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L’Iran frappe Israël avec des drones et des missiles

Dans la nuit du samedi 13 au dimanche 14 avril 2024, l’Iran lançait contre Israël plusieurs vagues de drones et de missiles balistiques. Pourquoi une telle action militaire ? Les raisons remontent au 1er avril précédent, lorsqu’Israël attaquait dans la plus grande illégalité l’ambassade et le consulat iraniens de Damas, en Syrie.

Une telle action constitue une violation extrêmement grave du droit international et plus particulièrement de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques de 1961. Celle-ci est un traité international réglant les rapports diplomatiques entre États, l’immunité du personnel diplomatique et l’inviolabilité des ambassades.

illustration jeu d'échecs Iran Israël missiles avril 2024

Négâh® vous propose le récit de ces évènements minute par minute tel qu’il l’a couvert en direct.

Deux semaines d’incertitude et de tensions

Le 3 avril, plusieurs médias israéliens rapportent que des responsables de la CIA annoncent des représailles légitimes iraniennes dans un délai de 48 heures. L’État hébreux évacue ses ambassades dans l’ensemble de la région, à commencer par celles de la Jordanie, des Émirats arabes unis et de l’Azerbaïdjan. L’armée de l’air israélienne est dans le même temps placée en état d’alerte, d’autant plus qu’une réunion entre le Guide de la Révolution Ali Khamenei et le Conseil de Défense iranien a lieu dans la journée.

Dans la nuit, les systèmes GPS du golfe Persique sont brouillés par les systèmes de guerre électronique iraniens. Une telle action vise à perturber les activités des avions AWACS étasuniens qui tenteraient des reconnaissances des activités militaires. Les municipalités israéliennes de Tal Aviv, Haïfa et Eilat sont dans un état d’alerte élevé, tandis que les chaînes de télévisions iraniennes affichent les mots arabes toufan al-ahrar, signifiant « la tempête des esprits libres ».

En Iran, dans la région du Baloutchistan, le groupe terroriste Djaish al-Zalum tente aux alentours de 23 heures (heure française) d’attaquer le quartier-général des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) et le douzième poste de police, situés tout deux dans la ville de Rask. Dix policiers et dix-huit terroristes seront tués. L’interrogation se pose d’une éventuelle action coordonnées avec Israël

Du 4 au 10 avril

Le 4 avril, différents rapports indiquent que l’OTAN et Israël seraient à l’origine du brouillage GPS dans une grande partie de l’Asie du sud-ouest. Cela dans le but de réduire le succès des frappes iraniennes. Ce même jour, des utilisateurs israéliens du système GPS signalent que leurs positions sont dirigées vers Beyrouth, la capitale libanaise. Le signal GPS fonctionne uniquement à l’aéroport de Beyrouth, de sorte que toutes les demandes de localisation se dirigent vers cette zone. Étant donné que l’armée israélienne brouille les attaques, il est possible de s’interroger sur l’éventualité d’une redirection du signal GPS vers Beyrouth affectant des missiles.

Iran Israël comparatif missiles
Comparatif Iran/Israël : missiles israéliens

Le 5 avril, Israël informe les États-Unis que, si l’Iran visait directement son territoire, sa réponse porterait le conflit à un niveau supérieur. L’espace aérien de l’ouest de l’Iran est ce soir-là complètement dégagé. Aucun vol civil ne le traverse. Le journal israélien Yediot Aharonoth rapporte que 28 missions diplomatiques israéliennes sont fermées. De plus, la Syrie envoie une force auxiliaire sur l’axe du Golan afin de contrer une éventuelle invasion israélienne.

Le 6 avril, des mouvements de formations combattantes soutenues par l’Iran sont observés dans le sud-ouest de la Syrie. De son côté, le CENTCOM et l’ensemble des forces étasuniennes sont placées en état d’alerte.

Le 9 avril, une attaque terroriste a lieu contre deux voitures de police dans le Sistan-et-Baloutchistan. Le groupe terroriste sunnite Djaish al-Adl revendique cette attaque ayant causé la mort de six policiers. Deux autres furent grièvement blessés.

Le 10 avril
  • La base de défense aérienne de Khatam al-Anbiya du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) met en alerte deux des trois systèmes de défense aérienne. Selon le ministère étasunien de la Défense, la réponse légitime de l’Iran contre Israël serait imminente. Selon des médias israéliens, les diplomates et les journalistes se préparent à la riposte iranienne. Un certain nombre de téléphones satellites sont distribués pour maintenir les communications. La compagnie aérienne allemande Lufthansa interrompt temporairement tous ses vols à destination et en provenance de Téhéran pour les prochaines 24 heures.
  • L’Iran émet l’ordre de dégager le ciel du Khouzistan, tandis que la 5ème flotte de l’US Navy dans le golfe Persique est mise en état d’alerte. Un avion militaire KC-135R Stratotanker de l’US Air Force vole depuis la base aérienne Royal Mildenhall située au Royaume-Uni. Sa destination demeure inconnue. Il est cependant probable qu’il puisse se diriger vers la base aérienne d’al-Udeed, au Qatar.
  • Israël informe les États-Unis que toute attaque directe de l’Iran déclencherait une réponse immédiate. Des responsables américains confirment au média Al Jazeera que les États-Unis n’excluent pas une attaque de représailles conjointe avec Israël contre l’Iran en cas de frappes contre ses positions.
  • Le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) a mis toutes les unités de missiles et les systèmes radar de la base de défense de Khatam al-Anbia en état d’alerte totale. Pendant ce temps, le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, s’entretient par téléphone avec ses homologues saoudien, irakien, émirati et qatari.
  • Ce même soir, Téhéran est déclaré zone d’exclusion aérienne. Selon les informations publiées sur le site internet des aéroports iraniens, aucun vol intérieur n’aura lieu à l’aéroport de Mehrabad (aéroport de Téhéran desservant les correspondances intérieures) à partir de ce moment et jusqu’à 5 heures du matin. De même, aucun aéronef civil ne vole dans l’espace aérien israélien.
  • Le média israélien Jerusalem Post annonce dans un communiqué urgent que le ministre de la Défense allait tenir une réunion extraordinaire avec un certain nombre de responsables de Tel-Aviv au sujet de la situation sécuritaire en Israël.
Le 11 avril
  • L’Iran rejette la proposition de médiation de la Turquie visant à empêcher une confrontation militaire avec Israël. Selon le Jérusalem Post, les délégations diplomatiques étasunienne, britannique et française ont quitté Israël.
  • Le Pakistan déclare officiellement la Brigade Zeynabiyoun comme groupe terroriste. L’armée pakistanaise a ouvert une enquête sur cette unité des Défenseurs du Sanctuaire composée de Pakistanais chiites qui se sont illustrés dans la lutte contre Daech.
Iran Israël comparatif missiles
Comparatif Iran/Israël : missiles iraniens
  • Dans un message écrit adressé à Washington, l’Iran « met en garde les États-Unis contre le risque d’être entraînés dans le piège de Netanyahou ». Ce message leur précise également de « se tenir à l’écart pour éviter de se retrouver sous les frappes ».
  • Le ministre britannique des Affaires étrangères David Cameron et son homologue iranien Hossein Amir-Abdollahian se sont entretenus par téléphone.
Le 12 avril
  • Le journal israélien Yedioth Ahronoth déclare que l’armée israélienne et le Mossad ont approuvé un plan d’attaque contre l’Iran au cours d’une réunion s’étant déroulée la veille au soir. Tsahal interdit à ses soldats de voyager à l’étranger sans permis en raison des préparatifs d’une éventuelle réponse iranienne.
  • Le Qatar et le Koweït informent les États-Unis qu’ils n’autoriseraient pas l’utilisation de bases sur leur sol pour des attaques contre l’Iran.
  • Le ministère français des Affaires étrangères appelle ce vendredi les ressortissants français à ne pas voyager en Iran, Israël, Liban et dans les territoires palestiniens. La décision a été « actée en réunion de crise » précise le ministre. Il a aussi demandé le « retour des familles des agents diplomatiques de Téhéran » ainsi que l’interdiction des missions de fonctionnaires français dans ces pays.
  • Le Royaume-Uni, la Norvège et l’Inde demandent à leurs citoyens de ne pas se rendre en Iran et en Israël et de quitter ces pays dès que possible.
  • L’Allemagne demande à ses citoyens de quitter immédiatement l’Iran.
  • Des rapports font état d’un brouillage GPS dans les provinces de Qom et du Khouzestan.
  • La population de la province irakienne de Diyala, à la frontière iranienne, signale la présence de traînées lumineuses dans le ciel. D’autres photographies prises à Racht et à Qom, en Iran, montrent la même chose. Le ministère russe de la Défense annonce le test d’un nouveau missile nucléaire intercontinental sur le site d’essai de Kapustin Yar.
  • Plus de 50 roquettes sont lancées par le Hezbollah en direction d’Israël.
  • Israël évacue son ambassade de Bakou, en Azerbaïdjan.
  • La compagnie aérienne autrichienne Austrian Airlines suspend ses vols à destination et en provenance de Téhéran.
  • Alerte de haut niveau de toutes les forces opérationnelles de combat des Hashd al-Sha’abi et du Hezbollah irakiens à proximité des frontières jordaniennes.
  • L’armée américaine transfert 12 avions de combat F-15 d’Angleterre vers l’Asie du sud-est.
  • Le bureau du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou demande à tous les ministères de se préparer à une éventuelle attaque iranienne ce soir.
  • La Turquie informe les États-Unis qu’ils ne pouvaient pas utiliser son espace aérien contre l’Iran.
Le 13 avril

00h20 : Selon le média étasunien CNN, Washington a demandé à Israël de répondre à la légitime riposte iranienne de manière à ne pas conduire à une nouvelle escalade des tensions.

00h40 : Le compte israélien Terror Alarm, affilié avec plusieurs organisations terroristes (notamment Daech) appelle l’OTAN à exterminer la population iranienne : «  Chère OTAN, il est temps de prouver votre valeur en tant qu’allié d’Israël en transformant l’Iran djihadiste en un désert radioactif. »

00h42 : Les Pays-Bas demandent à leurs citoyens de quitter immédiatement Israël.

15h20 : La compagnie aérienne néerlandaise KLM a annoncé qu’elle cesserait de survoler Israël et l’Iran.

19h32 : Une cyberattaque contre l’Autorité nationale israélienne de distribution d’électricité (IEC) entraîne une panne totale du courant électrique et du réseau internet à Tel-Aviv. L’électricité est également coupée dans diverses villes israéliennes, notamment Beit Shamsh, Tel Aviv, Rosh Ha’in, Arad, Modi’in, Beer Shua, Netanya, etc. Le groupe des « Vengeurs » revendique cette action et annonce qu’il contrôle l’ensemble des systèmes électriques israéliens et qu’il est prêt à couper l’électricité ainsi que les réseaux de secours des tours de télécommunication et des centres militaires lors de l’attaque des forces de résistance.

20h53 : Perturbations majeures du système GPS en Irak, en Jordanie, au Koweït, en Syrie et au Liban. Un avion de la compagnie Emirates à destination de l’aéroport international Ben Gourion (en Israël) a fait demi-tour pour rentrer à Dubaï. La Jordanie ferme temporairement son espace aérien.

21h25 : L’Irak annonce la suspension des vols à destination de l’Iran.

21h45 : L’aéroport international de Téhéran et son espace aérien sont fermés jusqu’à nouvel ordre. L’aéroport Ben Gourion de Tel Aviv sera fermé pendant trois heures ce soir.

Quand l’Iran frappe Israël avec des drones et des missiles

Il est environ 21 heures 50 en France lorsque des médias israéliens déclarent que les services de renseignements étatsuniens indiquent le lancement de dizaines de drones et de missiles depuis l’Iran en direction d’Israël. Certaines sources américaines font état du tir de plus de 100 drones.

21h55 : Le groupe « Hanzala » aurait piraté les radars israéliens et annoncé dans un message :

« Nous avons piraté vos systèmes radar pour la deuxième fois, mais cette fois avec une différence ! Vous n’avez que quelques heures pour réparer vos systèmes radar ! Nous avons commencé le jeu ! Nous vous suggérons de vous enfuir immédiatement. »

22h02 : Les médias israéliens annoncent que l’Iran ciblera les systèmes de défense lors de la première vague. La deuxième vague sera constituée de missiles. Il faudra quelques heures aux drones pour atteindre le territoire israélien. Si les systèmes ne sont pas réparés à temps, cela signifie qu’aucune défense aérienne israélienne ne sera assurée.

22h17 : Le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) a officiellement confirmé le début des représailles légitimes de l’Iran contre Israël. Le Hezbollah lance des missiles sur Al-Jalil. Un bombardier étasunien Boeing B-17 entre dans le ciel de la région. Selon le média al-Mayadeen, il existe une possibilité d’affrontements entre combattants russes et étasuniens dans l’espace aérien syrien.

22h27 : Le porte-parole de l’armée israélienne prévient que tous les drones ne pourront pas être arrêtés et que les habitants doivent se préparer à rejoindre les abris. Des drones ont été tirés depuis toute la frontière ouest du pays. Des informations font état de tirs de drones suicides en provenance du Yémen. Des missiles de croisière auraient également été tirés.

22h30 : Des avions américains et israéliens ont été détectés dans l’espace aérien irakien. De plus, 3 avions ravitailleurs américains opèrent à leurs côtés. Des drones iraniens ont été lancés depuis Kermanshah et Dukohe, dans l’ouest de l’Iran, la cinquième base de chasse d’Omidiyeh et d’autres régions.

22h31 : L’ordre vient d’être donné d’évacuer l’ensemble de l’espace aérien iranien.

22h36 : Tirs de drones et de missiles de croisière depuis Chiraz.

22h42 : Les responsables israéliens affirment que l’Iran a tiré des missiles de croisière sur Israël.

22h47 : Israël équipe tous ses combattants. Le ministre iranien de la Défense déclare que tout pays qui ouvre son espace aérien ou terrestre pour attaquer l’Iran recevra notre réponse décisive.

22h50 : Israël a annoncé aux États-Unis son intention d’attaquer l’Iran en représailles. Rappelons qu’Israël est l’agresseur et l’Iran l’agressé.

22h54 : La Jordanie se prépare à faire face à tout avion iranien qui violerait l’espace aérien du pays. Les drones iraniens s’approchent de son espace aérien. Les systèmes de défense aérienne israéliens sont confrontés à des cyberattaques.

22h59 : Les chasseurs de l’US Air Force se trouvant actuellement dans l’espace aérien de l’Irak et de la Jordanie tenteraient d’abattre les drones iraniens jusqu’à la frontière israélienne. Le brouillage par Israël des signaux GPS au-dessus du Moyen-Orient est sans précédent et met en danger les compagnies aériennes civiles, ce qui pourrait entraîner d’importantes pertes de vies humaines.

drones iraniens survolant l'Irak 13 avril 2024
La « meute » de drones photographiée au-dessus de l’Irak.

23h04 : Des informations font état de frappes aériennes israéliennes sur des cibles dans le sud du Liban. La Jordanie déclare l’état d’urgence et ouvre son espace aérien aux chasseurs de l’armée de l’air israélienne.

23h07 : Le Corps des Gardiens de la Révolution islamique annonce dans un communiqué le lancement de dizaines de drones et de missiles vers Israël :

« En réponse aux nombreux crimes du régime sioniste, notamment l’attaque contre le consulat iranien à Damas et le martyre d’un groupe de nos commandants et conseillers militaires en Syrie, l’armée de l’air du CGRI a ciblé des positions spécifiques à l’intérieur des territoires occupés en tirant des dizaines de missiles et de drones.»

23h11 : La radio de l’armée israélienne rapporte que l’attaque de l’Iran est plus importante que prévu. Le ministère iranien des Affaires étrangères prévient que toute tentative de nuire à l’Iran et d’intercepter ses missiles entraînera l’attaque immédiate sur le sol de ce pays. Attaques massives du Hezbollah contre les sites de défense israéliens. Un groupe de drones a traversé Damas, la capitale syrienne.

23h19 : Le New York Times rapporte que Tsahal évacue ses bases militaires.

23h23 : L’Égypte ferme son espace aérien. Le média étasunien ABC NEWS cite un responsable américain : « Nous pensons désormais qu’entre 400 et 500 drones et missiles seront lancés sur Israël. »

23h27 : Les systèmes de défense aérienne Pansir, de fabrication russe, sont en alerte autour de la capitale syrienne et des principales bases.

23h32 : Tirs de missiles depuis le Liban et de drones depuis le Yémen.

23h34 : Le président syrien Bashar al-Assad ordonne à l’armée de se diriger vers la frontière israélienne.

23h36 : Les premiers drones arrivent sur Israël.

23h37 : Les chasseurs britanniques rejoignent les chasseurs américains pour intercepter les drones iraniens au-dessus de la Jordanie et de la Syrie.

23h40 : Les roquettes du Hezbollah frappent Tel-Aviv, tandis que les hauteurs du Golan occupées subissent une attaque de missiles.

23h46 : Tir du premier groupe de missiles balistiques iraniens vers des cibles situées au plus profond d’Israël. Les forces soutenues par l’Iran se préparent à lancer des missiles balistiques à al-Mayadeen (près de la frontière syro-irakienne).

23h57 : Tir de dizaines de missiles balistiques depuis Khorramshahr, en Iran. L’armée israélienne déclare que l’Iran ne cible que les positions militaires.

14 avril, minuit : De nombreux missiles hypersoniques iraniens traversent actuellement l’espace aérien irakien.

00h06 : Le Yémen a lancé un missile balistique. Des drones iraniens survolent la Jordanie. Il s’agit de la deuxième vague sur les trois déjà officiellement lancées.

00h10 : Les premiers missiles hypersoniques devraient frapper Israël dans environ 7 minutes.

00h11 : Les États-Unis ont demandé à l’Iran par l’intermédiaire du Qatar de cesser immédiatement ses attaques. L’Iran a ignoré cette demande et a menacé d’attaquer les bases américaines en cas d’intervention américaine.

00h24 : La mission permanente de l’Iran auprès des Nations Unies déclare :

« Menée sur la base de l’article 51 de la Charte des Nations Unies relatif à la légitime défense, l’action militaire de l’Iran était une réponse à l’agression du régime sioniste contre nos locaux diplomatiques à Damas.
L’affaire peut être considérée comme close. Cependant, si le régime israélien commettait une nouvelle erreur, la réponse de l’Iran serait considérablement plus sévère.
Il s’agit d’un conflit entre l’Iran et le régime voyou israélien, dont les États-Unis DOIVENT RESTER À L’ÉCART. »

00h28 : Des cibles militaires israéliennes sont touchées.

00h31 : La France condamne les représailles légitimes de l’Iran après l’attaque israélienne contre son consulat de Damas. Pour rappel la France n’a pas condamné la violation du droit international par Israël. L’Iran est pourtant en droit de se défendre et d’assurer sa sécurité.

01h03 : Fortes explosions dans le Néguev, au sud d’Israël, et dans les environs de la ville d’Haïfa, au nord.

13 avril 2024 Iran frappe Israël avec drones et missiles
Les missiles venus d’Iran dans le ciel d’Israël.

01h07 : Des sirènes se font entendre dans la région de la mer Morte, à Jérusalem et dans le nord d’Israël, a indiqué l’armée israélienne. Des explosions se font entendre dans le ciel au-dessus de Jérusalem, rapporte l’AFP. Les forces de défense aérienne jordaniennes abattent des missiles lancés par l’Iran, rapporte la chaîne de télévision Al Arabiya. Le ministère britannique de la Défense a déclaré que les chasseurs de la Royal Air Force abattraient les drones et les missiles lancés par l’Iran. Les forces de défense aérienne syriennes repoussent une attaque de missile à proximité de l’aéroport de Damas.

Naplouse

01h10 : Les missiles iraniens vident des cibles militaires. Certaines sources, citant les médias israéliens, font état de nombreuses victimes.

01h13 : Des dizaines de drones survolent la ville jordanienne d’Aqaba et se dirigent vers Eilat.

Beitar Illit
13 avril 2024 missiles iraniens survolent la Knesset
La Knesset (parlement israélien) survolée par des missiles.
Hébron

Les missiles balistiques iraniens ont parcouru la distance entre l’Iran et Israël en 13 minutes seulement. Les drones iraniens ont distrait les défenses aériennes israéliennes afin que les missiles balistiques puissent atteindre leurs cibles avec précision.

Panique de la population israélienne (ville non précisée).
Jérusalem
Dôme du Rocher, Jérusalem.

01h36 : La défense antiaérienne israélienne s’est avérée inefficace face à la technologie balistique iranienne.

Néguev
Néguev
Néguev

01h39 : Le ministère iranien des Affaires étrangères déclare que Téhéran prendra, si nécessaire, des mesures supplémentaires pour protéger ses intérêts de toute attaque militaire.

01h44 : Selon les médias israéliens, les systèmes de défense aérienne sont à court de munitions et la principale base aérienne du Néguev est touchée. Le ministère iranien des Affaires étrangères rappelle que l’Iran exerce son droit inhérent à la légitime défense en répondant à Israël. Il précise également que l’Iran n’a frappé que des sites militaires israéliens.

01h50 : Le dôme de fer serait tombé en panne ou rendu hors service. Israël est désormais plus que jamais vulnérable. La base aérienne de Ramon, dans le sud du pays, est touchée. Tirs de missiles depuis la Syrie vers le Golan occupé. Une quarantaine d’Israéliens auraient été tués et blessés.

Missile touchant la base aérienne de Ramon.

01h56 : La délégation du gouvernement israélien a convenu d’une réaction forte sur le sol iranien. Selon certains médias israéliens, Anthony Blinken aurait répondu directement à Benyamin Netanyahou : « Ne vous suicidez pas. »

02h06 : L’aéroport militaire de Navatim a été complètement détruit. Le ministère iranien des Affaires étrangères déclare que l’Iran défendra sa souveraineté, son intégrité territoriale et ses intérêts nationaux contre toute agression. Les premières estimations font état de 150 missiles et drones tirés sur Israël.

02h10 : Le Wall Street Journal indique que la Marine nationale française est mobilisée pour défendre Israël contre les attaques iraniennes. Dix pays aideraient Israël à intercepter les drones et les missiles lancés par l’Iran. La chaîne de télévision israélienne Kanal 12 avait précédemment signalé la participation des États-Unis et du Royaume-Uni à l’interception de drones iraniens dans le ciel de Jordanie et de Syrie.

02h14 : Plusieurs bases militaires israéliennes sont détruites. Une deuxième vague d’attaques massives pourrait bientôt commencer. Une chose est désormais certaine et doit être retenue par les Occidentaux : l’Iran n’est plus un pays que l’on peut se permettre de mépriser…

02h30 : Selon le porte-parole de l’armée israélienne, l’Iran a jusqu’à présent tiré plus de 200 drones et missiles sur Israël. Conversation téléphonique entre Biden et Netanyahou. L’aéroport militaire de Pivatim a été entièrement détruit.

02h51 : La conversation entre Netanyahou et Biden serait achevée. Le média israélien Israel Eliom affirme que le président américain a demandé à Israël de ne pas répondre à l’attaque iranienne.

02h54 : Les médias israéliens déclarent qu’ils ne sont pas autorisés à publier les images des frappes iraniennes contre les cibles israéliennes.

03h39 : Nouvelle alerte en Israël après l’arrivée d’une nouvelle salve de drones et de missiles, notamment dans le Golan occupé et à al-Jalil, dans le nord du pays. Plusieurs explosions ont également été entendues.

03h42 : Les médias israéliens annoncent que le Conseil de sécurité israélien autorise le cabinet de guerre à planifier une attaque directe contre l’Iran. Selon les médias israéliens, les ministres Ben Guerre et Smotrich ont voté contre Netanyahu, Gallant et Gantz pour décider de la réponse à l’attaque iranienne. Des sources arabes affirment que 80 drones supplémentaires sont en route vers Israël.

03h53 : Tirs d’un grand nombre de roquettes depuis le Liban vers le Golan syrien occupé. Le représentant de l’Iran aux Nations Unies déclare : « Si le régime sioniste entreprend une action militaire contre nous, notre réponse sera plus forte. »

03h56 : Le Conseil de sécurité de l’ONU se réunira d’urgence ce dimanche, à 20h00 GMT, pour discuter du conflit irano-israélien, annonce la mission russe.

Les informations parues entre 04h00 et 10h00 :
  • Biden aurait exprimé en privé son inquiétude quant au fait que Netanyahou tentait d’entraîner Washington dans un conflit plus large. Le président étasunien a informé son homologue israélien que les États-Unis ne participeraient à aucune opération agressive contre l’Iran.
  • La base de défense aérienne de Khatam al-Anbiya (province de Téhéran) a placé ses trois systèmes de défense aérienne en état d’alerte.
  • La télévision d’État israélienne déclare qu’Israël répondra à l’Iran dans les prochaines 24 heures.
  • Le New York Times, citant des responsables israéliens, déclare que l’Iran a lancé 185 drones, 36 missiles de croisière et 110 missiles sol-sol.
  • L’armée israélienne a reconnu que les forces militaires françaises participaient à la défense d’Israël en repoussant les attaques de missiles et de drones venus d’Iran.

12h58 : Le journal israélien Yediot Aharonot déclare que les missiles iraniens ont touché la base aérienne de Nafatim, dans le Néguev, où sont basés les avions F-35. Certaines sources et informations sur la base de Navatim rapportent que 44 officiers du Mossad ont été tués dans cette base. Outre le déploiement d’escadrons israéliens F35, la base aérienne de Novatim abrite également un hangar pour les avions espions israéliens. Un grand nombre d’officiers du renseignement et d’éléments supérieurs du Mossad étaient également présents en permanence dans cette base.

L’ancien officier de renseignement étasunien Scott Ritter dévoile qu’aucun missile iranien n’a été intercepté lors de l’attaque contre la base de Navatim. Des responsables de la CIA déclarent que l’Iran dispose de 3 000 missiles prêts à être lancés en cas d’attaque israélienne. Selon certains médias israéliens, Tsahal a perdu la capacité de son armée de l’air à attaquer l’Iran. Le ministre israélien des Affaires étrangères annonce qu’Israël répondra.

13h26 : La République islamique d’Iran convoque les ambassadeurs britannique, français et allemand suite à l’opération « Promesse honnête ».

Hossein Amir-Abdollahian, ministre iranien des Affaires étrangères, déclare :

« Dans notre message à la Maison Blanche ce matin, nous avons expliqué qu’il [opération Promesse honnête] s’agissait d’une réponse limitée. Nous n’avons pris pour cible aucun civil dans notre réponse à l’agression israélienne. Nous avons ciblé une base aérienne pour les avions F-35 et les centres de renseignements utilisés lors de l’attaque contre la section consulaire de l’ambassade iranienne à Damas. Nous ciblerons les bases américaines si elles sont utilisées pour soutenir l’agression sioniste. »

Le représentant permanent de l’Iran auprès des Nations unies a averti que toute agression israélienne contre les intérêts iraniens recevrait un coup « plus fort ».

Décompte des missiles ayant touché leurs cibles

16h25 : Le ministre iranien des Affaires étrangères Hossein Amir-Abdollahian déclare que l’Iran a informé ses voisins régionaux 72 heures avant les représailles contre le régime israélien. L’Iran n’a ciblé aucun civil ni aucune infrastructure civile en représailles aux agressions israéliennes. Au moins 7 missiles hypersoniques lancés depuis l’Iran en représailles à l’agression israélienne ont frappé la base aérienne de Nevatim. Aucun missile hypersonique iranien n’a été intercepté par Israël. Ansarallah salue les représailles iraniennes contre Israël en tant qu’une « action légale et légitime ».

19h00 : La télévision israélienne déclare que le cabinet de guerre israélien a décidé d’attaquer l’Iran ce soir. Le Premier ministre Benyamin Netanyahou devrait prononcer un discours ce soir aux côtés du ministre de la Guerre et du commandant de l’armée israélienne.

20h19 : Une frégate de la marine russe équipée de missiles hypersoniques Kinzhal est entrée dans la mer Méditerranée par le canal de Suez.

20h33 : Le Conseil suprême de sécurité nationale de l’Iran publie une déclaration après les frappes de missiles sur Israël :

« La raison de l’attaque de missiles et de drones lancée par les Gardiens de la révolution sur les territoires occupés est que le régime sioniste a franchi les lignes rouges fondées sur l’article 2 de la Charte des Nations unies.

Les forces armées iraniennes ont mené l’opération Promesse véridique sur la base de l’article 51 de la Charte des Nations unies, et l’Iran a pris les mesures punitives minimales nécessaires contre le régime sioniste agresseur afin de garantir ses intérêts nationaux et sa sécurité nationale.

Dans cette opération, seules les bases militaires et de renseignement ont été visées, et les attaques contre les installations économiques et les infrastructures du régime ont été évitées.

Si le régime sioniste veut poursuivre ses actes malveillants contre l’Iran par tous les moyens et à tous les niveaux, il recevra au moins dix fois la même réponse. »

21h19 : Le média étasunien CNN rapporte que la réunion du cabinet de guerre israélien s’est terminée sans décision sur la manière de répondre à l’Iran. Forte explosion à Eilat. Affrontement entre la défense israélienne et un drone irakien.

La Chine et la Russie n’ont pas condamné les représailles légitimes de l’Iran contre Israël. Le gouvernement chinois considère les récentes frappes de missiles de l’Iran contre des cibles militaires d’Israël comme le résultat des actions militaires de ce régime à Gaza. La Chine fait part de sa préoccupation quant à l’attaque iranienne mais refuse de la condamner.

22h46 : Le système de défense anti-aérienne (DCA) iranien Arman, capable d’engager jusqu’à six cibles simultanément, est devenu opérationnel dans les déserts du Khouzestan. Dans le même temps, le secrétaire général de l’ONU déclare :

« Les lieux diplomatiques sont protégés et Israël a violé ce principe en attaquant le consulat iranien. Je condamne fermement la montée des tensions dans la région, qui s’est intensifiée avec l’attaque iranienne contre Israël. »

23h43 : Intervention d’Amir Sa’id Iravani, représentant de l’Iran auprès des Nations unies :

« Nos forces ont lancé une série de frappes sur des cibles militaires israéliennes dans le cadre du droit inhérent de l’Iran à l’autodéfense. Notre réponse était nécessaire et proportionnée et ne visait que des cibles militaires israéliennes afin de minimiser toute possibilité d’escalade.
Les États-Unis protègent Israël et l’empêchent d’être tenu pour responsable du massacre de Gaza. Israël a violé les conventions internationales en attaquant notre consulat à Damas.
Nous demandons au Conseil de sécurité de condamner l’acte terroriste injustifié que constitue l’attaque israélienne contre notre consulat à Damas. L’absence de responsabilité et l’inaction du Conseil de sécurité ont encouragé Israël à commettre d’autres crimes contre les Palestiniens à Gaza.
L’Iran a mis en garde à plusieurs reprises contre les répercussions des activités criminelles du régime israélien sur la paix et la sécurité internationales. Notre réponse à Israël était nécessaire et proportionnée afin de minimiser tout risque d’escalade et de prévenir les dommages causés aux civils.
Nous ne souhaitons pas d’escalade ni de guerre dans la région. Téhéran n’a pas l’intention de s’engager dans un conflit avec les États-Unis dans la région. Si les États-Unis lancent des attaques contre l’Iran et ses citoyens, nous userons de notre droit de répondre de manière proportionnée.

Les jours qui suivirent les frappes de missiles sur Israël par l’Iran

Les informations de la nuit du 14 au 15 avril :
  • La réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, qui s’est tenue sous le titre « Situation au Moyen-Orient » pour enquêter sur l’attaque perpétrée la nuit dernière par l’Iran contre Israël et à la demande d’Israël, a terminé ses travaux sans émettre aucune déclaration ni résolution.
  • Cuba a déclaré qu’Israël doit être puni pour son agression.
  • La fille du roi de Jordanie a participé comme pilote de chasse à l’opération de neutralisation des drones iraniens.
  • L’armée israélienne déclare qu’un large éventail d’options de représailles a été présenté au cabinet militaire, et la décision finale sera probablement prise aujourd’hui. La réponse de Tel Aviv à l’attaque iranienne pourrait inclure une attaque militaire.
  • Les États-Unis avertissent Israël que l’Iran répondra à toute attaque israélienne sur son propre sol par une nouvelle série d’attaques de missiles et de drones d’une intensité bien plus grande.
Le 15 avril :

14h54 : L’Iran a envoyé un nouveau message aux États-Unis via la Turquie et un message à Israël via l’Égypte. Le centre de commandement Khatam al-Anbia impose de nouveau des restrictions sur les vols internationaux dans l’ouest, le nord-ouest et le sud-ouest du pays et a déclaré l’alerte 3 sur 3. L’ambassade d’Italie à Téhéran a été fermée.

17h30 : Des sources occidentales rapportent qu’Israël a annoncé à la Maison Blanche qu’il attaquerait l’Iran sans leur soutien. Le représentant permanent de l’Iran auprès des Nations Unies a déclaré : « Israël sait que notre prochaine revanche sera plus difficile et plus décisive. »  Le ministre israélien de la Défense a informé son homologue américain qu’Israël n’avait d’autre choix que de répondre à l’attaque iranienne.

18h46 : Le cabinet de guerre israélien déclare qu’Israël attaquera l’Ira. L’armée israélienne annonce une déclaration importante ce soir à 20h30 (heure locale, 19h30 en France) depuis la base aérienne de Navatim. Les médias israéliens annoncent qu’une opération devait être lancée aujourd’hui contre l’Iran mais qu’elle a été annulée en raison de la réunion prolongée du cabinet de guerre qui se tiendra à nouveau demain. Beaucoup d’informations contradictoires circulent. Il est possible qu’il s’agisse d’une cacophonie due à l’excitation générale ou d’une communication contrôlée visant à embrouiller l’Iran.

19h05 : En cas d’attaque israélienne contre l’Iran, des missiles offensifs seraient tirés en même temps que des contre-attaques défensives contre des cibles hostiles, selon le média iranien Nizami News. Un responsable américain a déclaré à Al Jazeera qu’Israël pourrait attaquer des cibles situées au plus profond de l’Iran.

19h54 : La défense aérienne iranienne est placée en état d’alerte total. Les autorités israéliennes multiplient les déclarations belliqueuses et revanchardes, témoignant ainsi de leur manque de volonté de pacifier la situation régionale.

20h57 : Le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgu a annoncé dans un message à son homologue américain que la Russie participerait également à la contre-attaque de l’Iran si Israël intervenait contre l’Iran. L’Iran a prévenu que la deuxième attaque sera 10 fois plus importante que l’opération du 13 avril, de même que tout pays de la région qui autorise la partie israélienne à utiliser son espace aérien ou son sol pour attaquer l’Iran sera pris pour cible. Pour rappel, la Russie avait testé le 12 avril un missile balistique intercontinental dont la trajectoire visible de la Méditerranée jusqu’à l’Iran n’est pas anodine.

22h41 : Deux bombardiers stratégiques B-1B de l’US Air Force ont été transférés à la base aérienne d’Incirlik en Turquie.

22h58 : La Jordanie a autorisé les avions israéliens à pénétrer dans l’espace aérien du pays pour intercepter les missiles et les drones iraniens.

Le 16 avril :
  • Les dégâts les plus importants infligés à Israël lors de l’attaque de représailles de l’Iran concernent la base secrète du renseignement, située au Mont Hermon, au nord du Golan occupé. L’importance et la sensibilité de cet endroit sont telles que l’armée israélienne a imposé une interdiction totale des médias dans cette zone et tout est censuré. Aucune évaluation des dégâts, ni annonce publique n’est autorisée. Il convient de noter que cette base de renseignement joue un rôle de premier plan dans les opérations de renseignement contre la Syrie et l’Iran.
  • Le journal israélien Haaretz révèle que des pirates informatiques ont pénétré dans des bases de données sensibles en Israël et créé un site internet pour publier les informations obtenues.
    Les pirates ont pu pénétrer dans les systèmes liés au ministère de la Justice et au Centre de recherche nucléaire de Dimona.
  • Le ministère israélien des Affaires étrangères a demandé à la « communauté internationale » d’ajouter le Corps des Gardiens de la Révolution islamique à la liste des organisations terroristes et de sanctionner le programme de missiles iranien.
  • Le Washington Post rappelle que la Russie s’est engagée à défendre l’Iran avec ses avions avancés si Israël venait à attaquer l’Iran.
  • Le journal israélien Jérusalem Post déclare que les attaques israéliennes peuvent inclure des attaques contre des forces mandataires et des ressources militaires en dehors du territoire iranien.
  • Les ministères de la Défense de l’Azerbaïdjan et de la Jordanie signent un accord de coopération dans le secteur de la défense.
  • Scott Ritter, ancien officier du renseignement étasunien, déclare :

« La base aérienne israélienne de Navatim est le point le plus protégé au monde contre les lancements de missiles, encore plus protégé que la Maison Blanche et le Kremlin. L’Iran l’a détruit avec cinq missiles et a prouvé à tout le monde, y compris aux Américains, qu’il n’existe aucune défense contre les missiles iraniens. »

  • Un haut responsable iranien affirme que les États-Unis ont demandé à l’Iran d’accepter une frappe de missiles symbolique d’Israël sur son territoire afin de permettre à l’État hébreu de sauver la face (Cf. EXCLUSIVE: US makes failed bid for Iran to allow ‘symbolic strike’ by Israel, The Cradle, 16 avril 2024).
  • Le ministère danois des Affaires étrangères a annoncé son intention de fermer son ambassade à Bagdad, en Irak.
  • Le ministre des Affaires étrangères britannique David Cameron qualifie la riposte de l’Iran envers l’entité sioniste de « dangereuse et imprudente ». Mais qu’aurait fait le Royaume-Uni à la place de l’Iran lui demande alors la journaliste ?
Le 17 avril :
  • Un conseiller américain à la sécurité nationale déclare que les États-Unis prendront de nouvelles sanctions contre l’Iran dans les prochains jours.
  • Le commandant de la Marine iranienne déclare que des flottilles de l’armée iranienne effectuent une mission d’escorte de navires et le destroyer Djamaran est présent dans le golfe d’Aden pour une mission en mer Rouge jusqu’à l’embouchure de Suez.
  • Le commandant de l’Armée de l’Air iranienne déclare que les avions de chasse se trouvent dans les meilleures conditions opérationnelles et sont prêts à recevoir l’ordre du commandement suprême.
  • Le ministère des Affaires étrangères de Norvège demande à ses citoyens d’éviter de voyager en Iran et aux citoyens qui s’y trouvent actuellement de quitter ce pays.
  • L’Azerbaïdjan finalise un accord pour fournir à Israël trois bases aériennes pour attaquer l’Iran. Pour mieux comprendre leur alliance, cf. notre article L’Iran face au conflit entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan.
  • La défense de l’ouest de l’Iran a été mise en alerte offensive.
  • La compagnie aérienne allemande Lufthansa a suspendu ses vols à destination et en provenance de Téhéran jusqu’à la fin du mois.
Le 18 avril :

Un avion azerbaïdjanais Il-76 s’est rendu à la base aérienne israélienne d’Avda pour revenir à Bakou avec du fret militaire.

Le 19 avril :

Beaucoup d’informations contradictoires circulent au sujet d’une attaque israélienne contre l’Iran dans la nuit du 18 au 18 avril.

  • Le Jerusalem Post écrit qu’Israël avait ciblé une base militaire avec des missiles à longue portée lors de l’attaque sur Ispahan, dans le centre de l’Iran. Les médias iraniens affirment pour leur part que les forces armées ont détruit trois drones lors de l’attaque.
  • Le Jerusalem Post déclare également qu’Israël a attaqué une base militaire proche d’une installation nucléaire à Ispahan.
  • Les médias iraniens rapportent que la situation à Ispahan est normale, aucune explosion n’ayant eu lieu au sol. Les explosions entendues font suite à l’activation des défenses aériennes en raison de la détection d’un objet suspect.
  • Alors qu’une réunion d’urgence du Conseil suprême de sécurité nationale iranien fut annoncée dans la presse, des sources sécuritaires iraniennes démentent sa tenue. Le Secrétariat du Conseil suprême de sécurité nationale iranien dément toute attaque étrangère contre le pays.
  • L’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique) confirme qu’aucun dommage n’a été causé aux sites nucléaires iraniens après l’abattage d’« objets suspects » à Ispahan.
  • Selon l’agence de presse Reuters, Israël a informé les États-Unis avant de mener des opérations en Iran.
  • Le ministère israélien des Affaires étrangères a demandé aux représentations diplomatiques israéliennes de garder le silence afin de ne pas susciter chez l’autre partie le désir de mener sa propre riposte.
  • Des débris de missiles sont retrouvés en Irak. Il semble que les missiles tirés par Israël contre l’Iran ait été abattus avant même de pénétrer l’espace aérien iranien.
  • Israël évacue ses bases aériennes et transfère du matériel vers l’Allemagne.
  • La chaîne israélienne Channel 12 rapporte que les pays arabes sont déçus de la réponse d’Israël à l’Iran et que l’idée de former un axe sunnite-israélien contre l’Iran est définitivement abandonnée. Après avoir échoué à Tel-Aviv, ces pays chercheront à améliorer leurs relations avec l’Iran.
  • Le centre de commandement de la défense de Khatam Al-Anbia annonce aux centres opérationnels qu’aucun avion étranger ne sera autorisé à entrer et à voyager dans l’ouest du pays à partir de 18h30, à moins que la destination du vol ne soit l’un des aéroports iraniens. Seules les lignes aériennes de Téhéran, Ispahan et Chiraz sont ouvertes aux vols étrangers.
  • Le Centre de défense de Khatam al-Anbia lève les restrictions sur les vols étrangers dans l’ouest et dans le ciel de Kermanshah jusqu’à 18h00.
  • Le président français Emmanuel Macron prévient le Liban qu’une attaque israélienne est imminente.
Mise à jour du 28 avril 2024 :

Le 22 avril, le New York Times déclare qu’Israël a abandonné son projet de mener une contre-attaque à grande échelle contre l’Iran après des pressions diplomatiques concertées de la part des États-Unis et d’autres alliés étrangers. Les dirigeants israéliens ont initialement discuté du bombardement de plusieurs cibles militaires à travers l’Iran, notamment près de Téhéran.

Le 27 avril, le journal israélien Maariv déclare que les responsables qui démissionnent soudainement et sans apparaître en public au sein du cabinet israélien ont été tués pendant la réplique légitime iranienne.

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Israël attaque l’ambassade d’Iran à Damas

Le lundi 1er avril 2024, Israël s’est rendu coupable d’une attaque contre l’ambassade et le consulat d’Iran situés à Damas, en Syrie.

attaque israélienne contre l'ambassade d'Iran à Damas 1er avril 2024

Israël attaque l’ambassade d’Iran en Syrie : les faits

Six missiles israéliens ont visé un bâtiment du quartier damascène de Mezzeh à Damas vers 16 heures le lundi 1er avril 2024.

attaque israélienne contre l'ambassade d'Iran à Damas 1er avril 2024

La défense aérienne syrienne aurait réussi à intercepter certains missiles israéliens.

Des sources iraniennes précisent que les membres de la mission diplomatique iranienne à Damas sont sains et saufs. Le bâtiment du consulat est pour sa part en ruine.

Fayçal Meqdad, ministre syrien des Affaires étrangères, s’est rendu sur place pour présenter ses condoléances à l’ambassadeur iranien, Hossein Akbari. Il s’est également entretenu par téléphone avec son homologue Hossein Amir Abdollahian.

Un premier bilan communiqué à 19 heures fait état de 8 morts iraniens. Parmi les victimes figurent le général de brigade Mohammad Reza Zahedi, commandant de la force Qods du CGRI en Syrie et au Liban, et son adjoint. Les bâtiments situés aux alentours furent également touchés, provoquant la mort de plusieurs civils syriens. Ce bilan est à l’heure où nous écrivons susceptible d’évoluer.

général Mohammad Reza Zahedi
Le général Mohammad Reza Zahedi

Que dit le droit international sur les ambassades ?

La présence d’une représentation diplomatique dans un pays est une concession accordée par le pays d’accueil (appelé « pays accréditaire ») au pays d’origine des diplomates (le « pays accréditant »). Au sein de l’ambassade, le droit du pays accréditant est en vigueur. Il s’avère strictement interdit aux autorités du pays d’accueil de violer ce territoire, conformément au principe d’inviolabilité.

L’ambassade est considérée comme inviolable et cette inviolabilité s’applique à la fois aux locaux et aux personnes. Initialement basé sur la pratique, ce principe d’inviolabilité fut par la suite officialisé par la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques en 1961. L’article 22 de cette convention déclare les locaux de la mission diplomatique inviolables. Cela signifie que les agents de l’État d’accueil ne disposent d’aucune autorisation pour y entrer sans le consentement du chef de la mission. En raison de cette protection, les ambassades firent office pendant longtemps, et continuent de servir, comme des lieux d’asile.

crime israélien contre l'ambassade d'Iran à Damas

L’attaque menée par Israël contre les représentations diplomatiques de la République islamique d’Iran constitue une violation du droit international. Il s’agit également d’une action hostile gravissime et dangereuse pour la situation régionale.

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Les États-Unis s’opposent au gazoduc Iran-Pakistan

L’opposition des États-Unis au projet de gazoduc Iran-Pakistan (IP) continue de faire des vagues. Lors d’une audition devant les membres du Congrès à Washington, le secrétaire d’État adjoint américain pour l’Asie du Sud et l’Asie centrale, Donald Lu, a clairement fait savoir que les États-Unis s’opposaient fermement à la construction de ce projet.

Un projet de gazoduc reliant l’Iran et le Pakistan

Le projet de gazoduc IP fut approuvé par le Pakistan en février de cette année. La Commission du Cabinet pakistanais chargée de l’énergie a donné son aval pour le lancement de la construction du pipeline reliant la frontière Pakistan-Iran à Gwadar. Il s’agit d’une décision économique importante qui renforce la coopération énergétique entre les deux pays.

Néanmoins, les États-Unis restent déterminés à empêcher la réalisation de ce projet. Donald Lu a fait valoir que le projet n’était pas dans l’intérêt du Pakistan. De quel droit les États-Unis se permettent-ils d’interdire à des pays de se développer économiquement et énergétiquement ? Lu rajoute que les sociétés internationales ne seraient pas prêtes à investir dans ce projet. Ses propos sont une menace à peine voilée adressée aux pays intéressés par ce gazoduc…

En raison des sanctions internationales visant l’Iran, la construction du gazoduc a connu certains retards. Cependant, le Pakistan risque une amende de 18 milliards de dollars s’il met fin à l’accord bilatéral sur le projet.

Les États-Unis tentent d’empêcher le développement de la région

Il est clair que les États-Unis et le Pakistan sont en désaccord sur ce projet de gazoduc. Alors que les États-Unis cherchent à exercer une pression pour empêcher sa construction, le Pakistan reste déterminé à poursuivre ce projet qui, selon lui, est crucial pour répondre à ses besoins énergétiques croissants. L’avenir du projet IP reste incertain. En revanche, une chose est certaine : le bras de fer entre les États-Unis et le Pakistan concernant ce projet n’est pas près de se terminer.

Le diplomate américain souligne que les États-Unis seraient préoccupés par les tensions existantes entre l’Iran et le Pakistan. En particulier en ce qui concerne le projet de gazoduc IP. Il informe que Washington est en contact avec Islamabad à ce sujet.

Cependant, cette affirmation est réfutée par le ministère pakistanais des Affaires étrangères. Lors d’une conférence de presse, la porte-parole du ministère, Momtaz Zahra, déclare que le Pakistan reste déterminé à mener à bien ce projet de transfert de gaz en provenance de l’Iran. Elle ajoute que le Pakistan n’a guère besoin des recommandations des autres pays et qu’il était prêt à aller de l’avant avec ce projet.

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Les relations entre l’Iran et l’Arménie se renforcent

Les relations entre l’Iran et l’Arménie furent de tous temps des plus indéfectibles. Le samedi 9 mars 2024, le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, a rencontré à Téhéran le vice-ministre arménien des Affaires étrangères, Vahan Kostanyan.

Ils ont notamment abordé le renforcement des relations entre l’Iran et l’Arménie, deux pays aux liens historiques privilégiés. Les deux parties plaidèrent également pour une collaboration accrue dans les domaines politique, économique, commercial, scientifique et culturel.

L’Iran et l’Arménie, des relations privilégiées

Le ministre iranien a souligné l’importance de poursuivre les efforts communs pour donner un nouvel élan à la coopération entre l’Iran et l’Arménie. Il a également souligné que le développement des relations entre les deux pays avait une incidence positive sur la paix et la sécurité dans la région.

De son côté, Vahan Kostanyan a transmis les salutations du ministre arménien des Affaires étrangères, Ararat Mirzoyan. Il réitéra également l’importance de l’expansion des relations avec l’Iran pour garantir la stabilité et la sécurité régionales.

Le vice-ministre arménien a également présenté un rapport sur ses entretiens précédents avec son homologue iranien, Ali Bagheri Kani, qui ont eu lieu dans le cadre du nouveau cycle de consultations politiques entre les vice-ministres des Affaires étrangères des deux pays. Il a qualifié ces discussions de fructueuses.

L’Iran, un soutien essentiel pour les Arméniens

Kostanyan a salué la participation des entreprises iraniennes dans les projets d’infrastructures en Arménie et a loué les positions de l’Iran sur le maintien de l’intégrité territoriale, de la souveraineté et de la non-remise en question des frontières internationalement reconnues.

L’Iran et l’Arménie entretiennent depuis longtemps des relations étroites, en particulier dans les domaines de l’énergie, du transport et de la culture. Cette réunion a permis de renforcer les liens entre les deux pays et de faciliter la coopération bilatérale.

Les deux parties ont convenu que cette collaboration accrue serait bénéfique pour la région et témoigne de leur volonté de renforcer encore leur partenariat.

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Géopolitique et Diplomatie

Frappes de missiles balistiques iraniens en Syrie et en Irak

Des tirs de missiles balistiques se sont produits dans la nuit du lundi 15 au mardi 16 janvier 2024, ciblant des positions terroristes en Syrie et en Irak.

Le Corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI) revendique ces frappes visant des bases de l’organisation terroriste Daech en Syrie, ainsi qu’un centre d’espionnage israélien dans la région du Kurdistan irakien.

Pourquoi des frappes de missiles balistiques en Syrie et en Irak ?

Le 3 janvier, les Iraniens commémoraient le quatrième anniversaire du martyre du général Qassem Soleimani, héros de la lutte contre le terrorisme assassiné par les États-Unis en 2020. À Kerman, ville où il est inhumé, un double attentat terroriste eut lieu. Ces attaques, durant lesquelles 89 personnes trouvent la mort, sont alors revendiquées par le groupe takfiriste Daech.

Mention manuscrite sur un missile faisant référence à Reyhaneh Soltaninejad, une petite fille âgée de 1 an tuée lors de l’attentat de Kerman.

Le 10 janvier, une autre attaque terroriste se produit dans le Baloutchistan, région située dans le sud-ouest du pays. Celle-ci vise le commissariat de police de Rask et provoque 11 morts et 6 blessés parmi les policiers.

Quelles furent les cibles des frappes de missiles balistiques ?

Il s’agit d’une double opération menée par les Gardiens de la Révolution. D’abord contre les agents israéliens du Mossad présents en Irak, ensuite contre les terroristes de Daech présents en Syrie.

« Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux,

À la nation islamique d’Iran, qui a confiance en Dieu Tout-Puissant, et avec la bénédiction de nôtre Maître, Son Éminence Sahib al-Zaman (le Maître de l’époque), que la paix soit sur lui, et en réponse aux récents crimes commis par les ennemis contre la République islamique, nous annonçons que le quartier général des espions anti-iraniens et des rassemblements terroristes dans certaines parties de la région ont été visés au milieu de la nuit par plusieurs missiles balistiques. Les cibles ont été détruites, et les détails seront annoncés plus tard. »

Communiqué officiel du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI)

Selon les déclarations du CGRI, 24 missiles balistiques de différentes modèles furent utilisés au cours de ces frappes.

Le Mossad ciblé à Erbil, dans le Kurdistan irakien

Les frappes de missile survenue à Erbil visaient le centre principal du Mossad. L’agence de renseignement israélienne est notamment implantée dans la région du Kurdistan irakien. Quatre missiles furent tirés depuis l’ouest et sept autres depuis le nord-ouest de l’Iran en direction de cette cible.

Selon l’appareil de sécurité de la région du Kurdistan irakien, quatre personnes ont été tuées et six autres blessées.

Un missile balistique passe à travers le système de défense anti-aérienne C-RAM et atteint sa cible. 

Des sources de sécurité irakiennes ont indiqué que l’homme d’affaires Peshraw Dizayee, un multimillionnaire kurde, ainsi que plusieurs membres de sa famille, figurent parmi les victimes. Dizayee, proche du clan Barzani au pouvoir, possédait des entreprises s’avèrant des partenaires commerciaux d’Israël. Il était également la principale source de financement des espions formés par le Mossad pour mener des missions de renseignement et d’actions armées en Iran.

Une roquette a également touché la maison d’un haut responsable des renseignements kurdes, tandis qu’une autre a endommagé un centre de renseignements kurde. Le trafic aérien à l’aéroport d’Erbil fut suspendu.

La base du Mossad ciblée, avant et après

La chaîne Telegram de Sabreeen News a rapporté qu’à la suite de cette attaque du CGRI contre le centre d’espionnage du Mossad, cinq soldats américains furent tués et secrètement évacués.

Daech ciblé à Idlib, en Syrie

Pendant cette opération, quatre missiles Kheibar Shekan furent tirés depuis la province de Khouzestan, dans le sud-ouest de l’Iran. Ceux-ci ont atteint le quartier général du groupe terroriste takfiriste Daech dans la région d’Idlib, en Syrie. Neuf autres missiles ont été tirés vers les positions d’autres groupuscules terroristes dans différentes régions de la Syrie.

Lancement des missiles en direction d’Erbil (Irak)

Les missiles balistiques du CGRI ont touché les positions des groupes terroristes Tahrir al-Sham et Hezb al-Turkestani dans la région d’Idlib, à l’ouest de la Syrie. Les terroristes connus sous le nom de Daesh Khorasan s’entraînent dans cette région avant d’être transférés en Afghanistan et en Azerbaïdjan par les États-Unis. Ceci dans le but de rentrer en Iran afin d’y commettre des activités terroristes.

La première frappe fut lancée après l’identification de points de rassemblement du groupe terroriste Daech dans les zones occupées en Syrie. Une des cibles principales était Azhi Amin, affilié à Al-Qaïda. Celui-ci aurait été tué lors de l’attaque.

Que retenir de ces frappes ?

Plusieurs éléments sont à retenir au sujet de cet évènement. Tout d’abord, la crédibilité et la dissuasion de l’Iran se renforcent considérablement. La distance entre la zone visée en Syrie et le point de tir des missiles du CGRI en Iran dépasse les 1 200 kilomètres. Cet évènement constitue l’opération balistique la plus ambitieuse menée jusqu’à présent par l’Iran.

tir missiles balistiques iraniens en Irak et en Syrie 15 janvier 2024

Enfin, cette action militaire s’avère un message clair de l’Iran adressé à ses ennemis israéliens, américains et daechistes présents dans la région. L’Iran dispose des moyens de se défendre et en a également le droit.

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L’Iran, la Syrie et le Liban – L’Axe de l’Espoir, par André Chamy

Dans ce livre paru en février 2012 aux éditions du Panthéon, André Chamy livre une analyse sur l’« axe de l’espoir » qui se révèle prophétique une décennie plus tard. Son étude n’a rien perdu avec le temps et se révèle plus que jamais essentielle pour comprendre l’actualité et l’avenir.

L’Asie du sud-ouest est le théâtre de vives tensions et de conflits liés à la maîtrise des sources d’énergie et leur acheminement. De la Corée du Nord à l’Afghanistan en passant par l’Iran, la région est devenue le territoire le plus convoité et disputé au monde. Dans ce climat tendu, il est toutefois possible d’entrevoir un espoir de paix. Cela notamment avec l’émergence d’un nouvel axe entre l’Iran, la Syrie et le Liban.

L'Iran, la Syrie et le Liban - L'Axe de l'Espoir André Chamy

C’est dans ce contexte que l’ouvrage d’André Chamy, avocat et sociologue, offre une analyse inédite des événements récents au Moyen-Orient. Il analyse les relations entre l’Iran, la Syrie et le Liban. Ces trois pays, souvent pointés du doigt sur la scène internationale, peuvent jouer un rôle clé dans la recherche d’une paix réelle et durable dans la région.

André Chamy analyse l’« axe de l’espoir »

L’énergie est un enjeu majeur au Moyen-Orient. En effet, les pays de la région sont d’importants producteurs de pétrole et de gaz. Leur stabilité politique est essentielle pour assurer un approvisionnement continu. Cependant, ces ressources précieuses sont également au cœur des rivalités et des conflits géopolitiques.

Les menaces qui pèsent sur l’Asie du sud-ouest (en terme étatsunien le « Moyen-Orient ») ont profondément bouleversé l’équilibre géopolitique de la région. Cependant, elles ont également créé de nouvelles opportunités. Notamment avec la mise en place un rapport de forces différent de celui qui a prévalu pendant des décennies. Pour la première fois en soixante ans, les peuples de la région pourraient envisager un avenir de paix et de stabilité économique et politique.

La naissance de cet axe entre l’Iran, la Syrie et le Liban est perçue comme un facteur d’espoir. Il offre la possibilité d’une coopération régionale renforcée, de la résolution des conflits par le dialogue et la diplomatie, ainsi que de la promotion d’une stabilité globale. Ces pays pourraient ainsi travailler ensemble pour garantir une offre énergétique stable et durable, tout en établissant des bases solides pour l’avenir de la région.

André Chamy, avec son expertise en sociologie politique libanaise, apporte un regard original sur les événements récents au Moyen-Orient. Son livre précédent, Saddam Hussein, le crime et la potence, lui a permis d’approfondir sa compréhension des enjeux régionaux. Dans cet ouvrage, il propose une perspective novatrice, basée sur l’émergence d’un espoir de paix dans une région marquée par les conflits.

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Les Houthis et Ansarallah au Yémen

Qui sont les Houthis au Yémen et qu’est-ce leur mouvement Ansarallah ?

Peu d’études approfondies sont menées sur ce sujet qui semble n’intéresser que peu de gens. Comme si la guerre au Yémen qui dure depuis 2014 n’avait aucune importance. Morgan Lotz y consacre pourtant un chapitre de son ouvrage Comprendre les Gardiens de la Révolution islamique, paru aux édition L’Harmattan en mars 2022.

rassemblement Houthis Yémen

Ansârollâh (أنصار الله) signifie « Partisans de Dieu ». Ce mouvement est fondé en 1994 sous le nom al-Shabâb al-Mo’aman (« Organisation de la jeunesse pieuse ») par Seyed Hossein Badraldin Houthi, chef de la tribu des Houthis.

En raison de son engagement pour défendre les opprimés et les déshérités, les Houthis du Yémen et leur mouvement Ansarallah sont une composante historique de l’Axe de la Résistance.

Qui sont les Houthis du Yémen ?

La tribu arabe Houthi descend des Banu Hamdan qui ont régné sur le Yémen de 1099 à 1174. Dans ce pays où la majorité de la population est sunnite, il existe une importante minorité de confession chiite zaydite. Celle-ci est principalement présente dans les montagnes du nord-ouest et dans la province de Sa’dah depuis le 8ème siècle.

Il est important de noter que sa présence est spécifique au Yémen et détient une histoire et une identité distinctes.

drapeau Ansarallah Houthis (Yémen)
Bannière des Houthis

Pendant une longue période, un imâmat zaydite régna d’ailleurs sur ces régions jusqu’à la fondation du royaume mutawakilite en 1918. Celui-ci prit fin en 1962.

Bien que leur nom médiatique d’Ansarallah fasse référence aux Houthis, des membres d’autres tribus telles que les Bakil se sont également joints au mouvement. Ansarallah compte également des alliés sunnites, notamment des Shaféites.

Le mouvement Ansarallah au Yémen

Le parti Hezb al-Haq, fondé en 1990 et dont Ansarallah est issu, rompt avec la tradition de l’imâmat. Il défend notamment le projet d’un régime républicain. Cette position représente une véritable révolution politique dans un Yémen où la logique tribale joue un rôle central dans la construction et le fonctionnement de l’État.

logo Ansarallah avant 2015
Iconographie d’Ansârollâh utilisée jusqu’en 2015

Les Houthis et Ansarallah ont établi un mouvement intellectuel et religieux modéré, aspirant à une vision inclusive du Yémen incluant tous les acteurs du pays. Leur objectif est de promouvoir un modèle de gouvernance qui transcende les clivages tribaux et religieux, en engageant tous les segments de la société yéménite. Ils combattirent à plusieurs reprises le gouvernement central yéménite et s’opposèrent au wahhabisme saoudien.

logo Ansarallah après 2015
Iconographie d’Ansârollâh utilisée à partir de 2015

Contrairement à ce que prétendent leurs opposants, les Houthis n’ont pas l’intention d’établir un régime politique similaire à la République islamique d’Iran. Cette vision est impossible à réaliser puisque les sunnites représentent 75% de la population, tandis que les Zaydites sont environ 25%. Les Houthis défendent une pensée nationaliste et religieuse spécifique au Yémen et se considèrent comme une force de résistance contre toutes les formes d’agressions étrangères. À ce titre, ils s’opposent à l’hégémonie américaine et au sionisme d’Israël.

Le mouvement Houthi d’Ansarallah, un acteur clef au Yémen

À la suite des « Printemps arabes », Ansarallah s’engage dans la révolution qui débute par une manifestation en janvier 2011. Les principales causes de cette révolution sont l’augmentation du prix des carburants et la dénonciation de la corruption. Le président Ali Abdallah Saleh démissionne en février 2012 et des troubles éclatent entre différentes factions souhaitant prendre le pouvoir.

Drapeau d’Ansarallah

L’opposition envers le pouvoir et les institutions jugées obsolètes a attiré le soutien d’autres mouvements politiques en faveur des Houthis. Cela leur permit d’étendre leur influence jusqu’à la province d’Omran dans le nord-ouest du pays. Grâce à cette alliance, ils parvinrent à prendre la capitale en repoussant leurs rivaux. Ansarallah a ainsi gagné un véritable soutien de la population yéménite, dépassant la simple appartenance à la tribu des Houthis et incarnant un espoir pour le Yémen. En témoigne l’augmentation du nombre de leurs combattants, d’environ 2000 en 2005 à plus de 100 000 en 2010.[1]

Abdul-Malik al-Houthi, chef des Houthis depuis septembre 2004

Ansarallah est le mouvement yéménite qui possède le plus d’expérience à la fois militaire et politique. Il ambitionne de développer économiquement le Yémen afin qu’il devienne un pays reconnu. Il souhaite également instaurer des institutions dans lesquelles chaque minorité est respectée, de même que leurs droits et spécificités socio-culturelles. Ansarallah réclame également une autonomie locale basée sur la diversité ethno-religieuse du Yémen. Il promeut également l’égalité des droits et la participation des femmes dans la vie politique.

Au cours des années 2010, Ansarallah est devenu un mouvement politique organisé. Doté de compétences étatiques réelles, il a su profiter du vide laissé par un pouvoir épuisé. Son succès est également dû à l’effondrement de ses adversaires qui ne réussirent à proposer des projets politiques convaincants pour la population yéménite. Les Houthis soutiennent l’établissement d’un régime républicain et d’un gouvernement de transition composé de technocrates.

Guerre et génocide contre la population yéménite

La situation se dégrade au cours de l’année 2014. L’Arabie saoudite et Al-Qaïda refusent la volonté de souveraineté d’Ansarallah qui conteste un accord du Conseil de Coopération du Golfe divisant le Yémen en six régions. Ils attaquent les Houthis mais ces derniers parviennent à s’emparer du gouvernement en février 2015. Ils prononcent alors la dissolution du Parlement et proclament l’autorité du Comité révolutionnaire dirigé par Mohammad Ali al-Houthi. Cette situation force le président Abdrabbo Mansour Hadi à démissionner, celui-ci trouvant refuge en Arabie saoudite.

Clip musical intitulé Hymne du 21 septembre en référence au 21 septembre 2014, date de la prise de la capitale Sanaa. Cette vidéo fut censurée par YouTube.

Le 27 mars, l’Arabie saoudite, le Bahreïn, le Qatar, le Koweït, les Émirats arabes unis, l’Égypte, la Jordanie, le Maroc et le Soudan forment une coalition. Ils considèrent l’arrivée au pouvoir d’Ansarallah comme une menace pour leurs intérêts et prétendent vouloir rétablir le gouvernement légitime d’Hadi. Les États-Unis participent à cette coalition en fournissant des renseignements, une assistance logistique et en aidant à la planification des frappes aériennes. À leurs côtés, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne fournissent des équipements à cette coalition responsable de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité :

« Les violations du droit humanitaire par la coalition ont eu lieu de façon « généralisée et systématique » depuis le début du conflit selon les Nations unies : attaques de civils et de biens civils (bombardements de marchés, hôpitaux, commerces ou écoles), conséquences tragiques du blocus sur les civils et utilisation d’armes prohibées telles que les bombes à sous-munitions. »

Armes au Yémen : la France mise en cause, Amnesty International, 20 mars 2018.

Le rôle de la France dans le massacre des Houthis

Une enquête menée par le média d’investigation français Disclose va révéler la responsabilité de la France dans cette guerre, documents de l’Armée française à l’appui :

« Depuis le printemps 2015, les bâtiments de guerre de la coalition filtrent les accès par la mer au port d’Al Hodeïda. Officiellement, les navires saoudiens et émiratis font respecter l’embargo de l’ONU sur les armes à destination des Houthis en inspectant des chargements suspects. Mais, en réalité, ils bloquent la nourriture, le carburant et les médicaments d’importation qui devraient approvisionner plus de 20 millions de Yéménites. Des entraves fondées sur une « base manifestement arbitraire », d’après un rapport du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés de l’ONU (HCR) publié en août 2018. »

Made in France, Disclose, 15 avril 2019.

Les ministres français de la Défense Jean-Yves Le Drian (de mai 2012 à juin 2017, puis ministre des Affaires étrangères de juin 2017 à mai 2022) et Florence Parly (de juin 2017 à mai 2022) ont nié la fourniture par la France d’armes utilisées par la Coalition contre la population civile yéménite. Ces déclarations sont cependant contredites par les faits. La France est bel et bien impliquée dans la fourniture d’armes utilisées dans les violences contre les civils yéménites :

« La France a continué ses livraisons de matériels de guerre (véhicules blindés de combats, intercepteurs maritimes, artillerie, missiles, matériel de ciblage équipant les avions de chasse saoudiens, etc.) à l’Arabie saoudite et aux EAU, malgré le fait qu’ils puissent être utilisés pour commettre ou faciliter des crimes de guerre par la coalition. La France a vraisemblablement continué à livrer des munitions et à assurer la maintenance de matériels bien qu’ils soient engagés au Yémen, à l’exemple des chars Leclerc. La France a aussi fourni une assistance technique sur les Mirages 2000-9 émiriens utilisés dans le cadre du conflit. »

Armes au Yémen : la France mise en cause, Amnesty International, 20 mars 2018.

L’enquête de Disclose est quant à elle sans appel :

« Notre enquête dévoile une véritable stratégie de la famine au Yémen. Une guerre de la faim conduite par les Saoudiens et les Émiratis grâce aux avions, aux systèmes de guidage des bombes et aux navires « made in France ». Ainsi qu’au soutien diplomatique sans faille du gouvernement français depuis le début du conflit. »

Made in France, Disclose, 15 avril 2019.

Les conséquences sont connues de l’ensemble des acteurs :

« Aujourd’hui, le pays fait face, selon l’ONU, à « l’une des plus graves crises humanitaires au monde ». 28 millions de Yéménites vivent toujours sous les bombardements et plus de 8 300 civils ont perdu la vie au cours des seules frappes aériennes de la coalition. Dont 1 283 enfants, d’après un recensement du Yémen data project, une ONG qui collecte et recoupe des informations sur les frappes de la coalition. »

Made in France, Disclose, 15 avril 2019.

En mai 2019, les journalistes d’investigation impliqués dans cette enquête sont convoqués et interrogés par la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI).[2] Cette situation est préoccupante pour la liberté de la presse et de la recherche en France.

Les Houthis contre le reste du monde ?

D’autres acteurs entrent également en jeu. Les groupes terroristes Daech et al-Qaida profitent de la situation chaotique pour lancer à travers tous le Yémen des attaques terroristes contre les Houthis et les partisans d’Ansarallah.

Les Houthis font également face à la présence de mercenaires de la société Academi, engagés par l’Arabie saoudite.[3] Anciennement connue sous le nom de Blackwater, cette société militaire privée fondée en 1997 fournit ses services à la CIA ou au gouvernement fédéral des États-Unis. Ses agents sont notamment responsables du massacre de dix-sept civils irakiens sur la place Nisour à Bagdad en septembre 2007. Un « incident » parmi 163 autres en Irak entre 2005 et 2007. Ces criminels n’ont d’ailleurs jamais été jugés. En effet, l’administrateur de la coalition américaine en Irak, Paul Bremer, leur accorde une immunité en mars 2004. Depuis 2014, elle est devenue une filiale du groupe Constellis après sa fusion avec une autre société militaire privée appelée Triple Canopy.[4]


[1] Hakim Almasmari, Éditorial du Yemen Post Newspaper, 10 avril 2010.

[2] Alexandre Berteau, Armes françaises au Yémen : trois journalistes entendus par la DGSI, Le Monde, 16 mai 2019.

[3] Around 400 Blackwater Mercenaries Fighting for Saudi-Led Coalition, Sputnik International, 19 janvier 2016.

[4] À ce sujet, lire Blackwater, saga d’une armée privée, Le Monde, 11 février 2018 et Jeremy Scahill, Blackwater. L’ascension de l’armée privée la plus puissante du monde, Actes Sud, 2008.

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Enquête sur l’origine du terrorisme au Baloutchistan

Le 15 décembre 2023, le terrorisme frappa à nouveau dans la province iranienne de Sistan-et-Baloutchistan. Téhéran sollicite Islamabad pour renforcer la sécurité de leur frontière à la suite d’un attentat terroriste survenu à Rask.

Pas moins de onze membres des forces de police sont morts et sept autres blessés, dont certains dans un état critique. L’attaque a ciblé le quartier général de la police dans la province du Sistan-et-Baloutchistan le vendredi 15 décembre. Le groupe terroriste Jaish al-Adl, basé au Pakistan, a revendiqué la responsabilité de l’attentat.

carte du Baloutchistan

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, appelle le Pakistan à coopérer davantage afin de mettre un terme aux activités terroristes et d’assurer la sécurité le long de la frontière commune.

Monsieur Amir-Abdollahian s’est entretenu au téléphone avec son homologue pakistanais Jalil Abbas Jilani. Le ministre iranien a exprimé sa préoccupation au sujet de la situation frontalière.

Quelle origine au terrorisme dans le Baloutchistan ?

L’iranologue français, Morgan Lotz, souligne dans une enquête pour Press TV les origines du terrorisme dirigé contre l’Iran.

L’Iran et le Pakistan partagent une longue frontière terrestre, ce qui en fait une priorité pour la coopération en matière de sécurité.

La province du Sistan-et-Baloutchistan se situe au sud-est de l’Iran et est frontalière du Pakistan. Elle est régulièrement confrontée à des actes de terrorisme perpétrés par des groupes armés basés au Pakistan et dirigés par les États-Unis et l’OTAN, comme le souligne l’enquête menée par ce spécialiste des questions sécuritaires de l’Iran.

Cette région se caractérise par sa diversité ethnique, mais également ses paysages magnifiques et méconnus. Cependant, ses vastes frontières s’avèrent poreuses. Ces conditions font qu’elle est souvent utilisée par les terroristes comme une zone de transit et de planification d’attaques contre des cibles iraniennes. En renforçant leur coopération bilatérale, l’Iran et le Pakistan peuvent jouer un rôle clé dans la lutte contre le terrorisme.

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L’« Axe de la Résistance » : de quoi s’agit-il ?

L’Axe de la Résistance, également connu sous le nom de mehvar-é moqâvemat en persan et mehvar al-muqâwamah en arabe, fait référence à une alliance de pays orientaux et asiatiques qui refusent de se soumettre à la domination arabo-occidentale composée par l’Arabie saoudite, Israël, les États-Unis et l’Union européenne.

L’Axe de la Résistance regroupe l’Iran, le Hezbollah libanais, la Syrie, les Hachd al-Chaabi irakiens, ainsi que les combattants yéménites d’Ansarallah.

illustration des membres de l'Axe de la Résistance

Morgan Lotz livre dans son ouvrage Comprendre les Gardiens de la Révolution islamique une étude parmi les plus complètes et sérieuses sur ce sujet trop rarement abordé.

D’où vient le nom « Axe de la Résistance » ?

Le terme est apparu en 2002 dans le quotidien libyen al-Zahf al-Akhdar (« La Marche verte ») en réponse à la déclaration du président américain George W. Bush qualifiant l’Iran, l’Irak et la Corée du Nord d’« axe du Mal ». Dans un article intitulé Axe du Mal ou axe de la Résistance, il est affirmé que « le seul dénominateur commun entre l’Iran, l’Irak et la Corée du Nord est leur résistance à l’hégémonie américaine ».

En 2004, lors de l’insurrection chiite en Irak, le terme est repris par le journal iranien Djomhouri-yé eslâmi en ces termes :

« si la ligne des shî’ites irakiens doit être liée, unie et consolidée, cette unité devrait être réalisée sur l’axe de la résistance et de la lutte contre les occupants ».

Ce terme gagne en officialité en août 2010 lorsque ‘Ali Akbar Velâyati, conseiller du Guide de la Révolution pour les affaires étrangères, énonce :

« La chaîne de résistance contre Israël par l’Iran, la Syrie, le Hezbollah, le nouveau gouvernement irakien et le Hamas passe par l’autoroute syrienne… La Syrie est l’anneau d’or de la chaîne de résistance contre Israël. »

Lors d’une réunion en août 2012, en présence de Sa’id Djalili, secrétaire du Conseil suprême de la Sécurité nationale iranienne, Bachar al-Assad reprend publiquement ce terme :

« Ce qui se passe en Syrie n’est pas une question intérieure, mais un conflit entre l’axe de la résistance et ses ennemis dans la région et dans le monde. L’Iran ne tolérera, sous quelque forme que ce soit, la rupture de l’axe de résistance, dont la Syrie fait partie intégrante. »

L’agence de presse SANA (Syrian Arab News Agency) reprendra ce terme dans sa dépêche dénonçant les « tentatives de certains pays occidentaux et de leurs alliés de frapper l’axe de la résistance en ciblant la Syrie et en y soutenant le terrorisme. »

Quelle est sa pensée et quels sont ses objectifs ?

L’Axe de la Résistance partage des objectifs politiques similaires pour la région de l’Asie du sud-ouest : libérer cette région de la domination impérialiste des États-Unis et d’Israël. Ce dernier qu’il désigne par le terme « entité sioniste », en référence à l’idéologie qui conduisit à la création de l’État hébreux en 1948.

L’Axe de la Résistance est lié par une solidarité se renforçant sans cesse face aux attaques occidentales qu’il subit. Les identités religieuses sont d’ailleurs intrinsèques à cette alliance : chiite duodécimaine pour l’Iran, le Hezbollah et les Hachd al-Chaabi, chiite zaydite pour les Houthis du Yémen et alaouite pour les Syriens.

En effet, les Chiites ont trop souvent souffert de persécutions. D’une part, les sunnites dominants tout au long de l’histoire les ont opprimé. D’autre part, les puissances coloniales ont favorisé les partis sunnites pendant leur occupation pour consolider leur contrôle sur les territoires. Sur ce sujet, Théo Nencini explique la situation d’exclusion des Chiites en Irak dans son livre L’Irak chiite parle persan. Le lecteur pourra également consulter l’ouvrage de Ameer Jajé, Le Chiisme – Clés historiques et théologiques. Il présente la condition des Chiites à travers les célébrations de leur liturgie en Irak, soumise à la tolérance limitée du pouvoir sunnite.

Quelle place pour d’autres acteurs ?

Bien que le Hamas s’intègre dans cette alliance de lui-même sans demander l’avis des acteurs concernés, il n’en est cependant pas une composante historique. Il est même très éloigné de ses objectifs. Le mouvement palestinien sunnite soutint l’opposition syrienne contre Bachar al-Assad lors de la guerre éclatant en 2011. De même, il soutint l’intervention saoudienne au Yémen contre Ansarallah. Pilotée par l’Arabie saoudite, celle-ci fut un véritable génocide contre les Houthis, une tribu yéménite de confession chiite zaydite.

Le Hamas n’hésita guère non plus à chasser le mouvement chiite palestinien Harakat al-Sâbarin de la bande de Gaza en 2019 après avoir arrêté plusieurs dizaines de ses membres.

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Géopolitique et Diplomatie

L’Iran chasse un porte-avions américain du golfe Persique

Vendredi 15 décembre 2023, le porte-avions américain USS Dwight Eisenhower croisant dans les eaux du golfe Persique fut intercepté par la marine iranienne. L’ensemble de cette opération a été filmée. Les images rendues publiques par les Iraniens permettent d’éviter toute accusation américaine de mensonge et de propagande.

Selon le contre-amiral Alireza Tangsiri, commandant de la marine du Corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI), le porte-avions américain USS Dwight D. Eisenhower a quitté le golfe Persique et le détroit d’Hormuz. Au cours de sa déclaration, il précise que les forces navales du CGRI surveillaient de près le porte-avions depuis son déploiement dans la région. De plus, il souligne que ce déploiement était principalement à des fins de propagande, sans produire aucun résultat opérationnels pour les États-Unis. Le porte-avions Eisenhower a coopéré en fournissant les informations requises par le CGRI.

Un porte-avions américain menaçant dans le golfe Persique

La situation maritime dans la région est devenue fragile récemment. Cela en partie en raison du conflit israélo-palestinien qui connaît un épisode particulièrement violent depuis le 7 octobre. Les États-Unis ont envoyé des porte-avions, officiellement pour prévenir une propagation des hostilités et pour protéger Israël. L’Iran a déjà prévenu par le passé qu’il n’accepterait aucune ingérence étrangère dans le golfe Persique.

Cependant, les forces navales américaines sont incapables de repousser les attaques des forces de la Résistance yéménites contre les navires liés à Israël passant par les ports de la mer Rouge.

Le retrait du porte-avions américain du golfe Persique et du détroit d’Hormuz souligne l’efficacité de la défense iranienne. Cet évènement prouve également que l’Iran est réellement une puissance militaire disposant d’une crédibilité et d’une capacité de dissuasion.

Consciente des enjeux géopolitique, la marine iranienne ne cesse depuis plusieurs années de renforcer ses capacités opérationnelles. Elle poursuit également le développement de ses compétences tout en modernisant sa flotte.