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Les Houthis et Ansarallah au Yémen

Qui sont les Houthis au Yémen et qu’est-ce leur mouvement Ansarallah ?

Peu d’études approfondies sont menées sur ce sujet qui semble n’intéresser que peu de gens. Comme si la guerre au Yémen qui dure depuis 2014 n’avait aucune importance. Morgan Lotz y consacre pourtant un chapitre de son ouvrage Comprendre les Gardiens de la Révolution islamique, paru aux édition L’Harmattan en mars 2022.

rassemblement Houthis Yémen

Ansârollâh (أنصار الله) signifie « Partisans de Dieu ». Ce mouvement est fondé en 1994 sous le nom al-Shabâb al-Mo’aman (« Organisation de la jeunesse pieuse ») par Seyed Hossein Badraldin Houthi, chef de la tribu des Houthis.

En raison de son engagement pour défendre les opprimés et les déshérités, les Houthis du Yémen et leur mouvement Ansarallah sont une composante historique de l’Axe de la Résistance.

Qui sont les Houthis du Yémen ?

La tribu arabe Houthi descend des Banu Hamdan qui ont régné sur le Yémen de 1099 à 1174. Dans ce pays où la majorité de la population est sunnite, il existe une importante minorité de confession chiite zaydite. Celle-ci est principalement présente dans les montagnes du nord-ouest et dans la province de Sa’dah depuis le 8ème siècle.

Il est important de noter que sa présence est spécifique au Yémen et détient une histoire et une identité distinctes.

drapeau Ansarallah Houthis (Yémen)
Bannière des Houthis

Pendant une longue période, un imâmat zaydite régna d’ailleurs sur ces régions jusqu’à la fondation du royaume mutawakilite en 1918. Celui-ci prit fin en 1962.

Bien que leur nom médiatique d’Ansarallah fasse référence aux Houthis, des membres d’autres tribus telles que les Bakil se sont également joints au mouvement. Ansarallah compte également des alliés sunnites, notamment des Shaféites.

Le mouvement Ansarallah au Yémen

Le parti Hezb al-Haq, fondé en 1990 et dont Ansarallah est issu, rompt avec la tradition de l’imâmat. Il défend notamment le projet d’un régime républicain. Cette position représente une véritable révolution politique dans un Yémen où la logique tribale joue un rôle central dans la construction et le fonctionnement de l’État.

logo Ansarallah avant 2015
Iconographie d’Ansârollâh utilisée jusqu’en 2015

Les Houthis et Ansarallah ont établi un mouvement intellectuel et religieux modéré, aspirant à une vision inclusive du Yémen incluant tous les acteurs du pays. Leur objectif est de promouvoir un modèle de gouvernance qui transcende les clivages tribaux et religieux, en engageant tous les segments de la société yéménite. Ils combattirent à plusieurs reprises le gouvernement central yéménite et s’opposèrent au wahhabisme saoudien.

logo Ansarallah après 2015
Iconographie d’Ansârollâh utilisée à partir de 2015

Contrairement à ce que prétendent leurs opposants, les Houthis n’ont pas l’intention d’établir un régime politique similaire à la République islamique d’Iran. Cette vision est impossible à réaliser puisque les sunnites représentent 75% de la population, tandis que les Zaydites sont environ 25%. Les Houthis défendent une pensée nationaliste et religieuse spécifique au Yémen et se considèrent comme une force de résistance contre toutes les formes d’agressions étrangères. À ce titre, ils s’opposent à l’hégémonie américaine et au sionisme d’Israël.

Le mouvement Houthi d’Ansarallah, un acteur clef au Yémen

À la suite des « Printemps arabes », Ansarallah s’engage dans la révolution qui débute par une manifestation en janvier 2011. Les principales causes de cette révolution sont l’augmentation du prix des carburants et la dénonciation de la corruption. Le président Ali Abdallah Saleh démissionne en février 2012 et des troubles éclatent entre différentes factions souhaitant prendre le pouvoir.

Drapeau d’Ansarallah

L’opposition envers le pouvoir et les institutions jugées obsolètes a attiré le soutien d’autres mouvements politiques en faveur des Houthis. Cela leur permit d’étendre leur influence jusqu’à la province d’Omran dans le nord-ouest du pays. Grâce à cette alliance, ils parvinrent à prendre la capitale en repoussant leurs rivaux. Ansarallah a ainsi gagné un véritable soutien de la population yéménite, dépassant la simple appartenance à la tribu des Houthis et incarnant un espoir pour le Yémen. En témoigne l’augmentation du nombre de leurs combattants, d’environ 2000 en 2005 à plus de 100 000 en 2010.[1]

Abdul-Malik al-Houthi, chef des Houthis depuis septembre 2004

Ansarallah est le mouvement yéménite qui possède le plus d’expérience à la fois militaire et politique. Il ambitionne de développer économiquement le Yémen afin qu’il devienne un pays reconnu. Il souhaite également instaurer des institutions dans lesquelles chaque minorité est respectée, de même que leurs droits et spécificités socio-culturelles. Ansarallah réclame également une autonomie locale basée sur la diversité ethno-religieuse du Yémen. Il promeut également l’égalité des droits et la participation des femmes dans la vie politique.

Au cours des années 2010, Ansarallah est devenu un mouvement politique organisé. Doté de compétences étatiques réelles, il a su profiter du vide laissé par un pouvoir épuisé. Son succès est également dû à l’effondrement de ses adversaires qui ne réussirent à proposer des projets politiques convaincants pour la population yéménite. Les Houthis soutiennent l’établissement d’un régime républicain et d’un gouvernement de transition composé de technocrates.

Guerre et génocide contre la population yéménite

La situation se dégrade au cours de l’année 2014. L’Arabie saoudite et Al-Qaïda refusent la volonté de souveraineté d’Ansarallah qui conteste un accord du Conseil de Coopération du Golfe divisant le Yémen en six régions. Ils attaquent les Houthis mais ces derniers parviennent à s’emparer du gouvernement en février 2015. Ils prononcent alors la dissolution du Parlement et proclament l’autorité du Comité révolutionnaire dirigé par Mohammad Ali al-Houthi. Cette situation force le président Abdrabbo Mansour Hadi à démissionner, celui-ci trouvant refuge en Arabie saoudite.

Clip musical intitulé Hymne du 21 septembre en référence au 21 septembre 2014, date de la prise de la capitale Sanaa. Cette vidéo fut censurée par YouTube.

Le 27 mars, l’Arabie saoudite, le Bahreïn, le Qatar, le Koweït, les Émirats arabes unis, l’Égypte, la Jordanie, le Maroc et le Soudan forment une coalition. Ils considèrent l’arrivée au pouvoir d’Ansarallah comme une menace pour leurs intérêts et prétendent vouloir rétablir le gouvernement légitime d’Hadi. Les États-Unis participent à cette coalition en fournissant des renseignements, une assistance logistique et en aidant à la planification des frappes aériennes. À leurs côtés, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne fournissent des équipements à cette coalition responsable de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité :

« Les violations du droit humanitaire par la coalition ont eu lieu de façon « généralisée et systématique » depuis le début du conflit selon les Nations unies : attaques de civils et de biens civils (bombardements de marchés, hôpitaux, commerces ou écoles), conséquences tragiques du blocus sur les civils et utilisation d’armes prohibées telles que les bombes à sous-munitions. »

Armes au Yémen : la France mise en cause, Amnesty International, 20 mars 2018.

Le rôle de la France dans le massacre des Houthis

Une enquête menée par le média d’investigation français Disclose va révéler la responsabilité de la France dans cette guerre, documents de l’Armée française à l’appui :

« Depuis le printemps 2015, les bâtiments de guerre de la coalition filtrent les accès par la mer au port d’Al Hodeïda. Officiellement, les navires saoudiens et émiratis font respecter l’embargo de l’ONU sur les armes à destination des Houthis en inspectant des chargements suspects. Mais, en réalité, ils bloquent la nourriture, le carburant et les médicaments d’importation qui devraient approvisionner plus de 20 millions de Yéménites. Des entraves fondées sur une « base manifestement arbitraire », d’après un rapport du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés de l’ONU (HCR) publié en août 2018. »

Made in France, Disclose, 15 avril 2019.

Les ministres français de la Défense Jean-Yves Le Drian (de mai 2012 à juin 2017, puis ministre des Affaires étrangères de juin 2017 à mai 2022) et Florence Parly (de juin 2017 à mai 2022) ont nié la fourniture par la France d’armes utilisées par la Coalition contre la population civile yéménite. Ces déclarations sont cependant contredites par les faits. La France est bel et bien impliquée dans la fourniture d’armes utilisées dans les violences contre les civils yéménites :

« La France a continué ses livraisons de matériels de guerre (véhicules blindés de combats, intercepteurs maritimes, artillerie, missiles, matériel de ciblage équipant les avions de chasse saoudiens, etc.) à l’Arabie saoudite et aux EAU, malgré le fait qu’ils puissent être utilisés pour commettre ou faciliter des crimes de guerre par la coalition. La France a vraisemblablement continué à livrer des munitions et à assurer la maintenance de matériels bien qu’ils soient engagés au Yémen, à l’exemple des chars Leclerc. La France a aussi fourni une assistance technique sur les Mirages 2000-9 émiriens utilisés dans le cadre du conflit. »

Armes au Yémen : la France mise en cause, Amnesty International, 20 mars 2018.

L’enquête de Disclose est quant à elle sans appel :

« Notre enquête dévoile une véritable stratégie de la famine au Yémen. Une guerre de la faim conduite par les Saoudiens et les Émiratis grâce aux avions, aux systèmes de guidage des bombes et aux navires « made in France ». Ainsi qu’au soutien diplomatique sans faille du gouvernement français depuis le début du conflit. »

Made in France, Disclose, 15 avril 2019.

Les conséquences sont connues de l’ensemble des acteurs :

« Aujourd’hui, le pays fait face, selon l’ONU, à « l’une des plus graves crises humanitaires au monde ». 28 millions de Yéménites vivent toujours sous les bombardements et plus de 8 300 civils ont perdu la vie au cours des seules frappes aériennes de la coalition. Dont 1 283 enfants, d’après un recensement du Yémen data project, une ONG qui collecte et recoupe des informations sur les frappes de la coalition. »

Made in France, Disclose, 15 avril 2019.

En mai 2019, les journalistes d’investigation impliqués dans cette enquête sont convoqués et interrogés par la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI).[2] Cette situation est préoccupante pour la liberté de la presse et de la recherche en France.

Les Houthis contre le reste du monde ?

D’autres acteurs entrent également en jeu. Les groupes terroristes Daech et al-Qaida profitent de la situation chaotique pour lancer à travers tous le Yémen des attaques terroristes contre les Houthis et les partisans d’Ansarallah.

Les Houthis font également face à la présence de mercenaires de la société Academi, engagés par l’Arabie saoudite.[3] Anciennement connue sous le nom de Blackwater, cette société militaire privée fondée en 1997 fournit ses services à la CIA ou au gouvernement fédéral des États-Unis. Ses agents sont notamment responsables du massacre de dix-sept civils irakiens sur la place Nisour à Bagdad en septembre 2007. Un « incident » parmi 163 autres en Irak entre 2005 et 2007. Ces criminels n’ont d’ailleurs jamais été jugés. En effet, l’administrateur de la coalition américaine en Irak, Paul Bremer, leur accorde une immunité en mars 2004. Depuis 2014, elle est devenue une filiale du groupe Constellis après sa fusion avec une autre société militaire privée appelée Triple Canopy.[4]


[1] Hakim Almasmari, Éditorial du Yemen Post Newspaper, 10 avril 2010.

[2] Alexandre Berteau, Armes françaises au Yémen : trois journalistes entendus par la DGSI, Le Monde, 16 mai 2019.

[3] Around 400 Blackwater Mercenaries Fighting for Saudi-Led Coalition, Sputnik International, 19 janvier 2016.

[4] À ce sujet, lire Blackwater, saga d’une armée privée, Le Monde, 11 février 2018 et Jeremy Scahill, Blackwater. L’ascension de l’armée privée la plus puissante du monde, Actes Sud, 2008.

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Art et Littérature Histoire

Rudaki, un grand poète iranien

Rudaki fut un grand poète iranien dont l’œuvre a marqué l’histoire de la pensée et de l’identité iraniennes. Il représentait notamment l’ère de grandeur de l’Iran islamique.

Rudaki, l’éclat de l’art poétique iranien

Rudaki, également connu sous le nom d’« Adam des poètes », était un poète iranien considéré comme le premier grand génie littéraire de la langue persane moderne. Il est considéré comme l’un des fondateurs de la littérature persane classique. Né en 858 à Rudak, qui fait aujourd’hui partie du Tadjikistan, Rudaki a composé des poèmes dans l’alphabet persan moderne. Bien que seule une petite partie de sa vaste poésie ait survécu, sa contribution à la littérature persane est inestimable.

Statue du poète iranien Rudaki à Douchanbé
Statue de Rudaki dans le parc Rudaki à Douchanbé (Tadjikistan)

Rudaki est souvent appelé le père de la poésie persane. Il a mémorisé le Coran à l’âge de huit ans et a commencé à composer des poèmes. Son nom de famille, Rudaki, est dérivé du nom de son village natal, Rudak. Il est également connu sous des titres tels que « Maître de Samarkand », « Maître des poètes » et « Sultan des poètes ». Ces titres sont d’ailleurs mentionnés dans ses propres poèmes.

Sa contribution à la langue et à la culture persanes continue de toucher les cœurs et les esprits des Iraniens et de tous ceux qui apprécient la beauté de la poésie et de la littérature. La commémoration de Rudaki est un rappel de l’importance de préserver et de célébrer l’identité persane et l’héritage culturel iranien.

La langue persane, vecteur de civilisation

Rudaki eut une influence considérable sur la renaissance de la culture iranienne et de la langue persane. Il contribua à la période d’éclat de la civilisation islamique moderne, qui s’est déroulée entre le IXème et le XIème siècle. De grandes figures scientifiques de cette époque, telles que Birouni, Avicenne et Farabi, parlaient principalement le persan. L’éclat de la langue persane dans la géographie culturelle de l’Iran était essentielle pour son rayonnement dans des régions telles que l’Inde, le Tadjikistan et l’Afghanistan.

Lorsque des écrivains iraniens ont commencé à parler et à écrire en persan, la culture islamique a atteint sa grandeur actuelle. Sans la langue persane, la culture islamique n’aurait pas pu atteindre un tel niveau de grandeur et d’influence. Cela en particulier dans le domaine de la poésie, de la littérature mais également dans celui des sciences.

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Nature et Géographie

L’île d’Ashouradeh dans la mer Caspienne

Ashouradeh est une île de 800 hectares se trouvant à l’extrémité est de la péninsule de Miankaleh, dans la province du Mazandaran, à 3 kilomètres de Bandar Torkaman et à 23 kilomètres de Gorgan. Cette île est surtout connue pour fournir plus de 40 % de la production de caviar iranien.

île Ashouradeh mer Caspienne

Également connue sous le nom d’Ashur Ada, l’île d’Ashouradeh (آشوراده) et les autres îles d’Esma’il Say (جزیره اسماعیل سای) et Akaz (جزیره آکاز) se situent au large de la côte iranienne dans la mer Caspienne, précisément dans la baie de Gorgan (خلیج گرگان).

L’île d’Ashourdeh se situe à 26 mètre sous le niveau de la mer. La végétation présente sur l’île comprend des framboisiers et des grenadiers aigres. On y trouve également divers animaux tels que des chacals, des renards, des lapins, des poissons, des faisans, des perdrix et des oiseaux de mer.

L’île d’Ashouradeh, un trésor méconnue dans la mer Caspienne

Le terme turkmène ashourda se traduit par « île assyrienne ». Il se compose de deux parties : ashir (آشیر) qui signifie « Assyrie », et ada (آدا ) qui signifie « île ». Les Turkmènes appellent cette île Mal Ashir (مال آشیر). Ils transportaient autrefois leur bétail depuis les côtes turkmènes pour le faire paître sur l’île. Dans ce contexte, mal signifie « bétail » et ashir « transporter » à l’infinitif.

île Ashouradeh Iran

Certains historiens suggèrent qu’Ashouradeh pourrait être l’île connue sous le nom d’Absakoun (آبسکون). C’est en ce lieu que trouva refuge le sultan Mohammad Kharazmshah lors de l’invasion mongole de l’Iran au XIIIème siècle. Il y demeura jusqu’à sa mort en 1220.

Durant la période safavide, la péninsule devient un terrain de chasse. Cela conduisit notamment à l’établissement de fortifications sur l’île.

En 1837, en dépit des protestations iraniennes, les forces russes occupèrent l’île. Après cette occupation, les Russes établirent un avant-poste militaire, qui demeura en place durant plusieurs décennies.

île Ashouradeh château russe

Actuellement, l’île abrite deux bâtiments historiques. Le château russe fut reconstruit sous le règne de Reza Shah, puis transformé en poste de contrôle. Malheureusement, le château est aujourd’hui en ruine, tandis que la maison du ministère russe subit actuellement le même destin.

Un magnifique album de photographies de Mohammad Ataei à découvrir :

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Art et Littérature Histoire Société

La nuit de Yalda, une célébration aussi ancienne que l’Iran

Depuis des millénaires en Iran, les Iraniens célèbrent la nuit de Yalda. Il s’agit de la dernière nuit de l’automne, la plus longue de l’année solaire. Cette fête ancestrale est un symbole important de la culture et de la civilisation iraniennes. Les rituels et les coutumes de la nuit de Yalda représentent la richesse de l’identité culturelle des Iraniens.

La nuit de Yalda en Iran

La nuit Yalda est célébrée de différentes manières dans différentes villes et par différentes ethnies en Iran. Les rituels communs comprennent l’allumage d’un feu, la narration d’anecdotes, la consommation de noix, de pastèque ou de grenade, et la récitation de poèmes de Hafez. La lecture du Shahnameh, le Livre des rois de Ferdowsi, est également l’un des moments forts de la nuit Yalda.

La nuit Yalda a également eu une grande influence dans la littérature persane et l’art iranien. Notamment avec des poètes tels que Molana Rumi, Rudaki, Hafez, Saadi, Attar et Nasser Khosro qui célébrèrent Yalda dans leurs œuvres.

La fête de Yalda reflète la vision culturelle des Iraniens sur un événement scientifique et astral. Elle souligne également leur relation étroite avec la nature et l’environnement. Cette nuit est une occasion de préserver l’unité et la coexistence de toutes les ethnies en Iran.

Yalda, un symbole de la culture iranienne

Il est intéressant de noter que d’autres civilisations du monde ont également célébré la dernière nuit d’automne pour marquer l’anniversaire du soleil. Les rituels de ces célébrations non-iraniennes présentent de nombreuses similitudes avec la cérémonie de Yalda. Cela témoigne de l’influence de l’ancienne culture perse au-delà des frontières de l’Iran. Par exemple, en Égypte ancienne, la renaissance du soleil était célébrée pendant la nuit Yalda.

De nos jours, la célébration de Yalda a également gagné en popularité dans d’autres pays tels que le Tadjikistan, la Turquie, le Pakistan, l’Afghanistan, le Japon, la Chine, la Corée du Sud, l’Écosse, la Russie, la Bolivie, le Pérou, l’Équateur, l’Afrique et d’autres régions.

Cette célébration internationale et universelle de la nuit Yalda a été officiellement reconnue par l’UNESCO qui l’a classée comme un patrimoine culturel de l’humanité en 2022. Ainsi, en plus d’être une festivité iranienne, la nuit de Yalda est devenue un moyen important de renforcer la cohésion nationale en Iran et promouvoir l’amitié et la paix régionales.

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Géopolitique et Diplomatie

Enquête sur l’origine du terrorisme au Baloutchistan

Le 15 décembre 2023, le terrorisme frappa à nouveau dans la province iranienne de Sistan-et-Baloutchistan. Téhéran sollicite Islamabad pour renforcer la sécurité de leur frontière à la suite d’un attentat terroriste survenu à Rask.

Pas moins de onze membres des forces de police sont morts et sept autres blessés, dont certains dans un état critique. L’attaque a ciblé le quartier général de la police dans la province du Sistan-et-Baloutchistan le vendredi 15 décembre. Le groupe terroriste Jaish al-Adl, basé au Pakistan, a revendiqué la responsabilité de l’attentat.

carte du Baloutchistan

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, appelle le Pakistan à coopérer davantage afin de mettre un terme aux activités terroristes et d’assurer la sécurité le long de la frontière commune.

Monsieur Amir-Abdollahian s’est entretenu au téléphone avec son homologue pakistanais Jalil Abbas Jilani. Le ministre iranien a exprimé sa préoccupation au sujet de la situation frontalière.

Quelle origine au terrorisme dans le Baloutchistan ?

L’iranologue français, Morgan Lotz, souligne dans une enquête pour Press TV les origines du terrorisme dirigé contre l’Iran.

L’Iran et le Pakistan partagent une longue frontière terrestre, ce qui en fait une priorité pour la coopération en matière de sécurité.

La province du Sistan-et-Baloutchistan se situe au sud-est de l’Iran et est frontalière du Pakistan. Elle est régulièrement confrontée à des actes de terrorisme perpétrés par des groupes armés basés au Pakistan et dirigés par les États-Unis et l’OTAN, comme le souligne l’enquête menée par ce spécialiste des questions sécuritaires de l’Iran.

Cette région se caractérise par sa diversité ethnique, mais également ses paysages magnifiques et méconnus. Cependant, ses vastes frontières s’avèrent poreuses. Ces conditions font qu’elle est souvent utilisée par les terroristes comme une zone de transit et de planification d’attaques contre des cibles iraniennes. En renforçant leur coopération bilatérale, l’Iran et le Pakistan peuvent jouer un rôle clé dans la lutte contre le terrorisme.

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Géopolitique et Diplomatie Histoire

L’« Axe de la Résistance » : de quoi s’agit-il ?

L’Axe de la Résistance, également connu sous le nom de mehvar-é moqâvemat en persan et mehvar al-muqâwamah en arabe, fait référence à une alliance de pays orientaux et asiatiques qui refusent de se soumettre à la domination arabo-occidentale composée par l’Arabie saoudite, Israël, les États-Unis et l’Union européenne.

L’Axe de la Résistance regroupe l’Iran, le Hezbollah libanais, la Syrie, les Hachd al-Chaabi irakiens, ainsi que les combattants yéménites d’Ansarallah.

illustration des membres de l'Axe de la Résistance

Morgan Lotz livre dans son ouvrage Comprendre les Gardiens de la Révolution islamique une étude parmi les plus complètes et sérieuses sur ce sujet trop rarement abordé.

D’où vient le nom « Axe de la Résistance » ?

Le terme est apparu en 2002 dans le quotidien libyen al-Zahf al-Akhdar (« La Marche verte ») en réponse à la déclaration du président américain George W. Bush qualifiant l’Iran, l’Irak et la Corée du Nord d’« axe du Mal ». Dans un article intitulé Axe du Mal ou axe de la Résistance, il est affirmé que « le seul dénominateur commun entre l’Iran, l’Irak et la Corée du Nord est leur résistance à l’hégémonie américaine ».

En 2004, lors de l’insurrection chiite en Irak, le terme est repris par le journal iranien Djomhouri-yé eslâmi en ces termes :

« si la ligne des shî’ites irakiens doit être liée, unie et consolidée, cette unité devrait être réalisée sur l’axe de la résistance et de la lutte contre les occupants ».

Ce terme gagne en officialité en août 2010 lorsque ‘Ali Akbar Velâyati, conseiller du Guide de la Révolution pour les affaires étrangères, énonce :

« La chaîne de résistance contre Israël par l’Iran, la Syrie, le Hezbollah, le nouveau gouvernement irakien et le Hamas passe par l’autoroute syrienne… La Syrie est l’anneau d’or de la chaîne de résistance contre Israël. »

Lors d’une réunion en août 2012, en présence de Sa’id Djalili, secrétaire du Conseil suprême de la Sécurité nationale iranienne, Bachar al-Assad reprend publiquement ce terme :

« Ce qui se passe en Syrie n’est pas une question intérieure, mais un conflit entre l’axe de la résistance et ses ennemis dans la région et dans le monde. L’Iran ne tolérera, sous quelque forme que ce soit, la rupture de l’axe de résistance, dont la Syrie fait partie intégrante. »

L’agence de presse SANA (Syrian Arab News Agency) reprendra ce terme dans sa dépêche dénonçant les « tentatives de certains pays occidentaux et de leurs alliés de frapper l’axe de la résistance en ciblant la Syrie et en y soutenant le terrorisme. »

Quelle est sa pensée et quels sont ses objectifs ?

L’Axe de la Résistance partage des objectifs politiques similaires pour la région de l’Asie du sud-ouest : libérer cette région de la domination impérialiste des États-Unis et d’Israël. Ce dernier qu’il désigne par le terme « entité sioniste », en référence à l’idéologie qui conduisit à la création de l’État hébreux en 1948.

L’Axe de la Résistance est lié par une solidarité se renforçant sans cesse face aux attaques occidentales qu’il subit. Les identités religieuses sont d’ailleurs intrinsèques à cette alliance : chiite duodécimaine pour l’Iran, le Hezbollah et les Hachd al-Chaabi, chiite zaydite pour les Houthis du Yémen et alaouite pour les Syriens.

En effet, les Chiites ont trop souvent souffert de persécutions. D’une part, les sunnites dominants tout au long de l’histoire les ont opprimé. D’autre part, les puissances coloniales ont favorisé les partis sunnites pendant leur occupation pour consolider leur contrôle sur les territoires. Sur ce sujet, Théo Nencini explique la situation d’exclusion des Chiites en Irak dans son livre L’Irak chiite parle persan. Le lecteur pourra également consulter l’ouvrage de Ameer Jajé, Le Chiisme – Clés historiques et théologiques. Il présente la condition des Chiites à travers les célébrations de leur liturgie en Irak, soumise à la tolérance limitée du pouvoir sunnite.

Quelle place pour d’autres acteurs ?

Bien que le Hamas s’intègre dans cette alliance de lui-même sans demander l’avis des acteurs concernés, il n’en est cependant pas une composante historique. Il est même très éloigné de ses objectifs. Le mouvement palestinien sunnite soutint l’opposition syrienne contre Bachar al-Assad lors de la guerre éclatant en 2011. De même, il soutint l’intervention saoudienne au Yémen contre Ansarallah. Pilotée par l’Arabie saoudite, celle-ci fut un véritable génocide contre les Houthis, une tribu yéménite de confession chiite zaydite.

Le Hamas n’hésita guère non plus à chasser le mouvement chiite palestinien Harakat al-Sâbarin de la bande de Gaza en 2019 après avoir arrêté plusieurs dizaines de ses membres.

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Nature et Géographie

Le parc forestier d’Alangdareh en automne

Le parc forestier d’Alangdareh révèle ses couleurs de l’automne dans un spectacle enchanteur. Cette forêt constitue une merveille naturelle magnifique et diversifiée dans la province septentrionale du Golestan en Iran.

parc forestier d'Alangdareh en automne

Couvrant une superficie de plus de 60 000 hectares, la forêt abrite une grande variété de plantes et d’animaux. Plusieurs sites culturels et historiques importants enrichissent également ce lieu prisé des touristes.

Des rives de la rivière Ghalashi au lac Alangdareh, en passant par les attractions voisines de Nahar Khoran, du village de Ziarat, de la colline du château de Khandan et de Hézar Pich, le parc forestier d’Alangdareh offre une multitude d’opportunités pour les loisirs de plein air, la photographie et l’exploration culturelle.

Le parc forestier d’Alangdareh, une destination touristique prisée en automne

La forêt d’Alangdareh a une longue et riche histoire, étroitement liée au patrimoine culturel de la province du Golestan. Elle eut diverses utilités au cours des siècles. Notamment comme terrain de chasse pour les dirigeants locaux et comme source de bois de construction et de combustible.

La rivière Ghalashi est une voie navigable magnifique et tranquille qui traverse la forêt d’Alangdareh. Elle abrite une variété d’espèces de poissons, y compris la truite et la carpe. C’est une destination populaire pour les amateurs de pêche.

À proximité, le lac Alangdareh est un magnifique plan d’eau. Entouré d’une forêt dense, il offre un cadre paisible et serein aux visiteurs. Le lac abrite plusieurs espèces de poissons et d’autres espèces aquatiques. Il s’avère une destination populaire pour la navigation de plaisance, la pêche et d’autres activités récréatives.

La colline du château de Khandan, aussi connue sous le nom de citadelle de Khandan, est un exemple unique de l’ancienne architecture militaire iranienne. Une série de murs et de tours offrent un aperçu des stratégies défensives de l’ère sassanide.

parc forestier Alangdareh (Iran)

Hézar Pich (en français « Mille Marches ») monte le flanc d’une montagne avec un total de 1200 marches qui serpentent jusqu’au sommet. Au sommet de l’escalier, les visiteurs peuvent profiter d’une vue imprenable sur le paysage environnant, y compris la forêt voisine d’Alangdareh et la rivière Ghalashi.

Alangdareh en automne (Iran)

Un magnifique album de photographies de Rahele Hesari à découvrir :

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Géopolitique et Diplomatie

L’Iran chasse un porte-avions américain du golfe Persique

Vendredi 15 décembre 2023, le porte-avions américain USS Dwight Eisenhower croisant dans les eaux du golfe Persique fut intercepté par la marine iranienne. L’ensemble de cette opération a été filmée. Les images rendues publiques par les Iraniens permettent d’éviter toute accusation américaine de mensonge et de propagande.

Selon le contre-amiral Alireza Tangsiri, commandant de la marine du Corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI), le porte-avions américain USS Dwight D. Eisenhower a quitté le golfe Persique et le détroit d’Hormuz. Au cours de sa déclaration, il précise que les forces navales du CGRI surveillaient de près le porte-avions depuis son déploiement dans la région. De plus, il souligne que ce déploiement était principalement à des fins de propagande, sans produire aucun résultat opérationnels pour les États-Unis. Le porte-avions Eisenhower a coopéré en fournissant les informations requises par le CGRI.

Un porte-avions américain menaçant dans le golfe Persique

La situation maritime dans la région est devenue fragile récemment. Cela en partie en raison du conflit israélo-palestinien qui connaît un épisode particulièrement violent depuis le 7 octobre. Les États-Unis ont envoyé des porte-avions, officiellement pour prévenir une propagation des hostilités et pour protéger Israël. L’Iran a déjà prévenu par le passé qu’il n’accepterait aucune ingérence étrangère dans le golfe Persique.

Cependant, les forces navales américaines sont incapables de repousser les attaques des forces de la Résistance yéménites contre les navires liés à Israël passant par les ports de la mer Rouge.

Le retrait du porte-avions américain du golfe Persique et du détroit d’Hormuz souligne l’efficacité de la défense iranienne. Cet évènement prouve également que l’Iran est réellement une puissance militaire disposant d’une crédibilité et d’une capacité de dissuasion.

Consciente des enjeux géopolitique, la marine iranienne ne cesse depuis plusieurs années de renforcer ses capacités opérationnelles. Elle poursuit également le développement de ses compétences tout en modernisant sa flotte.

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Nature et Géographie

Le jardin Pahlavanpour de Mehriz

Situé dans la charmante ville de Mehriz (مهريز), dans la région de Yazd, le jardin Pahlavanpour (باغ پهلوان‌پور) est un chef-d’œuvre qui remonte à la fin de l’ère qadjare.

jardin Pahlavanpour Mehriz

Ce jardin historique révèle un complexe d’entrée impressionnant. Il comprend notamment une tour, une écurie, une grange et une magnifique résidence d’été appelée kushk ou sharbatkhane, qui abrite un salon de thé sur deux étages et demi.

Le jardin Pahlavanpour, un trésor de Mehriz

jardin Pahlavanpour (Mehriz, Iran)

Au sein de cette résidence, on trouve également le salon, le howzkhane (une zone couverte avec un bassin central souvent surélevé et relié à d’autres pièces), les gushvarhā (des structures octogonales mobiles) et le bâtiment de la résidence d’hiver.

Ce bâtiment comporte des salons, un cellier, une cuisine, le bâtiment du gardien servant de logement pour le personnel de service, ainsi que le hammam et l’entrepôt.

Pahlavanpour

Ce qui rend le jardin Pahlavān Pour si particulier, c’est la présence d’une source d’eau provenant d’un qanat connu sous le nom de Hasan Ābād. Le flux de cette eau alimente le jardin et crée une atmosphère paisible et rafraîchissante.

Le long du ruisseau principal, on trouve de majestueux et anciens platanes, ainsi que des arbres fruitiers tels que des grenadiers, des amandiers et des kakis, qui ajoutent une touche colorée au paysage.

Le jardin Pahlavānpur a reçu une distinction prestigieuse en étant inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Pahlavanpour Iran

Ce lieu historique est aujourd’hui un hôtel unique offrant non seulement des hébergements en suites de luxe, mais également des installations de loisirs et sportives. Les visiteurs ont ainsi la possibilité de se plonger dans l’histoire tout en profitant d’un séjour confortable et enrichissant.

Le jardin Pahlavānpour est bien plus qu’un simple morceau d’architecture. C’est un témoignage vivant de l’art et de la culture d’une époque révolue, ainsi qu’un refuge paisible où l’on peut se ressourcer et se détendre.

Que l’on soit un passionné d’histoire ou simplement à la recherche d’un lieu de séjour unique, le jardin Pahlavānpour se révèle une destination incontournable à Mehriz.

jardin Pahlavanpour de Mehriz

Un magnifique album de photographies de Majid Jarrahi à découvrir :

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Art et Littérature Artisanat Bibliotheca iranica

Découvrir la cuisine iranienne avec Easy Iran de Golan Nasséri

L’autrice Golan Nasséri nous plonge avec son livre de cuisine intitulé Easy Iran dans le délicieux monde de la gastronomie iranienne.

Easy Iran livre de recettes de cuisine Golan Nasséri éditions Mango
Golan Nasséri, Easy Iran, éditions Mango, 2023.

Golan Nasseri nous emmène à la découverte de la culture culinaire de son pays natal et partage ses meilleures recettes. Ce livre est une invitation à voyager à travers les arômes et les parfums authentiques de la cuisine iranienne.

La cuisine iranienne, aussi riche que diverse, plonge ses racines dans une histoire millénaire. Chaque région du pays possède ses propres plats et traditions culinaires, offrant une palette de saveurs et de techniques de cuisson uniques.

Découvrez la cuisine iranienne avec le livre Easy Iran écrit par Golan Nasséri

Cet ouvrage d’une superbe qualité offre une variété de recettes alléchantes qui raviront les papilles les plus exigeantes. Des recettes de riz parfaitement cuisiné (loubia polo, baghali polo ou zereshk polo) et des pains comme lavash, le taftoun, le barbari ou bien encore le sangak. Ensuite, des marinades savoureuses appelées torshi, des salades(sabzi) fraîches et parfumées comme la salade shirazi typiquement iranienne. Mais également des soupes, des galettes de légumes (koukou) savoureuses ou bien encore des ragoûts (khoresht) parfumés. Et bien entendu les fameuses recettes de viandes comme le fesendjân alliant le poulet et la grenade ou bien le célèbre tchélowkébab pour les amateurs de brochettes et de grillades.

Ce livre de cuisine ne se limite pas seulement aux entrées et plats principaux. Il propose également des recettes de sirops et autres boissons ainsi que des desserts typiques de la gastronomie iranienne comme le ferni, le halva ou bien encore le sholeh zard. De plus, Golan Nasséri partage des astuces et des conseils pratiques pour que chaque plat soit une réussite.

Les photographies de Sandra Mahut permettent de reproduire avec précision les techniques et les présentations authentiques des plats iraniens.

La cuisine iranienne, qui peut sembler complexe au premier abord, se révèle être facilement accessible grâce à cet ouvrage. Ce livre est un véritable compagnon de cuisine pour ceux qui souhaitent explorer et maîtriser l’art culinaire de l’Iran.