucratif fondée par les Nations Unies en 1995 » souhaitant couvrir de manière neutre les zones de crises et de catastrophes « alors que la désinformation numérique se mondialise et que les médias grand public se retirent de nombreuses zones de crise internationales […] ». (https://www.thenewhumanitarian.org/content/about-us).

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La marine iranienne veut se déployer en Antarctique

Le contre-amiral Shahram Irani, chef de la marine iranienne, a récemment exposé les projets ambitieux de ses forces en Antarctique. Il a notamment évoqué la création d’une base permanente qui servirait à la fois pour des missions militaires et scientifiques.

Cette annonce a été faite lors d’une émission diffusée sur la chaîne de télévision IRIB TV1 à l’occasion des commémorations de la guerre imposée à l’Iran par l’Irak de 1980 à 1988.

Déployer la marine iranienne en Antarctique, un projet inédit

Interrogé sur la possibilité d’établir une telle base permanente en Antarctique, le contre-amiral Irani a répondu avec optimisme. Il a précisé que cette initiative irait au-delà des activités militaires et aurait également un volet scientifique. Les scientifiques iraniens seraient ainsi mobilisés pour mener des recherches conformément aux orientations du Guide de la Révolution Ali Khamenei.

Le contre-amiral Irani a souligné que c’est précisément cette dimension multidisciplinaire qui démontre tout le potentiel de la marine iranienne. Il a rappelé les efforts récents déployés pour renforcer la présence maritime de l’Iran à travers le monde.

De nouveaux défis pour l’Iran

Cette expansion n’a pas été sans difficultés, notamment en raison du manque d’expérience en la matière. Néanmoins, le commandant de la marine iranienne affirme que ces obstacles furent surmontés grâce à la détermination et aux compétences des militaires iraniens.

bâtiment de la marine iranienne

Irani attire également l’attention sur les tentatives de certains pays étrangers visant à freiner la présence navale de l’Iran. Les forces armées iraniennes ont réussi à neutraliser ces actions hostiles grâce à l’utilisation d’équipements militaires locaux et à des efforts soutenus. Une preuve supplémentaire de cette capacité a été fournie par la 86ème flottille navale iranienne. Celle-ci a récemment accompli une mission autour du monde. Partie de la ville portuaire de Bandar Abbas le 20 septembre 2022, elle est revenue le 20 mai, après avoir parcouru une distance record dans les eaux internationales.

Le retour de la flotte a été salué par de nombreux responsables et commandants iraniens, dont l’Ayatollah Khamenei lui-même, qui ont salué le courage et le succès de la mission. Cette réussite renforce la confiance de la marine iranienne dans ses capacités et motive l’élaboration de nouveaux projets ambitieux.

La mise en œuvre d’une telle initiative permettrait à l’Iran de renforcer ses activités scientifiques et militaires dans cette région unique. Elle représenterait également une avancée significative pour la marine iranienne qui continuerait ainsi à étendre son influence sur la scène internationale.

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Les États-Unis contraints de restituer des tablettes volées à l’Iran

Les États-Unis se sont vus contraints de restituer des tablettes en argiles à l’Iran. Ces vestiges archéologiques furent dérobés dans le pays au siècle dernier.

Le président de la République islamique d’Iran Ebrahim Raïssi est rentré dans son pays après avoir participé à la 78ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies, tenue à New York. En plus de l’opportunité de rencontrer les chefs d’État et d’autres personnalités importantes du monde politique et économique, il est revenu en Iran avec quelque chose de plus significatif : 3 506 tablettes d’argile historiques de l’Empire achéménide.

Des tablettes venues d’Iran conservées aux États-Unis

Les tablettes ont été conservées par l’Université de Chicago et les États-Unis pendant 84 ans. Elles ont enfin été rapatriées grâce à l’action concertée de différentes agences gouvernementales iraniennes.

Les scientifiques iraniens qui ont travaillé sur les tablettes depuis plus de dix ans seront en mesure de poursuivre leurs recherches après leur rapatriement. Ebrahim Raïssia déclaré que les tablettes seront exposées dans les musées iraniens.

La restitution des tablettes achéménides marque une autre étape importante dans la protection et le retour des biens culturels iraniens à leur pays d’origine. Le faits que les États-Unis restituent ces tablettes à l’Iran constitue une avancée majeure dans la recherche et la préservation du patrimoine culturel iranien.

Des tablettes datant de la période achéménide

Les tablettes en argile de l’Empire achéménide sont des objets précieux qui permettent de mieux comprendre l’histoire de cette grande civilisation du Moyen-Orient. Ces tablettes datent de l’Empire achéménide, qui a duré de 550 avant J.-C. à 330 avant J.-C. Cette période se caractérise par un niveau de développement culturel et économique jamais atteint auparavant dans cette région du monde.

Les tablettes en argile étaient utilisées pour diverses fins. Par exemple la tenue de registres commerciaux et administratifs. Elles étaient souvent utilisées pour enregistrer des transactions commerciales, des impôts, des comptes de dépenses. En somme, toutes les données économiques importantes.

La plupart de ces tablettes ont été découvertes dans des fouilles archéologiques effectuées dans Persépolis, la capitale de l’Empire achéménide.

Le contenu de ces tablettes est très varié selon leurs origines et leurs usages. Elles sont écrites en élamite ou en babylonien. Certaines le sont même en hiéroglyphes égyptiens.

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L’Iran face au conflit entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan

par Morgan Lotz

Tous droits réservés

Le 13 septembre 2022, les combats reprennent entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, ce dernier poursuivant l’offensive entamée en septembre 2020 et avançant sur 7 kilomètres à l’intérieur des terres arméniennes selon les dires du président azerbaïdjanais Ilham Aliyev. L’Arménie n’est dès lors reliée à l’Iran que par son étroit corridor terrestre large de de 35 à 40 kilomètres, dénommé le « corridor de Zangezur », censé relier l’Azerbaïdjan à sa région du Nakhitchevan frontalière avec la Turquie. L’annexion de ce corridor permettrait de réunir les deux morceaux de l’Azerbaïdjan et en même temps l’Azerbaïdjan à la Turquie, de même qu’il séparerait l’Arménie de l’Iran.

Arménie et Azerbaïdjan

De son côté, le gouvernement turc annonce que 45 000 militaires appartenant à ses corps de réserve sont déployés le long de la frontière turque avec l’Arménie en vue de soutenir l’Azerbaïdjan. Conséquemment, les forces armées iraniennes renforcent leur dispositifs militaires à leur frontière commune avec les deux pays et des responsables iraniens déclarent officiellement que leur pays n’acceptera aucune modification des frontières existantes, autant pour l’Iran que pour l’Arménie. 

De plus, le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amirabdollahian inaugure le 21 octobre 2022 un consulat dans la ville arménienne de Kapan, constituant de la sorte le signe d’un soutien à l’Arménie puisque l’Iran est désormais le premier pays à établir une mission diplomatique dans la province recherchée par Bakou et Ankara.

Iran-Arménie-Azerbaïdjan, une situation complexe à étudier au prisme de l’histoire

Le narratif d’une Arménie chrétienne assaillie par le monde islamique s’effondre de lui-même devant la réalité : l’Iran, premier partenaire commercial de l’Arménie dont furent d’ailleurs originaires les plus grands généraux de Shâh ‘Abâs (1571-1629), n’est guère en phase avec le régime azerbaïdjanais et son président Aliyev soutenu par la Turquie et Israël qui lui fournit du matériel, notamment des drones, et déploie ses forces dans quatre bases du Mossad dans ce pays pourtant shî’ite mais dont Aliyev combat l’influence au profit d’une vision nationaliste pan-turquiste. Or, ce grand pays turque englobe l’actuelle Turquie et l’Azerbaïdjan qui comprend selon cette vision l’Arménie et la région du nord-ouest de l’Iran qui se nomme l’Azerbaïdjan iranien, peuplée d’Azéris appartenant ethniquement à la famille des peuples turcs. Nous comprendrons par la suite en quoi cette précision est importante.

Le 16, des affrontements armés éclatent le long de la frontière entre le Kirghizistan et le Tadjikistan. L’Azerbaïdjan et le Tadjikistan partagent le point commun d’être des peuples turcs et d’entretenir des relations avec le président turc Erdogan qui rêve de ressusciter le Touran, ce grand pays des Turcs qui affrontèrent les Iraniens dans les temps mythiques, conquêtes et empires qu’ont si bien conté Ferdousi dans le Livre des Rois et André Malraux dans Les Noyers de l’Altenburg, sans toutefois tombé pour ce dernier dans l’illusion de sa résurrection, en témoigne ce passage où le personnage Vincent Berger est délivré de ses illusions par l’humiliation qu’il subit dans le bazar de Ghazni, en Afghanistan.[1]

L’idéologie pan-turquiste de l’Azerbaïdjan menace autant l’Iran que l’Arménie

Le 19, à Ankara, un groupe de réflexion azerbaïdjanais publie un compte rendu de ses travaux énonçant la nécessité de créer une « République turque Goycha-Zangezur » pour « parvenir à une paix juste et à la stabilité dans la région », correspondant aux actuelles provinces arméniennes de Gegharkunik-Sevan et Syunik, dont les noms en azerbaïdjanais sont respectivement Goycha et Zangezur.[2] Le « corridor de Zangezur » est une menace grave pour l’Arménie puisque sa constitution la séparerait du Haut-Karabagh qui lui est relié par le corridor de Latchine, celui-ci constituant le dernier lien entre l’Arménie et le Haut-Karabagh où vivent 120 000 Arméniens.

Le 12 décembre, l’Azerbaïdjan franchit un pas supplémentaire dans sa politique de blocus en bloquant le corridor de Latchine (en arménien Berdzor) au prétexte d’une manifestation de militants écologistes opposés à l’exploitation des mines d’or, de cuivre et d’argent. Les conséquences ne sont guère négligeables : les Arméniens du Haut-Karabagh sont coupés de l’Arménie, de même que les 2000 soldats de la paix russes qui y sont stationnés jusqu’en 2025.[3] Les conséquences sont désastreuses puisque les ravitaillements de nourriture et de médicaments sont impossibles en raison du blocus azerbaïdjanais. Le média azerbaïdjanais Caspian News accuse d’ailleurs les Arméniens d’inviter des conseillers militaires iraniens pour les forces d’autodéfense du Haut-Karabagh et les accuse d’être passés par le corridor de Latchine pour gagner la région disputée.[4]

La chute du Haut-Karabagh serait aussi dérangeant pour l’Iran que pour l’Arménie :

«  En cas de chute de Stepanachardt (centre du Haut-Karabakh), des scénarios désagréables sont imaginables face à la région du Caucase du Sud et aux zones environnantes, y compris l’Iran. L’élimination d’une barrière telle que le Haut-Karabakh ouvre la voie à l’occupation territoriale de l’Arménie et modifie la carte de la région et, à long terme, porte des coups sécuritaires au nord-ouest de l’Iran. »[5]

Les enjeux du Caucase dépassent l’Arménie, l’Iran et l’Azerbaïdjan

L’embrasement du Caucase serait dévastateur quant à ses conséquences, autant pour la région elle-même que pour la Turquie, l’Iran et la Russie. Les exercices militaires menés en décembre 2022 à proximité de la frontière iranienne par l’armée de Bakou avec la participation de la Turquie – une « réponse à l’Iran » selon les mots du député azerbaïdjanais Azar Bayramov – n’augure rien de bon ; celle-ci a d’ailleurs envoyé des chasseurs F-16 semblablement à ses agissements de 2020 quelques semaines avant l’offensive azérie sur le Haut-Karabagh.

Hulusi Akar, ministre turc de la Défense, n’hésite pas à déclarer : « Personne ne devrait oublier que la Turquie est toujours aux côtés de l’Azerbaïdjan. Si nécessaire, nous savons être une seule armée, une seule puissance et un seul poing avec l’Azerbaïdjan. Nous considérons que les menaces ou les provocations contre la Turquie ou l’Azerbaïdjan visent les deux. »[6] La sécurité nationale iranienne est étroitement liée à celle de l’Arménie, ces deux pays étant menacé par le projets pan-turquistes d’Erdogan et d’Aliyev.

Le conflit du Caucase peut-il dès lors être interprété comme une prolongation de l’affrontement irano-israélien dans le conflit syrien dans le sens où l’affrontement oppose via des acteurs projetés le camps de l’OTAN et de ses alliés (la Turquie, membre de l’organisation atlantiste, et Israël soutenant militairement l’Azerbaïdjan) contre l’Iran (soutenant son allié historique arménien) ?

L’Azerbaïdjan revêt pour Israël un intérêt stratégique majeur en raison de son accolement à l’Iran, lui permettant de se projeter plus efficacement et plus facilement dans l’espace iranien, notamment dans le cadre de frappes ciblées par son aviation et ses drones, ses chasseurs-bombardiers israéliens F-15I et F-16I  disposant conséquemment de bases alliées plus proches pour une projection sans nécessité contrainte par un ravitaillement et pour un retour de missions désarmé moins longtemps exposé à la défense iranienne. En effet, le trajet d’Israël à l’Iran faisant 3550 kilomètres[7], même équipés de réservoirs supplémentaires, les réserves de carburant des avions atteindraient leurs limites ; un atterrissage en Azerbaïdjan leur permettrait donc une économie de 1300 kilomètres[8].

L’International Institute for Strategic Studies rappelle dans son rapport intitulé Military Balance 2011 la présence de quatre aérodromes soviétiques abandonnés pouvant être réhabilités :

« Les responsables du renseignement et de la diplomatie américaine m’ont dit qu’ils croyaient qu’Israël avait obtenu l’accès à ces bases aériennes grâce à une série d’accords militaires et politiques discrets. « Je doute qu’il y ait quoi que ce soit d’écrit », a ajouté un ancien diplomate qui avait effectué sa carrière dans la région. « Mais je pense qu’il n’y aucun doute, si des avions israéliens souhaitent atterrir en Azerbaïdjan après une attaque, qu’ils seront autorisés à le faire. Israël est très bien implanté en Azerbaïdjan depuis deux décennies.,» »[9] Cette vision stratégique n’est cependant pas nouvelle, le général israélien Oded Tira ayant déjà évoqué la nécessité pour Israël de se projeter plus en avant contre l’Iran : « Nous devrions également coordonner avec l’Azerbaïdjan l’utilisation de bases aériennes sur son territoire et obtenir le soutien de la minorité azérie en Iran. »[10]

De plus, l’utilisation de bases aériennes en Azerbaïdjan permettrait à Israël de déployer des unités héliportées de recherche et d’assistance dans les jours précédant une frappe, ces unités étant destinées à porter secours à des pilotes dont l’aéronef aurait été abattu par la défense anti-aérienne adverse. L’armée israélienne a d’ailleurs mené conjointement avec son homologue roumain des manœuvres en Roumanie[11], dont le terrain montagneux sont similaires aux sites nucléaires israéliens enterrés sous des massifs montagneux. L’aérodrome de Sitalcay – qui accueillait un escadron de Sukhoi Su-25 –, situé à 65 kilomètres au nord-ouest de Bakou et 550 kilomètres de l’Iran semble tout disposé pour une telle éventualité, ses deux tarmacs étant disposés pour accueillir des avions de chasse et des bombardiers.

De son côté, le président azerbaïdjanais Aliyev compare les relations entre son pays et l’État hébreux à un iceberg :

« Les contacts israéliens nous disent que le Président Aliyev a eu raison de décrire la relation bilatérale comme un iceberg ; les neuf dixièmes de celui-ci se trouvent sous la surface au cours de la visite du ministre de l’Agriculture Shalom Simhon. »[12]

Donald Lu note à propos de cette coopération :

« Les relations d’Israël avec l’Azerbaïdjan sont fortement fondées sur le pragmatisme et une appréciation aiguë des priorités. L’objectif principal d’Israël est de préserver l’Azerbaïdjan en tant qu’allié contre l’Iran, une plate-forme de reconnaissance de ce pays et en tant que marché pour le matériel militaire. Afin d’assurer ces objectifs, les Israéliens se sont parfaitement adaptés à ces objectifs. Les besoins du GOAJ en tant que membre de l’OCI et en tant qu’État ) comme Israël ) coincé entre large voisins puissants et hostiles. Ils renoncent à la possibilité de faire pression sur le GOAJ sur le secondaire problèmes pour sécuriser les principaux. Il nous apparaît clairement que pour l’instant, les deux parties sont bien satisfaites de l’état des lieux. »[13]

L’alliance de toujours Arménie-Iran menacée par Israël et l’Azerbaïdjan

Le pays caucasien présente d’autres atouts pour les Israéliens : les services de renseignement israéliens disposent de stations d’écoute le long de la frontière[14] et l’ambassade d’Iran dans le pays – celle-ci ne comptant pas moins de 200 employés en 2000[15] – est une cible de premier choix pour la surveillance. Bien évidemment, l’Iran déploie de son côté ses services compétents pour se prémunir de cette menace au nord-ouest de son territoire. Mark Perry, analyste principal au Quincy Institute for Responsible Statecraft basé à Washington, précise que « quatre diplomates et officiers de renseignement de haut rang disent que les États-Unis estiment désormais qu’Israël a récemment obtenu l’accès à des bases militaires à la frontière nord de l’Iran. »[16], ces derniers témoignant d’une inquiétude croissante de l’expansion militaire israélienne qui compliquent selon eux les démarches américaines de réduction des tensions entre l’Iran et Israël.

De plus, l’éventualité d’un conflit n’est donc plus contenue au golfe Persique mais peut s’étendre au Caucase, menaçant par là les frontières russes. Les États-Unis s’inquiètent d’une telle éventualité, en témoigne les propos rapportés par Mark Perry : « « Nous observons attentivement ce que fait l’Iran », a confirmé une des sources américaines, un officier du renseignement chargé d’évaluer les ramifications d’une potentielle attaque israélienne. « Mais nous observons maintenant ce que fait Israël en Azerbaïdjan. Et nous n’en sommes pas satisfaits. ». ».

Israël peut profiter des relations détériorées entre Bakou et Téhéran :

« l’Iran a présenté le mois dernier à l’ambassadeur azerbaïdjanais une note affirmant que Bakou a soutenu des équipes d’assassinat ciblé formées par Israël et visant des savants iraniens, une accusation que le gouvernement azerbaïdjanais a désignée comme « un mensonge ». »[17]

L’Iran a pour sa part de quoi s’inquiéter : outre un contrat d’armement de 1,6 milliards de dollars conclu en février 2012 entre Israël et son voisin du nord portant sur la livraison de système antimissiles et de drones, l’Azerbaïdjan joue sur les minorités ethniques et les tensions régionales. Ainsi plusieurs députés demandent-t-ils en février 2012 de renommer leur pays en « Azerbaïdjan du Nord », sous-entendant de la sorte que la région iranienne serait séparée de son pays originel et occupée par l’Iran.[18]

En mars suivant, 22 personnes sont arrêtées par les autorités de Bakou sous l’accusation de prévoir « des actes terroristes contre les ambassades des États-Unis, d’Israël et d’autres États occidentaux et les employés des ambassades »[19] – aucun pays étranger ne remettra en cause ces accusations ; qu’en aurait-il été si c’était l’Iran qui avait énoncé cela sinon des accusations d’arrestations « arbitraires » ? Le 29 novembre 2022 est d’ailleurs créée en Suisse l’Organisation pour la protection des droits des Azerbaïdjanais du Sud, celle-ci annonçant la soumission de « documents » et d’« informations aux organisations internationales, y compris l’ONU » traitant des « droits des personnes dans la province azerbaïdjanaise d’Iran ».[20]

Les désaccords entre l’Iran et l’Azerbaïdjan concerne également les ressources énergétiques en mer Caspienne, cette dernière regorgeant de pétrole et de gaz. En effet, Téhéran refuse de reconnaître les droits de Bakou sur la base d’une division égale des eaux territoriales entre les cinq États riverains (à savoir l’Azerbaïdjan, l’Iran, le Kazakhstan, la Russie et le Turkménistan) en raison des traités irano-soviétiques signés 1921 et 1941 qui divisent la mer entre les deux pays riverains à l’époque (l’URSS et l’Iran) et confèrent à l’Iran des droits exclusifs sur plus de la moitié de la mer Caspienne, ceux-ci persistant aux dépens des autres États riverains issus de l’éclatement de l’URSS.

Les relations avec Israël sont également intéressantes pour l’Azerbaïdjân au point de vue économique : l’État hébreux est le deuxième client importateur de pétrole azerbaïdjanais[21], transporté via l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan inauguré en mai 2005, en échange de matériaux et d’équipements militaires utiles à l’Azerbaïdjân, commerce s’avérant bien utile pour ce dernier sanctionné par un embargo de l’Organisation pour la Coopération et la Sécurité en Europe (OSCE) depuis février 1992 et faisant suite au premier conflit dans le Haut-Karabagh. De plus, l’Azerbaïdjan renforce sa dissuasion vis-à-vis de ses voisins.

Cette coopération s’est accélérée après le différend entre Israël et la Turquie consécutif à l’affaire de la flottille turque survenue le 31 mai 2010 alors qu’elle se rendait à Gaza – neuf citoyens turcs périrent lors de l’assaut israélien, plusieurs corps présentant des impacts de balles tirées à bout portant dans la tempe, le visage ou dans le dos et à l’arrière de la tête.[22] Israël refusa de présenter des excuses réclamées par le gouvernement turc et annula 150 millions de dollars de contrats de développement et de fabrication de drones turcs pour se tourner vers l’Azerbaïdjan.

Les relations officielles furent établies dès le mois d’avril 1992 – moins d’un an après l’indépendance de l’ex-pays de l’URSS proclamée le 18 octobre 1991 – et le développement des relations économiques entre l’Azerbaïdjan et Israël débuta en 1994 après que la société israélienne de télécommunication Bezeq acheta une importante part de la société nationale de téléphonie azerbaïdjanaise.

Le marché s’ouvre alors pour les Israéliens et d’importants responsables politiques ne tardent pas à se rendre en visite officielle dans le pays bordant la mer Caspienne (Ephraïm Sneh, alors ministre de la Santé, en mars 1996 ; Benjamin Netanyahou en 1997 ; une délégation parlementaire en 1998 ; Avigdor Lieberman, vice-Premier ministre, et Tzipi Livni, ministre des Affaires étrangères, en 2007 ; le président israélien Shimon Peres en 2009, accompagné par Avi Leumi, un ancien responsable du Mossad qui avait préparé la voie pour l’accord sur les drones et devenu le PDG d’Israel Aeronautics Defense Systems, ; Liebermann, devenu ministre des Affaires étrangères, en février 2012).

Les États-Unis en embuscade

Les États-Unis s’intéressent de plus près à cette coopération au cours de l’année 2001, alors que se renforce les échanges militaro-industriels stratégiques, notamment lorsque l’entreprise d’armement israélienne Elbit Systems s’allie à son homologue géorgien Tbilissi Aerospace Manufacturing, développant notamment l’ avion d’appui aérien rapproché soviétique SU-25 Scorpion dont l’un des premiers client ne sera autre que l’Azerbaïdjan. Suivra une collaboration entre cette entreprise israélienne pour la mise au point du système de reconnaissance satellite TecSar et du véhicule d’infanterie Namer.[23] Des entreprises de sécurité israéliennes surveillent également les infrastructures pétrolières azerbaïdjanaises et assurent la protection du président Aliyev lors de ses déplacements à l’étranger[24]. Ilya Bourtman ancien chercheur au Centre Begin-Sadat pour les études stratégiques à Ramat Gan, en Israël, voit la naissance de la coopération azerbaïdjanaise avec l’État hébreux motivé par un « manque d’alternative » :

« En 1991, l’Azerbaïdjan était économiquement fragile, politiquement instable et militairement faible. Ayant désespérément besoin d’une aide extérieure, Bakou s’est tourné vers Israël pour fournir un levier contre un Iran beaucoup plus fort et une Arménie militairement supérieure. Israël a promis d’améliorer la faiblesse de l’économie de l’Azerbaïdjan en développant des liens commerciaux. Il a acheté du pétrole et du gaz azerbaïdjanais et a envoyé des experts médicaux, technologiques et agricoles. Plus important encore pour l’Azerbaïdjan, le ministère israélien des Affaires étrangères a promis de prêter le poids de son lobby à Washington pour améliorer les relations américano-azéries, fournissant un contrepoids à l’influent lobby arménien. »[25]

Concernant les relations entre les États-Unis et l’Azerbaïdjan, le Congrès adopta en 1992 le Freedom Support Act destiné à soutenir toutes les anciennes républiques soviétiques à l’exception de l’Azerbaïdjan, l’article 907 de cette loi ne prévoyant d’aide à ce pays qu’à la condition de la résolution du conflit dans le Haut-Karabagh[26]. Aucune aide économique ne lui sera attribuée dans les années 1990, contrairement à l’Arménie qui perçut plus d’un milliard de dollars. Cela n’empêche guère les États-Unis d’associer l’Azerbaïdjan à l’OTAN qui rejoint en 1992 le Conseil de coopération nord-atlantique et adhére en 1994 au Partenariat pour la paix (PPP), « un programme de coopération pratique bilatérale entre l’OTAN et des partenaires euro-atlantiques »[27], semblablement à ses voisins arméniens et géorgiens qui suivirent le même parcours.

Il est également intéressant de noter que l’ambassade des États-Unis en Arménie n’accueille pas moins de 2500 personnes, un nombre de diplomates plus que disproportionné pour un petit pays – il est aisé de comprendre au vue de la situation géographique de ce pays que la plupart des membres du personnel ne sont pas des « diplomates »…


[1] André Malraux, Les Noyers de l’Altenburg, Gallimard, 1948, pp. 70-71.

[2] L’avènement et la chute de la « République de Goycha-Zangezur » de l’Azerbaïdjan, Le Courrier d’Erevan, 29 septembre 2022 (https://www.courrier.am/fr/region/lavenement-et-la-chute-de-la-republique-de-goycha-zangezur-de-lazerbaidjan, consulté le 29 janvier 2023).

[3] Virginie Pironon, Arménie-Azerbaïdjan : l’enclave arménienne du Haut-Karabakh coupée du monde, Radio France, 28 janvier 2023 (https://www.radiofrance.fr/franceculture/armenie-azerbaidjan-l-enclave-armenienne-du-haut-karabakh-coupee-du-monde-8762161, consulté le 29 janvier 2023).

[4] Gunay Hajiyeva, Illegal Entry of Iranians into Azerbaijan’s Karabakh Region Raises Suspicions (« L’entrée illégale d’Iraniens dans la région azerbaïdjanaise du Karabakh suscite des soupçons »), Caspian News, 1er décembre 2022 (https://caspiannews.com/news-detail/illegal-entry-of-iranians-into-azerbaijans-karabakh-region-raises-suspicions-2022-12-1-0/, consulté le 29 janvier 2023).

[5] قره‌باغ، منطقه‌ای که خط قرمز تمامیت ارضی ایران است (« Le Haut-Karabakh, la région qui est la ligne rouge de l’intégrité territoriale de l’Iran »), Eghtesaad24, 17 décembre 2022 (قره‌باغ، منطقه‌ای که خط قرمز تمامیت ارضی ایران است | اقتصاد24 (eghtesaad24.ir), consulté le 29 janvier 2023).

[6] Zulfugar Agayev, Turkish, Azeri Armies Hold Drills Near Iran Border Amid Tension (« Les armées turque et azérie organisent des exercices près de la frontière iranienne dans un contexte de tension »), Bloomberg, 6 décembre 2022 (https://www.bloomberg.com/news/articles/2022-12-06/turkish-azeri-armies-hold-drills-near-iran-border-amid-tension, consulté le 29 janvier 2023).

[7] Propos de David Isenberg, analyste des questions de défense, rapporté par Mark Perry in L’Azerbaïdjan, le terrain d’atterrissage secret d’Israël, Slate, traduit par Felix de Montety, 30 mars 2012 (https://www.slate.fr/story/52415/ww.meforum.org/987/israel-and-azerbaijans-furtive-embrace, consulté le 22 janvier 2023).

[8] Propos du général Joe Hoar, ancien commandant du Centcom, rapporté par Mark Perry, ibid.

[9] Mark Perry, L’Azerbaïdjan, le terrain d’atterrissage secret d’Israël, op. cit.

[10] Oded Tira, What to do with Iran? (« Que faire de l’Iran ? »), Ynetnews, 30 décembre 2006 (https://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-3346275,00.html, consulté le 22 janvier 2023).

[11] Mark Perry, L’Azerbaïdjan, le terrain d’atterrissage secret d’Israël, op. cit. Les premiers entrainements de l’armée de l’air israélienne ont débuté dans le ciel roumain en 2004 et un accord militaire fut signé en 2006 entre Israël et la Roumanie permettant à Israël d’y déployer des avions de combat (Herb Keinon, Analysis : Disaster shines light on Romania ties (« Analyse : Une catastrophe met en lumière les liens avec la Roumanie »), The Jerusalem Post, 27 juillet 2010 (https://www.jpost.com/International/Analysis-Disaster-shines-light-on-Romania-ties, consulté le 22 janvier 2023)).

[12] Azerbaijan’s discreet symbiosis with Israel (« La symbiose discrète de l’Azerbaïdjan avec Israël »), Canonical ID:09BAKU20_a, câble de Donald Lu, assistant chef de mission de l’ambassade américaine à Bakou, envoyé au quartier général du département d’État à Foggy Bottom, 13 janvier 2009, publié par Wikileaks (https://wikileaks.org/plusd/cables/09BAKU20_a.html, consulté le 22 janvier 2023).

[13] Ibid. « Israel,s relations with Azerbaijan are based strongly on pragmatism and a keen appreciation of priorities. Israel,s main goal is to preserve Azerbaijan as an ally against Iran, a platform for reconnaissance of that country and as a market for military hardware. In order to ensure those goals, the Israelis have keenly attuned themselves to the GOAJ,s needs as an OIC member and a state ) like Israel ) wedged between large, powerful and unfriendly neighbors. They forgo the option of pressuring the GOAJ on secondary issues to secure the primary ones. It is apparent to us that for now both sides are well satisfied with the bilateral state of affairs. »

[14] Soner Cagaptay, Good Relations between Azerbaijan and Israel : A Model for Other Muslim States in Eurasia ? (« Bonnes relations entre l’Azerbaïdjan et Israël : un modèle pour les autres États musulmans d’Eurasie ? »), Washington Institute for Near East Policy, 30 mars 2005 (https://www.washingtoninstitute.org/policy-analysis/good-relations-between-azerbaijan-and-israel-model-other-muslim-states-eurasia, consulté le 27 janvier 2023).

[15] Avi Machlis, Azerbaijan Courts Jews, Israel to Win Favor with U.S. (« L’Azerbaïdjan courtise les Juifs et Israël pour tenter de gagner les faveurs des États-Unis »), Jewish Telegraphic Agency news service (New York), 2 février 2000 (https://www.jta.org/archive/azerbaijan-courts-jews-israel-to-try-and-win-favor-with-the-u-s, consulté le 27 janvier 2023).

[16] Mark Perry, L’Azerbaïdjan, le terrain d’atterrissage secret d’Israël, op. cit.

[17] Ibid.

[18] Azerbaijani MPs propose to change country’s name (« Les députés azerbaïdjanais proposent de changer le nom du pays »), Trend News Agency, 1er février 2012 (https://en.trend.az/azerbaijan/politics/1986820.html, consulté le 23 janvier 2023).

[19] Azerbaijan arrests 22 suspects in alleged Iran spy plot (« L’Azerbaïdjan arrête 22 suspects dans un complot d’espionnage présumé avec l’Iran »), BBC, 14 mars 2012 (https://www.bbc.com/news/world-europe-17368576, consulté le 23 janvier 2023).

[20] Yeghia Tashjian, South Caucasus : A battle of wills and corridors (« Caucase du Sud : une bataille de volontés et de couloirs »), The Craddle, 30 décembre 2022 (https://thecradle.co/article-view/19895, consulté le 29 janvier 2023).

[21] Israël devient le plus grand importateur de pétrole de l’Azerbaïdjan après l’Italie en 2002. Il est également à noter qu’entre 2000 et 2005 Israël est passé du dixième partenaire commercial de l’Azerbaïdjan à son cinquième (« Annuaire statistique de l’Azerbaïdjan, 2005 », Comité national de statistique de la République d’Azerbaïdjan, Bakou). Les statistiques de l’ONU montrent quant à elle que les exportations de l’Azerbaïdjan vers Israël sont passées de 2 millions de dollars à 323 millions de dollars entre 1997 et 2004.

[22] Robert Booth, Harriet Sherwood, Justin Vela, Gaza flotilla attack : Autopsies reveal intensity of Israeli military force (« Attaque de la flottille de Gaza : Les autopsies révèlent l’intensité de la force militaire israélienne »), The Guardian, 4 juin 2010 (https://www.theguardian.com/world/2010/jun/04/gaza-flotilla-attack-autopsy-results, consulté le 23 janvier 2023).

[23] Mark Perry, L’Azerbaïdjan, le terrain d’atterrissage secret d’Israël, op. cit

[24] Soner Cagaptay, Good Relations between Azerbaijan and Israel : A Model for Other Muslim States in Eurasia ?, op. cit.

[25] Ilya Bourtman, Israel and Azerbaijan’s Furtive Embrace, op. cit. Ilya Bourtman, Israel and Azerbaijan’s Furtive Embrace (« L’étreinte furtive d’Israël et de l’Azerbaïdjan »), Middle East Quarterly, été 2006, pp. 47-57.

[26] The Freedom Support Act (« Loi sur le soutien à la liberté »), Public Law 102-511, article 907, 24 octobre 1992.

[27] Le Partenariat pour la paix, site internet de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (https://www.nato.int/cps/fr/natohq/topics_50349.htm, consulté le 29 janvier 2023).

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Géopolitique et Diplomatie

L’Iran, un acteur incontournable de la scène internationale

L’Iran est devenu durant la dernière décennie un acteur incontournable sur la scène internationale. Dans un récent discours, le président de la République islamique d’Iran, Ebrahim Raïssi, affirma que les ennemis de l’Iran avaient échoué dans leurs tentatives de l’isoler et de plonger le peuple iranien dans le désespoir. Selon lui, le pays est en pleine croissance et montre des signes de résilience face aux pressions internationales.

Cette déclaration de Monsieur Raïssi fait notamment référence à l’adhésion récente de l’Iran au sein des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud). Ce groupe de pays émergents se caractérise par son influence économique et géopolitique croissante. Morgan Lotz, iranologue et juriste en droit international, analyse cette nouvelle réalité et son impact sur la position de l’Iran dans le contexte mondial.

L’Iran s’impose sur la scène internationale comme un acteur incontournable

L’adhésion de l’Iran aux BRICS est avant tout une étape significative dans ses efforts visant à renforcer ses relations économiques et politiques avec d’autres puissances régionales et émergentes. Les BRICS offrent d’abord à l’Iran une plateforme importante pour élargir son influence et renforcer sa position sur la scène internationale. Il s’agit ensuite d’un nouveau canal qui permettra à l’Iran de diversifier ses partenaires commerciaux et de réduire sa dépendance vis-à-vis des pays occidentaux.

Les avantages économiques potentiels de cette adhésion pour l’Iran ne sont guère non plus négligeables. Les BRICS étant des économies dynamiques et en croissance, celles-ci offrent de nombreuses opportunités commerciales aux pays membres. L’Iran, riche en ressources naturelles et doté d’un potentiel industriel important, pourrait bénéficier de ces opportunités pour développer ses secteurs économiques et attirer des investissements étrangers.

En fin de compte, l’adhésion de l’Iran aux BRICS est un développement majeur pour le pays. Cela lui offre de nouvelles opportunités pour renforcer sa position économique et politique. De plus, cette évolution démontre la détermination de l’Iran est déterminé à poursuivre sa croissance et à défendre ses intérêts nationaux en dépit des pressions internationales.

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Géopolitique et Diplomatie Histoire

Aperçu géostratégique du territoire iranien

Situé en Asie du sud-ouest, le territoire iranien s’avère complexe : en effet, la géographie d’un pays ordonne sa politique et sa stratégie dans tous les domaines : défense, économie, infrastructure, développement, etc. La géostratégie est une discipline qui étudie les informations stratégiques découlant de la géographie physique, économique et démographique.

Une géographie particulière, un défi stratégique

L’Iran possède une identité géographique unique. D’abord en raison de son relief distinctif, qui le différencie des plaines voisines de la Mésopotamie et de l’Indus. Ensuite à cause de son climat intermédiaire entre le milieu tropical des rives de l’océan Indien et les traits continentaux propres à l’Asie centrale. Enfin à ses divers milieux naturels comprenant des montagnes, des piémonts irrigués et des déserts.

territoire iranien empire achéménide

Cette identité le place au carrefour de plusieurs grands espaces civilisationnels. L’Iran est entouré par les mondes indien, arabe et turc, ce qui enrichit encore davantage sa diversité culturelle et historique. Les contrastes entre les hautes terres afghanes et caucasiennes ainsi que les vastes étendues désertiques et steppiques de l’Asie centrale ajoutent à la fascinante mosaïque géographique de l’Iran, faisant de ce pays un lieu d’échanges et de rencontres entre différentes influences et traditions.

Iran carte empire sassanide

En dépit de sa proximité avec l’océan Indien, l’Iran n’a que peu exploité cette opportunité tout au long de son histoire. Les flottes achéménides ou sassanides ne saisirent aucunement le rôle majeur que leur conférait sa géographie. En effet, lors de ses périodes d’apogée successives, l’Iran est demeuré principalement un empire continental, capable d’étendre son influence vers l’ouest, le nord et l’est.

Expansion de l’islam sous la dynastie des Omeyyades (661-750).

À l’époque achéménide durant laquelle Cambyse soumettait l’Égypte et les armées de Darius et Xerxès menaçaient Athènes, la puissance du Grand Roi se projetait au-delà de l’Indus. Ce sont donc les terres et les conquêtes continentales qui ont marqué les grandes périodes glorieuses de l’histoire de l’Iran. À l’inverse, son potentiel maritime restait en grande partie inexploité.

Le territoire iranien confronté aux invasions

En comparaison des vastes empires qui les précédèrent, les Sassanides et les Safavides gouvernèrent un territoire iranien relativement restreint. Cependant, l’empire créé au IIIème siècle par Ardashir perdura pendant plus de quatre siècles. L’Iran connut également des périodes de confrontations avec plusieurs menaces, certaines s’avérant mortelles. Les Macédoniens et les Grecs d’Alexandre, les Romains, les Byzantins et les Arabes furent en leurs temps des adversaires redoutables.

Asie mongole
L’Asie occidentale après la conquête mongole (XIIIème-XIVème siècles).

L’ancienne Perse dut également faire face aux Turcs, aux Mongols, aux Turkmènes, aux Ottomans, sans oublier les Afghans. Les deux derniers siècles virent la Russie, l’Angleterre et enfin les États-Unis remettre en question l’indépendance fièrement revendiquée de l’Iran. Malgré ses nombreux défis historiques, l’Iran a su préserver une identité forte et résiliente.

L’empire de Tamerlan (1336-1405)

En tant qu’étape naturelle pour l’empire des tsars ou la puissance soviétique dans leur progression vers les eaux chaudes, l’Iran a toujours été contrôlé par l’Angleterre qui cherchait à garantir la sécurité de sa route des Indes et à exploiter le pétrole découvert à Abadan. Pendant la guerre froide, l’Iran agissait en tant que « gendarme du Golfe » pour le compte des États-Unis d’Amérique. En raison de cette position stratégique, l’Iran fut toujours l’objet des ambitions des grandes puissances régionales et mondiales.

territoire iranien au cœur du Grand Jeu
L’Iran et le « Grand Jeu » des Britanniques et des Russes (XIXème-début XXème siècles).

Cette situation particulière et la mémoire des épreuves du passé expliquent probablement la vitalité du nationalisme iranien qui se manifeste aujourd’hui par une volonté d’indépendance et de puissance. La dynamique géopolitique de la région a donc profondément influencé le développement de l’Iran en tant qu’acteur majeur dans la politique mondiale.

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Géopolitique et Diplomatie

La dissuasion comme doctrine de défense iranienne

Conformément à son rôle de protectrice du pays, l’armée iranienne développe sa doctrine de défense basée sur la dissuasion. Dans le cadre d’un exercice, le Corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI) a déployé dans le golfe Persique des équipements de pointe, notamment des Bavar 2 et des drones maritimes équipés d’intelligence artificielle.

Pour mieux comprendre l’importance de ces exercices et leur impact sur la région, l’iranologue français Morgan Lotz souligne au micro de Press TV l’importance de ces exercices pour la défense du pays et la sécurité de la région.

La dissuasion, un élément essentiel de la doctrine de défense iranienne

L’exercice de la Marine du CGRI a débuté le 2 août dans le golfe Persique. Ce déploiement a mis en valeur les capacités de défense développées par l’industrie iranienne. Des navires et des drones maritimes télécommandés avec intelligence artificielle furent utilisés pour détruire des cibles prédéterminées avec une précision extrême.

La doctrine militaire établit les principes qui guide une action vers le succès. Destinée au stratège responsable de la planification afin de lui fournir les clés essentielles pour réussir, sa finalité est d’apporter une efficacité opérationnelle. Ces principes sont formulés en se basant sur les enseignements tirés des expériences passées. Mais également en menant des études prospectives et en suivant les évolutions des capacités militaires. Les positions adoptées par les alliés sur le même sujet sont elles aussi un facteurs intéressant.

La dissuasion consiste à faire peser une menace à l’adversaire, afin de l’empêcher d’entreprendre une action indésirable. Cela soit en le dissuadant par des représailles, soit en lui faisant comprendre que ses objectifs sont voués à l’échec. Cette définition simplifiée conduit souvent à la conclusion qu’une démonstration suffisante de force est nécessaire pour dissuader l’adversaire de passer à l’action. Tant que les deux parties agissent de manière rationnelle en évaluant les coûts et les avantages et qu’aucune d’entre elle n’est suicidaire, elles s’abstiendront donc d’engager des actions militaires.

L’Iran, une puissance militaire mais avant tout diplomatique

L’Iran a toujours promu le dialogue et la coopération pour assurer la sécurité et les intérêts communs des pays de la région. Cette politique va de pair avec un ferme refus de toute ingérence étrangère sans renoncer à promouvoir une politique de bon voisinage.

Ces exercices illustrent l’engagement de l’Iran à développer ses propres technologies de défense, indépendamment des pressions et des sanctions internationales. Les efforts nationaux se concentrent notamment sur les moyens de parvenir à la souveraineté dans les domaines stratégiques. Le pays cherche avant tout à être autonome et capable de se défendre contre toute menace potentielle. L’Iran a le droit de se défendre, et cela en conformité avec le droit international.

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L’Iran met en garde contre les ingérences dans le golfe Persique

L’Iran réaffirme sa détermination à défendre son intégrité territoriale face aux ingérences et hostilités américaines dans le golfe Persique. Dans un contexte de tensions croissantes entre l’Iran et les États-Unis dans le golfe Persique, le ministre iranien de la Défense a récemment réaffirmé la volonté de l’Iran de défendre son intégrité territoriale face à toute menace extérieure.

La souveraineté nationale est pour les Iraniens un sujet très sérieux, qui fédère de plus la population autour de ses forces de défense. La volonté américaine de jouer avec la ligne rouge et de rajouter de l’huile sur le feu est indéniable. Elle est sur le plan politique et diplomatique complètement irresponsable.

Les ingérences des États-Unis dans le golfe Persique

Ces déclarations interviennent après l’annonce par le Pentagone de l’envoi de renforts militaires dans la région, notamment le contre-torpilleur USS Thomas Hudner et des avions de combat F-16 et F-35. Cette décision des États-Unis fait suite à leurs incidents récents préoccupants dans le détroit d’Hormuz, une voie maritime stratégique reliant le golfe Persique à la mer d’Oman.

Dans un entretien accordé à Press TV, l’iranologue et juriste en droit international Morgan Lotz explique la situation. Il souligne l’importance du respect de l’intégrité territoriale de l’Iran et de la non-ingérence dans les affaires intérieures du pays. Il note également l’impact de l’envoi de renforts militaires dans une zone déjà sensible, considérant que cela pourrait exacerber les tensions et provoquer des conflits régionaux.

En effet, le détroit d’Hormuz est une voie maritime stratégique par laquelle transite une grande partie du commerce mondial du pétrole. Toute perturbation de ce flux aurait des conséquences économiques majeures et pourrait déstabiliser l’ensemble de la région.

Il est essentiel que les États-Unis respectent le droit international et cessent leurs ingérences dans le golfe Persique, de même que leur politique de sanctions.

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Géopolitique et Diplomatie

De l’OCS au MNA : l’Iran, incontournable des évolutions régionales

De l’OCS au MNA, l’Iran est aujourd’hui devenu un acteur géopolitique incontournable. En effet, le pays s’engage actuellement dans des initiatives régionales qui redéfinissent son rôle dans la scène internationale.

L’Iran est devenu membre de l’OCS le 17 septembre 2021 lors du sommet qui s’est tenu à Douchanbé (Tadjikistan).

L’adhésion récente de l’Iran à l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS) et les récentes déclarations du ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, sur le renforcement du Mouvement des Non-Alignés (MNA), sont des signes clairs de la volonté de l’Iran de jouer un rôle majeur dans les évolutions régionales.

L’Iran est devenu un membre incontournable de l’OCS et du MNA

L’adhésion de l’Iran à l’OCS en 2021 marque un tournant significatif dans ses relations avec les pays de la région. En rejoignant cette organisation régionale, l’Iran renforce ses liens avec des puissances mondiales telles que la Chine et la Russie, sans négliger se rapprocher des pays d’Asie centrale. Cette adhésion est perçue comme une façon pour l’Iran de diversifier ses partenariats économiques et politiques. Et cela tout en contrecarrant les pressions occidentales exercées sur le pays.

Lorsque le ministre iranien des Affaires étrangères appelle à redéfinir le rôle du MNA (plus grand groupe de pays en dehors de l’ONU), il met en évidence la volonté de l’Iran de promouvoir la paix, la stabilité et de combattre l’unilatéralisme, l’insécurité et la discrimination. Cette déclaration témoigne de la volonté de l’Iran d’utiliser ses relations avec le MNA pour renforcer sa position sur la scène internationale. Mais également de se présenter comme un acteur clé dans les initiatives de paix et de sécurité régionales.

Quel perspectives pour l’Iran ?

L’engagement de l’Iran à surmonter l’unilatéralisme et à promouvoir la paix et la stabilité démontre une volonté de coopération régionale et de renforcement des institutions multilatérales. Les observateurs notent d’ailleurs que le pays joue un rôle crucial dans les évolutions régionales.

Dans cette optique, la diplomatie joue un rôle crucial. Une volonté de dialogue, de négociation et de coopération entre toutes les parties est essentielle pour résoudre les différends et promouvoir la stabilité régionale. Les initiatives régionales telles que l’OCS et le MNA peuvent servir de plateformes pour faciliter ces dialogues. Ils peuvent également encourager une coopération plus étroite entre les pays.

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Géopolitique et Diplomatie

La diplomatie iranienne, efficace et constructive ?

La diplomatie iranienne ne cesse de démontrer son approche efficace et constructive sur la scène internationale. L’Iran considère qu’il n’y a pas d’obstacles à la promotion de ses relations avec les pays de la région et les pays amis, en se concentrant sur les domaines d’intérêts communs.

Une diplomatie iranienne qui se veut efficace et constructive

Le président iranien Seyyed Ebrahim Raïssi a réaffirmé cette position lors d’un entretien télévisé pour commémorer le deuxième anniversaire de son élection en tant que président de la République islamique d’Iran. Le chef d’État a récemment effectué une tournée en Amérique latine au cours de laquelle il rencontre les hautes autorités vénézuéliennes, nicaraguayennes et cubaines.

Dans le même temps, le ministre des Affaires étrangères Hossein Amir-Abdollahian effectua une visite dans la région du golfe Persique pour rencontrer les responsables des Émirats arabes unis. Ce déplacement s’inscrit également dans le cadre d’une politique visant à renforcer la coopération avec les pays limitrophes du golfe Persique, adoptée par l’Iran.

Quelle analyse porter sur la diplomatie iranienne ?

L’Iran a récemment montré une plus grande ouverture envers les pays de la région du Golfe Persique, avec des visites du chef de la diplomatie iranienne en Oman, au Koweït et au Qatar. Ce changement de ton témoigne de la disposition de l’Iran à collaborer avec les pays de la région pour résoudre les problèmes de sécurité communs.

Dans un entretien sur ce sujet, Morgan Lotz analyse la déclaration des autorités iraniennes sur la promotion de leurs relations avec les pays voisins et les pays amis. Cette politique s’avère cohérente avec les priorités géopolitiques de l’Iran dans la région. Le pays cherche notamment à renforcer ses relations avec les pays voisins et les pays non-alignés. L’Iran a été isolé du reste du monde en raison des sanctions économiques imposées par les États-Unis et sa politique vise conséquemment à réduire cette isolation.