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Le vieux bazar d’Arak

Le vieux bazar d’Arak, un complexe commercial aux multiples facettes, est un joyau historique. Situé au cœur de la ville, il fut construit sous le règne de Fath-Ali Shah Qâdjâr.

artiste iranienne vieux bazar Arak

Le bazar a toujours joué un rôle central dans l’économie et le commerce de la région. Et particulièrement dans le domaine du tapis, parmi les principales industries de la ville d’Arak (اراک), située dans la province de Markazi (استان مرکزی).

Le vieux bazar d’Arak, héritage de l’époque qadjare

vieux bazar d'Arak (Iran)

La ville de Sultan Abad, aujourd’hui nommée Arak, est contemporaine du bazar qui l’accompagne. Yusef Khân-é Gordji dirigea sa construction sur ordre du gouverneur de l’époque, Sepahdar Aazm. Ce dernier laissa également son nom à une mosquée et une école qui font partie du complexe du bazar.

Ce site historique regorge de divers commerces, de timches (espaces clos avec des magasins), de mosquées, de bains, de citernes, de passages, d’auberges et même d’une école historique, le séminaire Imam Khomeyni. L’architecture du bazar est fascinante, avec ses arches en forme de dôme et ses façades en briques. Le plafond en forme de dôme est recouvert de torchis et orné dans un style typique de l’architecture iranienne, le Rasmi Bandi.

tar instrument musique bazar d'Arak en Iran

Le bazar d’Arak abrite deux marchés remarquables, situés à l’intersection de deux axes principaux. Leur impressionnant dôme est le plus haut et le plus massif de tous. Des trappes ingénieusement intégrées au centre des dômes assurent aussi bien l’éclairage naturel des couloirs que la climatisation naturelle. Parmi les couloirs les plus importants du bazar se trouvent les couloirs Nozari, Booksellers et Kashani.

vieux bazar d'Arak passage de Mehr
La passage de Mehr

Autrefois, le bazar d’Arak abritait un réservoir d’eau vieux de deux siècles. Malheureusement, la municipalité d’Arak a décidé de le démolir afin de construire une nouvelle école. Ce réservoir, doté d’un double plafond unique en son genre, était l’un des rares bâtiments de ce type en Iran.

Le vieux bazar d’Arak est bien plus qu’un simple centre commercial traditionnel. Il est avant tout un témoignage vivant de l’histoire, de l’architecture et de la culture iraniennes, offrant aux visiteurs une expérience unique et immersive.

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Histoire

102ème anniversaire du martyre de Mirza Kuchak Khan à Rasht

Le samedi 2 décembre 2023 fut célébré à Rasht le 102ème anniversaire du martyre de Mirza Kuchak Khan. Cet important révolutionnaire iranien consacra sa vie à la lutte pour la justice et la liberté de son peuple. Son martyre à Rasht fut un moment tragique mais glorieux de l’histoire moderne de l’Iran.

buste de Mirza Kuchak Khan

Lors de cette commémoration, la population locale, les militants, les intellectuels et les chercheurs se sont rassemblés pour rendre hommage à son sacrifice et pour rappeler son héritage inspirant.

Des récits de ses actes héroïques furent notamment partagés. Ils rappellent à tous sa résistance courageuse face à l’oppression et son engagement en faveur de la justice sociale. Cette cérémonie fut notamment l’occasion de se souvenir de son héritage et de rappeler son engagement envers les idéaux pour lesquels il sacrifia sa vie.

Qui était Mirza Kuchak Khan ?

Mirza Kuchak Khan (میرزا كوچک خان), de son vrai nom Younès, naquit en 1878 à Rasht dans le quartier d’Ostad-Sara. Il fonda notamment le mouvement révolutionnaire Nehzat-é Djangal (« le mouvement de la jungle ») dans les forêts du Gilan, au nord de l’Iran.

Il fut également un militant actif de la Révolution constitutionnelle, rejoignant en 1911 le Mouvement de Libération du Gilan pour y apporter son aide.

Le mouvement se poursuivit jusqu’en 1921 et résista aux ennemis intérieurs et étrangers jusqu’à la disparition de Mirza Kuchak Khan. Ce mouvement forestier a marqué une période très importante de l’histoire iranienne, celle d’un soulèvement populaire dans des temps tumultueux.

C’est dans les montagnes de Talesh qu’il périt le 2 décembre 1921. Mirza Kuchak Khan et son compagnon Gaouk, un aventurier révolutionnaire russo-allemand, restèrent seuls autour de « Masal ». Ils y moururent tous les deux d’engelures.

tombeau de Mirza Kuchak Khan (Racht, Iran)

Un propriétaire local décapita son corps et exposa sa tête à Rasht. Sa dépouille sera dans un premier temps enterrée à Suleiman-Darab. Sa tête coupée fut quant à elle envoyée à Téhéran au commandant cosaque Reza Khan. Ce dernier deviendra le premier souverain de la dynastie Pahlavi après un coup d’État en 1925.

Après le départ de Reza Shah en exil en 1941, des amis de Mirza Kuchak récupérèrent sa tête à Téhéran pour enfin l’inhumer dans sa tombe. Son tombeau ne sera reconstruit qu’après la Révolution de 1979. Il se situe encore aujourd’hui dans le quartier de Suleiman-Darab, au sud de Rasht.

tombe de Mirza Kuchak Khan (Racht, Iran)

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Nature et Géographie

La zone humide de Gandoman dans le Tchaharmahal et Bakhtiari

La région de Tchaharmahal et Bakhtiari (استان چهارمحال و بختیاری) abrite un trésor méconnu : la zone humide de Gandoman (گندمان). Celle-ci s’étend majestueusement sur 1 070 hectares au sud-ouest de l’Iran et se positionne parmi les plus beaux joyaux naturels du pays.

Gandoman région Tchaharmahal et Bakhtiari Iran

Reconnue comme l’un des cinq meilleurs sites d’observation des oiseaux en Iran, cette étendue abrite une diversité aviaire exceptionnelle qui en fait un habitat essentiel pour les oiseaux migrateurs.

L’écosystème de la zone humide de Gandoman offre une variété de milieux propices à une multitude d’espèces aviaires. De vastes étendues d’eau, des prairies luxuriantes, des marécages et des zones boisées offrent aux oiseaux un habitat riche en ressources alimentaires et en abris.

Gandoman sud-ouest Iran

Cette diversité de paysages attire de nombreuses espèces d’oiseaux migrateurs tout au long de l’année, faisant de cette zone humide un lieu privilégié pour l’observation ornithologique.

Gandoman, un trésor environnemental exceptionnel

La richesse ornithologique de la zone humide de Gandoman ne se limite pas à sa diversité d’espèces. En effet, la présence régulière d’oiseaux migrateurs en fait un lieu crucial pour la conservation de ces populations fragiles.

En offrant un refuge sûr et des conditions favorables à leur séjour, la zone humide de Gandoman contribue activement à la préservation de la biodiversité aviaire en Iran.

Les efforts de conservation et de protection de la zone humide de Gandoman revêtent ainsi une importance cruciale pour la sauvegarde de cet écosystème unique.

La sensibilisation sur l’importance de préserver ce précieux habitat pour les oiseaux migrateurs contribue à assurer la perpétuation de cette riche diversité ornithologique.

En somme, la zone humide de Gandoman se distingue par sa beauté naturelle. Mais aussi par sa valeur écologique inestimable en tant qu’habitat vital pour les oiseaux migrateurs. À travers des mesures de conservation appropriées, il est possible de garantir la pérennité de cette zone humide et de maintenir ainsi sa contribution essentielle à la préservation de la faune aviaire en Iran.

Gandoman Iran cigogne

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Histoire Nature et Géographie Société

Le 16ème festival des cultures ethniques de Gorgan

Ce jeudi 23 novembre 2023 débutait le 16ème festival des cultures ethniques de Gorgan, une ville située dans la province du Golestan.

festival des cultures ethniques Gorgan

Gorgan, une ville chargée d’histoire

De vastes plaines se situent au nord de la ville, couvrant une superficie d’environ 170 kilomètres carrés. À 150 kilomètres vers l’est se trouve le parc national du Golestân (گلستان), qui abrite une grande partie de la faune iranienne. Le barrage de Gorgân, d’une capacité de 100 millions de mètres cubes, se situe à 60 kilomètres vers le nord-est.

Jusqu’en 1937, Gorgân (گرگان) s’appelait Astarâbâd (استرآباد) ainsi que l’avait baptisée le souverain qâdjâr Nâser al-Din Shâh. De nombreux sites archéologiques datant des époques néolithique et chalcolithique y furent découverts. Parmi les plus célèbres, nous pouvons citer ceux de Tourang Tepeh (تورنگ تپه) et Shâh Tepeh (شاه‌ تپه).

festival des cultures ethniques Gorgan

Cette région proche de la mer Caspienne est en effet une zone des premiers peuplements de l’Iran. Au total, une cinquantaine de sites archéologiques furent identifiés dans la plaine voisine de Shâroud (شاهرود).

festival des cultures ethniques Golestan (Iran)

L’historien grec Arrien rapporte que la plus grande ville d’Hyrcanie, Zadrakarta, accueillait un palais royal à l’époque achéménide. Le nom de Zadrakarta, qui signifie « ville jaune », provient du grand nombre d’arbres fruitiers, notamment des orangers et des citronniers, qui poussaient dans cette région.

Une autre particularité de Gorgân réside dans la présence d’une grande muraille datant des époques parthe et sassanide. Cet édifice s’avère la deuxième plus importante construction défensive au monde.

cultures ethniques Gorgan (Iran)

Gorgan sera l’une des rares régions d’Iran à maintenir son indépendance en tant qu’État zoroastrien après l’invasion arabo-musulmane du 7ème siècle.

Le royaume de Géorgie envahit la région en 1210 et son armée saccagea Gorgan. La cité fut détruite une nouvelle fois lors de l’invasion mongole survenue entre 1219 et 1221.

ethnie Sistani (Iran)

Le 16ème festival des cultures ethniques de Gorgan

Gorgan accueille chaque année depuis 16 ans le festival des cultures ethniques. En effet, de nombreuses ethnies vivent dans cette région.

Tabaris, Baloutches, Kurdes, Sistanis, Turcs (Azerbaïdjanais, Qizilbash, Turkmènes et Qâzâqs), Gilaks, ainsi que Semnan et Khorasanis s’y côtoient. Entre 1930 et 1932, des Qâzâqs émigrèrent d’Union soviétique pour s’installer à Gonbad-é Kâvous (گنبد کاووس), Bandar-é Torkmen (بندر ترکمن) et Gorgan.

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Bibliotheca iranica

De la Perse à l’Iran – 2500 ans d’histoire, par Ardavan Amir-Aslani

Le livre d’Ardavan Amir-Aslani De la Perse à l’Iran – 2500 ans d’histoire s’avère essentiel dans toute bibliothèque iranienne à plus d’un titre.

En dépit des travaux exceptionnels d’Henri Corbin, la culture persane et l’islam iranien demeurent largement ignorés, voire rejetés de nos jours. Dans cet ouvrage captivant, Amir-Aslani nous transporte dans la complexité et la richesse étonnante de la pensée iranienne. Celle-ci ne cessa jamais d’exercer son influence sur de nombreux aspects, comme la philosophie, la poésie, l’art et la spiritualité.

Ardavan Amir-Aslani De la Perse à l’Iran – 2500 ans d’histoire

Ardavan Amir-Aslani est avocat et enseignant en géopolitique du Moyen-Orient à l’École de guerre économique. Il met en lumière dans son livre l’héritage iranien et le rayonnement d’une civilisation dont nous avons besoin aujourd’hui autant qu’autrefois, en dépit de l’obscurité actuelle.

De la Perse à l’Iran, une histoire incontournable pour comprendre le monde actuel

Bien que la culture iranienne soit largement dévalorisée par d’autres musulmans, en particulier les Arabes, ce rejet est fondamental pour comprendre les conflits actuels. Négliger l’héritage de l’Iran serait préjudiciable à l’avenir de la région.

Le berceau de la civilisation iranienne pourrait être situé en Bactriane ou en Sogdiane. En étudiant les langues, il est possible d’identifier les peuples issus de cette matrice : une branche nordique presque éteinte, une branche occidentale répandue, incluant le farsi et peut-être le kurde et le balouchte, et une branche orientale, comprenant le sogdien, le patchoune et le dari. Amir-Aslani remarque que le persan parlé aujourd’hui est identique à celui d’il y a mille ans. L’influence culturelle de l’Iran s’étend de la Turquie à l’Inde. En témoigne notamment la célébration de Norouz (le Nouvel An iranien) dans de nombreux pays, dont la Turquie, la Géorgie, l’Afghanistan, le Pakistan, l’Inde et la Chine.

Amir-Aslani relate l’histoire iranienne depuis l’invasion arabe et au-delà de manière claire et concise. Deux siècles après cette invasion, l’Iran connait un nouvel âge d’or grâce à une résistance culturelle à l’arabisation. La langue persane a resurgi, entraînant avec elle la production d’œuvres littéraires exceptionnelles. La riche culture iranienne irrigua également la culture arabe.

Comprendre l’évolution géopolitique et la place de l’Iran dans le monde

L’auteur met en évidence la problématique entre les sunnites et les chiites. C’est aux Arabes que l’on doit l’introduction du Chiisme en Iran. Bien que les chiites, y compris les soufis et les ismaéliens, soient largement minoritaires, leur influence politique est considérable. L’islam iranien, héritier de la pensée persane profonde et toujours en évolution, s’oppose à un sunnisme figé depuis des siècles. D’un côté, nous trouvons une religion de l’amour, le Chiisme, et de l’autre une religion de la loi, le sunnisme.

Ardavan Amir-Aslani explore également le lien entre le Zoroastrisme et la culture iranienne contemporaine. Les références zoroastriennes se retrouvent dans le Chiisme, tandis que le soufisme intègre des éléments de la mystique iranienne. Le Soufisme a trouvé sa place dans les régions où le Zoroastrisme s’était implanté des siècles auparavant, notamment en Bactriane et en Sogdiane. Sohrawardî (1155-1191) ressuscita même la sagesse zoroastrienne.

En explorant la beauté d’une culture souvent vue à travers des préjugés tenaces, Ardavan Amir-Aslani appelle avec son livre De la Perse à l’Iran – 2500 ans d’histoire à une révision des politiques oppressives et toxiques de l’Occident envers l’Iran et sa région. En s’appuyant sur cet héritage culturel iranien considérable, un nouveau modèle porteur d’espoir peut émerger.

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France-Iran Histoire

Le Shah d’Iran aux obsèques du général de Gaulle

Le Shah d’Iran Mohammad Reza Pahlavi rendait hommage au général Charles de Gaulle lors de ses obsèques célébrées le 12 novembre 1970.

Mohammad Reza Pahlavi Shah Iran tombe général de Gaulle novembre 1970
Mohammad Reza Pahlavi devant la tombe du général de Gaulle

Le 9 novembre 1970 disparut le général Charles de Gaulle. Figure emblématique de la Résistance lors de la Seconde Guerre mondiale et fondateur de la Vème République, il laisse derrière lui un héritage politique et un engagement en faveur de la grandeur de la France.

L’annonce de la mort du général de Gaulle a plongé le monde dans une profonde tristesse. Durant les dix années de sa présidence, de 1959 à 1969, de Gaulle a marqué la politique française. Par ses prises de position audacieuses autant que par son indépendance d’esprit. Il a su redonner à la France sa place sur la scène internationale et instaurer un régime présidentiel solide.

Le Shah d’Iran rend hommage au général de Gaulle lors de ses obsèques

Le 12 novembre 1970, le monde pleure la disparition du général de Gaulle lors de ses obsèques solennelles. Cet événement historique rassemble des milliers de personnes, venues rendre un dernier hommage à l’homme du 18 juin.

Le Shah d’Iran dépose des fleurs sur la tombe du général de Gaulle

La mort du général de Gaulle a également suscité une grande émotion à travers le monde. De nombreux chefs d’État et dignitaires étrangers ont exprimé leur respect et leur admiration pour cet homme d’État exceptionnel. Et notamment Mohammad Reza Pahlavi, qui l’avait accueilli au cours d’une visite officielle en Iran durant le mois d’octobre 1963.

Le général de Gaulle, défenseur des opprimés

Le général de Gaulle était considéré comme un homme hors du commun et respecté partout dans le monde. Sa volonté de rétablir l’autorité de l’État et de moderniser la France fut réalisée grâce à la mise en œuvre de réformes économiques et sociales. Il a également permis à la France de se doter d’une force de dissuasion nucléaire indépendante, lui conférant ainsi un rôle majeur sur la scène internationale.

Sa politique étrangère, basée sur le principe de souveraineté nationale, le conduit à se retirer de l’OTAN et à chercher un équilibre entre les superpuissances de l’époque. Son célèbre discours de Phnom Penh en 1966, dans lequel il condamne l’intervention américaine au Vietnam, montre sa volonté de préserver la paix et l’indépendance des peuples.

Les Etats-Unis le haïront pour sa volonté d’indépendance et son refus de se soumettre à eux. Ils n’hésiteront guère d’ailleurs à fomenter des tentatives d’assassinats contre sa personne et la première révolution de couleur en mai 1968.

Sa voix forte dans les affaires internationales a marqué les esprits et lui a valu une place importante dans l’histoire mondiale. Sa détermination et son engagement pour la grandeur de la France restent des valeurs essentielles pour de nombreux Français.

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Artisanat Nature et Géographie Société

Le jardin de grenades dans le village de Marin

Le village de Marin (مارین), localisé dans la province de Kouhgilouyeh et Boyer Ahmad (استان کهگیلویه و بویراحمد), est notamment connu pour son important jardin de grenades en Iran.

jardin de grenades Marin (Iran)

Ce fruit, particulièrement nutritif en raison de ses propriétés antioxydantes et purificatrices du sang, avait une forte valeur symbolique dans de nombreuses cultures anciennes, représentant notamment la fertilité et la santé.

Marin et son jardin de grenades

village de Marin (Iran)

Marin se situe à 36 kilomètres au nord de la ville de Gachsaran (گچساران) et 198 kilomètres au sud-est de Yasoudj (یاسوج). Il est bordé par Koh Dali Gandj (کوه دلی گنج) au nord, par la montagne Khami (خامی) à l’est et par la montagne Dil (دیل) au sud-ouest.

jardin de grenade village Marin

Se situant à une altitude de 1080 mètres au-dessus du niveau de la mer, son climat est agréable au printemps et à l’automne, relativement chaud en été, et froid et sec en hiver. La rivière Shah Bahram (شاه بهرام) traverse le nord-est du village, également connu sous le nom de Masouleh du Sud (ماسوله جنوب).

jardin culture grenades Marin Iran

Marin est réputé être l’un des villages historiques de l’Iran. La route royale reliant Suse à Persépolis et Bishapour traversait 7 kilomètres de ce village durant la période achéménide. La présence du Souq al-Djayshi (سوق‌ الجیشی) dans le village de Marin, pendant les périodes achéménide, parthe et sassanide, engendra la construction de nombreux châteaux monastiques dans sa zone d’influence.

grenades de Marin

Encore aujourd’hui, le jardin de grenades de Marin fait sa réputation et contribue à son économie agricole.

La grenade, un patrimoine iranien

jardin de grenades de Marin en Iran

La grenade fut l’un des premiers fruits à être cultivé par l’Homme. Elle le fut déjà il y a 5000 ans dans les régions actuelles de l’Iran et de l’Irak. Les origines de la culture de la grenade remontent aux vergers de Yazd, dans le centre de l’Iran.

Sa culture s’étendait de l’Inde à l’est à l’Égypte à l’ouest, et jusqu’à l’actuelle Turquie au nord. Une plante apparentée se trouve également sur l’île de Socotra, au sud-est du Yémen, une région abritant une biodiversité unique.

La grenade, un fruit symbolique

culture arboricole fruitière grenade à Marin (Iran)

Ce fruit s’associe à une symbolique qui perdure encore aujourd’hui. Les Iraniens de l’Antiquité considéraient que ses graines symbolisaient la fertilité et le cycle de la renaissance. Les Grecs et les Égyptiens de l’époque partageaient d’ailleurs cette croyance, en témoignent les vases en forme de grenade découverts dans le tombeau de Toutânkhamon.

En Mésopotamie, les Akkadiens associaient également les arilles rouge cramoisi de ce fruit à des symboles de fécondité. Ils l’offraient aux statues d’Ishtar, la déesse de l’amour, de la reproduction et de la fertilité. Les Babyloniens vénéraient aussi la grenade. Il s’avère fort probable que l’arbre fruitier à fleurs occupait une place importante dans les jardins suspendus de Babylone, parmi les Sept Merveilles du monde antique des Grecs.

La grenade dans l’Imaginaire iranien

culture de la grenade en Iran

La réputation moderne de la grenade en tant que superaliment anti-âge ne semble pas être infondée. En effet, ce fruit était aussi associé à la vie éternelle. Selon la légende, le roi iranien Xerxès Ier (Vème siècle avant Jésus-Christ) aurait dirigé une armée de guerriers brandissant des lances surmontées de grenades en argent et en or au lieu de pointes acérées, symbolisant ainsi la force et l’immortalité face aux Grecs.

grenade iranienne

Dans la tradition islamique, le Coran évoque la grenade comme l’un des fruits du Paradis. Cependant, les juristes musulmans débattent depuis longtemps pour déterminer s’il s’agit de descriptions symboliques ou littérales. En Iran, pays considéré comme le berceau de la grenade, une croyance ancrée dans le mysticisme islamique affirme que sa consommation apporte des bénédictions spirituelles ainsi que des bienfaits pour la santé.

En novembre, une fête annuelle appelée Djashn Anar célèbre à travers tout le pays en l’honneur de ce fruit. Cette célébration témoigne d’une fascination religieuse et culturelle séculaire pour la grenade.

jus de grenade artisanat gastronomie Iran

Selon un proverbe attribué au VIIIème Imâm Reza, manger des grenades aurait un effet embellissant. Par la suite, le poète Ferdowsi, célèbre auteur du Shah Nameh, associa également la grenade à la beauté. Il décrivit ainsi la princesse légendaire Roudabeh :

« Sa bouche ressemble à une fleur de grenade. […] Ses cils tirent leur noirceur de l’aile du corbeau. […] Si vous cherchez une lune brillante, c’est son visage. »

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Nature et Géographie

La beauté du Mazandaran, région du nord de l’Iran

La province de Mazandaran (مازندران), au nord de l’Iran, est une région riche en histoire et en merveilles naturelles. Cette province, honorée par sa beauté et sa nature préservée, offre un véritable spectacle à ceux qui s’y aventurent.

Mazandaran nord de l'Iran

Que ce soit sa mer généreuse, son majestueux mont Damāvand, ses forêts luxuriantes, ses vastes plaines ou encore son climat pur et ses rivières cristallines, chaque coin de cette région regorge de couleurs et de paysages à couper le souffle.

des éleveurs dans le Mazandaran (Iran)

En vous aventurant dans les terres, vous découvrirez certainement le mont Damāvand, une montagne emblématique qui domine la région. Avec une altitude de 5 610 mètres, elle est non seulement la plus haute montagne d’Iran, mais aussi l’une des plus hautes d’Asie occidentale.

montagne Mazandaran

Son sommet enneigé offre un panorama spectaculaire et constitue un véritable défi pour les alpinistes chevronnés.

La beauté du Mazandaran, une région située au nord de l’Iran

Les forêts verdoyantes de Mâzandarân sont une autre merveille à ne pas manquer. Couvrant une grande partie de la province, ces forêts abritent une biodiversité incroyable et offrent de nombreuses opportunités de randonnée et de promenades en pleine nature.

plaines du Mazandaran

Les vastes plaines de Mazandaran, quant à elles, sont un spectacle à part entière. Avec leur herbe verte et leurs paysages à perte de vue, elles offrent une sensation de liberté et de tranquillité.

Enfin, le climat pur et les rivières aux eaux claires de Mâzandarân achèvent de faire de cette province une destination incontournable.

un village dans le Mazandaran nord de l'Iran

La province de Mâzandarân, avec ses trésors naturels et son héritage historique, invite tous les voyageurs. Autant ceux en quête d’aventure que ceux appréciant les découvertes. Plongez dans la splendeur de ses paysages, découvrez sa culture riche et laissez-vous enivrer par le charme de cette région exceptionnelle.

côte du Mazandaran mer Caspienne

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Histoire

Kandovan parmi les meilleurs villages touristiques mondiaux

Le village de Kandovan figure désormais comme l’un des meilleurs villages touristiques mondiaux de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT).

Cette annonce a été faite lors de la cérémonie de proclamation des meilleurs villages touristiques. Celle-ci s’est déroulée à Samarcande, en Ouzbékistan, en marge de la vingt-cinquième assemblée générale de l’OMT et des neuvième et vingtième conseils exécutifs de cette organisation.

Kandovan, l’un des meilleurs villages touristiques d’Iran

Ce village troglodytique est célèbre pour ses habitations creusées dans la roche d’ignimbrite, un matériau volcanique fin facile à travailler. Il se situe dans la province d’Azerbaïdjan oriental, dans le nord-ouest de l’Iran.

Les maisons furent taillées dans la roche il y a plusieurs centaines d’années. Elles sont encore habitées aujourd’hui. Certaines de ces habitations troglodytes datent pour certaines de 3000 ans. La roche permettant une isolation thermique naturelle, les maisons troglodytes de Kandovan sont fraîches en été et chaudes en hiver, assurant un grand confort à leurs occupants.

Le village de Kandovan, en Iran, figure parmi les meilleurs villages touristiques.

En plus des habitations, l’eau minérale de Kandovan est également célèbre dans la région pour ses propriétés curatives, agissant comme un remède aux maladies rénales. Les visiteurs de Tabriz ou d’ailleurs viennent donc souvent se procurer plusieurs bidons de cette eau guérisseuse.

L’Iran, un pays touristique méconnu

Plus de 200 villages de différents pays ont participé à cette compétition, et huit villages iraniens ont été présentés pour concourir. Outre Kandovan, les villages de Bisheh dans le Lorestan, Miamand dans le Kerman, Sohili dans le Qeshm, Palangan dans le Kurdistan, Ghasemabad dans le Gilan, Kendalous dans le Mazandaran et Abiyaneh dans l’Isfahan ont également été proposés par la Vice-présidence du Tourisme. Kandovan fut le seul village iranien sélectionné pour figurer sur la liste des villages mondiaux.

Cette initiative de sélection des meilleurs villages touristiques est une nouvelle initiative de l’OMT depuis 2021. L’objectif est d’utiliser le tourisme comme moteur de développement et de bien-être en milieu rural. L’OMT a établi neuf indicateurs pour sélectionner les villages mondiaux. Ces derniers comprennent la préservation et la promotion des ressources culturelles, la viabilité économique, environnementale et sociale, le potentiel touristique, le développement de la chaîne de valeur, la gouvernance, la priorisation du tourisme et les questions de santé et de sécurité. Kandovan a réussi à obtenir un score satisfaisant dans ces domaines.

Jusqu’à présent, 76 villages provenant de 40 pays différents sont désignés comme les meilleurs villages touristiques. La sélection de Kandovan en tant que village mondial est une reconnaissance du potentiel touristique de cette région. Elle offre également une opportunité de développement pour le tourisme rural en Iran. Cette distinction permettra de mettre en avant les attraits touristiques du village et contribuera au développement économique de la région.

Enfin, le village pourra également partager ses expériences et bénéficier de la visibilité internationale offerte par l’OMT. C’est une étape prometteuse pour le tourisme rural en Iran. Et de plus une opportunité de renforcer le positionnement du pays en tant que destination touristique.

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France-Iran Histoire

Octobre 1963 : visite officielle du général de Gaulle en Iran

Du 16 au 20 octobre 1963, le général de Gaulle entreprend une visite officielle historique et remarquée en Iran. Cette visite d’État fut le tout premier et unique voyage officiel d’un président français dans ce pays.

général de Gaulle voyage officiel Iran octobre 1963 carrosse Mohammad Reza Pahlavi

L’Iran est à l’époque dirigée par Mohammed-Reza Shah Pahlavi depuis 1941, avec une politique internationale tournée vers l’Occident. Aude Vassallo souligne d’ailleurs à propos de la monarchie iranienne :

« des oppositions nombreuses et parfois violentes ainsi que le faible niveau de vie de la population fragilisent un régime instable qui, malgré les apparences, se révèle être autoritaire. »

Charles de gaulle – paroles publiques – Voyage à Téhéran (2ème jour) (ina.fr)

En effectuant une visite d’État en Iran, le général de Gaulle cherche avant tout à mettre en pratique sa politique de coopération volontariste avec un important pays du Tiers-Monde dans le cadre de la politique de grandeur visant à positionner la France sur la scène internationale.

Journal télévisé français diffusé le 18 octobre 1963

Cette visite témoigne de l’importance accordée par de Gaulle au renforcement des liens diplomatiques et à la coopération entre la France et l’Iran, dans le contexte de sa vision ambitieuse de la politique étrangère française.

Le programme de la visite officielle du général de Gaulle en Iran en 1963

Le 16 octobre 1963, le général de Gaulle arrive à l’aéroport de Mehrabad en Iran, où l’accueillent l’empereur et l’impératrice. À Téhéran, il est accueilli par le maire qui lui remet les clés de la ville.

Le 17 octobre, le Général visite le musée archéologique du Sénat, prononce un discours au Parlement, explore les bijoux de la Couronne à la Banque centrale, se rend à l’Institut franco-iranien et rencontre le cercle des amitiés françaises.

Le 18, il se rend à Chiraz où il visite une usine pétrochimique, puis se rend à Persépolis. Ensuite, il voyage à Ispahan où il visite l’école des sœurs.

Le 19, le général de Gaulle visite les mosquées d’Ispahan puis retourne à Téhéran. Il tient une réunion avec le Shah, visite l’Institut Pasteur et reçoit la colonie française ainsi que le corps diplomatique.

Journal télévisé français diffusé le 20 octobre 1963

Le reportage diffusé lors du journal télévisé évoque la dernière matinée du voyage, le 20 octobre, au cours de laquelle le Général, après avoir posé la première pierre du lycée franco-iranien Razi à Téhéran, visite l’Académie militaire. C’est là qu’il exprime ses sincères hommages au Shah Pahlavi et à l’armée iranienne.