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Géopolitique et Diplomatie

Accord nucléaire : rappel aux Nations Unies de la responsabilité US

Ce jeudi 6 juin 2024, l’Iran distribua une lettre lors l’Assemblée générale des Nations Unies dans laquelle le pays précise son point de vue concernant l’accord sur le nucléaire et le retrait unilatéral des États-Unis.

Cet accord sur le nucléaire fut signé à Vienne le 14 juillet 2015. Le 8 mai 2018, le président Donald Trump choisit de retirer les États-Unis de cet accord. Cela en dépit des protestations de la communauté internationale. Il annonce également le rétablissement des sanctions étasuniennes contre l’Iran.

Ses différentes appellations sont :

  • en persan برجام (bardjâm) pour برنامه جامع اقدام مشترک (barnâmeh-yé djâmeh-é eqdâm-é moshtarak) ;
  • en français, « Plan d’action global commun » (PAGC) ;
  • en anglais, « Joint Comprehensive Plan of Action » (JCPoA).

L’Iran rappelle qu’en vertu des paragraphes 26 et 36, les États-Unis n’avaient pas le droit de s’en retirer unilatéralement. De plus, le constat selon lequel l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni n’étaient plus en mesure d’abroger leurs sanctions dispensait l’Iran de ses engagements.

La lettre iranienne à propos de l’accord sur le nucléaire distribuée aux Nations Unies

« D’ordre de mon gouvernement et comme suite à la lettre que je vous ai adressée le 21 novembre 2023 (S/2023/899), je vous écris au sujet de la lettre conjointe datée du 3 juin 2024 que les Représentants permanents de l’Allemagne, de la France et du Royaume-Uni auprès de l’Organisation des Nations Unies ont adressée au Secrétaire général et au Président du Conseil de sécurité (S/2024/429). La République islamique d’Iran rejette toutes les allégations formulées dans cette lettre et réaffirme ses positions concernant son programme nucléaire pacifique et le Plan d’action global commun, comme suit :

1. Le groupe E3 continue d’accuser à tort la République islamique d’Iran de ne pas respecter les engagements pris dans le Plan d’action global commun, tout en ignorant délibérément l’origine de la situation actuelle. Comme cela a été rappelé à maintes occasions, la décision prise par l’Iran d’adopter des mesures correctives était pleinement conforme au droit que lui confèrent les paragraphes 26 et 36 du Plan d’action et faisait suite au retrait unilatéral illégal par les États-Unis de l’accord, le 8 mai 2018, et à l’incapacité subséquente du groupe E3 de respecter les engagements contractés. Par sa décision, prise une année après le retrait illégal des États-Unis et au vu du manquement du groupe E3/UE à ses obligations en matière de levée des sanctions, l’Iran visait un objectif qui était on ne peut plus clair, à savoir, rétablir un équilibre entre les engagements et les avantages réciproques au titre du Plan d’action global commun.

2. L’affirmation selon laquelle le groupe E3 a toujours respecté les engagements pris dans le Plan d’action global commun est tout simplement fausse. Bien au contraire, le groupe E3 a constamment manqué aux obligations que lui imposait le paragraphe 20 de l’annexe V du Plan d’action. Ce non-respect manifeste est toujours d’actualité. Le fait que le groupe E3 n’ait pas honoré ses engagements en matière de levée des sanctions énoncés au paragraphe 20 de l’annexe V du Plan d’action à la Date de transition (le 18 octobre 2023) constitue une action unilatérale injustifiable et un exemple clair du fait que le groupe a manifestement manqué à ses obligations, en violation du Plan d’action mais aussi de la résolution 2231 (2015) du Conseil de sécurité.

3. La République islamique d’Iran s’est toujours acquittée des obligations que lui imposaient les accords de garanties généralisées, notamment en coopérant le plus possible avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) pour lui permettre de mener efficacement ses activités de vérification dans le pays. À ce jour, l’Iran fait l’objet des mesures de vérification et de surveillance les plus rigoureuses de l’Agence.

4. En ce qui concerne les dispositions de la rubrique 3.1 modifiée des arrangements subsidiaires, il convient de rappeler que la mise en œuvre desdites dispositions faisait partie des mesures de transparence et de confiance, comme indiqué au paragraphe 65 de l’annexe I du Plan d’action global commun. C’est dans le cadre de la décision prise par l’Iran de cesser d’appliquer les mesures volontaires de transparence au-delà de son accord de garanties que la mise en œuvre des dispositions de la rubrique 3.1 modifiée a été interrompue. Cette décision a été prise en pleine conformité avec les paragraphes 26 et 36 du Plan d’action global commun, selon lesquels, en cas de rétablissement ou de reprise de l’imposition des sanctions liées au nucléaire par les États-Unis ou l’Union européenne, l’Iran a le droit de cesser de respecter tout ou partie de ses engagements au titre du Plan d’action.

5. De même, la décision de l’Iran d’enrichir de l’uranium à Fordou était une mesure corrective prise en réponse au non-respect, par les États-Unis et le groupe E3/UE, de leurs obligations juridiquement contraignantes au titre de la résolution 2231 (2025) et à leur non-respect manifeste des engagements pris dans le Plan d’action global commun. Cette décision a également été prise dans l’exercice des droits de l’Iran expressément énoncés aux paragraphes 26 et 36 du Plan d’action, et en pleine conformité avec les droits que lui confère le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires et avec l’engagement pris dans les accords de garanties généralisées. Toutefois, toutes ces activités ont été et continuent d’être placées sous la supervision de l’AIEA.

6. La détermination de la République islamique d’Iran à respecter les obligations que lui impose le Traité de non-prolifération demeure inébranlable. Nul État partie au Traité ne peut être empêché d’exercer les droits inaliénables que lui confère le Traité de développer la recherche, la production et l’utilisation de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques, sans discrimination et en pleine conformité avec les articles premier et II du Traité. Toute allégation contraire est donc dénuée de fondement et catégoriquement rejetée. L’affirmation selon laquelle le programme nucléaire iranien aurait atteint un stade critique et irréversible ainsi que les assertions selon lesquelles les activités nucléaires pacifiques de l’Iran constitueraient une menace pour la paix et la sécurité internationales sont totalement fausses et infondées.

7. La préoccupation exprimée quant à l’extinction des dispositions de la résolution 2231 (2015) du Conseil de sécurité le 18 octobre 2025 est trompeuse, malvenue et provocatrice, étant donné le caractère absolument pacifique du programme nucléaire de l’Iran. L’Iran a constamment démontré qu’il rejetait les armes nucléaires et qu’il était attaché au Traité sur la non-prolifération. Cette position de principe n’a pas changé. L’Iran rejette fermement toutes les formes d’armes de destruction massive, y compris les armes nucléaires, et ce rejet repose sur de solides enseignements idéologiques et des considérations stratégiques. L’Iran est déterminé à continuer de participer activement à toutes les initiatives internationales qui visent véritablement à sauver l’humanité de la menace des armes nucléaires.

8. La République islamique d’Iran réaffirme son engagement inébranlable en faveur de la diplomatie. Elle a manifesté à plusieurs reprises sa volonté de reprendre les pourparlers en vue de l’exécution intégrale du Plan d’action global commun par tous les participants. Le Plan d’action est un acquis diplomatique multilatéral obtenu de haute lutte ; il demeure la meilleure solution, et la seule. Témoin d’un dialogue fructueux et de la réussite de la démocratie, il a permis d’éviter une crise injustifiée. Le relancer est en effet dans l’intérêt de tous les participants.

Je vous serais reconnaissant de bien vouloir faire distribuer le texte de la présente lettre comme document du Conseil de sécurité. »

Lettre distribuée par l’Iran à l’Assemblée générale des Nations Unies, au sujet de l’accord sur le nucléaire, 6 juin 2024.

Les parties européennes de l’accord sur le nucléaire toujours alignées sur Washington

Les ministres des Affaires étrangères allemand, français et britannique publient le 15 juin un communiqué commun en réponse à l’Iran. Celui-ci s’avère une démonstration des plus culottées de leur hypocrisie et double-jeu.

« Les gouvernements de la France, de l’Allemagne et du Royaume-Uni condamnent les dernières mesures de l’Iran, telle que rapportées par l’AIEA, visant une nouvelle expansion de son programme nucléaire.

L’Iran a pris des mesures supplémentaires qui vident le JCPoA de son contenu, en alimentant des dizaines de centrifugeuses avancées supplémentaires au site d’enrichissement de Natanz ainsi qu’en annonçant l’installation de plusieurs centaines de centrifugeuses supplémentaires dans les sites de Fordo et de Natanz. Ces mesures vont encore augmenter le stock d’uranium enrichi et les capacités d’enrichissement de l’Iran, dont les niveaux ont d’ores et déjà dépassé les limites fixées par le JCPoA. Cette décision représente une escalade supplémentaire du programme nucléaire de l’Iran, qui emporte des risques importants de prolifération. La décision de l’Iran d’augmenter significativement sa capacité de production dans l’installation souterraine de Fordo est particulièrement inquiétante.

Il n’est pas acceptable que l’Iran présente ces mesures comme une réaction à l’adoption par le Conseil des Gouverneurs de l’Agence internationale de l’Energie atomique d’une résolution appelant à la coopération, attendue de longue date, de l’Iran sur les garanties. L’Iran a une obligation légale au titre du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires de mettre pleinement en œuvre son accord de garanties, qui est distinct du JCPoA.

Nous restons attachés à une solution diplomatique empêchant l’Iran de développer une arme nucléaire. »

Iran / JCPoA – Déclaration conjointe des porte-parole des Ministères des Affaires étrangères de la France, de l’Allemagne et du Royaume-Uni (15 juin 2024), 15 juin 2024 (https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/iran/evenements/article/iran-jcpoa-declaration-conjointe-des-porte-parole-des-ministeres-des-affaires).

Ils affirment qu’indépendamment du PAGC, l’Iran est signataire du Traité de non-prolifération des armes nucléaires. Il est, à ce titre, engagé à ne pas produire d’uranium enrichi à usage militaire. Pourtant, aucune preuve n’est fournie pour étayer ces accusations.

Il s’avère nécessaire de rappeler que le principe pacta sunt servanda constitue la pierre angulaire de la coutume en droit international et de l’engagement contraignant que représente un traité international. Ce n’est pas l’Iran qui a rompu cet accord diplomatique mais bien les États-Unis… Les pays européens n’ont quant à eux pas non plus respecté leurs engagements de lever leurs sanctions.

La passivité des pays européens partis à cette accord (l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni) s’avère la navrante démonstration de leur impuissance diplomatique et politique. Mais surtout de leur malhonnêteté démontrée par les rapports de l’AIEA (Agence internationale de l’Énergie atomique) qui attestent du respect par l’Iran de ses engagements.

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Société

Le Guide de la Révolution Ali Khamenei gracie 2654 prisonniers

Le dimanche 16 juin 2024, le Guide de la Révolution islamique, Seyed Ali Khamenei, gracie 2654 prisonniers. Cette décision intervient à l’occasion des fêtes islamiques de l’Aïd al-Adha et de l’Aïd al-Ghadir. C’est là un sujet dont les médias occidentaux ne parlent jamais, préférant même le censurer…

La clause 11 de l’article 110 de la Constitution de la République islamique d’Iran prévoit le droit de grâce pour le Guide de la Révolution. Seyed Ali Khamenei est coutumier de ce droit, n’hésitant pas à gracier plusieurs milliers de prisonniers chaque année, principalement à l’occasion des célébrations religieuses. Ainsi avait-il déjà gracié 2127 prisonniers le 6 avril dernier, à l’occasion de la fête de l’Aïd al-Fitr, faisant suite à la proposition du Le chef du pouvoir judiciaire iranien, Gholamhossein Mohseni Eje’i.

En quelle occasion Ali Khamenei gracie-t-il 2654 prisonniers ?

Ces grâces interviennent à l’occasion des fêtes religieuses du mois de juin 2024. Tout d’abord l’Aïd al-Adha et ensuite l’Aïd al-Ghadir.

L’Aïd al-Adha (عيد الأضحى) signifie en français « fête du sacrifice ». Elle est également nommée « ‘eyd-é qorbân » (عید قربان) en Iran et en Afghanistan. Les musulmans célèbrent cette fête le 10ème jour du mois de dhou al-hidja (ذُو ٱلْحِجَّة), le dernier mois de l’année musulmane. Marquant la fin du pèlerinage, elle commémore également l’acceptation d’Abraham de sacrifier son fils.

Les Chiites célèbrent aussi l’Aïd al-Ghadir, dénommée en Iran « ‘eyd-é ghadir khom » (عید غدیر خم). Cette célébration commémore le Sermon de l’Adieu prononcé par le prophète Mohammad lors de son dernier pèlerinage. Il nommera devant la communauté musulmane le Ier Imâm Ali comme le Gardien des Croyants (amir al-mu’minin).

Sources : Le Leader de la Révolution gracie les peines de plus de 2 600 détenus, PressTV, dimanche 16 juin 2024.

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Géopolitique et Diplomatie

Libération du diplomate iranien Hamid Nouri otage en Suède

Hier samedi 15 juin 2024, la Suède libérait le diplomate iranien Hamid Nouri, illégalement emprisonné depuis plus de 5 ans, en pleine violation du droit international sur les relations diplomatiques.

L’affaire Hamid Nouri, un diplomate iranien retenu en otage en Suède

Le diplomate iranien Hamid Nouri fut arrêté dès son arrivée à l’aéroport de Stockholm en novembre 2019. L’organisation terroriste des Moudjahidines du Peuple (OMPI) avait fabriqué un faux dossier dans le but de lui faire endosser la responsabilité de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité qu’il n’avait aucunement commis.

diplomate iranien Hamid Nouri otage en Suède
Le diplomate iranien Hamid Nouri

La « justice » suédoise l’a condamné à la prison à perpétuité lors d’un procès truqué en juillet 2022. La Cour d’appel suédoise confirmera ensuite ce verdict le 19 décembre 2023. Ses conditions de détention violèrent les droits de l’Homme : isolement complet, contact familial interdit et refus de soin médicaux.

En effet, Hamid Nouri souffrait en janvier ou février 2024 d’une fracture de la jambe. L’administration pénitentiaire suédoise refusa sa consultation par un médecin durant une semaine. Seule une radiographie fut réalisée. De plus, les autorités suédoises ne présentèrent aucune explication concernant l’origine de cette fracture.

Le diplomate Hamid Nouri accueilli à Téhéran après sa libération

Le 29 mars 2024, la police suédoise arrête également son fils Madjid qui tentait d’obtenir plus d’informations sur l’état de santé de son père, avant de le libérer.

Des relations diplomatiques à géométrie variable

Kazem Gharibabadi, secrétaire du Haut Conseil iranien des droits de l’Homme, déclare à propos de cette libération :

« Hamid Nouri, détenu illégalement en Suède depuis 2019, est libre et rentrera dans le pays dans quelques heures. Ce succès est dû aux efforts de mes collègues du pouvoir judiciaire, du ministère de l’Information, du ministère des Affaires étrangères, en particulier de mon frère martyr Amir Abdollahian. »

Son fils Madjid Nouri s’est également exprimé sur la libération de son père :

« À la veille des fêtes de l’Aïd al-Adha et de l’Aïd al-Ghadir, après 1 680 jours de captivité, les efforts inlassables de nos responsables résolus et courageux ont porté leurs fruits, et mon père, Hamid Nouri, est sur le point de retourner en Iran. »

L’ancien responsable iranien Hamid Nouri libéré de prison en Suède, PressTV, 15 juin 2024 (https://french.presstv.ir/Detail/2024/06/15/727522/Su%C3%A8de—l-ex-responsable-iranien-Hamid-Nouri-lib%C3%A9r%C3%A9-de-prison).

De son côté, la Suède annonçait les libérations de Johan Floderus, un agent de renseignement suédois présenté comme un « diplomate de l’Union européenne (UE) » arrêté en avril 2022 et de Sa’id Azizi, un ressortissant irano-suédois arrêté en novembre 2023 pour des faits d’atteinte à la sécurité nationale. Quelques jours plus tôt, le mercredi 12 juin, l’Iran libérait Louis Arnaud, un probable agent de la DGSE arrêté en septembre 2022.

Les pays européens sont coutumiers de la violation du droit international : un autre diplomate iranien, Assadollah Assadi, fut précédemment arrêté en Allemagne en 2018 avant d’être libéré de Belgique en mai 2023. Il demeure encore un otage iranien retenu en France, le journaliste Bashir Biazar arrêté le 5 juin 2024.

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Géopolitique et Diplomatie Qassem Soleimani

Il y a 10 ans étaient fondés les Hachd al-Chaabi

Il y a 10 ans jour pour jour, le 15 juin 2014, était fondée la résistance contre Daech en Irak : les Hachd al-Chaabi. Placés sous le commandement du général iranien Qassem Soleimani et de son adjoint irakien Abou Mahdi al-Mouhandis, ces milliers de combattants venus de tous les horizons allaient combattre l’entreprise de mort qui s’abattait sur ce pays.

Hachd al-Chaabi Irak

Leur histoire et leur combat firent l’objet d’une étude détaillée dans le livre Comprendre les Gardiens de la Révolution islamique, publié aux éditions L’Harmattan en mars 2022. Cet ouvrage présente également de nombreux documents intégralement retranscrits. Parmi ceux-ci figurent notamment l’appel de l’ayatollah al-Sistani à la résistance et ses recommandations aux combattants.

Le massacre du camp Speicher et la fatwa de l’ayatollah Sistani

Le 13 juin 2014, l’organisation terroriste Daech conquiert la ville irakienne de Mossoul. Elle y commet le massacre de près de 1700 cadets chiites et non musulmans de l’armée irakienne au camp Speicher. Devant l’horreur et la tragédie qui frappe l’Irak après la Syrie, le grand ayatollah Ali al-Sistani émet une fatwa appelant à la guerre sainte (djihad) contre Daesh qui visait l’Irak tout entière et l’Iran.

ayatollah Sistani pape François 6 mars 2021 Nadjaf Irak
Rencontre l’ayatollah Ali al-Sistani et le pape François Ier à Nadjaf le 6 mars 2021. Ce sont d’ailleurs les Hachd al-Chaabi qui assurèrent la sécurité du Souverain pontife lors de son voyage officiel en Irak.

Les minorités religieuses présentes en Irak vivaient désormais sous la menace de la machine d’épuration ethnico-religieuse daeshienne. De plus, une victoire irakienne de Daesh lui aurait ouvert la voie au territoire iranien.

Cette fatwa est une wâdjeb al-kifâi, c’est-à-dire une obligation collective. Elle fut prononcée le 13 juin 2014 lors de la prière du vendredi par Sheykh Abdoul Mahdi al-Karbalâ’i, représentant de l’ayatollâh ‘Ali al-Sistâni à Karbalâ’.

Les Hachd al-Chaabi, mobilisation populaire et résistance

Hashd al-Sha’bi (الحشد الشعبي) se traduit en français par « mobilisation populaire », al-hashd signifiant « mobilisation » et al-sha’bi « peuple » ou « populaire ». Cette résistance va dès lors regrouper plusieurs dizaines de formations combattantes afin de constituer une force luttant contre Daesh.

Les dernières heures de la Bataille du désert avec les milices chiites en Irak (censuré par YouTube)

Placé sous la supervision du Conseil suprême de Sécurité nationale de l’Irak et la tutelle du ministère de l’Intérieur, le Premier ministre en assure le commandement en chef. Abou Mahdi al-Mouhandis, fondateur des Kataeb Hezbollah, assure quant à lui le commandement opérationnel sur le théâtre d’opération.

Sept forces composent la première esquisse de cette alliance de formations combattantes : Liwa Badr, Asaeb Ahl al-Haq, Kataeb Hezbollah, Kataeb Seyed al-Shohada, Harakat Hezbollah al-Nudjaba, Kataeb Imam Ali et Kataeb Djund al-Imam.

Abu Azrael, le milicien chiite aux allures de Rambo (censuré par YouTube)

S’y adjoignent ensuite plusieurs dizaines de formations, principalement chiites, mais également chrétiennes, yézidies, sunnites, turkmènes chiites et kurdes Feylis pour atteindre un effectif estimé entre 200 000 et 300 000 combattants.

Intégrés à l’armée irakienne en 2017, les Hachd al-Chaabi font partie intégrante de l’Axe de la Résistance.

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Sciences et Technologie

L’Iran développe cinq nouveaux médicaments anticancéreux

L’Iran dévoile ce jeudi 13 juin 2024 pas moins de cinq nouveaux médicaments anticancéreux. Une prouesse des chercheurs iraniens qui honore l’Iran autant qu’elle contribue à l’émancipation du pays.

L'Iran dévoile cinq nouveaux médicaments anticancéreux le 13 juin 2024.

Cinq nouveaux médicaments anticancéreux dévoilés par l’Iran

Le groupe de recherche pharmaceutique Barakat (گروه دارویی برکت) dévoile cinq nouveaux médicaments anticancéreux développés par des chercheurs iraniens. Cet institut public dépend du Setâd-é edjrâ’i farmân-é Imâm Khomeyni (ستاد اجرایی فرمان امام خمینی). Son nom peut se traduire en français par « état-major des ordres de l’Imâm Khomeyni ».

Cette fondation fut créée par l’ayatollâh Khomeyni le 26 avril 1989 pour gérer les avoirs saisis par l’État dans un but de charité et d’utilité publique :

« L’État a le devoir de saisir les richesses provenant de l’usure, de l’usurpation, de la corruption, de la malversation, du vol, des jeux de hasard, de l’utilisation abusive des fondations perpétuelles, de l’abus dans les marchés et les transactions publiques, de la vente de terrains incultivés ou de biens publics par nature, de la création de lieux de dépravation et autres cas illicites, et de les rendre à leur propriétaire légal, et dans le cas où il ne serait pas connu, de les verser au Trésor public. Cet ordre doit être appliqué par l’État après examen et enquête, ce au moyen de preuves religieuses. »

Constitution de la République islamique d’Iran, article 49.

Le Setâd-é edjrâ’i farmân-é Imâm Khomeyni gère plusieurs institutions. Notamment les célèbres Fondation des Martyrs (ﺑﻨﻴﺎﺩ ﺷﻬﻴﺪ) et Fondation Barakat (بنیاد برکت), en charge de l’aide aux nécessiteux. Mais également l’Institut Barakat basé sur le savoir (مؤسسه دانش‌بنیان برکت), actif dans le domaine des nouvelles technologies et du développement de l’économique. Il n’est dès lors plus étonnant que cet organisme soit sanctionné par les États-Unis depuis le 4 juin 2013.

L’Iran innove depuis plusieurs années déjà dans le domaine médical. Le 8 décembre 2023, une société iranienne basée dans la province de l’Alborz dévoilait un nouveau produit pharmaceutique injectable, baptisé « cyclophosphamide ». Celui-ci doit servir à traiter plusieurs cancers, notamment ceux des ovaires, du sein, du sang et des yeux. Pour cette occasion, le vice-président iranien chargé de la science, de la technologie et de l’économie basée sur la connaissance, Rouhollâh Dehqâni Firouzâbâdi (روح‌الله دهقانی فیروزآبادی), participait à la cérémonie de présentation. Le cyclophosphamide s’utilise pour soigner le rétinoblastome, un type de cancer des yeux touchant principalement les enfants. Il permet également de lutter contre le myélome multiple, un cancer de la moelle osseuse.

Les sanctions humanitaires des États-Unis contre la population iranienne

L’industrie pharmaceutique iranienne produit depuis 2019 près de 96% des médicaments consommés par sa population. Toutefois, l’Iran importe plus de 50% des matières premières entrant dans leur composition. Cette situation n’a pas échappé aux États-Unis dont les sanctions visent également le domaine médical iranien. À ce titre, Human Right Watch (HRW) publiait le 29 octobre 2019 un rapport dénonçant les agissements des administrations étasuniennes contre la population iranienne.

« Parmi les personnes les plus touchées figurent des Iraniens atteints de maladies rares et/ou d’affections nécessitant un traitement spécialisé qui ne sont pas en mesure d’obtenir des médicaments ou des fournitures déjà disponibles. Il s’agit notamment des personnes atteintes de leucémie, d’épidermolyse bulleuse (EB, un type de maladie qui provoque une peau fragile et cloquée) ou d’épilepsie, et des personnes souffrant de lésions oculaires chroniques dues à l’exposition à des armes chimiques pendant la guerre Iran-Irak. »

“Maximum Pressure” US Economic Sanctions Harm Iranians’ Right to Health (« Pression maximale » – Les sanctions économiques américaines portent atteinte au droit à la santé des Iraniens), 29 octobre 2019 (https://www.hrw.org/report/2019/10/29/maximum-pressure/us-economic-sanctions-harm-iranians-right-health).

La pression est telle que de nombreuses banques refusent d’autoriser des transactions humanitaires avec l’Iran. Le 20 septembre 2019, les États-Unis sont même allé jusqu’à imposer des sanctions contre la Banque centrale iranienne, la dernière institution financière encore en mesure de procéder aux opérations de change impliquant des importations humanitaires.

Ces sanctions restèrent en vigueur durant l’épidémie de covid-19 et le groupe pharmaceutique iranien Barakat travaillant sur un vaccin sera même sanctionné le 13 janvier 2021.

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Histoire

Fouilles archéologiques préventives à Hamedan

Alors que la municipalité d’Hamedan entame des travaux d’excavation et de bétonnage en vue de construire un espace piéton dans la rue Baba Taher, des fouilles archéologiques préventives sont naturellement effectuées dans cette cité historique de l’Iran.

Hamadan fouilles archéologiques juin 2024

En quoi consistent des fouilles archéologiques préventives ?

Lorsqu’un terrain susceptible de recouvrir des vestiges archéologiques subit des travaux, des fouilles archéologiques préventives sont exigées. Cela afin d’éviter toute détérioration ou destruction de pièces historiques.

Hamadan fouilles archéologiques juin 2024

Un diagnostic archéologique permet de déterminer si le terrain en question figure sur des documents historiques. Leur mention par de tels documents permet de connaître l’histoire de la zone et éventuellement d’évaluer les possibles objets présents.

Hamedan fouilles archéologiques juin 2024

Par exemple, un ancien cimetière livrerait des ossements et des sépultures. Cependant, tout les terrains ne figurent pas sur les anciens cadastres ou documents. Plus les objets trouvés sont anciens, moins les chances de voir figurer des éléments historiques sur leur zone de découverte sont minces.

En règle générale, l’aménageur du terrain est contraint par l’État ou la municipalité d’y procéder. En cas d’importance capitale du terrain fouillé, l’aménageur se voir contraint de modifier son projet initial.

Pourquoi des fouilles archéologiques à Hamedan ?

Hamedân (همدان) une ville située dans la région occidentale et montagneuse de l’Iran. Son nom signifie « celle des Mèdes ».

Située au pied de la montagne Alvand, Hamadan est l’une des villes iraniennes les plus froide du pays. Son altitude atteint 1741 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Hamedan fouilles archéologiques juin 2024

Hamedan est en effet l’une des plus anciennes villes d’Iran et même du monde. En 2006, l’Assemblée consultative islamique adopte une résolution déclarant Hamedan « capitale de l’histoire et de la civilisation de l’Iran ». Elle fut notamment la première capitale du premier empire iranien, celui des Mèdes.

archéologie Iran Mèdes

Cependant, les artefacts les plus anciens trouvés sur le site antique de Hegmataneh ainsi que les inscriptions de Ganjnameh sont liés à l’époque achéménide.

Cette ville fut également l’une des capitales du pays à l’époque des Achéménides, des Parthes, des Sassanides, des Bouyides et des Seldjoukides.

Un magnifique album de photographies d’Adel Bakhoda à découvrir :

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Société

Les candidats à l’élection présidentielle du 28 juin 2024

Le Conseil des Gardiens de la Constitution publie aujourd’hui dimanche 9 juin 2024 la liste des candidats retenus pour l’élection présidentielle anticipée qui aura lieu le vendredi 28 juin prochain.

candidats élection présidentielle Iran 2024
En haut, de gauche à droite : messieurs Djalili, Pezeshkiân et Qâlibâf. En bas, de gauche à droite : messieurs Zâkâni, Qâzizâdeh Hâshemi et Pour Mohammadi. (Source : L’Iran approuve six candidats pour le scrutin présidentiel du 28 juin – IRNA Français)

Seules six candidatures ont été retenues parmi les 80 déposés. La campagne électorale débute officiellement le lundi 10 juin.

Présentation des candidats à l’élection présidentielle

Sa’id Djalili

Sa’id Djalili (سعید جلیلی), né en 1965, ultraconservateur. Diplomate de carrière, il fut notamment le directeur des négociations sur le dossier du nucléaire iranien. Il fut également secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale de 2007 à 2013. Il est depuis cette même année membre du Conseil de Discernement de l’Intérêt supérieur du Régime (مجمع تشخیص مصلحت نظام), une institution fondée en 1988 par l’ayatollah Khomeyni équivalent en France au Conseil d’État. Djalili fut candidat aux élections présidentielles de 2013 (11,36% des voix) et 2021, durant laquelle il se retira pour soutenir Ebrahim Raïssi.

Mas’oud Pezeshkiân

Mas’oud Pezeshkiân (مسعود پزشکیان), né en 1954, réformateur. Il fut ministre de la Santé de 2001 à 2005 et député de la circonscription de Tabriz, Osku et Azarshahr depuis 2008. Il fut également vice-président de l’Assemblée consultative islamique de 2016 à 2020. Déjà candidat en 2013, il retira sa candidature, tandis que celle-ci ne fut pas acceptée par le Conseil des Gardiens de la Constitution en 2021.

Mostafa Pour Mohammadi

Mostafa Pour Mohammadi (مصطفی پورمحمدی), né en 1959, réformateur. Cet hodjatoleslam exerça de nombreuses fonctions dans l’administration judiciaire. Il fut entre autre procureur de la Cour révolutionnaire de 1979 à 1986 avant de devenir procureur de la Cour révolutionnaire des Forces armées. Il fut plusieurs fois ministre : aux portefeuilles du Renseignement et de la Sécurité (1987-1999), de l’Intérieur (2005-2008) et de la Justice (2013-2017) dans le gouvernement du réformateur Hassan Rohani.

Mohammad-Bâqer Qâlibâf

Mohammad-Bâqer Qâlibâf (محمد باقر قالیباف), né en 1961, conservateur. Il fut notamment maire de Téhéran de 2005 à 2017, avant de devenir député et président de l’Assemblée consultative islamique en mai 2020. Il fut déjà candidat aux élections présidentielles de 2005 (13,93% des voix) et de 2013 (16,56% des voix) et de 2017, au cours de laquelle il se retira pour soutenir Ebrahim Raïssi.

Seyed Amir Hossein Qâzizâdeh Hâshemi

Seyed Amir Hossein Qâzizâdeh Hâshemi (سید امیرحسین قاضی‌زاده هاشمی), né en 1971, conservateur. Il fut notamment député de la circonscription de Mashhad et Kalat de 2008 à 2021 avant de devenir vice-président dans le gouvernement du défunt président Ebrahim Raïssi. Il est également directeur de la Fondation des Martyrs et des Vétérans. Déjà candidat à l’élection présidentielle de 2021, il ne recueillit que 3,46% des voix.

Alirezâ Zâkâni

Alirezâ Zâkâni (علیرضا زاکانی), né en 1966, conservateur. Il fut notamment député de la circonscription de Téhéran, Ray, Shemiranat, Islamshahr et Pardis (2004-2016) et de Qom (2020-2021). Durant ce second mandat législatif, il occupera le poste de président du Centre de Recherche de l’Assemblée consultative islamique. Il est depuis septembre 2021 maire de Téhéran. Ses candidatures aux élections présidentielles de 2013 et 2017 furent refusées par le Conseil des Gardiens de la Constitution, tandis que celle de 2021 fut acceptée. Il se retirera cependant pour soutenir Ebrahim Raïssi.

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France-Iran

Arrestation arbitraire d’un journaliste iranien en France

La police française a procédé mercredi 5 juin 2024 à Metz, dans le nord-est de la France, à l’arrestation de Monsieur Bashir Biazar, un journaliste iranien. Cette actualité n’a pas manqué de faire réagir en Iran, tandis qu’elle n’est aucunement relayée dans les médias officiels français.

Bashir Biazar journaliste iranien arrêté en France
Portrait de Bashir Biazar, journaliste iranien arrêté en France

Après un interrogatoire de plusieurs heures, le journaliste serait actuellement dans un centre de rétention dans l’attente de son procès. Les autorités françaises n’ont à ce jour toujours pas fourni de justification à cette arrestation. Il semble toutefois que celle-ci fasse suite à sa couverture du conflit israélo-palestinien.

Bashir Biazar écrivait dans l’une de ses dernières publications :

« La semaine dernière, j’ai eu l’occasion de parler lors d’une réunion aux Nations unies sur les sanctions contre l’Iran, les crimes israéliens et les dysfonctionnements des Nations unies ! Ce qui était intéressant, c’est que plus on parlait contre Israël, plus on était acclamé par le public ! Les sionistes n’ont jamais été aussi isolés, détestés et humiliés. »

Rapporté par Ghorban-Ali KhodabandehLes dessous de l’arrestation d’un ressortissant iranien en France, PressTV, 7 juin 2024 (https://french.presstv.ir/Detail/2024/06/07/726989/Les-dessous-de-l%E2%80%99arrestation-d%E2%80%99un-ressortissant-iranien-en-France).

Cette arrestation d’un journaliste iranien en France intervient dans un contexte où d’importantes manifestations dénoncent les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité commis par l’armée israélienne dans la bande de Gaza.

L’Iran réagit à l’arrestation d’un journaliste iranien en France

Cette violation du droit de la presse et de la liberté d’information commise par le régime français n’a pas manqué de susciter des réactions des autorités iraniennes. Ali Bagheri-Kani, ministre iranien des Affaires étrangères par intérim, s’est notamment entretenu par téléphone avec l’ambassadeur d’Iran en France. Il déclare notamment :

« Le ministère des Affaires étrangères ne ménagera aucun effort consulaire, juridique et politique pour soutenir les ressortissants iraniens partout dans le monde. »

Téhéran poursuit l’affaire du ressortissant iranien arrêté en France (presstv.ir)

Déclaration de Nasser Kanaani, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères :

« Dans le cadre de ses responsabilités et de ses efforts sérieux pour protéger la sécurité des ressortissants iraniens, le ministère des Affaires étrangères a mis à l’ordre du jour, à Paris et à Téhéran, la défense des droits de son citoyen arrêté et sa libération dans les plus brefs délais. Les mesures adéquates sont mises à l’œuvre jusqu’à ce que nous ayons gain de cause. »

Le ministère iranien des AE réagit à l’arrestation d’un ressortissant iranien en France (presstv.ir)

Déclaration de Kazem Gharibabadi, secrétaire du Haut Conseil iranien des droits de l’homme :

« L’arrestation d’un ressortissant iranien par la police française en raison de son soutien au peuple opprimé de Palestine est une nouvelle honte pour la France en matière des droits de l’homme. Hier, j’ai parlé avec son épouse et les responsables du ministère des Affaires étrangères ; nous sommes déterminés à défendre nos compatriotes. Ce ressortissant iranien doit être libéré au plus vite. »

Un haut responsable iranien des droits de l’homme appelle à la libération d’un détenu en France (presstv.ir)

Il est à noter que Monsieur Biazar est entré légalement sur le territoire français et s’avère être un journaliste accrédité. Les autorités françaises jouent dans cette affaire le jeu dangereux de la prise d’otage d’État et ne semblent guère se rendre compte de leur double discours concernant les libertés et les procédures judiciaires. Nul doute que cette affaire ne va pas contribuer à l’établissement de relations diplomatiques normales et intelligentes par la France avec l’Iran.

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Histoire Nature et Géographie

Qasr-é Khorshid, le « Palais du Soleil »

Dans la ville de Kalât se dresse un monument emblématique de l’architecture iranienne du 18ème siècle : Qasr-é Khorshid (کاخ خورشید), dont le nom signifie en français « Palais du Soleil ».

Qasr-é Khorshid Palais du Soleil Kalat (Iran)

Le comté de Kalât (کلات) se situe dans la province du Khorasan-é Razavi, dans le nord-est de l’Iran. Qasr-é Khorshid fut autrefois une résidence royale de Nâder Shâh Afshâr (نادر شاه افشار). Ce souverain iranien fut le fondateur d’un empire s’étendant du nord de l’Inde aux montagnes du Caucase, qui lui vaudra le surnom de « Napoléon de l’Iran ».

Qasr-é Khorshid Palais du Soleil Kalat

Qasr-é Khorshid : le « Palais du Soleil », un trésor architectural de l’Iran

La structure comprend un extérieur circulaire en forme de cannelure, un vaste rez-de-chaussée, une cave et enfin une tour cylindrique soutenue par 66 colonnes. Sa beauté réside principalement dans l’agencement de la façade extérieure du bâtiment, où l’on peut voir l’architecture gurkani-indienne. Le palais, haut de 20 mètres, se compose de 12 pièces. Chacune d’entre elle arbore des peintures et des œuvres ornementales telles que des moulures en plâtre. Enfin, le jardin environnant contient 8 bassins avec des fontaines reliées par des ruisseaux.

Les récits rapportent que ce palais porte le nom de Khorshid, l’une des épouses de Nâder Shâh qui régna de 1698 à 1747. Cette demeure ne sera malheureusement jamais achevée en raison d’une situation ambiguë après la mort soudaine du souverain.

Il est possible que des artisans étrangers aient participé à sa construction. En effet, ses panneaux extérieurs arborent des motifs d’ananas et de poires. Or, ces fruits sont encore inconnus dans la région du Khorasan en cette époque.

Qasr-é Khorshid Palais du Soleil (Iran)

Les souverains de la dynastie qâdjâre (1785-1925) utiliseront ensuite à leur tour ce bâtiment comme résidence secondaire au 19ème siècle. Il abrite aujourd’hui le musée d’anthropologie de Kalat.

Le musée du Grand Khorasan se situant dans le quartier de Kouhsangi (کوهسنگی), à Mashhad, est conçu sur le modèle de Qasr-é Khorshid.

Un magnifique album de photographies de Mohsen Vanaei à découvrir :

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Nature et Géographie

La douceur de vivre sur l’île de Kish

Située dans le golfe Persique, Kish est une petite île iranienne appartenant au département de Bandar Lengueh, dans la province de Hormozgan. Cette île corallienne à la forme ovale s’étend sur environ 16 kilomètres de long pour 8 kilomètres de large. Sa superficie totale atteint 91,5 kilomètres carrés.

île de Kish Négâh

Située à 18 kilomètres des côtes de l’Iran, l’île de Kish se trouve à environ 300 kilomètres du port de Bandar Abbas.

Son point culminant se situe à l’est, à une altitude de 45 mètres au-dessus du niveau de la mer, tandis que l’altitude moyenne de l’île est de 32 mètres. La circonférence de l’île mesure quant à elle environ 42 kilomètres.

L’île de Kish au cœur de l’Histoire

L’île de Kish fut le sujet de nombreux récits de voyages. Le navarque grec Néarque sera l’un des premiers à en faire une description au IVème siècle avant Jésus-Christ, sous Alexandre le Grand, suivi par Xénophon qui l’appela « Mère de Kamtina ».

île de Kish Iran loisirs

Avant l’avènement de l’islam, différents peuples de culture iranienne tels que les Élamites, les Sumériens, les Achéménides, les Séleucides, les Arsacides et les Sassanides dominèrent l’île de Kish.

L’Occident éprouva également de l’intérêt pour l’île de Kish, avec des visées colonisatrices. Les Portugais, grande puissance maritime et colonisatrice du XVIème siècle, occupèrent l’île pour maîtriser le commerce avec les contrées de l’océan Indien.

Après leur expulsion par les Safavides, les Britanniques commencèrent à exercer une influence dans la région. Ils occupèrent militairement Kish avant de la revendre. Les Iraniens parviennent enfin à récupérer l’île après cette occupation.

Au début du XXème siècle, l’île fait de nouveau l’objet d’une occupation étrangère, qui prend fin sous le règne de Mohammad Reza Pahlavi. Elle accueille alors un tourisme haut de gamme et devient un endroit prisé des élites aisées.

Kish est aujourd’hui connue pour ses nombreux atouts tels que ses offres de séjour de loisirs, ses boutiques et ses sites touristiques. Au fil de son histoire, l’île acquit également une réputation pour ses palmeraies luxuriantes situées sur la côte nord. De même, l’île se démarque pour son emplacement stratégique propice aux échanges commerciaux par voie maritime.

plage île de Kish

Un magnifique album de photographies de Mahmoud Khakbaz à découvrir :